Deux menaces, un seul parapluie troué
L’Europe doit faire face à deux menaces simultanées. D’un côté, la Russie de Poutine qui massacre l’Ukraine depuis 1 426 jours. De l’autre, les États-Unis de Trump qui menacent le territoire d’un allié. Les deux menaces devraient être combattues. Mais l’Europe n’a pas les moyens — ou la volonté — de faire les deux.
Le résultat? Une hiérarchisation obscène des priorités. Le Groenland passe avant l’Ukraine. Non pas parce que le Groenland est plus important — 57 000 habitants contre 40 millions. Mais parce que la menace économique de Trump touche directement les économies européennes. La guerre en Ukraine, elle, reste lointaine. Abstraite. Supportable.
« On ne peut pas lui faire confiance »
Un diplomate européen a lâché la phrase qui résume tout : « Comment peut-on s’asseoir et discuter de ses garanties de sécurité? On ne peut pas lui faire confiance. » Il parlait de Trump. Mais la phrase s’applique désormais à l’ensemble du système occidental.
Comment l’Ukraine peut-elle faire confiance à des alliés qui changent de priorités selon la direction du vent? Comment peut-elle croire aux garanties de sécurité promises par des gens qui ont déjà montré qu’ils préfèrent leurs intérêts économiques à leurs engagements moraux? La confiance est brisée. Et elle ne se reconstruit pas avec des discours.
« On ne peut pas lui faire confiance. » Cette phrase devrait être tatouée sur le front de chaque dirigeant européen. Pas pour parler de Trump — lui, au moins, est prévisible dans son imprévisibilité. Mais pour nous rappeler ce que nous sommes devenus. Des alliés qui abandonnent. Des partenaires qui calculent. Des « amis » qui disparaissent dès que ça devient difficile. L’Ukraine ne peut pas nous faire confiance. Et elle a raison.
Les déclarations et leurs limites
Von der Leyen : des mots, toujours des mots
Ursula von der Leyen a déclaré : « Ensemble, nous restons fermes dans notre engagement à défendre le Groenland et la souveraineté du Danemark ». Belle phrase. Engagement louable. Mais où était cette fermeté quand la Russie violait la souveraineté ukrainienne? Où sont les 93 milliards de représailles contre Moscou?
La Commission européenne se mobilise pour le Groenland parce que les tarifs de Trump touchent les économies européennes. C’est aussi simple que ça. L’Ukraine peut saigner — tant que ça ne coûte pas trop cher, on gère. Mais menacer nos exportations? Là, c’est sérieux. Là, on réagit.
Macron : la résistance en paroles
Emmanuel Macron a été clair : « Aucune intimidation ou menace ne nous influencera — ni en Ukraine, ni au Groenland, ni ailleurs. » Des mots forts. Une posture courageuse. Mais les mots ne protègent pas les villes ukrainiennes des missiles russes. Les postures n’arrêtent pas les drones.
La France envoie 15 soldats au Groenland. C’est symbolique. C’est bien. Mais où sont les troupes pour l’Ukraine? Où sont les avions, les missiles, les systèmes de défense qui manquent cruellement à Kyiv? La disproportion entre les paroles et les actes est vertigineuse.
Les dirigeants européens sont devenus des experts en indignation sélective. Ils s’insurgent contre Trump avec véhémence. Ils protestent contre ses menaces avec vigueur. Mais face à Poutine, qui tue réellement des gens, qui bombarde réellement des villes, qui viole réellement le droit international depuis quatre ans? Des sanctions, oui. Des armes, parfois. Mais jamais la même énergie. Jamais la même urgence. Le Groenland — 57 000 habitants, aucune bombe — mobilise plus l’Europe que l’Ukraine — 40 millions d’habitants, sous les missiles chaque nuit.
Pedro Sánchez : la vérité qui fait mal
Le glas de l’OTAN
Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol, a dit ce que tout le monde pense : si Trump réussit à s’emparer du Groenland, Poutine sera « l’homme le plus heureux du monde ». Parce que cela légitimera rétroactivement l’invasion de l’Ukraine. Et sonnera peut-être « le glas de l’OTAN ».
Cette analyse est impitoyable mais juste. Si le leader de l’OTAN peut menacer un membre de l’Alliance pour s’emparer de son territoire, que vaut l’Article 5? Que valent les garanties mutuelles? Que vaut tout l’édifice de sécurité collective que nous avons construit depuis 1949?
La fin d’un monde
Nous assistons peut-être à la fin du monde occidental tel que nous l’avons connu. L’alliance transatlantique qui a garanti la paix en Europe pendant des décennies se fissure. Les États-Unis ne sont plus un partenaire fiable. L’Europe est incapable de combler le vide. Et au milieu, l’Ukraine paie le prix de notre délitement.
Ce n’est pas Trump qui tue l’Occident. Il ne fait que révéler sa faiblesse. Les fissures existaient depuis longtemps. Le manque de volonté. Le calcul mesquin. La préférence pour le confort sur les principes. Trump a juste appuyé là où ça fait mal. Et tout s’écroule.
Défendre l’Ukraine contre Poutine et le Groenland contre Trump. C’est la quadrature du cercle, dit-on. Impossible à résoudre. Mais la vérité est plus simple et plus cruelle : nous avons choisi. Nous avons choisi le Groenland parce qu’il nous coûte moins cher. Nous avons choisi nos portefeuilles parce qu’ils comptent plus que nos principes. Nous avons choisi d’abandonner l’Ukraine parce que c’était plus facile. Cette vérité, nous ne voulons pas la regarder en face. Nous préférons parler de « dilemme impossible » et de « quadrature du cercle ». Mais il n’y a pas de dilemme. Il y a un choix. Et nous l’avons fait. L’histoire nous jugera. Et elle sera sévère.
Sources
Sources primaires
Euronews – Défendre l’Ukraine contre Poutine et le Groenland contre Trump : la quadrature du cercle pour l’UE (20 janvier 2026)
Sources secondaires
Ukraine Crisis Media Center – Day 1,426 (20 janvier 2026)
CNN – A stunned Europe gathers to respond after Trump increases pressure (18 janvier 2026)
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