Un pilote de drone à la tête de la défense aérienne
Le 19 janvier 2026, Fedorov a signé un ordre nommant Pavlo Yelizarov — indicatif « Lazar » — au poste de commandant adjoint de l’armée de l’Air, responsable de la défense aérienne de petite taille et de l’interception de drones. C’est un choix significatif. Yelizarov n’est pas un général de l’ancienne école. C’est un commandant d’unité de drones, forgé sur le terrain, expert de la guerre moderne telle qu’elle se pratique réellement en Ukraine.
Sa mission est claire : développer et déployer le dôme anti-drone. Cela implique de coordonner des dizaines d’unités différentes, d’intégrer des technologies diverses, de former des milliers d’opérateurs. C’est un défi logistique et technologique immense. Mais Yelizarov connaît le terrain. Il sait ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Il a vu de ses propres yeux comment les drones ont transformé cette guerre.
Une nouvelle doctrine de défense
La nomination de Yelizarov signale un changement de doctrine. Jusqu’à présent, la défense aérienne ukrainienne était principalement réactive : on attendait que les drones arrivent, puis on essayait de les abattre. Le dôme propose une approche proactive : détecter les essaims dès leur lancement, les intercepter en route, les détruire avant qu’ils n’atteignent les zones peuplées.
C’est une révolution conceptuelle. Elle nécessite des réseaux de capteurs étendus, des systèmes de communication rapides, des algorithmes de décision sophistiqués. L’Ukraine n’a pas tous ces éléments en place. Mais elle les construit, morceau par morceau, nuit après nuit. Le dôme n’apparaîtra pas du jour au lendemain. Il grandira progressivement, comme une plante qui pousse vers la lumière.
Nommer un commandant de drones pour diriger la défense aérienne — c’est reconnaître que la guerre a changé. Les vieux généraux qui pensaient en termes de chasseurs et de missiles sol-air sont dépassés. L’avenir appartient à ceux qui comprennent les drones, l’IA, la guerre en essaim. Yelizarov représente cette nouvelle génération. Il a appris sur le terrain ce que les écoles de guerre n’enseignent pas encore. C’est peut-être l’homme qu’il faut pour ce travail impossible. Ou peut-être que personne ne peut réussir ce travail. Mais au moins, l’Ukraine essaie.
Les composantes du dôme
Les drones intercepteurs : 1 500 par jour
La colonne vertébrale du dôme sera constituée de drones intercepteurs. L’Ukraine en produit désormais 1 500 par jour — un chiffre annoncé par Zelensky lui-même. Ces drones FPV spécialisés sont conçus pour traquer et détruire les Shahed et autres drones d’attaque russes. Ils coûtent entre 3 000 et 5 000 dollars pièce — une fraction du coût d’un missile sol-air.
Le taux de réussite de ces intercepteurs est d’environ 68%, selon les données officielles. C’est insuffisant pour une protection totale, mais c’est un début. L’objectif est d’améliorer ce taux par l’entraînement, le perfectionnement technologique, et l’intégration de l’IA. Chaque point de pourcentage gagné représente des vies sauvées, des bâtiments préservés, des nuits de sommeil pour les civils ukrainiens.
Les groupes de feu mobiles
Zelensky a également mentionné des « groupes de feu mobiles » comme composante du dôme. Ces unités, équipées de mitrailleuses, de canons anti-aériens et de systèmes portables de défense, peuvent se déployer rapidement là où les drones sont détectés. Elles complètent les systèmes fixes et permettent une réponse flexible aux attaques.
Ces groupes mobiles sont particulièrement efficaces contre les drones volant à basse altitude. Un Shahed qui passe sous le radar des grands systèmes peut être abattu par une équipe au sol équipée de la bonne arme. C’est une défense de proximité, complémentaire aux systèmes à longue portée. L’ensemble forme une architecture multicouche difficile à percer.
1 500 drones intercepteurs par jour. C’est un chiffre qui donne le vertige. Il y a trois ans, l’Ukraine ne produisait presque pas de drones. Aujourd’hui, elle en fabrique plus que la plupart des pays industrialisés. Cette transformation est le résultat de la nécessité — quand on combat pour sa survie, on trouve des ressources qu’on ne savait pas avoir. Les garages sont devenus des usines. Les ingénieurs sont devenus des armuriers. Les citoyens sont devenus des producteurs de guerre. C’est la mobilisation totale, version XXIe siècle.
L'intégration de l'intelligence artificielle
Le système DWS-1 : un opérateur pour 100 drones
L’intelligence artificielle sera le cerveau du dôme. Le système DWS-1, développé en Ukraine, permet à un seul opérateur de contrôler jusqu’à 100 drones simultanément. L’IA coordonne les trajectoires, identifie les cibles, optimise les interceptions. Les drones peuvent opérer de manière autonome, sans dépendre du GPS ou d’autres systèmes vulnérables au brouillage.
C’est une première mondiale. Aucune armée n’avait jamais déployé un tel essaim défensif coordonné par IA en conditions de combat réel. L’Ukraine écrit le manuel en temps réel. Les leçons apprises ici seront étudiées par toutes les armées du monde. Ce qui fonctionne en Ukraine deviendra la norme partout ailleurs.
La détection précoce
L’IA joue également un rôle crucial dans la détection précoce. Des algorithmes analysent les données des radars, des capteurs acoustiques, des caméras thermiques. Ils identifient les signatures des drones ennemis, distinguent les vraies menaces des faux positifs, prédisent les trajectoires probables. Plus la détection est précoce, plus le temps de réaction est long, plus les chances d’interception sont élevées.
L’Ukraine développe également des réseaux de capteurs civils. Des applications mobiles permettent aux citoyens de signaler les drones qu’ils entendent ou voient. Ces données sont agrégées et analysées pour améliorer la conscience situationnelle. C’est la défense participative — toute la population devient partie du système de détection.
Un opérateur qui contrôle 100 drones. C’est de la science-fiction devenue réalité. Il y a dix ans, cette technologie n’existait que dans les films. Aujourd’hui, elle vole au-dessus des champs ukrainiens, chassant les Shahed russes. La vitesse de l’innovation est stupéfiante. La guerre accélère tout — y compris le développement technologique. Ce que les laboratoires occidentaux mettraient des années à créer, l’Ukraine le développe en mois. La pression de la survie fait des miracles.
Les défis à surmonter
La couverture du territoire
L’Ukraine couvre 603 628 kilomètres carrés — c’est plus grand que la France. Créer un dôme qui protège l’intégralité de ce territoire est un défi colossal. Même avec 1 500 drones intercepteurs par jour, même avec des groupes mobiles partout, il y aura des trous. Des zones moins protégées. Des drones qui passeront.
La stratégie sera probablement de prioriser. Protéger d’abord les grandes villes, les infrastructures critiques, les centres de commandement. Puis étendre progressivement la couverture. C’est un processus qui prendra des mois, peut-être des années. Pendant ce temps, les drones russes continueront de frapper. Le dôme ne sera jamais parfait. Mais même imparfait, il sauvera des vies.
L’approvisionnement et la maintenance
Un autre défi est logistique. 1 500 drones par jour, cela signifie des tonnes de composants à fabriquer ou importer. Des batteries, des moteurs, des cartes électroniques, des explosifs. L’Ukraine dépend encore de l’étranger pour certains composants critiques. Les chaînes d’approvisionnement doivent être sécurisées et diversifiées.
La maintenance est également cruciale. Les drones intercepteurs qui reviennent de mission doivent être inspectés, réparés, rechargés. Les systèmes radar nécessitent un entretien constant. Les opérateurs doivent être formés et rotés pour éviter l’épuisement. C’est une machine énorme qui doit tourner sans interruption, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Construire un dôme anti-drone au-dessus d’un pays de la taille de la France, pendant une guerre, avec des ressources limitées — c’est le genre de projet qui ferait reculer n’importe quel planificateur sensé. Mais les Ukrainiens ne sont plus sensés. Ils sont désespérés, déterminés, et incroyablement créatifs. Ils feront ce qui doit être fait, d’une manière ou d’une autre. Le dôme existera, même s’il faut le construire avec des bouts de ficelle et de la volonté pure.
Le soutien occidental
Les systèmes promis
L’Occident contribue au dôme avec des systèmes de défense aérienne avancés. La France a promis des SAMP/T NG, la dernière génération de sa plateforme de défense à longue portée. Les États-Unis continuent de fournir des munitions Patriot. L’Allemagne livre des IRIS-T. Ces systèmes forment la couche supérieure du dôme, celle qui intercepte les menaces à haute altitude.
La Suède s’est engagée à fournir jusqu’à 150 chasseurs Gripen, dont 14 pourraient arriver dès 2026. Ces avions ne font pas directement partie du dôme, mais ils contribueront à la supériorité aérienne ukrainienne. Moins il y aura de lanceurs de missiles russes opérationnels, moins il y aura de menaces à intercepter.
Les limitations de l’aide
Mais l’aide occidentale reste insuffisante. L’Ukraine demande des dizaines de batteries de défense aérienne. Elle en reçoit quelques-unes. Les munitions arrivent au compte-gouttes. Les promesses se heurtent aux réalités budgétaires et aux hésitations politiques. Le dôme devra donc reposer principalement sur les capacités ukrainiennes — les drones intercepteurs, les groupes mobiles, l’ingéniosité locale.
C’est peut-être une bénédiction déguisée. En développant ses propres capacités, l’Ukraine devient moins dépendante de l’aide extérieure. Elle crée une industrie de défense qui pourra exporter ses produits après la guerre. Elle acquiert une expertise unique que le monde entier voudra acheter. La nécessité forge l’autonomie.
Le dôme anti-drone ukrainien est plus qu’un projet militaire. C’est un symbole de résilience, de créativité, de détermination. C’est la réponse d’un peuple qui refuse de mourir à ceux qui veulent l’anéantir. Chaque drone intercepteur qui décolle, chaque Shahed abattu, chaque nuit sans bombardement est une victoire du dôme. Il n’est pas encore complet. Il ne le sera peut-être jamais. Mais il existe, il grandit, il protège. Et c’est tout ce qui compte. L’Ukraine construit son avenir au milieu des ruines. Elle mérite notre admiration — et notre aide.
Sources
Sources primaires
United24 Media – Ukraine to Build an « Anti-Drone Dome » to Intercept Russian Drone Swarms on Approach (janvier 2026)
United24 Media – How Ukraine Started 2026 with Record Anti-Shahed Drone Production (janvier 2026)
Sources secondaires
Technology.org – Ukrainian Drone Interceptors Are Already Hunting Down Jet-Powered Gerans (9 janvier 2026)
TechUkraine – Beyond Survival: Ukraine Kicks Off 2026 with a Twin-Drone Reveal (8 janvier 2026)
The National Interest – The Next Evolution in Ukraine’s Drone Defense (janvier 2026)
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