Des échecs au décollage massifs
Le HX-2 utilise un système de catapulte pour le lancement. En théorie, c’est une solution élégante qui permet un déploiement rapide sans piste d’atterrissage. En pratique, le mécanisme est défaillant. Une proportion significative des drones ne parvient pas à décoller correctement. Ils s’écrasent au sol, deviennent des épaves avant même d’avoir vu l’ennemi.
Ce problème de fiabilité au lancement est catastrophique sur un champ de bataille. Les soldats ukrainiens n’ont pas le luxe de perdre du matériel avant même de l’utiliser. Chaque drone perdu au décollage est une opportunité manquée, une cible russe qui échappe à la destruction, peut-être des vies ukrainiennes perdues.
Vulnérabilité au brouillage électronique
Les drones qui parviennent à voler font face à un autre problème : ils sont « très vulnérables aux actions de brouillage près des lignes de contact », perdant la connexion avec leurs opérateurs. La guerre électronique russe est redoutable. Les Russes ont déployé des systèmes de brouillage sophistiqués sur tout le front. Un drone qui ne peut pas résister à ce brouillage est inutile.
C’est d’autant plus problématique que Helsing se vantait de son intelligence artificielle avancée. Le HX-2 était censé être capable de fonctionner de manière autonome, de prendre des décisions sans intervention humaine. Mais si le drone perd le contact avant d’atteindre sa cible, toute cette intelligence ne sert à rien.
L’industrie de défense européenne souffre d’un mal chronique : elle promet beaucoup et livre peu. Des PowerPoints magnifiques. Des démos impressionnantes. Des discours enthousiastes. Et puis, quand vient le moment de la vérité — le champ de bataille, les conditions réelles, l’ennemi qui riposte — tout s’effondre. Le HX-2 est le dernier exemple d’une longue série. Combien de milliards faudra-t-il gaspiller avant que l’Europe apprenne à tester sérieusement avant de promettre?
La réponse de Helsing
Le déni officiel
Helsing a publié un démenti formel. La start-up affirme ne pas être au courant des présentations du ministère allemand de la Défense mentionnant ces problèmes. Elle rejette les affirmations sur les taux d’échec élevés. Elle exprime sa confiance dans les performances futures du HX-2 sur le champ de bataille, « même dans des conditions de guerre électronique ».
Ce déni sonne creux. L’Ukraine a suspendu ses commandes — ce n’est pas le comportement d’un client satisfait. L’Allemagne a mis en pause ses acquisitions — ce n’est pas le geste d’un gouvernement confiant. Les unités ukrainiennes sur le terrain rapportent des problèmes — ce ne sont pas des inventions. Helsing peut nier tant qu’elle veut, les faits parlent d’eux-mêmes.
L’intérêt prétendu des unités ukrainiennes
Helsing affirme que les unités ukrainiennes maintiennent leur intérêt pour le HX-2. C’est possible — dans un conflit où chaque arme compte, les Ukrainiens sont prêts à utiliser tout ce qui peut aider. Mais intérêt et satisfaction sont deux choses différentes. On peut être intéressé par un produit tout en constatant qu’il ne fonctionne pas comme promis.
Le contrat original couvrant la livraison de modèles HF-1 avec une transition vers le HX-2 reste en suspension. C’est le signe le plus clair que quelque chose ne va pas. Les contrats ne sont pas suspendus quand tout fonctionne. Ils sont suspendus quand il y a des problèmes trop graves pour être ignorés.
Le réflexe du déni est compréhensible mais destructeur. Helsing protège sa réputation, ses investisseurs, sa valorisation. Mais en niant les problèmes évidents, elle perd toute crédibilité. Les Ukrainiens savent ce qu’ils voient sur le terrain. Les Allemands ont leurs propres rapports. Personne n’est dupe. Le mieux que Helsing puisse faire maintenant, c’est reconnaître les défauts, les corriger, et livrer un produit qui fonctionne. Le déni ne sauve pas les entreprises. Le travail bien fait, si.
La concurrence qui attend
Rheinmetall et les autres
Helsing fait face à une concurrence féroce. Rheinmetall, le géant allemand de l’armement, propose ses propres solutions. WB Electronics, la société polonaise, prépare le Warmate 3.0 — des milliers d’unités sont prévues pour les forces ukrainiennes. Ces concurrents ont des produits éprouvés, des références sur le terrain, une réputation à défendre.
Le marché des drones militaires est impitoyable. Les acheteurs — les armées, les gouvernements — veulent des résultats, pas des promesses. Le HX-2 avait une fenêtre d’opportunité. Cette fenêtre se ferme rapidement. Si Helsing ne corrige pas ses problèmes, elle sera balayée par des concurrents qui, eux, livrent ce qu’ils promettent.
L’Ukraine comme juge ultime
L’Ukraine est devenue le laboratoire de la guerre moderne. Chaque arme y est testée dans les conditions les plus extrêmes. Les systèmes qui fonctionnent sont adoptés. Ceux qui échouent sont abandonnés. Il n’y a pas de place pour la complaisance ou les excuses. Les soldats ukrainiens ont besoin d’armes qui marchent. Point.
Le verdict ukrainien sur le HX-2 est sans appel : commandes suspendues. C’est la sanction la plus sévère qu’un fournisseur d’armes puisse recevoir. Helsing peut contester, nier, expliquer. Mais le marché a parlé. Et le marché dit non.
L’échec du HX-2 dépasse le cas d’une start-up malchanceuse. C’est le symbole d’une Europe qui parle plus qu’elle n’agit. Qui annonce plus qu’elle ne livre. Qui promet des révolutions et accouche de déceptions. L’Ukraine avait besoin de drones fiables. L’Europe lui a envoyé des prototypes défaillants. Pendant ce temps, les Russes continuent de produire leurs Lancet — imparfaits peut-être, mais fonctionnels. La guerre ne récompense pas les intentions. Elle récompense les résultats. Et l’Europe, une fois de plus, n’a pas de résultats à montrer.
Sources
Sources primaires
Génération-NT – Le drone star européen HX-2 de Helsing est-il déjà un échec en Ukraine? (20 janvier 2026)
Sources secondaires
United24 Media – How Ukraine Started 2026 with Record Anti-Shahed Drone Production (20 janvier 2026)
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