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Le Groenland sous tension : une mission OTAN pour protéger l’île des ambitions américaines
Crédit: Adobe Stock

L’initiative danoise et groenlandaise

La proposition d’une mission de l’OTAN dans l’Arctique n’est pas venue par hasard. Elle est le résultat direct de l’escalade des tensions depuis le début du mois de janvier. Le ministre de la Défense danois Troels Lund Poulsen a été clair lors de sa déclaration à Bruxelles : « Nous avons proposé cela. Le secrétaire général de l’OTAN en a également pris note, et je crois que nous pouvons maintenant espérer établir un cadre pour la manière dont cela peut être réalisé. » Cette déclaration pourrait sembler administrative, presque banale. Mais dans le contexte actuel, elle représente un pas monumental. Le Danemark, pays de 6 millions d’habitants, a pris la décision de mobiliser l’Alliance militaire la plus puissante de l’histoire pour protéger son territoire arctique. Et ce n’est pas seulement Copenhague qui parle — c’est aussi le Groenland lui-même, à travers sa ministre des Affaires étrangères Vivian Motzfeldt, qui a participé à la réunion de Bruxelles et a donné son accord à cette proposition.

Cette initiative intervient dans un contexte où les pays européens ont déjà commencé à envoyer du personnel militaire sur l’île à la demande du Danemark. L’opération Arctic Endurance, des exercices militaires annoncés par l’Europe, a été mise en place pour montrer une présence militaire visible et déterminée. La France a également annoncé qu’elle rejoindrait l’opération, envoyant un signal clair que l’Europe ne laisserait pas le Groenland tomber sans réponse. Mais l’envoi de troupes et d’équipements, aussi important soit-il, n’est pas suffisant pour contrer une menace émanant de la puissance qui dirige l’Alliance elle-même. D’où la proposition d’une mission formelle de l’OTAN — une manière de transformer la protection informelle déjà existante en une présence institutionnalisée, permanente et indéniable.

Le calcul stratégique de Copenhague

Pour le Danemark, cette décision représente un pari audacieux mais nécessaire. Le Royaume danois comprend que le statu quo n’est plus tenable. L’accord de 1951 qui permet aux États-Unis de déployer autant de forces qu’ils le souhaitent sur le territoire danois a été utilisé par Trump comme justification : puisqu’ils ont déjà accès à la base spatiale de Pituffik, avec ses 200 personnes, pourquoi ne pas prendre le contrôle complet de l’île ? Mais cette logique ignore une réalité fondamentale : la présence militaire américaine au Groenland se fait avec l’autorisation et la coopération du Danemark. Une invasion, qu’elle soit militaire ou économique par le biais de pressions extrêmes, changerait radicalement la nature de cette relation.

Le calcul danois est relativement simple : si l’OTAN officialise sa présence au Groenland, toute tentative américaine de prise de contrôle deviendra non seulement une violation de la souveraineté danoise, mais aussi une attaque directe contre l’Alliance elle-même. Le congressiste républicain Michael McCaul a averti qu’une invasion américaine du Groenland « effectivement mènerait à la dissolution de l’Alliance de l’Atlantique Nord ». C’est cette dissolution que le Danemark cherche à éviter en créant un cadre OTAN qui rendrait toute action unilatérale américaine impossible à justifier. La question que beaucoup se posent est : l’OTAN acceptera-t-elle cette mission ? Ou est-ce que l’Alliance, dont les États-Unis sont le membre fondateur et le plus puissant, se retrouvera paralysée par les divisions internes ?

Il y a une ironie presque cruelle dans cette situation. L’OTAN, créée pour protéger l’Europe de l’expansion soviétique, se retrouve aujourd’hui dans une position où elle pourrait devoir protéger un de ses membres de son propre leader. Le Danemark et le Groenland demandent à l’Alliance de faire exactement ce pour quoi elle a été conçue — défendre un membre contre une menace extérieure — mais cette menace émane de Washington. Comment réagiront les 31 autres membres de l’OTAN ? Est-ce que la solidarité transatlantique survivra à cette épreuve ? Ou est-ce que nous assistons au début de la fin de l’ordre international qui a maintenu la paix en Europe pendant près de 80 ans ?

Sources

Sources primaires

The New Voice of Ukraine – Denmark and Greenland offer NATO new mission (20 janvier 2026)

Reuters – Denmark, Greenland suggest Arctic NATO mission, Danish defence minister says (19 janvier 2026)

Reuters – Trump vows tariffs on eight European nations over Greenland (17 janvier 2026)

Sources secondaires

Deutsche Welle – Greenland updates: Denmark floats NATO mission on island (20 janvier 2026)

Al Jazeera – Denmark sends more troops to Greenland amid tensions with Trump (20 janvier 2026)

OTAN – NATO Secretary General hosts Denmark’s Defence Minister and Greenland’s Foreign Minister at NATO HQ (19 janvier 2026)

Euractiv – Denmark urges NATO mission to bolster Greenland’s defences (20 janvier 2026)

Time – Republicans Condemn Trump’s Greenland Tariffs Threat | TIME (18 janvier 2026)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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