Le sommet qui change la donne
Le 6 janvier 2026, Paris a accueilli un sommet historique. Des dirigeants de 35 pays, dont 27 chefs d’État ou de gouvernement, se sont réunis pour discuter des garanties de sécurité pour l’Ukraine. C’est le nombre le plus élevé de participants à une telle réunion depuis le début de la guerre. Le message est clair : l’Occident n’abandonne pas.
Les participants ont convenu de fournir à l’Ukraine des garanties de défense multicouches. Keir Starmer et Emmanuel Macron ont proposé d’établir des « hubs militaires » en Ukraine pour former les forces armées et stocker des équipements. Les États-Unis — malgré le retour de Trump — participent aux discussions. C’est ce que les diplomates appellent la « Coalition des Volontaires » — un groupe de pays prêts à s’engager concrètement pour la sécurité ukrainienne.
Des garanties concrètes
Selon le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, la Coalition des Volontaires travaille à fournir des garanties de sécurité qui incluraient la formation des forces armées ukrainiennes, le soutien aérien, terrestre et maritime pour dissuader toute future attaque russe, et la création d’installations protégées pour les armes et équipements militaires. Ce n’est pas l’adhésion à l’OTAN — mais c’est quelque chose de substantiel.
Rutte a été explicite sur la menace : les services de renseignement indiquent que « d’ici 2027, 2029 ou 2031, les Russes seront prêts à tenter quelque chose contre nous ». Ce « nous » désigne l’OTAN directement. L’Ukraine n’est pas la fin — c’est le début. Si Poutine gagne là-bas, il continuera ailleurs. C’est pourquoi le soutien à Kyiv n’est pas de la charité — c’est de l’autodéfense préventive.
La Coalition des Volontaires est la réponse de l’Occident au pari de Poutine. Elle dit : nous ne céderons pas. Nous ne nous fatiguerons pas. Nous resterons. Bien sûr, les paroles sont faciles. Les actes sont plus difficiles. Mais le simple fait que 35 pays se soient réunis, que des engagements concrets aient été pris, que des mécanismes de soutien soient en cours de création — c’est significatif. Poutine espérait diviser l’Occident. Il l’a unifié. C’est peut-être sa plus grande erreur.
La guerre hybride s'intensifie
Le front invisible
Pendant que le monde se concentre sur les tranchées du Donbass, la Russie mène une autre guerre — invisible mais tout aussi dangereuse. Les analystes l’appellent la « Phase Zéro » : une campagne de déstabilisation, de sabotage et de guerre de l’information visant à affaiblir l’OTAN de l’intérieur. Des câbles sous-marins coupés. Des incendies suspects dans des installations industrielles. Des cyberattaques contre des infrastructures critiques.
L’incident du 31 décembre 2025 illustre cette menace. Un câble de communication reliant la Finlande à l’Estonie a été endommagé dans des circonstances suspectes. Les enquêteurs soupçonnent un acte de sabotage russe. Ce n’est pas un incident isolé — des dizaines d’incidents similaires ont été signalés à travers l’Europe ces dernières années. La Russie teste les défenses occidentales, cherche les failles, prépare le terrain.
La menace pour 2027 et au-delà
Le groupe Eurasia identifie le « front russe secondaire » comme l’un des principaux risques géopolitiques de 2026. Leur analyse est sobre : le front le plus dangereux en Europe cette année ne sera pas les tranchées du Donbass, mais la guerre hybride entre la Russie et l’OTAN. Des opérations de déstabilisation intensifiées, des provocations aux frontières, des attaques économiques ciblées.
L’objectif de Moscou est de diviser l’Alliance, de semer le doute sur l’Article 5, de prouver que l’OTAN n’est pas prête à défendre ses membres. Si Poutine réussit à créer suffisamment de chaos et d’incertitude, le soutien à l’Ukraine pourrait effectivement faiblir. C’est une stratégie de long terme, patiente et méthodique. Et elle a déjà commencé.
La guerre hybride est insidieuse. Elle ne fait pas les gros titres. Elle ne provoque pas l’indignation. Un câble coupé ici, une cyberattaque là, une campagne de désinformation ailleurs — chaque incident semble mineur. Mais l’accumulation est dévastatrice. C’est la mort par mille coupures. Poutine ne peut pas vaincre l’OTAN militairement. Mais il peut peut-être la pourrir de l’intérieur, saper sa cohésion, éroder la confiance entre alliés. C’est son vrai plan. Et nous ferions bien de le prendre au sérieux.
L'Ukraine refuse de céder
La résistance comme identité nationale
Au milieu de tous ces calculs géopolitiques, il y a l’Ukraine. Un pays qui refuse de mourir. Un peuple qui refuse de se soumettre. Depuis 1 426 jours, les Ukrainiens se battent, meurent, souffrent — mais ne cèdent pas. Ils ont repoussé l’assaut initial sur Kyiv. Ils ont libéré Kherson et une partie de Kharkiv. Ils tiennent les lignes malgré la supériorité numérique russe.
Cette résistance n’est pas qu’une stratégie militaire — c’est devenu une identité nationale. L’Ukraine de 2026 n’est plus l’Ukraine de 2014 ou de 2022. C’est une nation forgée dans le feu, unie par le sacrifice, déterminée à exister quoi qu’il en coûte. Même si l’Occident l’abandonnait — hypothèse que beaucoup redoutent — les Ukrainiens continueraient probablement à se battre.
Les innovations qui changent la donne
L’Ukraine ne se contente pas de résister — elle innove. Les 1 500 drones intercepteurs produits chaque jour. Les frappes en profondeur contre les radars et les dépôts russes. Les missiles de croisière développés localement. Le dôme anti-drone en construction. L’Ukraine transforme chaque contrainte en opportunité, chaque pénurie en invention.
Cette capacité d’adaptation est peut-être l’atout le plus précieux de l’Ukraine. La Russie a plus de soldats, plus de missiles, plus d’argent. Mais l’Ukraine a plus de créativité, plus de motivation, plus de raisons de se battre. Dans une guerre d’usure, ces facteurs immatériels peuvent faire la différence. Poutine parie sur la fatigue occidentale. Il devrait aussi parier sur la ténacité ukrainienne — et là, il perdrait.
L’Ukraine est le grain de sable dans la machine de Poutine. Elle devait tomber en trois jours. Elle tient depuis presque quatre ans. Elle devait s’effondrer sous le poids des missiles. Elle produit ses propres drones. Elle devait supplier pour la paix. Elle demande des armes pour continuer le combat. L’Ukraine refuse de jouer le rôle que Poutine lui a assigné. Elle refuse d’être une victime. Elle refuse de mourir. C’est peut-être la plus grande surprise de cette guerre — et la plus belle.
Les négociations impossibles
Les exigences russes
La Russie a clairement énoncé ses conditions de paix. Démilitarisation de l’Ukraine. Prétendue « purification idéologique » — un terme absurde de propagande appliqué à un pays dirigé par un président juif. Reconnaissance de l’annexion des territoires occupés. Neutralité permanente, interdiction d’adhérer à l’OTAN ou à l’UE. En clair : la destruction de l’Ukraine en tant qu’État souverain.
Ces exigences sont inacceptables. Aucun gouvernement ukrainien ne peut les accepter et survivre politiquement. Aucun Ukrainien qui a perdu des proches dans cette guerre ne peut accepter que leur sacrifice n’ait servi à rien. Les négociations sont donc dans l’impasse — non pas parce que personne ne veut la paix, mais parce que la Russie exige une capitulation déguisée en compromis.
Le rôle de Trump
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche complique encore la situation. Trump a promis de mettre fin à la guerre « en 24 heures ». Ses méthodes restent floues, mais beaucoup craignent qu’il ne pousse l’Ukraine à accepter des concessions territoriales en échange d’un cessez-le-feu. Ce serait récompenser l’agression russe et encourager de futures invasions.
Pour l’instant, les négociations semblent bloquées. Moscou n’a montré aucun signe de flexibilité. Viktor Medvedchuk, l’oligarque pro-russe proche de Poutine, a déclaré qu’il n’y aurait « pas de paix en Ukraine en 2026 ». Ce n’est pas une prédiction — c’est une déclaration d’intention. La Russie veut la victoire, pas la paix.
Négocier avec Poutine, c’est négocier avec quelqu’un qui veut votre disparition. Quels compromis peut-on faire avec quelqu’un dont l’objectif est de vous détruire? Les appels occidentaux à la négociation sont souvent naïfs — ils présupposent un adversaire de bonne foi, prêt à des concessions mutuelles. Poutine n’est pas de bonne foi. Il n’a jamais été de bonne foi. Chaque compromis qu’on lui offre, il le prend comme une preuve de faiblesse et demande davantage. C’est la leçon de Munich 1938. Certains ne l’ont toujours pas apprise.
Ce que l'avenir nous réserve
Les scénarios possibles
Que va-t-il se passer? Personne ne le sait avec certitude. Plusieurs scénarios sont envisageables. Le premier : la guerre d’usure continue, avec des gains territoriaux limités de part et d’autre, pendant des années. Le second : une escalade majeure, peut-être provoquée par un incident aux frontières de l’OTAN, qui force une intervention directe. Le troisième : un effondrement interne en Russie, improbable mais pas impossible.
Le quatrième scénario — celui que Poutine espère — est que l’Occident finisse par forcer l’Ukraine à accepter un cessez-le-feu défavorable. Ce scénario donnerait à la Russie le temps de reconstituer ses forces et de préparer une nouvelle offensive dans quelques années. Ce serait une victoire différée pour Moscou — et une trahison pour l’Ukraine.
Le rôle de chacun
L’issue dépend de choix qui seront faits dans les capitales occidentales, à Kyiv, et dans une moindre mesure à Moscou. Si l’Occident maintient son soutien, si l’Ukraine continue de se battre, si la Coalition des Volontaires se concrétise en actes, alors Poutine perdra son pari. Mais si la fatigue l’emporte, si les divisions s’approfondissent, si l’attention se détourne — alors il aura peut-être raison.
C’est pourquoi cette guerre nous concerne tous. Ce n’est pas un conflit lointain entre deux pays que nous connaissons mal. C’est un test de notre résolution, de nos valeurs, de notre capacité à défendre ce en quoi nous croyons. Poutine parie que nous échouerons à ce test. À nous de prouver qu’il a tort.
La Russie parie que l’OTAN clignera des yeux. L’Ukraine, elle, refuse de ciller. C’est l’asymétrie fondamentale de cette guerre. D’un côté, un autocrate patient qui joue avec les faiblesses démocratiques. De l’autre, un peuple qui n’a plus rien à perdre et tout à gagner. Poutine peut attendre — les dictateurs ont tout leur temps. Mais peut-il attendre plus longtemps que l’Ukraine peut résister? C’est la vraie question. Et la réponse dépend en partie de nous. De notre aide, de notre détermination, de notre refus d’abandonner ceux qui se battent pour les valeurs que nous prétendons défendre. L’histoire nous regarde. Elle jugera.
Sources
Sources primaires
Euromaidan Press – Russia is betting NATO will blink. Ukraine won’t. (20 janvier 2026)
NATO – Keynote address by NATO Secretary General Mark Rutte (13 janvier 2026)
Sources secondaires
Eurasia Group – Russia’s second front: Top Risk of 2026 (janvier 2026)
NPR – The U.K. and France would install ‘military hubs’ in Ukraine (6 janvier 2026)
RUSI – Russia is Losing – Time for Putin’s 2026 Hybrid Escalation (janvier 2026)
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