Le bataillon de chars et les assaillants
La capture a été réalisée le 13 janvier 2026 par une opération coordonnée impliquant plusieurs unités de la 92e Brigade d’assaut. Le bataillon de chars de la brigade a travaillé en tandem avec des combattants du 1er Bataillon d’assaut. C’est cette coordination qui a permis de neutraliser et capturer le véhicule plutôt que de le détruire simplement.
Les détails tactiques n’ont pas été rendus publics — l’Ukraine protège ses méthodes. Mais on peut imaginer la séquence : repérage du char par des drones de reconnaissance, neutralisation de l’équipage par des tirs de précision ou des drones FPV, puis approche des équipes au sol pour sécuriser le véhicule. Capturer un char ennemi intact est une opération délicate qui nécessite de prendre des risques considérables.
Le blindage « mangal »
Ce qui rend ce T-80BVM particulièrement intéressant, c’est son blindage improvisé. Les Russes l’avaient recouvert d’un cadre de grillage et de câbles d’acier formant une sorte de cage autour de la tourelle et du châssis. Cette protection, appelée « mangal » par les troupes, est censée neutraliser les drones FPV et les munitions rôdeuses en les faisant exploser avant qu’ils n’atteignent le blindage principal.
L’efficacité de ce système est controversée. Certains rapports indiquent qu’il offre une protection réelle contre les attaques de drones. D’autres soulignent ses inconvénients : le poids supplémentaire réduit la mobilité, la cage limite le champ de vision de l’équipage, et certains angles de tir de la tourelle sont bloqués. Le fait que ce char ait été capturé suggère que sa protection n’était pas infaillible.
Le « mangal » est le symbole parfait de l’improvisation russe. Face aux drones ukrainiens qui détruisent leurs chars par dizaines, les Russes ont bricolé des solutions avec les moyens du bord. Des grillages. Des câbles. Des plaques de métal. C’est mieux que rien, mais c’est loin d’être suffisant. L’armée russe, qui se vantait de ses blindés de dernière génération, en est réduite à les équiper de barbecues improvisés. C’est pathétique et tragique à la fois. Pathétique parce que ça montre l’état réel de l’industrie de défense russe. Tragique parce que des hommes meurent dans ces cercueils d’acier mal protégés.
Le T-80BVM : les caractéristiques techniques
Un char de dernière génération… en théorie
Le T-80BVM est présenté par la Russie comme l’un de ses meilleurs chars de combat. Il est équipé d’un canon 125 mm 2A46M-4 capable de tirer des obus conventionnels et des missiles guidés. Son système de stabilisation 2E58 permet des tirs précis même en mouvement. Le chargeur automatique a été modifié pour utiliser des munitions perforantes à l’uranium appauvri — les redoutables 3BM59 « Svinets-1 » et 3BM60 « Svinets-2 ».
La protection inclut des blocs de blindage réactif explosif Kontakt-1 sur les flancs et des modules Relikt plus avancés sur l’avant de la tourelle. Le moteur est une turbine à gaz GTD-1250 modernisée, offrant une bonne puissance mais consommant énormément de carburant. Les communications sont assurées par la station radio R-168-25U-2 « Aqueduct ».
Les faiblesses révélées par la guerre
Malgré ces spécifications impressionnantes, le T-80BVM a montré ses limites en Ukraine. Le blindage réactif ne protège pas contre les attaques par le haut — exactement là où frappent les drones FPV et les missiles Javelin. La turbine à gaz est gourmande et fragile, mal adaptée aux conditions hivernales. L’électronique de bord est vulnérable aux interférences.
De plus, comme tous les chars russes, le T-80BVM souffre d’une conception fatale : les munitions sont stockées dans un carrousel sous la tourelle. Si le blindage est percé, les munitions explosent, propulsant la tourelle dans les airs — ce que les observateurs appellent le « jack-in-the-box effect ». Aucun membre d’équipage ne survit à ce type d’événement.
Le T-80BVM est un char de la Guerre froide modernisé, pas un char du XXIe siècle. Ses concepteurs n’avaient pas imaginé les drones kamikazes, les missiles à attaque par le haut, les munitions rôdeuses. Ils avaient conçu un véhicule pour affronter les chars de l’OTAN dans les plaines d’Europe centrale, pas pour survivre dans un environnement saturé de petites menaces aériennes. La guerre d’Ukraine a rendu ces chars obsolètes — non pas parce qu’ils sont mauvais, mais parce que le monde a changé plus vite qu’ils ne pouvaient s’adapter.
La valeur stratégique de la capture
Une mine d’informations
Capturer un T-80BVM intact, c’est offrir aux analystes occidentaux l’opportunité d’examiner en détail les technologies russes. Le blindage réactif Relikt, les systèmes de visée, les munitions, l’électronique embarquée — tout peut être étudié, testé, démonté. Ces informations permettent de développer des contre-mesures plus efficaces et d’améliorer les armes antichar occidentales.
Selon les données d’Oryx, le groupe qui documente les pertes vérifiables visuellement, l’Ukraine a capturé au moins 35 chars T-80BVM depuis le début de l’invasion à grande échelle en 2022. C’est un chiffre significatif qui témoigne à la fois de l’agressivité des opérations ukrainiennes et des failles de l’armée russe.
Un renforcement des forces ukrainiennes
Les chars capturés ne finissent pas tous dans des musées ou des laboratoires. Beaucoup sont remis en service avec les forces ukrainiennes. Après inspection et réparation si nécessaire, un T-80BVM peut parfaitement servir contre ses anciens propriétaires. C’est la forme ultime de récupération — transformer les armes de l’ennemi en vos propres outils de défense.
L’Ukraine dispose désormais d’un parc blindé hétéroclite, mélangeant des chars occidentaux comme les Leopard 2 et les Challenger 2 avec des modèles soviétiques et russes capturés ou hérités. Cette diversité complique la logistique mais offre une flexibilité tactique. Et chaque char russe qui change de camp est un char de moins pour l’ennemi.
La capture est plus qu’un acte militaire — c’est un acte psychologique. Chaque char russe aux mains des Ukrainiens est une humiliation pour le Kremlin. C’est la preuve que l’armée invincible de Poutine peut être vaincue, désarmée, retournée contre elle-même. Les images de T-80BVM arborant les couleurs ukrainiennes circulent sur les réseaux sociaux, rappelant au monde entier que cette guerre n’est pas gagnée d’avance. La Russie perd des chars. L’Ukraine les récupère. C’est une équation simple mais dévastatrice pour le moral russe.
Les pertes blindées russes : un bilan catastrophique
Plus de 13 800 véhicules perdus
Le T-80BVM capturé n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des pertes blindées russes. Selon les données compilées, la Russie a perdu plus de 13 800 véhicules blindés en Ukraine à la fin de 2025. Ce chiffre inclut des chars de combat, des véhicules de combat d’infanterie, des transports de troupes blindés et d’autres véhicules spécialisés.
Pour les chars spécifiquement, les pertes dépassent 11 500 unités selon les derniers rapports du État-major ukrainien. C’est plus que les stocks actifs de nombreuses armées européennes combinées. La Russie puise désormais dans ses réserves stratégiques — de vieux T-62 et T-72 sortis de hangars où ils dormaient depuis des décennies, souvent en mauvais état.
Le problème du remplacement
La Russie peine à remplacer ces pertes. Ses usines produisent quelques centaines de chars neufs par an — un chiffre dérisoire face aux milliers perdus. La modernisation de vieux chars est plus rapide mais produit des véhicules de qualité inférieure. Les sanctions occidentales compliquent l’approvisionnement en composants électroniques et optiques de précision.
Le résultat est une dégradation qualitative progressive de la force blindée russe. Les chars modernes comme le T-90M et le T-80BVM sont de plus en plus rares sur le front, remplacés par des véhicules anciens et mal entretenus. C’est un cercle vicieux : plus la Russie perd de bons chars, plus elle doit en déployer de mauvais, qui sont encore plus vulnérables.
11 500 chars perdus. C’est un chiffre difficile à conceptualiser. Imaginez 11 500 familles russes informées que leur fils, leur mari, leur père est mort carbonisé dans un cercueil d’acier. Imaginez les milliers de tonnes de métal réduit en ferraille, les milliards de dollars partis en fumée. La Russie prétend que cette guerre se passe bien. Les statistiques racontent une autre histoire. Une histoire de destruction, de gaspillage, d’hubris punie. Chaque char perdu est un monument à la folie de Poutine.
Les leçons pour l'avenir
La fin de l’ère des chars?
Certains analystes affirment que la guerre d’Ukraine annonce la fin des chars comme arme décisive. Les drones, les missiles antichar, les munitions rôdeuses rendent ces mastodontes d’acier extrêmement vulnérables. Un char de plusieurs millions de dollars peut être détruit par un drone FPV coûtant quelques centaines d’euros. L’asymétrie économique est dévastatrice.
D’autres répondent que les chars restent indispensables pour certaines missions — percées, appui-feu, combat urbain. Ils doivent simplement évoluer, s’adapter aux nouvelles menaces. Les systèmes de protection active, les blindages contre les attaques par le haut, l’intégration avec des drones de soutien pourraient leur donner une nouvelle vie. Le débat est ouvert.
L’importance de l’infanterie
Ce que cette guerre confirme, c’est l’importance de la coordination interarmes. Un char isolé est vulnérable. Un char soutenu par de l’infanterie, des drones, de l’artillerie et de la défense anti-aérienne reste redoutable. La capture du T-80BVM par la 92e Brigade illustre cette synergie — ce sont des équipes combinées qui ont neutralisé puis sécurisé le véhicule.
L’Ukraine a appris à combiner ces éléments de manière créative. Ses tactiques évoluent constamment, s’adaptant aux réponses russes. C’est cette agilité doctrinale qui lui permet de continuer à capturer des chars ennemis malgré les adaptations de l’adversaire. La guerre est un dialogue permanent entre innovation et contre-innovation.
Un char T-80BVM capturé par l’Ukraine. C’est une image qui mérite d’être contemplée. Ce monstre d’acier, conçu pour écraser la résistance ukrainienne, sert maintenant la cause qu’il devait détruire. Il y a une justice poétique là-dedans. Une forme de karma mécanique. Poutine a envoyé ses meilleurs chars pour « libérer » l’Ukraine, selon sa propagande. Ces chars finissent aux mains des Ukrainiens, qui les retournent contre leurs anciens maîtres. La guerre ne se déroule pas comme le Kremlin l’avait prévu. Et chaque char capturé est un rappel de cette réalité inconfortable pour Moscou.
Sources
Sources primaires
United24 Media – Ukraine Captures Russia’s Frontline T-80BVM Tank in Rare Battlefield Seizure (janvier 2026)
Militarnyi – Soldiers of the 92nd Assault Brigade Captured a Russian T-80BVM Tank (janvier 2026)
Sources secondaires
Euromaidan Press – Ukraine’s 92nd Assault Brigade captures Russian « porcupine » tank (13 janvier 2026)
The National Interest – Ukraine Just Captured Another Russian T-80BVM Tank (janvier 2026)
Outono – Russia ended 2025 with losses of more than 13,800 armored vehicles (9 janvier 2026)
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