242 drones, 36 missiles, une nuit d’enfer
L’attaque lancée par la Russie cette nuit-là était l’une des plus massives de la guerre. 242 drones — principalement des Shahed iraniens produits en Russie. 36 missiles — dont des Kalibr, des Iskander, et peut-être un Oreshnik, le nouveau missile hypersonique russe. Les températures étaient descendues à -10°C. Les sirènes hurlaient dans tout le pays. Les familles couraient vers les abris. C’était l’horreur devenue routine.
La région de Kyiv était particulièrement visée. Des missiles ont frappé la capitale, allumant des incendies, endommageant des bâtiments. Au moins trois personnes sont mortes, treize ont été blessées. Le maire Klitschko a passé la nuit sur le terrain, coordonnant les secours. Dans d’autres régions, les infrastructures énergétiques étaient ciblées — une stratégie russe visant à plonger l’Ukraine dans le froid et le noir en plein hiver.
Zelensky : « La Russie utilise le froid comme arme »
Zelensky a dénoncé cette stratégie avec des mots forts : « La Russie utilise le froid comme outil de terreur. » Ce n’est pas une exagération. Viser les centrales électriques, les systèmes de chauffage, les réseaux de distribution quand les températures descendent sous zéro, c’est vouloir faire mourir les gens de froid. C’est une stratégie délibérée pour briser le moral de la population. Pour rendre la vie si insupportable que les Ukrainiens supplient pour la paix.
Cette stratégie a un nom dans le droit international : c’est un crime de guerre. Viser délibérément les infrastructures civiles est interdit par les Conventions de Genève. Mais Poutine s’en moque. Il a calculé que le coût politique de ces crimes est inférieur aux bénéfices militaires. Tant que l’Occident ne lui impose pas de conséquences réelles — pas des sanctions, pas des condamnations, mais des conséquences — il continuera. Nuit après nuit. Hiver après hiver.
La Russie fait la guerre comme on faisait la guerre au Moyen Âge. On assiège les villes. On coupe les vivres. On attend que les défenseurs meurent de faim ou de froid. Sauf qu’au lieu de catapultes, on utilise des missiles de croisière. Au lieu de couper les routes, on détruit les centrales électriques. La technologie a changé. La barbarie est la même. Et le monde regarde, condamne, s’indigne — mais n’agit pas vraiment. Les Ukrainiens meurent de froid dans leurs appartements. Les bureaucrates occidentaux débattent de procédures. Il y a quelque chose de pourri dans notre façon de répondre à cette guerre.
L'appel désespéré de Zelensky à l'OTAN
« Les missiles traînent dans vos entrepôts »
Lors d’une conférence de presse à Kyiv, Zelensky a lancé un appel direct aux membres de l’OTAN. Il a imploré les alliés de lui envoyer rapidement les missiles « qui traînent là » dans leurs entrepôts. Son message était limpide : l’Ukraine a les systèmes de défense. Elle a le personnel formé. Ce qui lui manque, ce sont les munitions pour les faire fonctionner. Et ces munitions existent — elles sont stockées quelque part en Europe ou en Amérique, inutilisées.
La frustration de Zelensky était palpable. Il a qualifié la livraison récente de « paquet sérieux » — mais il sait que ce n’est qu’un répit temporaire. Les stocks s’épuisent. Les attaques russes continuent. Si les livraisons ne deviennent pas régulières et prévisibles, l’Ukraine se retrouvera à nouveau dans la même situation : des systèmes de défense silencieux parce qu’il n’y a plus rien à tirer.
La réponse britannique
Zelensky a exprimé sa gratitude envers le Royaume-Uni pour sa réactivité. Londres s’est montré prêt à fournir des missiles et des équipements supplémentaires. Les discussions ont également porté sur un possible déploiement de forces britanniques aux côtés de troupes françaises en Ukraine — si les négociations diplomatiques aboutissent à une fin du conflit. C’est une perspective encore lointaine, mais elle montre que certains alliés prennent la situation au sérieux.
Le Royaume-Uni a été l’un des soutiens les plus constants de l’Ukraine depuis le début de la guerre. Il a fourni des missiles Storm Shadow, des chars Challenger, de la formation militaire. Cette constance contraste avec les hésitations de certains autres alliés — notamment l’Allemagne, longtemps réticente à livrer des armes offensives, et les États-Unis, où le soutien dépend des aléas de la politique intérieure.
Il y a quelque chose d’obscène dans la situation actuelle. L’Ukraine se bat contre une invasion brutale. Elle défend les valeurs que nous prétendons chérir — la démocratie, la souveraineté, le droit international. Et nous lui envoyons de l’aide au compte-gouttes. Nous débattons pendant des mois de chaque livraison. Nous imposons des restrictions sur l’utilisation des armes que nous fournissons. Nous faisons des calculs politiques pendant que des gens meurent. Zelensky a raison d’être frustré. Il a raison de demander plus. La vraie question n’est pas « Que peut-on donner à l’Ukraine? » mais « Pourquoi ne lui donne-t-on pas déjà tout ce dont elle a besoin? »
Le contexte : une guerre d'usure qui dure
1 426 jours de combat
1 426 jours. C’est le décompte au 20 janvier 2026. Près de quatre ans que l’Ukraine se bat, saigne, meurt — et résiste. Quatre ans que les missiles russes tombent sur les villes ukrainiennes. Quatre ans que les familles courent vers les abris au son des sirènes. Quatre ans que le monde promet de l’aide et la livre au ralenti. L’Ukraine tient. Mais à quel prix? Et pour combien de temps encore?
Les pertes sont immenses — des deux côtés. Des centaines de milliers de morts et de blessés. Des millions de réfugiés. Des villes en ruines. Une économie dévastée. Mais l’Ukraine refuse de capituler. Elle refuse d’accepter les conditions de Poutine — qui reviendraient à sa destruction en tant qu’État souverain. Elle continue de se battre, jour après jour, avec les moyens du bord. Avec les armes qu’on veut bien lui donner. Avec le courage de ceux qui n’ont pas le choix.
L’escalade russe
La Russie, de son côté, ne montre aucun signe de relâchement. Elle continue de produire des missiles et des drones à un rythme soutenu, avec l’aide de l’Iran et de la Corée du Nord. Elle a utilisé pour la deuxième fois son nouveau missile hypersonique Oreshnik — un message à l’OTAN autant qu’une arme contre l’Ukraine. Elle recrute des soldats par dizaines de milliers, parfois dans les prisons, souvent dans les régions les plus pauvres. Le rouleau compresseur russe avance lentement mais ne s’arrête pas.
Face à cette pression, l’Ukraine a besoin de plus. Plus de missiles de défense. Plus de systèmes Patriot. Plus d’artillerie. Plus de drones. Plus de tout. Les promesses occidentales sont nombreuses — la France promet des SAMP/T, la Suède promet des Gripen, tout le monde promet quelque chose. Mais les livraisons prennent du temps. Les procédures bureaucratiques sont lentes. Et pendant ce temps, les missiles russes continuent de tomber.
Près de quatre ans de guerre. Quatre ans. Certains conflits durent des décennies, c’est vrai. Mais celui-ci aurait pu — aurait dû — être plus court. Si l’Occident avait réagi plus vite en 2022. Si nous avions envoyé les chars, les avions, les missiles dès le début. Si nous n’avions pas eu peur de « provoquer » Poutine. Chaque hésitation a prolongé la guerre. Chaque retard a coûté des vies. Nous avons choisi la prudence. L’Ukraine a payé le prix. Et maintenant, quatre ans plus tard, nous en sommes toujours au même point : à débattre de ce qu’on peut envoyer, de ce qu’on ne peut pas envoyer, de ce qui serait trop ou pas assez. Pendant que les bombes tombent.
Ce dont l'Ukraine a vraiment besoin
Des systèmes Patriot en nombre
Le système Patriot américain est la pierre angulaire de la défense aérienne ukrainienne. C’est le seul capable d’intercepter les missiles balistiques comme les Iskander et les Kinzhal. Mais l’Ukraine n’en possède qu’un nombre limité — probablement moins d’une dizaine de batteries. C’est insuffisant pour couvrir tout le territoire. Les villes doivent être priorisées. Les infrastructures critiques aussi. Mais il y a toujours des zones non protégées. Des cibles vulnérables.
Zelensky réclame au moins 25 batteries Patriot supplémentaires. C’est un chiffre considérable — chaque batterie coûte environ 1 milliard de dollars. Mais c’est ce qu’il faut pour créer un bouclier véritablement efficace. Les États-Unis et leurs alliés possèdent ces systèmes. La question est de savoir s’ils sont prêts à les céder — et à quel rythme. Jusqu’à présent, la réponse a été : pas assez, pas assez vite.
Des munitions en flux continu
Avoir des systèmes de défense ne sert à rien sans munitions. L’épisode de cette semaine l’a prouvé de manière dramatique. Des lanceurs Patriot ou NASAMS silencieux parce qu’il n’y avait plus de missiles à tirer. C’est comme avoir une voiture sans essence. L’Ukraine a besoin d’un flux continu de munitions — pas des livraisons ponctuelles qui arrivent quand c’est déjà presque trop tard. Chaque jour de retard coûte des vies. Chaque hésitation bureaucratique se traduit en missiles russes qui passent.
Les fabricants occidentaux augmentent leur production, mais lentement. Les chaînes d’approvisionnement ont été optimisées pour le temps de paix, pas pour une guerre de haute intensité. Il faut des années pour construire de nouvelles usines, former des ouvriers, augmenter les cadences. En attendant, l’Ukraine doit faire avec ce qu’elle a. Et ce qu’elle a n’est souvent pas suffisant.
L’Ukraine nous montre quelque chose d’important : nous ne sommes pas prêts pour une vraie guerre. Nos industries de défense sont dimensionnées pour des conflits limités, pas pour des guerres d’usure. Nos stocks de munitions sont insuffisants. Nos capacités de production sont trop lentes. Si l’OTAN devait affronter directement la Russie demain, nous serions dans la même situation que l’Ukraine : à court de missiles après quelques semaines. Cette guerre devrait être un électrochoc. Un signal d’alarme. Mais avons-nous vraiment tiré les leçons? Les budgets de défense augmentent, certes. Mais est-ce assez? Est-ce assez vite? J’en doute.
L'avenir : entre espoir et incertitude
Les promesses des alliés
Malgré les frustrations, il y a des raisons d’espérer. La France a promis jusqu’à huit systèmes SAMP/T NG — les plus avancés d’Europe. La Suède s’est engagée sur des chasseurs Gripen. L’Allemagne livre des IRIS-T. Les États-Unis continuent de fournir des Patriot et des munitions. Le Royaume-Uni reste un allié fiable. La « Coalition des Volontaires » discutée à Paris en janvier 2026 pourrait fournir des garanties de sécurité plus solides.
Ces promesses sont encourageantes. Mais les promesses ne protègent pas des missiles. Ce qui compte, c’est ce qui arrive sur le terrain. Et sur ce plan, il y a encore beaucoup de progrès à faire. Les procédures doivent être accélérées. Les livraisons doivent devenir plus prévisibles. L’Ukraine ne peut pas planifier sa défense si elle ne sait jamais quand les munitions arriveront.
La menace russe persiste
La Russie ne s’arrêtera pas. Poutine a investi trop dans cette guerre pour reculer maintenant. Les attaques continueront — sur les villes, sur les infrastructures, sur le moral de la population. L’Oreshnik sera probablement utilisé à nouveau. De nouveaux types de drones apparaîtront. La course aux armements entre l’attaque russe et la défense ukrainienne se poursuivra, nuit après nuit, missile après missile.
Dans cette guerre d’usure, la question est simple : qui tiendra le plus longtemps? L’Ukraine a la motivation — elle se bat pour sa survie. La Russie a les ressources — elle peut puiser dans une population de 140 millions de personnes et des réserves de matières premières considérables. L’Occident a le pouvoir de faire pencher la balance — s’il en a la volonté. Jusqu’à présent, cette volonté a été hésitante. Peut-être que 2026 sera l’année où ça changera. Peut-être pas.
Les missiles arrivés la veille ont permis de repousser l’attaque. Cette fois. Mais la prochaine fois? Et la fois d’après? L’Ukraine ne peut pas vivre éternellement sur le fil du rasoir. Elle ne peut pas dépendre de livraisons de dernière minute qui arrivent parfois à temps, parfois trop tard. Elle a besoin d’une défense aérienne solide, prévisible, durable. Elle a besoin que ses alliés arrêtent de compter et commencent à donner. Pas par charité — par intérêt. Parce que si l’Ukraine tombe, c’est toute l’Europe qui sera menacée. Parce que chaque euro investi dans la défense ukrainienne est un euro qui n’aura pas à être dépensé pour défendre Varsovie ou Tallinn dans cinq ans. L’Ukraine se bat pour nous tous. Il serait temps qu’on s’en rende compte — vraiment.
Sources
Sources primaires
Ukrinform – Volodymyr Zelensky : Les missiles fournis récemment par nos partenaires ont permis de repousser l’attaque russe nocturne (20 janvier 2026)
Sources secondaires
Ukrinform – Zelensky: Air defense missiles received day before significantly help repel Russia’s night attack (20 janvier 2026)
Euronews – Some Western-supplied air defence systems in Ukraine out of ammo at critical time, Zelenskyy says (16 janvier 2026)
Newsweek – Ukraine’s Zelensky Makes Desperate Plea to NATO Allies for Missiles (janvier 2026)
NPR – Russia uses its new Oreshnik missile in a big attack on Ukraine and a warning to West (9 janvier 2026)
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