Un héritage soviétique revisité
Le M-1991 est un système lance-roquettes multiple de calibre 240 mm. Il a été développé par la Corée du Nord à la fin des années 1980, comme une tentative de répliquer le système soviétique Uragan. Le lanceur peut tirer 22 roquettes non guidées en une salve de 45 secondes. C’est une arme de saturation, conçue pour couvrir une large zone avec des explosifs.
Le système est monté sur un châssis de camion chinois CQ25290, ce qui lui donne une certaine mobilité. Chaque roquette peut atteindre des cibles jusqu’à 40 kilomètres de distance. Ce n’est pas une arme de précision — c’est une arme de destruction massive locale, conçue pour semer la terreur parmi les populations et saturer les défenses. Exactement le genre d’arme que la Russie utilise contre les villes ukrainiennes.
Le parcours de Pyongyang à Donetsk
Comment un système d’armes nord-coréen se retrouve-t-il en Ukraine? La réponse est simple : par la coopération militaire directe entre Moscou et Pyongyang. Depuis le début de la guerre, la Corée du Nord a fourni à la Russie des millions d’obus d’artillerie, des missiles balistiques, et maintenant des systèmes lance-roquettes. En échange, la Russie fournit probablement de la technologie, du pétrole, et un soutien diplomatique.
La première utilisation confirmée du M-1991 en Ukraine date d’avril 2025, quand des soldats russes ont partagé des vidéos montrant le système en action. Depuis, plusieurs unités ont été repérées sur différents secteurs du front. C’est la preuve que la Russie a épuisé une partie significative de ses propres stocks d’artillerie et doit recourir à des sources extérieures.
La Corée du Nord est l’un des pays les plus pauvres au monde. Son peuple souffre de famines récurrentes. Son économie est en ruines. Et pourtant, ce pays trouve le moyen de fabriquer des armes qu’il exporte vers la Russie. C’est la preuve que le régime de Kim Jong Un a ses priorités bien établies : les missiles avant le pain, les roquettes avant le riz. Le peuple nord-coréen meurt de faim pour que les Ukrainiens puissent mourir sous les bombes. C’est l’économie de la misère au service de la guerre.
La destruction du M-1991 par l'Ukraine
La frappe du bataillon Raid
Les forces ukrainiennes n’ont pas tardé à répondre. Des soldats du bataillon Raid ont repéré et détruit un M-1991 dans le secteur de Novopavlivka, dans l’oblast de Donetsk. La frappe a été menée par drone, comme la plupart des opérations offensives ukrainiennes aujourd’hui. Les images montrent le moment exact de l’impact — et ses conséquences spectaculaires.
Le drone a touché l’une des roquettes encore dans le lanceur. L’impact a provoqué un départ involontaire du projectile, qui a percé la cabine de l’équipage. L’explosion qui a suivi a déclenché un incendie qui a détruit l’ensemble du système. C’est une destruction totale — le M-1991 est irréparable, ses servants probablement morts.
Une victoire symbolique
Cette destruction est plus que tactique — elle est symbolique. C’est la première élimination confirmée d’un système M-1991 depuis le début de leur utilisation en Ukraine. Elle prouve que ces armes nord-coréennes, aussi exotiques soient-elles, ne sont pas invulnérables. Elles peuvent être repérées, traquées et détruites comme n’importe quel autre équipement russe.
Les vidéos de la destruction ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux ukrainiens. C’est une forme de guerre psychologique — montrer à l’ennemi que ses armes ne le protègent pas, que l’Ukraine peut frapper n’importe où, n’importe quand. C’est aussi un message à la Corée du Nord : vos armes finissent en morceaux dans les champs ukrainiens.
Il y a une justice poétique dans cette destruction. Une arme conçue pour menacer les Sud-Coréens, envoyée pour intimider les Ukrainiens, détruite par un drone fabriqué dans un garage quelque part près de Kyiv. C’est David contre Goliath, version moderne. Le petit drone contre le gros lanceur. L’ingéniosité contre la force brute. L’Ukraine contre l’alliance des tyrans. Et cette fois, David a gagné.
L'alliance Russie-Corée du Nord
Plus qu’une relation d’opportunité
La coopération militaire entre la Russie et la Corée du Nord dépasse le simple commerce d’armes. En juin 2024, Poutine s’est rendu à Pyongyang pour rencontrer Kim Jong Un — la première visite d’un dirigeant russe en 24 ans. Les deux hommes ont signé un traité de partenariat stratégique qui inclut une clause de défense mutuelle. En clair : si l’un est attaqué, l’autre promet d’intervenir.
Cette alliance choque le monde mais a sa logique. Les deux pays sont isolés internationalement. Les deux font face à des sanctions occidentales. Les deux ont besoin de ce que l’autre peut offrir — la Russie a besoin de munitions, la Corée du Nord a besoin de technologie et de devises. C’est un mariage de raison entre deux régimes que le reste du monde refuse de fréquenter.
Les implications pour la sécurité mondiale
Cette alliance a des implications qui dépassent l’Ukraine. La Russie pourrait fournir à la Corée du Nord de la technologie spatiale et militaire avancée, améliorant les capacités de missiles balistiques de Pyongyang. Cela menace directement la Corée du Sud, le Japon et les forces américaines dans la région. Le conflit en Ukraine se connecte ainsi à la sécurité en Asie-Pacifique.
Les services de renseignement occidentaux surveillent de près ces transferts de technologie. Selon certains rapports, la Russie aurait fourni à la Corée du Nord des composants pour ses satellites espions et son programme de missiles intercontinentaux. Si c’est vrai, cela signifie que la guerre en Ukraine contribue indirectement à renforcer la menace nucléaire nord-coréenne.
Poutine et Kim Jong Un — les deux dirigeants les plus imprévisibles de la planète, unis par leur isolement et leur paranoïa. L’un contrôle le plus grand arsenal nucléaire du monde. L’autre développe le sien à marche forcée. Ensemble, ils forment un axe du chaos qui menace la stabilité mondiale. La guerre en Ukraine n’est plus seulement un conflit européen. C’est un révélateur des alliances qui se forment pour défier l’ordre international. L’Occident devrait en prendre note — et agir en conséquence.
Les autres équipements nord-coréens en Ukraine
Les missiles balistiques
Le M-1991 n’est pas le seul équipement nord-coréen utilisé en Ukraine. La Russie a également tiré des missiles balistiques de courte portée de fabrication nord-coréenne, notamment des KN-23 et KN-24. Ces missiles ont été identifiés par les débris retrouvés sur les sites d’impact, qui contenaient des composants portant des inscriptions en coréen.
Selon un rapport de CNN, certains de ces missiles contenaient des composants américains et européens, probablement obtenus via des réseaux de contrebande. Cela montre la complexité des chaînes d’approvisionnement de l’industrie de défense nord-coréenne — et les failles des régimes de sanctions censés la bloquer.
Les obus d’artillerie
Mais le plus gros volume de livraisons nord-coréennes concerne les obus d’artillerie. La Russie tire des dizaines de milliers d’obus par jour sur les lignes ukrainiennes. Ses propres usines ne peuvent pas suivre ce rythme. La Corée du Nord, avec ses stocks massifs accumulés pendant des décennies en prévision d’une guerre avec le Sud, peut combler ce déficit.
Selon les estimations occidentales, la Corée du Nord aurait fourni entre 3 et 5 millions d’obus à la Russie depuis le début de la guerre. C’est un chiffre colossal qui change l’équation sur le champ de bataille. Sans ces munitions nord-coréennes, la Russie aurait probablement dû réduire son tempo opérationnel de manière significative.
Cinq millions d’obus. Chaque obus peut faucher une vie, mutiler, détruire. Cinq millions de fois la possibilité de la mort, envoyée depuis un pays où les gens meurent de faim vers un pays qui n’a rien demandé. Kim Jong Un affame son peuple pour produire des munitions qui fauchent des Ukrainiens. C’est la logique de ces régimes : la survie du pouvoir justifie toutes les souffrances, toutes les morts, tous les crimes. Les dictateurs se soutiennent mutuellement. Leurs peuples paient le prix.
La réponse de l'Ukraine et de l'Occident
Traquer et détruire
L’Ukraine a fait de la destruction des équipements nord-coréens une priorité. Chaque M-1991 détruit est un symbole de résistance. Chaque missile intercepté est une victoire sur l’alliance des autocrates. Les forces ukrainiennes partagent systématiquement les images de ces destructions — c’est de la guerre de l’information autant que de la guerre militaire.
En novembre 2025, des troupes russes avaient tenté de camoufler un autre M-1991 dans une tranchée près de Pokrovsk, le recouvrant de planches et de branchages. Les drones ukrainiens l’ont quand même repéré et détruit. Le message est clair : vous pouvez cacher vos armes, mais nous vous trouverons.
Les sanctions renforcées
L’Occident a répondu à la coopération russo-nord-coréenne par des sanctions supplémentaires. Le Conseil de sécurité de l’ONU a été saisi, même si les vetos russe et chinois bloquent toute résolution contraignante. Des sanctions unilatérales américaines, européennes et japonaises ciblent les entités impliquées dans les transferts d’armes.
Mais ces sanctions ont des limites. La Corée du Nord est déjà le pays le plus sanctionné au monde — que reste-t-il à sanctionner? Les réseaux de contrebande contournent les restrictions. Les intermédiaires chinois facilitent les transactions. Le commerce continue, malgré les discours et les résolutions. C’est la limite de la diplomatie face aux régimes qui n’ont rien à perdre.
Un lanceur de roquettes nord-coréen détruit dans les plaines ukrainiennes. C’est une image qui résume cette guerre mieux que des milliers de mots. D’un côté, l’alliance des dictatures — Russie, Corée du Nord, Iran, bientôt peut-être la Chine. De l’autre, l’Ukraine, seule mais déterminée, soutenue avec parcimonie par un Occident hésitant. Le M-1991 est mort. Mais d’autres viendront. D’autres roquettes, d’autres missiles, d’autres armes forgées dans les usines de la tyrannie. L’Ukraine devra les détruire aussi. Une par une. Jour après jour. Jusqu’à ce que cette guerre finisse. Ou jusqu’à ce que le monde se réveille enfin.
Sources
Sources primaires
United24 Media – Russia Deploys Kim Jong Un’s M-1991 Rocket System — Ukraine Blows It Up Again (janvier 2026)
Euromaidan Press – Pyongyang’s M-1991 destroyed in Ukraine for the first time (juin 2025)
Sources secondaires
Army Recognition – North Korea provided M1991 240mm rocket launchers to Russia (2025)
NK News – First footage emerges of Russia firing North Korean 240mm rockets at Ukraine (mai 2025)
Kyiv Post – Ukraine Takes Out North Korean Rocket Launcher in Pokrovsk (novembre 2025)
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