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L’Europe se lève : von der Leyen défie Trump et promet des milliards pour le Groenland
Crédit: Adobe Stock

Samedi 17 janvier : le jour où tout a basculé

Tout a commencé par un post sur Truth Social. Trump y annonçait des tarifs douaniers de 10% sur tous les biens importés de huit pays européens à partir du 1er février 2026. Danemark, Norvège, Suède, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Finlande. Tous membres de l’OTAN. Tous alliés historiques des États-Unis. Le motif ? Ces pays avaient envoyé de petits contingents militaires au Groenland pour des exercices conjoints avec l’armée danoise. Une provocation, selon Trump. Une manœuvre pour bloquer l’acquisition américaine de l’île. La réalité est plus simple : ces exercices, baptisés « Arctic Endurance », étaient planifiés depuis des mois. Ils visent à renforcer les capacités de défense de l’OTAN dans l’Arctique face à l’activité russe croissante. Rien de plus. Mais pour Trump, tout devient prétexte à l’affrontement.

Le lendemain, dimanche 18 janvier, le président du Conseil européen António Costa annonçait un sommet extraordinaire des 27 dirigeants de l’Union pour le 22 janvier. Du jamais vu. Un sommet d’urgence pour répondre aux menaces d’un allié. Les mots utilisés dans le communiqué conjoint de Costa et von der Leyen sont sans ambiguïté : les tarifs « saperaient les relations transatlantiques » et « risqueraient une spirale dangereuse ». L’Europe « restera unie, coordonnée et engagée à défendre sa souveraineté ». Entre-temps, Trump a posté sur les réseaux sociaux une photo retouchée le montrant plantant le drapeau américain sur le Groenland, avec la mention « Territoire américain, établi en 2026 ». L’image a fait le tour du monde. Pas comme une plaisanterie. Comme une menace. Car trois semaines plus tôt, le 3 janvier, les forces américaines avaient effectivement renversé le président vénézuélien Nicolás Maduro. Ce que Trump appelle la « doctrine Donroe » n’est plus une rhétorique. C’est une politique.

Il y a quelque chose de profondément troublant à voir un président américain publier des montages photo montrant l’annexion d’un territoire allié. Ce n’est pas de l’humour. Ce n’est pas de la provocation calculée. C’est une forme de brutalité symbolique qui dit : je peux faire ce que je veux, et vous ne pouvez rien y faire. Sauf que cette fois, quelqu’un répond. Et cette réponse, aussi mesurée soit-elle, représente peut-être le début de la fin d’un certain ordre mondial. Celui où l’Amérique décide et l’Europe exécute. On entre dans une ère nouvelle. Plus incertaine. Plus dangereuse. Mais peut-être aussi plus honnête sur ce que sont vraiment les rapports de force.

Les tarifs comme arme diplomatique

L’arme tarifaire n’est pas nouvelle dans l’arsenal de Trump. Mais son utilisation contre des alliés de l’OTAN pour forcer une transaction territoriale constitue un précédent historique. Les 10% annoncés passeront à 25% le 1er juin 2026 si aucun accord n’est trouvé pour « l’achat complet et total du Groenland ». Ces termes — « complet et total » — ne laissent aucune marge de négociation. Le Danemark et le Groenland ont répété inlassablement que le territoire n’était pas à vendre. Le premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a participé à une manifestation dans les rues de Nuuk, la capitale, aux côtés de milliers de ses concitoyens. Des drapeaux rouge et blanc claquaient dans le vent glacial. Les Groenlandais, dont 90% sont d’origine inuite, ne veulent pas devenir américains. Les sondages sont sans appel : 75% des Américains eux-mêmes s’opposent à une prise de contrôle forcée.

Pourtant, Trump persiste. Lors d’un point presse en Floride lundi 19 janvier, il a balayé les objections européennes d’un revers de main : « Je ne pense pas qu’ils vont résister trop longtemps. On a besoin de ce territoire. » Cette certitude arrogante repose sur un calcul simple : l’Europe dépend des États-Unis pour sa sécurité, donc l’Europe finira par céder. C’est oublier que la dépendance fonctionne dans les deux sens. L’accord commercial UE-USA signé en juillet 2025 prévoyait des droits de douane de 15% maximum sur la plupart des exportations européennes. Les nouvelles menaces de Trump violent cet accord. Comme l’a souligné von der Leyen à Davos : « En politique comme en affaires, un accord est un accord. Quand des amis se serrent la main, cela doit signifier quelque chose. » La question est désormais de savoir si Trump considère encore l’Europe comme une amie. Ou comme une cible.

Sources

Sources primaires

World Economic Forum Davos – Discours d’Ursula von der Leyen – 20 janvier 2026
Commission européenne – Communiqués officiels – 17-20 janvier 2026
Conseil européen – Déclaration d’António Costa – 19 janvier 2026
Maison-Blanche – Déclarations de Donald Trump via Truth Social – 17-20 janvier 2026
Gouvernement danois – Communiqués du ministère des Affaires étrangères – janvier 2026

Sources secondaires

The National – Greenland’s sovereignty is non-negotiable, Ursula von der Leyen tells Davos – 20 janvier 2026
ABC News – EU leaders talk coordination over Greenland as Trump readies for Davos – 20 janvier 2026
Euronews – In Davos, von der Leyen pitches European independence versus Trump’s worldview – 20 janvier 2026
CNN – Trump threatens new tariffs on European allies over Greenland – 17 janvier 2026
NBC News – Trump announces 10% tariff on eight European countries – 17 janvier 2026
CNBC – Trump says EU won’t push back too much as Denmark sends extra troops – 20 janvier 2026
PBS NewsHour – Trump announces tariff on 8 European countries for opposing U.S. control – 17 janvier 2026
Axios – Trump announces tariffs on 8 NATO allies in latest push to acquire Greenland – 17 janvier 2026
The Hill – EU’s Ursula von der Leyen meets Congress members to discuss Greenland, trade – 19 janvier 2026
CSIS – Greenland, Rare Earths, and Arctic Security – janvier 2026
Atlantic Council – Greenland’s critical minerals require patient statecraft – janvier 2026
Newsweek – Map Shows How Greenland’s Rare Earth Minerals Compare to Rest of World – janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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