Ce n’est pas de la paranoïa, c’est la réalité
En février 2022, Xi Jinping et Vladimir Poutine ont signé ce qu’ils ont appelé un partenariat sans limites. Sans limites. Laissez ça rentrer. Deux semaines plus tard, la Russie envahissait l’Ukraine. Coïncidence? En juin 2024, Poutine et Kim Jong Un ont signé un traité de partenariat stratégique global incluant une clause d’assistance militaire mutuelle. En janvier 2025, la Russie et l’Iran ont signé un traité similaire. Les pièces du puzzle s’assemblent. Pendant qu’on débattait de pronoms et de micro-agressions, nos ennemis construisaient une alliance militaire.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Corée du Nord a fourni à la Russie plus de 2,5 millions de munitions — plus que ce que les États-Unis et l’OTAN combinés ont envoyé à l’Ukraine. L’Iran a livré plus de 8 000 drones Shahed qui bombardent des civils ukrainiens chaque nuit. Une usine russe à Alabuga produit maintenant 6 000 drones iraniens par an sous licence. La Chine finance l’économie de guerre russe — le commerce bilatéral a dépassé 240 milliards de dollars en 2024. Et la Corée du Nord a même envoyé des troupes combattre aux côtés des Russes.
Un ennemi commun : nous
Ces quatre pays n’ont pas la même idéologie. La Russie est une dictature personnaliste. La Chine est un régime communiste à parti unique. L’Iran est une théocratie islamiste. La Corée du Nord est une dynastie totalitaire avec un culte de la personnalité digne de Staline. Ils ne s’aiment pas particulièrement. Ils se méfient les uns des autres. Mais ils ont un point commun : ils veulent tous la fin de l’hégémonie américaine et l’effondrement de l’ordre international libéral. C’est-à-dire : la fin de nous.
Le général Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces alliées en Europe, l’a dit clairement en janvier 2026 : Quand je regarde autour du globe, la Russie, la Chine, l’Iran, la Corée du Nord et d’autres augmentent leur collaboration et leur coopération alors que leurs intérêts s’alignent contre nous. Ce n’est pas une théorie du complot. C’est l’évaluation officielle du plus haut commandant militaire de l’OTAN. Nos ennemis s’organisent. Et nous?
On me dira que je simplifie. Que les relations internationales sont complexes. Que la Chine a des intérêts économiques avec l’Occident. Que l’Iran est affaibli après les frappes israéliennes de juin 2025. Que la Corée du Nord est un pays pauvre et isolé. Tout ça est vrai. Mais ça ne change rien au fait fondamental : ces régimes considèrent notre existence comme une menace. Pas ce qu’on fait — ce qu’on est. Des démocraties libérales. Des sociétés ouvertes. Des pays où les citoyens peuvent critiquer leur gouvernement sans finir en prison. Notre simple existence est un reproche permanent à leur tyrannie. Et ils veulent nous éteindre.
L'Ukraine : le test qu'on est en train d'échouer
Trois ans de demi-mesures
Le 24 février 2022, Vladimir Poutine a lancé l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. La plus grande guerre en Europe depuis 1945. Un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU qui envahit un voisin souverain pour lui voler son territoire. Une violation flagrante de tout ce sur quoi l’ordre international est censé reposer. Et qu’est-ce qu’on a fait? On a envoyé des casques. Des couvertures. Des gilets pare-balles. L’Allemagne a offert 5 000 casques. Cinq mille casques contre une armée de 200 000 soldats.
Trois ans plus tard, en janvier 2026, la guerre continue. L’Ukraine tient — par miracle, par courage, par désespoir. Mais elle tient sans les armes dont elle a besoin pour gagner. On lui donne juste assez pour ne pas perdre. Pas assez pour vaincre. On débat pendant des mois avant d’envoyer des chars Leopard. On hésite pendant un an avant de fournir des F-16. On interdit l’utilisation de nos missiles contre le territoire russe. On a peur d’escalader. Peur de provoquer Poutine. Peur de la Troisième Guerre mondiale.
Et pendant qu’on a peur, des Ukrainiens meurent. Des villes sont rasées. Des enfants sont déportés en Russie. Poutine regarde notre hésitation et conclut — logiquement — qu’on ne fera jamais ce qu’il faut pour l’arrêter. Que notre seuil de tolérance est infini. Qu’il peut continuer.
Le message qu’on envoie au monde
L’Ukraine n’est pas qu’un pays. C’est un test. Un test de notre volonté. De notre cohésion. De notre capacité à défendre l’ordre que nous avons créé. Et le monde entier regarde. Xi Jinping regarde et prend des notes pour Taïwan. Kim Jong Un regarde et calcule ce qu’il peut faire à la Corée du Sud. L’Iran — avant les frappes de juin 2025 — regardait et accélérait son programme nucléaire. Chaque hésitation occidentale est un signal. Chaque délai dans les livraisons d’armes est un message. Et le message est clair : l’Occident est faible. L’Occident a peur. L’Occident ne se battra pas.
Comme l’a écrit Andrea Kendall-Taylor du Center for a New American Security : Le soutien de la Chine, de l’Iran et de la Corée du Nord a renforcé la position de la Russie sur le champ de bataille, sapé les tentatives occidentales d’isoler Moscou, et nui à l’Ukraine. Nos ennemis se soutiennent. Ils s’arment. Ils collaborent. Et nous? On écrit des tweets de solidarité.
L’Ukraine se bat pour nous. C’est pas juste une phrase creuse. Chaque soldat ukrainien qui tombe au Donbass est un soldat de l’OTAN qui n’aura pas à mourir plus tard. Chaque char russe détruit en Ukraine est un char qui n’entrera jamais en Pologne. L’Ukraine saigne pour que l’Europe vive. Et on lui donne des miettes. On compte nos missiles. On calcule nos risques. On mesure notre générosité au millimètre. Pendant que Pyongyang envoie des millions de munitions sans hésiter. Il y a quelque chose de profondément obscène là-dedans.
L'Occident : qui sommes-nous?
Ce que nous avons accompli
Rappelons-nous qui nous sommes. L’Occident — cette civilisation imparfaite, critiquable, coupable de crimes historiques — a aussi produit les droits de l’homme. L’abolition de l’esclavage. Le suffrage universel. La liberté de la presse. La séparation des pouvoirs. Le progrès scientifique qui a doublé l’espérance de vie humaine. Les vaccins. Les antibiotiques. Internet. Nous avons vaincu le fascisme et le communisme. Nous avons reconstruit l’Europe après 1945. Nous avons créé un ordre international — imparfait, oui — mais qui a permis la plus longue période de paix entre grandes puissances de l’histoire.
L’OTAN, fondée en 1949, a maintenu la paix en Europe pendant 77 ans. L’Union européenne a transformé un continent ravagé par les guerres en zone de prospérité et de coopération. Les États-Unis, malgré leurs erreurs et leurs excès, ont été le garant de la sécurité mondiale, permettant au commerce international de prospérer et aux démocraties de se développer. Ce n’est pas rien. C’est tout.
Ce que nous risquons de perdre
Et maintenant? Maintenant, tout ça est en danger. Le traité New START — le dernier accord de contrôle des armements nucléaires entre les États-Unis et la Russie — expire en février 2026. La Russie a testé un missile de croisière à propulsion nucléaire en octobre 2025. La Chine utilise ses ressources en terres rares comme arme économique, imposant des restrictions d’exportation en 2025. L’Iran — malgré les frappes sur ses installations nucléaires en juin 2025 — cherche à reconstruire son programme. La Corée du Nord développe des missiles intercontinentaux capables de frapper l’Amérique.
Et l’Arctique — ce nouveau champ de bataille — voit des patrouilles conjointes russo-chinoises de plus en plus fréquentes. Les routes maritimes s’ouvrent. Les ressources deviennent accessibles. Et l’Occident se dispute sur le Groenland au lieu de présenter un front uni.
Ce qu'on doit faire : un plan de bataille
1. Arrêter de s’excuser
Première chose : on arrête de s’excuser d’exister. L’Occident n’est pas parfait. Notre histoire inclut le colonialisme, l’esclavage, des guerres injustes. On peut — on doit — reconnaître ces fautes. Mais ça ne nous enlève pas le droit de nous défendre. Ça ne nous oblige pas à accepter la destruction de nos sociétés par des régimes qui sont objectivement pires. La Chine a des camps de concentration pour les Ouïghours. La Russie empoisonne ses opposants. L’Iran pend les homosexuels. La Corée du Nord est un goulag géant. On peut critiquer l’Occident et reconnaître qu’il vaut infiniment mieux que ces régimes.
2. Financer notre défense
Deuxième chose : on paie pour notre sécurité. L’Europe doit atteindre — et dépasser — les 2% du PIB en dépenses militaires. Pas dans cinq ans. Maintenant. La Pologne est à 4%. La Grèce est à 3%. L’Allemagne — la plus grande économie d’Europe — traîne encore. C’est inacceptable. La défense européenne ne peut plus être un slogan. Elle doit devenir une réalité avec des chars, des avions, des munitions, et des soldats entraînés.
3. Armer l’Ukraine pour gagner
Troisième chose : on donne à l’Ukraine ce dont elle a besoin pour vaincre. Pas pour tenir. Pour gagner. Des missiles à longue portée. Des avions de combat modernes. L’autorisation de frapper les bases militaires en Russie. On arrête de jouer au poker avec des cartes à moitié cachées. Poutine doit comprendre qu’il ne peut pas gagner cette guerre. Que chaque jour qui passe lui coûte plus cher. Que la seule issue est la négociation — mais une négociation où l’Ukraine est en position de force, pas à genoux.
4. Solidarité occidentale
Quatrième chose : on se serre les coudes. États-Unis, Canada, Europe, Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande — nous sommes une famille. Une famille dysfonctionnelle, certes. Mais une famille. Les chicanes internes — sur le Groenland, sur les tarifs, sur le partage des coûts — doivent rester des chicanes de famille. Face à l’extérieur, on présente un front uni. On ne laisse pas nos ennemis nous diviser. C’est exactement ce que Poutine veut. C’est exactement ce qu’il ne doit pas obtenir.
Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire. L’OTAN est divisée. L’Union européenne est divisée. Les États-Unis sont divisés. Chaque pays a ses intérêts, ses calculs, ses politiciens qui pensent à la prochaine élection. Mais regardez l’alternative. Regardez ce qui arrive si on reste divisés. Si on continue à se chamailler pendant que l’Axe du Chaos se consolide. Si on laisse l’Ukraine tomber. Si on abandonne Taïwan. Si on ferme les yeux sur l’Iran nucléaire. Le monde qui en résultera sera un monde où la force fait le droit. Où les dictateurs avalent leurs voisins impunément. Où nos enfants vivront dans la peur. Est-ce qu’on veut vraiment ça?
Conclusion : Nous sommes l'Occident, câlisse
L’heure du choix
Il y a des moments dans l’histoire où les civilisations doivent choisir. Combattre ou mourir. Se tenir debout ou s’agenouiller. 1940 était un de ces moments. Churchill a choisi de combattre seul contre le nazisme quand tout semblait perdu. 1947 était un de ces moments. Les États-Unis ont choisi de contenir le communisme soviétique plutôt que de se replier sur eux-mêmes. 1989 était un de ces moments. L’Occident a gagné la Guerre froide sans tirer un coup de feu, par la force de ses idées et de son économie.
On est à un autre de ces moments. L’Axe du Chaos — Chine, Russie, Iran, Corée du Nord — a décidé que notre temps était fini. Que le XXIe siècle leur appartiendrait. Que l’ordre libéral était une parenthèse historique qu’ils allaient refermer. La question est simple : est-ce qu’on les laisse faire? Ou est-ce qu’on se bat?
Moi, je sais de quel côté je suis. Je suis du côté de la démocratie. De la liberté. De l’état de droit. Je suis du côté de l’Ukraine qui se bat seule contre un empire. De Taïwan qui vit sous la menace constante d’invasion. De tous ceux qui, partout dans le monde, regardent vers l’Occident comme un espoir — et qui se demandent si cet espoir est encore vivant.
Nous sommes l’Occident. Nous avons vaincu des ennemis plus terribles que ceux-ci. Nous avons survécu à des crises plus graves. Nous avons en nous la force de nous relever, de nous unir, de nous battre. Mais il faut le décider. Maintenant. Pas demain. Pas après la prochaine élection. Maintenant.
Je termine comme j’ai commencé. Tabarnak. Ça suffit. On arrête de faire les gentils. On arrête de s’excuser. On arrête de reculer. On montre nos crocs. On rappelle au monde pourquoi l’Occident a dominé les cinq derniers siècles — pas seulement par la force, mais par les idées, l’innovation, le courage. On défend nos alliés. On écrase nos ennemis. On protège ce qui mérite d’être protégé. Et si le prix à payer est de faire peur aux dictateurs, tant mieux. Ils ont passé trop longtemps à ne pas avoir peur de nous. Il est temps que ça change.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cet article est un éditorial engagé qui défend explicitement une position pro-occidentale et appelle à une posture plus ferme face aux régimes autoritaires. Je ne prétends pas à la neutralité. Mon objectif est de provoquer la réflexion et le débat sur la politique de défense occidentale.
Méthodologie
Les faits cités — accords entre membres du CRINK, statistiques sur les livraisons d’armes, évaluations militaires — proviennent de sources vérifiées incluant le CSIS, le CNAS, Chatham House, Carnegie Endowment, et des déclarations officielles de l’OTAN. Les interprétations et conclusions sont les miennes.
Sources
Sources primaires
CSIS – A New CRINK Axis of China, Russia, Iran and North Korea? – novembre 2025
CNAS – Axis of Upheaval research initiative – septembre 2025
Chatham House – Global security continued to unravel in 2025 – décembre 2025
NATO – Déclarations du général Alexus G. Grynkewich – janvier 2026
Sources secondaires
Carnegie Endowment – Cooperation Between China, Iran, North Korea, and Russia – octobre 2024
Christian Science Monitor – Iran relies on China and Russia – juin 2025
Wikipedia – CRINK / Axis of Upheaval – janvier 2026
Small Wars Journal – Eroding Global Stability: Cybersecurity Strategies – novembre 2025
JINSA – Iran, China, Russia, and North Korea Are Joining Forces – octobre 2025
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