242 drones, 36 missiles, une nuit d’enfer
L’attaque du 9 janvier restera dans les mémoires comme l’une des plus violentes de la guerre. 242 drones et 36 missiles ont été lancés contre l’Ukraine en une seule nuit. Parmi ces missiles, 22 missiles de croisière, 13 missiles balistiques, et un missile balistique à portée intermédiaire — l’Oreshnik. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a confirmé que ce missile avait frappé la région de Lviv.
Le bilan est lourd. Des infrastructures énergétiques détruites. Des immeubles résidentiels touchés. Des morts et des blessés parmi les civils. À Kyiv, les frappes ont allumé des incendies et endommagé des bâtiments, faisant au moins trois morts et treize blessés. Le maire Klitschko a passé la nuit sur le terrain, coordonnant les secours. C’est devenu une routine macabre pour lui — et pour tout le pays.
L’attaque du 13 janvier : le réseau électrique visé
Quatre jours plus tard, le 13 janvier, nouvelle attaque massive. Cette fois, près de 300 drones, 18 missiles balistiques et 7 missiles de croisière. La cible principale : le réseau électrique ukrainien. Au moins quatre personnes ont été tuées. Des régions entières se sont retrouvées sans électricité en plein hiver. La stratégie russe est claire : si on ne peut pas conquérir l’Ukraine, on peut la rendre inhabitable.
Ces attaques répétées montrent que la Russie dispose de stocks importants de missiles et de drones. Malgré les sanctions, malgré les pertes, malgré l’isolement international, Moscou continue de produire et d’utiliser ces armes en quantité. Les usines russes tournent à plein régime. Les composants arrivent de Chine, d’Iran, de Corée du Nord. La machine de guerre continue.
La Russie bombarde des centrales électriques en hiver. Elle vise les systèmes de chauffage quand les températures descendent sous zéro. Elle veut que les Ukrainiens meurent de froid dans leurs appartements. C’est de la terreur d’État. C’est un crime de guerre selon toutes les conventions internationales. Mais les mots ne font pas de différence pour les familles qui gèlent dans le noir. Les conventions de Genève ne protègent pas les enfants qui toussent dans des abris sans chauffage. La Russie le sait. Elle s’en moque. Et le monde regarde.
Qu'est-ce que l'Oreshnik exactement?
Les caractéristiques techniques
L’Oreshnik est un missile balistique à portée intermédiaire (IRBM). Selon les déclarations russes, il peut atteindre des cibles entre 3 000 et 5 500 kilomètres de distance. Il voyage à des vitesses hypersoniques — plus de Mach 5, soit cinq fois la vitesse du son. À ces vitesses, le temps de réaction des défenses aériennes est extrêmement limité.
La particularité de l’Oreshnik est sa capacité à transporter jusqu’à six ogives et sous-munitions pouvant être dirigées vers des cibles séparées. C’est ce qu’on appelle un véhicule de rentrée à têtes multiples indépendamment guidées (MIRV). Un seul missile peut donc frapper plusieurs objectifs simultanément. C’est une technologie héritée de la Guerre froide, conçue pour les frappes nucléaires.
La capacité nucléaire
Le point crucial est que l’Oreshnik est capable de porter des charges nucléaires. Chaque utilisation de ce missile est donc un rappel implicite de la menace nucléaire russe. Poutine ne prononce pas le mot, mais le message est clair : si l’Occident pousse trop loin, la Russie dispose des moyens de répondre de manière apocalyptique.
Les experts occidentaux sont divisés sur la signification de ces tirs. Certains y voient un bluff — la Russie utilisera ses missiles conventionnels mais n’osera jamais franchir le seuil nucléaire. D’autres y voient une escalade progressive, une manière de tester les réactions occidentales et de préparer l’opinion à l’impensable. La vérité est que personne ne sait vraiment ce que Poutine est prêt à faire.
Utiliser un missile capable de porter des ogives nucléaires pour bombarder des civils — c’est un message codé. Poutine dit à l’Occident : regardez ce que je peux faire avec des charges conventionnelles. Imaginez ce que je ferais avec des charges nucléaires. C’est du chantage atomique déguisé en opération militaire. Et le pire, c’est que ça fonctionne. Chaque fois que Poutine agite le spectre nucléaire, certains en Occident reculent. Ils appellent à la prudence, à la retenue, au compromis. Ils ne comprennent pas que céder au chantage n’apaise jamais le maître-chanteur. Ça l’encourage.
Le mythe de l'invincibilité
La propagande du Kremlin
Le Kremlin présente l’Oreshnik comme une arme miracle. Selon les déclarations officielles russes, c’est un missile « de dernière génération » impossible à intercepter. Poutine lui-même a vanté ses capacités, affirmant qu’aucun système de défense au monde ne peut l’arrêter. C’est de la propagande classique — présenter ses armes comme invincibles pour intimider l’adversaire.
La réalité est plus nuancée. Les missiles hypersoniques sont effectivement difficiles à intercepter avec les systèmes actuels. Leur vitesse et leur capacité à manoeuvrer en vol les rendent moins vulnérables que les missiles balistiques traditionnels. Mais « difficile » ne signifie pas « impossible ». Les systèmes THAAD américains et les futurs intercepteurs en développement pourraient éventuellement neutraliser ces menaces.
Les failles révélées par la guerre
La guerre en Ukraine a déjà démenti plusieurs mythes russes. Le S-400 devait être invincible — il a été détruit par des drones ukrainiens. Les chars T-90 devaient être les meilleurs au monde — ils ont été capturés ou détruits par dizaines. L’armée russe devait prendre Kyiv en trois jours — nous en sommes au jour 1 426. La propagande se heurte toujours à la réalité.
L’Oreshnik subira peut-être le même sort. À mesure que les technologies de défense progressent, à mesure que l’Ukraine reçoit des systèmes plus sophistiqués, la fenêtre d’« invincibilité » se réduira. C’est la nature de la course aux armements : chaque arme offensive finit par trouver sa parade. La question est de savoir combien de temps cela prendra — et combien de vies seront perdues en attendant.
La Russie adore les armes miracles. Le S-400 était une arme miracle. Le Kinzhal était une arme miracle. Le tank Armata était une arme miracle. Et maintenant l’Oreshnik. Chaque fois, la même rhétorique : personne ne peut nous arrêter. Chaque fois, la réalité finit par rattraper la propagande. Les armes miracles russes ont une fâcheuse tendance à ne pas fonctionner comme prévu, ou à être détruites par des ennemis prétendument inférieurs. L’Oreshnik est peut-être différent. Ou peut-être pas. L’histoire le dira.
Les implications stratégiques
Un test des limites occidentales
Chaque utilisation de l’Oreshnik est un test. Poutine observe les réactions occidentales. Si l’Occident proteste mais ne fait rien de concret, il sait qu’il peut aller plus loin. Si l’Occident escalade son soutien à l’Ukraine, il ajustera sa stratégie. C’est un jeu de poker à l’échelle mondiale, où les enjeux sont des vies humaines et l’équilibre des puissances.
Jusqu’à présent, l’Occident a répondu avec des sanctions supplémentaires, des condamnations diplomatiques, et des promesses d’aide militaire accrue à l’Ukraine. Mais il n’a pas franchi certaines lignes rouges — pas de troupes au sol, pas de zone d’exclusion aérienne, pas de frappes directes contre le territoire russe. Poutine note ces limites. Il joue avec. Il les repousse millimètre par millimètre.
Le message à l’Ukraine
Pour l’Ukraine, le message est brutal : vous n’êtes nulle part en sécurité. Lviv est à 70 kilomètres de la frontière polonaise. C’est la ville où de nombreux réfugiés ukrainiens avaient trouvé refuge, pensant être loin du front. Frapper Lviv avec un missile capable de porter des charges nucléaires, c’est rappeler aux Ukrainiens que la Russie peut atteindre chaque coin de leur pays.
C’est aussi un message aux alliés occidentaux qui utilisent l’ouest de l’Ukraine comme zone de transit pour l’aide militaire. Les convois qui arrivent de Pologne passent par Lviv. Les bases logistiques y sont établies. En frappant cette région, la Russie montre qu’elle peut perturber les lignes de ravitaillement ukrainiennes jusqu’aux frontières de l’OTAN.
Lviv était censée être un havre de paix. La ville où l’on envoyait les femmes et les enfants pour les mettre à l’abri. La ville où l’on pouvait encore entendre de la musique dans les cafés, où les gens faisaient semblant de vivre normalement. L’Oreshnik a détruit cette illusion. Il n’y a plus de havre de paix en Ukraine. Il n’y a plus d’endroit où se cacher. La Russie peut frapper partout. Et elle le fera, encore et encore, jusqu’à ce que l’Ukraine cède — ou jusqu’à ce que quelqu’un l’arrête.
La réponse ukrainienne et occidentale
Le développement de contre-mesures
Face à cette menace, l’Ukraine et ses alliés travaillent sur des contre-mesures. Les systèmes Patriot américains ont prouvé leur capacité à intercepter certains missiles balistiques, bien que leur efficacité contre les missiles hypersoniques soit limitée. Les SAMP/T européens et les futurs IRIS-T pourraient offrir une protection supplémentaire.
L’Ukraine développe également ses propres capacités. Les drones intercepteurs produits à raison de 1 500 par jour sont conçus pour les menaces à basse vitesse comme les Shahed, mais des systèmes plus avancés sont en préparation. Le nouveau ministre de la Défense, Mykhailo Fedorov, a fait de la défense aérienne une priorité absolue.
Les livraisons promises
L’Occident a promis des équipements supplémentaires. La France prévoit de fournir des systèmes SAMP/T NG. La Suède s’est engagée sur des chasseurs Gripen. Les États-Unis continuent de livrer des munitions pour les Patriot. Mais ces livraisons prennent du temps. Les processus bureaucratiques occidentaux sont lents. Pendant ce temps, les missiles russes continuent de tomber.
La question cruciale est celle de la quantité. L’Ukraine a besoin de dizaines de batteries de défense aérienne pour protéger son territoire. Elle en reçoit quelques-unes. Le déséquilibre reste massif. Chaque Patriot livré compte, mais ce n’est pas suffisant pour créer un bouclier complet contre les attaques russes.
L’Oreshnik est le symbole de tout ce qui ne va pas dans cette guerre. D’un côté, une Russie qui utilise des armes de destruction massive potentielles contre des civils. De l’autre, un Occident qui condamne, promet, hésite, et livre au compte-gouttes. Au milieu, l’Ukraine qui encaisse les coups et continue de se battre. Chaque missile Oreshnik qui tombe est un échec de la communauté internationale. Un rappel que les beaux discours sur la défense de la démocratie ne valent rien si on n’a pas le courage de les accompagner d’actes. L’Ukraine a besoin de boucliers, pas de paroles. Elle a besoin d’armes, pas de condoléances. Et elle en a besoin maintenant.
Sources
Sources primaires
NPR – Russia uses its new Oreshnik missile in a big attack on Ukraine and a warning to West (9 janvier 2026)
ABC News – Russia uses nuclear-capable missile in massive strike on Ukraine (janvier 2026)
Sources secondaires
The Moscow Times – What We Know About Russia’s Oreshnik Missile Fired on Ukraine (9 janvier 2026)
Euronews – Russia launches major attack on Ukraine, targeting power grid (13 janvier 2026)
NBC News – Russia attacks Ukraine with new Oreshnik ballistic missile (janvier 2026)
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