Quand un allié menace d’en attaquer un autre
L’Alliance atlantique repose sur un principe fondateur : l’article 5. Une attaque contre un membre est une attaque contre tous. Pendant 75 ans, ce principe a garanti la paix en Europe. Pendant 75 ans, aucun pays de l’OTAN n’a osé menacer militairement un autre membre. Jusqu’à maintenant. Car Donald Trump n’a pas exclu d’utiliser la force pour s’emparer du Groenland. Ses conseillers parlent de « toutes les options sur la table ». Son adjoint Stephen Miller déclare à CNN : « Nous sommes une superpuissance, et nous allons nous comporter comme une superpuissance. » Le message est clair. Les règles qui s’appliquent aux autres ne s’appliquent pas à Washington.
La réponse européenne a été immédiate. Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark, a averti que si les États-Unis attaquaient un autre pays de l’OTAN, « tout s’arrêterait, y compris l’OTAN et donc la sécurité établie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». Le commissaire européen à la défense Andrius Kubilius a été plus direct encore : une invasion américaine du Groenland « serait la fin de l’OTAN ». Et le chef de la commission de défense danoise Rasmus Jarlov a confirmé que le Danemark invoquerait l’article 5 en cas d’attaque américaine. L’impensable est devenu pensable. L’alliance qui devait protéger l’Europe pourrait être détruite par son propre leader.
Il y a quelque chose de profondément ironique dans cette situation. L’OTAN a été créée pour contenir la menace soviétique. Pendant des décennies, Moscou a tout fait pour la fragiliser, la diviser, la détruire. Sans succès. Et voilà que c’est Washington — le fondateur, le garant, le pilier de l’alliance — qui menace de la faire imploser. Lavrov n’a même pas besoin de lever le petit doigt. Il lui suffit de regarder.
L’opération Arctic Endurance et la solidarité européenne
Face aux menaces américaines, l’Europe a choisi de faire front. Le 16 janvier 2026, des soldats de plusieurs pays de l’OTAN ont commencé à débarquer au Groenland. Allemagne, France, Royaume-Uni, Norvège, Suède, Finlande, Pays-Bas. L’opération Arctic Endurance est officiellement un exercice militaire prévu de longue date, destiné à renforcer la sécurité dans l’Arctique. En réalité, c’est un message politique d’une clarté absolue : le Groenland appartient au Danemark, et l’Europe le défendra. Le 19 janvier, le chef de l’armée danoise Peter Boysen atterrit lui-même à Kangerlussuaq avec un « contingent substantiel » de soldats supplémentaires. 58 hommes et femmes qui rejoignent les 60 déjà sur place. Une présence symbolique, certes, mais une présence armée.
Le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte marche sur des œufs. D’un côté, il doit maintenir la cohésion de l’alliance. De l’autre, il doit ménager les États-Unis, sans qui l’OTAN n’existe tout simplement pas. Le 20 janvier, il rencontre le ministre danois de la Défense Troels Lund Poulsen et la ministre groenlandaise des Affaires étrangères Vivian Motzfeldt. Au menu : la proposition allemande de créer une mission permanente de l’OTAN au Groenland, baptisée Arctic Sentry, sur le modèle de Baltic Sentry dans les pays baltes. L’ironie ? Cette mission serait théoriquement destinée à protéger le Groenland des menaces russes et chinoises. Mais la menace immédiate vient d’un allié.
L'Union européenne : divisions internes et paralysie politique
La tempête parfaite de 2026
Si l’OTAN vacille, l’Union européenne n’est pas en meilleur état. Lavrov n’exagère pas quand il parle de « crise profonde ». Depuis plusieurs mois, le bloc européen accumule les difficultés comme jamais. France et Allemagne, les deux moteurs traditionnels de l’intégration européenne, sont engluées dans des crises politiques intérieures qui paralysent toute initiative commune. En France, l’incertitude budgétaire mine la crédibilité du gouvernement. En Allemagne, la nouvelle coalition peine à s’imposer. Et sans ces deux pays, rien ne bouge à Bruxelles. Le rapport Draghi sur la compétitivité européenne a posé un diagnostic accablant : sans réformes drastiques, l’Europe risque « la lente agonie du déclin ».
Mais les réformes ne viennent pas. Pire, les divisions s’aggravent. La Hongrie de Viktor Orbán continue de bloquer les initiatives communes sur l’Ukraine. La Tchéquie, avec son nouveau gouvernement plus favorable à Moscou, complique l’unité européenne sur le soutien à Kiev. Et maintenant, la crise du Groenland ajoute une couche supplémentaire de chaos. Le président du Conseil européen Antonio Costa a convoqué un sommet extraordinaire pour cette semaine. L’UE doit décider comment répondre aux tarifs américains. Contre-mesures douanières ? Sanctions ciblées ? Utilisation de l’instrument anti-coercition européen ? Toutes les options sont sur la table. Mais trouver un consensus à 27 relève de l’exploit.
L’Europe face à un choix existentiel
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, tente de maintenir l’unité. « L’Europe restera unie, coordonnée et engagée à défendre sa souveraineté », déclare-t-elle sur les réseaux sociaux. Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, enfonce le clou : « La Chine et la Russie doivent se frotter les mains. Ce sont eux qui profitent des divisions entre alliés. » Mais derrière les déclarations de façade, la réalité est plus nuancée. L’Europe reste dépendante des États-Unis pour sa sécurité. Tant que la guerre en Ukraine dure, elle a besoin du soutien américain — ou du moins, de ne pas s’aliéner complètement Washington. C’est le dilemme impossible de 2026 : comment défendre le Groenland sans perdre l’Ukraine ?
Je me souviens d’une époque — pas si lointaine — où l’Union européenne était présentée comme un modèle de coopération internationale. La preuve que d’anciens ennemis pouvaient construire ensemble un espace de paix et de prospérité. Cette époque semble révolue. Non pas parce que le projet européen était mauvais, mais parce que le monde autour de lui a changé. Les règles qui gouvernaient les relations internationales depuis 1945 sont en train de s’effriter. Et l’Europe, construite sur ces règles, se retrouve sans boussole.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a résumé l’enjeu dans une interview au journal La Vanguardia : « Si les États-Unis utilisaient la force contre le Groenland, ce serait le glas de l’OTAN. Poutine serait l’homme le plus heureux du monde. Pourquoi ? Parce que cela légitimerait sa tentative d’invasion de l’Ukraine. » C’est toute la tragédie de la situation. En voulant « protéger » le Groenland des menaces russes et chinoises, Trump fait exactement ce que Poutine fait en Ukraine : revendiquer par la force un territoire qui ne lui appartient pas. L’Occident, qui prétendait défendre l’ordre international fondé sur les règles, voit son propre leader le bafouer.
L'OSCE : chronique d'une mort annoncée
Une organisation paralysée depuis 2022
De toutes les institutions mentionnées par Lavrov, l’OSCE est sans doute celle dont l’agonie est la plus visible. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, héritière des accords d’Helsinki de 1975, était censée être le gardien des principes fondamentaux de la sécurité européenne. Égalité souveraine. Intégrité territoriale. Non-recours à la force. Respect des droits de l’homme. 57 États membres, de Vancouver à Vladivostok. Un forum unique de dialogue entre l’Est et l’Ouest. Mais depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, l’OSCE est paralysée. La Russie bloque toute décision qui ne lui convient pas. Le consensus, condition sine qua non de tout accord, est devenu impossible.
L’OSCE n’a plus de budget approuvé depuis 2021. Elle fonctionne au mois le mois, sur la base d’allocations provisoires et de contributions volontaires. Ses missions de terrain en Ukraine ont été fermées en 2022 — la Mission spéciale de surveillance qui documentait les violations du cessez-le-feu, le Coordinateur de projet qui soutenait les réformes démocratiques. Trois employés ukrainiens de l’organisation sont toujours détenus par les forces pro-russes dans le Donbass. Et quand la Finlande a voulu organiser un sommet pour le 50e anniversaire des accords d’Helsinki en août 2025, l’événement a dû être réduit à une simple commémoration sans portée politique. L’OSCE existe encore formellement. Mais son souffle est devenu imperceptible.
Le diagnostic russe et la réalité
Pour Lavrov, la responsabilité de cet effondrement incombe à l’Occident. « L’OSCE a touché le fond », déclare-t-il lors de sa conférence de presse du 20 janvier. « Une organisation fondée sur les principes d’égalité et de consensus s’est complètement transformée en un outil que l’Occident, utilisant sa majorité, affûte quotidiennement contre la Russie. » La position officielle de Moscou est constante depuis des années : l’OSCE a été « détournée » de sa mission originelle pour servir les intérêts occidentaux. Les missions d’observation électorale du BIDDH seraient biaisées contre la Russie. Les discussions sur la sécurité seraient « ukrainisées » au point de devenir des séances de propagande.
Il y a une part de vérité dans le diagnostic russe — mais une part seulement. L’OSCE est effectivement paralysée. Mais par qui ? Par un pays qui a violé chacun des dix principes de l’Acte final d’Helsinki en envahissant l’Ukraine. Par un État qui bloque systématiquement toute initiative qui ne sert pas ses intérêts. Par une puissance qui détient trois citoyens de l’organisation en otages. Lavrov accuse l’Occident de détourner l’OSCE ? C’est la Russie qui l’a tuée. Le reste n’est que constat d’autopsie.
La Suisse, qui préside l’OSCE en 2026, tente de maintenir le dialogue. Le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis a présenté ses priorités devant le Conseil permanent à Vienne le 15 janvier. Message principal : l’organisation doit se préparer à jouer un rôle dans un éventuel processus de paix en Ukraine. « L’OSCE ne sera ni une force de maintien de la paix, ni une solution miracle », a-t-il précisé. « Mais elle peut servir de plateforme de dialogue, de mécanisme de soutien à un cessez-le-feu, ou d’acteur de stabilisation ciblée. » Des mots prudents. Des espoirs fragiles. Et une réalité implacable : sans la Russie, aucune solution européenne n’est possible. Avec la Russie, aucune solution européenne n’est acceptable.
Le « drame groenlandais » : révélateur des fractures occidentales
Trump, l’Europe et la doctrine de la force
Lavrov a une formule qui résume tout : « Je ne sais pas ce qu’il adviendra de l’OTAN après le drame groenlandais. » Le « drame groenlandais ». Trois mots qui condensent l’impensable. Un président américain qui menace d’annexer le territoire d’un allié. Des soldats européens qui débarquent pour le défendre — pas contre la Russie, pas contre la Chine, mais contre leur propre protecteur. Des tarifs douaniers brandis comme une arme de guerre économique. Et une opinion publique américaine qui, selon un sondage CNN, désapprouve à 75% toute tentative de prise de contrôle du Groenland. Même au sein du Parti républicain, des voix s’élèvent. Le représentant Don Bacon du Nebraska qualifie les menaces de Trump de « honteuses ».
Mais Trump n’en a cure. Il s’envole pour Davos ce 20 janvier, où il compte signer la charte de son « Conseil de la paix » — une nouvelle instance internationale centrée sur Gaza mais dont les ambitions semblent bien plus larges. « Je ne pense pas qu’ils résisteront trop », déclare-t-il aux journalistes avant de partir, parlant de l’opposition européenne. « Regardez, nous devons l’avoir », ajoute-t-il à propos du Groenland. La certitude du plus fort. L’assurance de celui qui pense que la puissance fait le droit. Pendant ce temps, le Danemark a décidé de boycotter le Forum économique mondial de Davos. Un geste symbolique, mais un geste quand même. Copenhague refuse de légitimer par sa présence un président qui menace son intégrité territoriale.
L’Europe entre résistance et dépendance
La réponse européenne oscille entre fermeté et prudence. Emmanuel Macron dénonce des menaces « inacceptables ». Keir Starmer affirme que « l’application de tarifs contre des alliés pour avoir défendu la sécurité collective de l’OTAN est totalement injuste ». Friedrich Merz, le nouveau chancelier allemand, assure le Danemark de la solidarité de Berlin. Huit pays européens publient une déclaration commune affirmant qu’ils « se tiennent en pleine solidarité avec le Royaume du Danemark et le peuple du Groenland ». L’UE évoque des contre-mesures, des représailles économiques, l’utilisation de son instrument anti-coercition.
Et pourtant. Et pourtant, quelque chose cloche. Quand on regarde les images de Paris, ce 20 janvier, où des représentants de 35 pays — dont les États-Unis — discutent de la sécurité post-guerre de l’Ukraine, on voit Macron et Starmer debout à côté de Jared Kushner et Steve Witkoff, les émissaires de Trump. Personne n’ose critiquer frontalement le président américain. Pas là. Pas maintenant. Pas tant que l’Ukraine a besoin de lui. C’est le paradoxe européen de 2026 : dénoncer Trump sur le Groenland, mais le ménager sur l’Ukraine. Résister et dépendre en même temps. Un équilibre impossible.
Les analystes du Council on Foreign Relations résument la stratégie européenne en trois mots : « Tout sauf le territoire ». Bruxelles est prête à offrir à Washington plus de bases militaires au Groenland, plus de coopération dans l’Arctique, plus d’investissements dans les ressources naturelles. Tout. Sauf la souveraineté. Sauf le transfert de propriété. Sauf l’annexion. Mais cette ligne rouge sera-t-elle suffisante ? Trump ne veut pas seulement des garanties sécuritaires — il veut le territoire lui-même. Et face à cette exigence, l’Europe n’a que des options limitées. Elle ne peut pas gagner une confrontation militaire avec les États-Unis. Elle ne peut pas non plus se permettre de perdre le Groenland sans réagir. Le piège est parfait.
La vision russe : un monde multipolaire en construction
Lavrov et la « Charte de la diversité et de la multipolarité »
Pour Moscou, les crises occidentales sont une opportunité. Lavrov ne s’en cache pas. « Que ceux qui ont plus de clairvoyance rejoignent nos efforts, avec nos amis biélorusses, pour promouvoir la Charte de la diversité et de la multipolarité au XXIe siècle », déclare-t-il. Cette charte, promue lors de conférences annuelles à Minsk, est le projet alternatif russe à l’ordre international libéral. Un monde où les grandes puissances auraient chacune leur sphère d’influence. Où les organisations « euro-atlantiques » n’auraient plus le monopole de la légitimité. Où la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil et d’autres poids lourds du « Sud global » dicteraient les règles du jeu international.
Lavrov accuse l’Occident de chercher à « infiltrer » les zones d’influence traditionnelles de la Russie. En Asie centrale, en Mongolie, en Extrême-Orient. « Ils disent aux pays : ‘Vous n’avez besoin de rien faire avec la Russie, vous n’avez besoin de rien faire avec la Chine, venez avec nous’ », rapporte-t-il. La compétition géopolitique, selon lui, n’est plus seulement militaire — elle est idéologique, économique, civilisationnelle. Et dans cette compétition, la Russie pense avoir des atouts. Son partenariat « sans limites » avec la Chine. Ses relations renforcées avec la Corée du Nord, dont Lavrov salue « l’assistance fraternelle » dans la reconquête de la région de Koursk. Son rôle croissant en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique latine.
L’Eurasie contre l’Euro-Atlantisme
La vision de Lavrov est claire : la sécurité « eurasiatique » doit concerner tout le continent, pas seulement sa partie occidentale. « Au lieu d’une structure pan-continentale et égalitaire, pour laquelle nous plaidons, où les intérêts de chacun seraient équilibrés, ils veulent gouverner ce vaste continent, le plus riche et le plus peuplé, depuis un centre euro-atlantique », explique-t-il. C’était leur plan, « du moins jusqu’à récemment ». Jusqu’à ce que Trump décide que l’Europe n’était plus une priorité. Jusqu’à ce que le « drame groenlandais » révèle les fissures de l’alliance occidentale. Jusqu’à ce que l’OTAN, l’UE et l’OSCE entrent en crise simultanément.
Il y a quelque chose de profondément troublant dans le fait que Lavrov — le porte-parole d’un régime autoritaire engagé dans une guerre d’agression — puisse pointer du doigt les contradictions de l’Occident avec une telle pertinence. Non pas qu’il ait raison sur tout. Mais parce que nous, en Occident, avons donné tant de prise à ses critiques. Trump menace le Groenland ? Lavrov jubile. L’OTAN se divise ? Lavrov applaudit. L’UE se paralyse ? Lavrov observe. Chaque fois que nous nous affaiblissons nous-mêmes, nous renforçons ceux qui veulent notre perte.
Le paradoxe ultime, c’est que Lavrov semble plus optimiste sur l’avenir de l’Europe que beaucoup d’Européens eux-mêmes. « Plusieurs ministres et représentants européens participent déjà aux conférences annuelles à Minsk », note-t-il. « Leur nombre va croître. » Prophétie autoréalisatrice ou vœu pieux ? Difficile à dire. Mais une chose est certaine : si l’Occident continue de se déchirer, d’autres seront prêts à combler le vide. Et Moscou ne cache pas son ambition de faire partie de ces « autres ».
Conclusion : L'heure des choix
Un monde en bascule
Le 20 janvier 2026 restera-t-il dans les mémoires comme le jour où l’ordre international d’après-guerre a officiellement pris fin ? C’est peut-être trop tôt pour le dire. Mais les signes s’accumulent. L’OTAN est confrontée à la première menace existentielle de son histoire — et cette menace vient de son membre le plus puissant. L’Union européenne doit choisir entre sa dépendance sécuritaire envers les États-Unis et la défense de ses principes fondamentaux. L’OSCE, gardienne des accords d’Helsinki, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Et Sergueï Lavrov, du haut de son pupitre moscovite, peut se permettre de constater les dégâts sans même avoir à les provoquer.
Les semaines à venir seront décisives. Le sommet extraordinaire de l’UE. Les discussions de Davos. La réponse américaine aux déploiements européens au Groenland. La question ukrainienne, toujours en arrière-plan, toujours urgente. Chaque décision prise — ou évitée — aura des conséquences durables. L’Europe peut sortir renforcée de cette crise si elle fait preuve d’unité et de détermination. Elle peut aussi s’effondrer si les divisions l’emportent. Le Eurasia Group, dans son rapport sur les risques de 2026, place « l’Europe assiégée » parmi les quatre principales menaces de l’année. Pas une menace externe. Une menace systémique. Structurelle. Existentielle.
Je referme mes notes sur cette conférence de presse et je reste avec une question qui me hante. Sommes-nous en train d’assister à la fin d’un monde ? Pas une fin apocalyptique, pas un effondrement brutal, mais quelque chose de plus insidieux — une érosion lente des certitudes, des alliances, des règles qui structuraient notre existence depuis trois générations. L’OTAN en crise. L’UE fracturée. L’OSCE moribonde. Et en face, des puissances qui n’attendaient que ça. Lavrov a tort sur beaucoup de choses. Mais sur un point, il a raison : quelque chose est en train de mourir. La question, maintenant, c’est de savoir ce qui naîtra à la place.
Ce qui reste à construire
L’histoire n’est pas écrite d’avance. Les institutions peuvent se réformer, les alliances se reconstruire, les leaderships changer. Trump n’est pas éternel. L’Union européenne a survécu à d’autres crises. L’OTAN a montré une résilience inattendue face à l’invasion russe de l’Ukraine. Mais pour que cette résilience se manifeste à nouveau, il faudra des choix courageux. Investir massivement dans la défense européenne. Réduire la dépendance énergétique et sécuritaire envers des partenaires devenus imprévisibles. Retrouver une vision commune au-delà des intérêts nationaux à court terme. Le chemin sera long. Difficile. Incertain. Mais l’alternative — accepter le déclin, se résigner à l’impuissance — est pire encore.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, TASS).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies (CNN, Al Jazeera, ABC News, PBS, Council on Foreign Relations, Carnegie Endowment, Eurasia Group, European Leadership Network).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
TASS – Conférence de presse de Sergueï Lavrov sur les activités diplomatiques russes en 2025 – 20 janvier 2026
TASS – Déclarations de Lavrov sur l’OSCE – 20 janvier 2026
Conseil européen – Annonce du sommet extraordinaire par Antonio Costa – 19 janvier 2026
OSCE – Déclarations du vice-ministre russe Alexander Grushko au Conseil ministériel – 4-5 décembre 2025
Nations Unies – Rapport du Conseil de sécurité sur l’OSCE – décembre 2025
Sources secondaires
CNN – Analyses sur la crise du Groenland et les tensions transatlantiques – 17-20 janvier 2026
Al Jazeera – Déploiement de troupes danoises au Groenland – 20 janvier 2026
ABC News – Réponse européenne aux menaces de Trump – 18-19 janvier 2026
PBS News – Analyse des tensions OTAN-États-Unis – 20 janvier 2026
Council on Foreign Relations – Everything but Territory: Europe’s Response to Trump’s Greenland Threats – janvier 2026
Carnegie Endowment – The EU’s Crisis of Confidence – janvier 2026
Eurasia Group – Top Risks 2026: Implications for Europe – 5 janvier 2026
European Leadership Network – From crisis to strategy: The OSCE and arms control in a divided Europe – 2025-2026
Wikipedia – Greenland crisis – mise à jour janvier 2026
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