Une stratégie de harcèlement systématique
Les frappes sur Koursk ne sont pas un incident isolé. Elles s’inscrivent dans une stratégie ukrainienne de harcèlement des régions frontalières russes. Depuis plusieurs mois, l’armée ukrainienne multiplie les incursions, les bombardements, les opérations de sabotage. L’objectif : forcer la Russie à disperser ses forces, à protéger son propre territoire, à ressentir le coût de la guerre.
Cette stratégie porte ses fruits. La Russie doit maintenant défendre une frontière de plusieurs milliers de kilomètres. Des troupes qui auraient pu être envoyées en Ukraine sont mobilisées pour protéger les régions russes. Des ressources qui auraient pu servir à l’offensive sont détournées vers la défense. L’Ukraine force la Russie à jouer sur plusieurs fronts.
Les moyens engagés
L’artillerie ukrainienne déployée contre Koursk comprend des pièces de différents calibres. Certaines fournies par les alliés occidentaux. D’autres de fabrication soviétique, récupérées ou capturées. Les drones sont un mélange de modèles commerciaux modifiés et de drones militaires ukrainiens de plus en plus sophistiqués.
La doctrine ukrainienne a évolué. Au début de la guerre, Kyiv hésitait à frapper le territoire russe, craignant une escalade. Cette prudence a été abandonnée. L’Ukraine considère maintenant que toutes les cibles militaires en Russie sont légitimes. Les dépôts de munitions. Les bases aériennes. Les raffineries. Et les régions frontalières d’où partent les attaques.
On a longtemps demandé à l’Ukraine de se battre avec une main attachée dans le dos. De ne pas frapper le territoire russe. De ne pas « provoquer » l’agresseur. Cette logique absurde est enfin abandonnée. L’Ukraine se défend comme n’importe quel pays attaqué se défendrait : en frappant l’ennemi là où ça fait mal. Koursk n’est pas une « escalade ». C’est de la légitime défense. Tard venue, mais bienvenue.
La réaction russe
Le discours officiel
Le gouverneur Khinstein a tenté de minimiser les dégâts. « Pas de dommages aux infrastructures », affirme-t-il. 24 drones abattus. La défense a fonctionné. Le narratif officiel est clair : la Russie contrôle la situation. Rien de grave. Circulez, il n’y a rien à voir.
Mais la réalité est différente. 64 frappes d’artillerie en 22 heures, ce n’est pas « rien ». C’est une pression constante. Un stress permanent. Des civils qui vivent dans la peur. Des nuits sans sommeil. Des vies perturbées. Exactement ce que vivent les Ukrainiens depuis 1 426 jours.
L’impact psychologique
Au-delà des dégâts matériels, c’est l’impact psychologique qui compte. Les habitants de Koursk découvrent la guerre. Pas la guerre à la télévision, avec ses commentateurs et ses cartes animées. La vraie guerre. Celle qui fait trembler les fenêtres. Celle qui vous fait courir vers l’abri. Celle qui vous fait douter de demain.
Ce choc psychologique est peut-être l’arme la plus puissante de l’Ukraine. Poutine a vendu cette guerre comme une « opération spéciale » lointaine, qui ne toucherait jamais le sol russe. Cette fiction s’effondre. Les Russes réalisent que leur gouvernement les a entraînés dans une guerre qui peut revenir les frapper chez eux.
Poutine a longtemps compté sur l’apathie de son peuple. Tant que la guerre reste abstraite, lointaine, invisible, les Russes l’acceptent. Mais Koursk change la donne. Soudain, la guerre est là, tangible, audible, terrifiante. Combien de temps les Russes accepteront-ils de vivre ainsi? Combien de Koursk faudra-t-il avant que le peuple russe se demande pourquoi son président les a jetés dans cet enfer? La réponse à ces questions pourrait déterminer l’issue de ce conflit.
Les implications stratégiques
Une nouvelle phase du conflit
Les frappes sur Koursk marquent une nouvelle phase de la guerre. L’Ukraine ne se contente plus de défendre son territoire. Elle attaque. Elle prend l’initiative. Elle force la Russie à réagir. Ce changement de posture est fondamental. Une armée qui attaque est une armée qui a confiance. Une armée qui croit pouvoir gagner.
Cette confiance vient en partie des capacités développées par l’Ukraine au fil du conflit. Les drones ukrainiens sont de plus en plus sophistiqués. L’artillerie est mieux coordonnée. Le renseignement est plus précis. L’Ukraine a appris à se battre. Et elle applique ces leçons avec une efficacité redoutable.
Le message aux alliés
Les frappes sur Koursk envoient aussi un message aux alliés occidentaux. L’Ukraine n’est pas une victime passive qui attend qu’on la sauve. C’est un combattant qui se bat avec les moyens dont il dispose — et qui demande plus de moyens pour frapper plus fort. Les armes fournies par l’Occident ne servent pas qu’à défendre. Elles servent à vaincre.
Ce message est crucial au moment où l’attention occidentale se disperse. Le Groenland monopolise les discussions. Les tarifs douaniers inquiètent les économies. L’Ukraine risque d’être oubliée. Les frappes sur Koursk rappellent que cette guerre n’est pas finie. Que l’Ukraine se bat toujours. Qu’elle a besoin de soutien — pas de distraction.
64 frappes en 22 heures. Ce n’est pas grand-chose comparé aux milliers de missiles que la Russie a tirés sur l’Ukraine. Mais c’est un début. Un signe que la guerre peut être réciproque. Que l’agresseur peut devenir cible. Que l’impunité n’est pas éternelle. Les habitants de Koursk vivent aujourd’hui ce que les habitants de Kharkiv, de Kyiv, de Marioupol vivent depuis près de quatre ans. Cette symétrie est cruelle mais juste. La guerre que Poutine a apportée en Ukraine revient en Russie. Et ce n’est que le début.
Sources
Sources primaires
TASS – Ukraine’s army shells Russia’s borderline Kursk Region over 60 times in past 24 hours (20 janvier 2026)
Sources secondaires
Ukraine Crisis Media Center – Day 1,426 (20 janvier 2026)
Al Jazeera – Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,426 (20 janvier 2026)
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