Aide militaire : le grand mensonge
Mettons les choses au clair avec des chiffres. Selon l’Institut Kiel, qui suit l’aide à l’Ukraine depuis le début de la guerre, l’aide militaire européenne a chuté de 43% depuis juillet 2025. Quarante-trois pour cent. En pleine offensive hivernale russe. Pendant que Moscou intensifie ses bombardements. Pendant que l’Ukraine perd du terrain chaque jour. L’Europe a alloué seulement 4,2 milliards d’euros en nouvelle aide militaire en 2025 — bien trop peu pour compenser l’arrêt du soutien américain.
Les disparités sont encore plus obscènes. L’Italie a réduit son aide de 15% par rapport à 2022-2024. L’Espagne? Zéro. Pas un centime de nouvelle aide militaire en 2025. Zéro. Pendant que des soldats ukrainiens meurent parce qu’ils n’ont pas de munitions. Pendant que les systèmes de défense antiaérienne sont à sec. Zelensky l’a dit lui-même cette semaine : Certains systèmes ont manqué de munitions avant que la nouvelle livraison n’arrive. Manqué de munitions. En pleine attaque. Parce que l’Europe — la riche, la puissante, la vertueuse Europe — n’est pas capable de livrer à temps.
Le ratio de la mort
Le général Christopher Cavoli, commandant suprême des forces américaines en Europe, a estimé que la Russie surpasse l’Ukraine en puissance de feu dans un ratio de 10 contre 1. Dix obus russes pour chaque obus ukrainien. Dans certaines zones de combat intense, le ratio de soldats est de 1 Ukrainien pour 12 Russes. À Pokrovsk, c’est 8 contre 1. Des unités entières sont décimées parce qu’elles n’ont pas les armes pour se défendre. Les commandants regardent leurs hommes mourir. Et ils n’ont rien dans les mains.
Les chiffres de désertion racontent l’histoire de l’épuisement. En 2022, il y avait 3 687 cas liés à la désertion. En 2025? 161 461. Cent soixante et un mille soldats qui ont craqué. Pas parce qu’ils sont lâches. Parce qu’ils sont épuisés. Parce qu’ils se battent depuis quatre ans. Parce qu’ils voient leurs camarades tomber. Parce qu’ils savent que les renforts n’arrivent pas. Que les armes n’arrivent pas. Que l’Occident les a abandonnés.
L'hiver de tous les dangers
La stratégie de l’épouvante
La Russie a changé de stratégie. Elle ne cherche plus seulement à conquérir du territoire. Elle cherche à briser l’Ukraine. À geler sa population. À éteindre ses lumières. À la plonger dans le noir et le froid jusqu’à ce qu’elle capitule. C’est ce que les officiels ukrainiens appellent l’arme de l’hiver. Et ça fonctionne. Cette semaine seule — une seule semaine — la Russie a lancé plus de 1 300 drones d’attaque, environ 1 050 bombes guidées et 29 missiles de divers types. En une semaine.
Les dégâts sont catastrophiques. La capacité de génération électrique de l’Ukraine est passée de 33,7 GW au début de l’invasion à environ 14 GW aujourd’hui — moins de la moitié. 80% de la capacité thermique a été détruite. 90% de la génération thermique. 60% de la production de gaz. Les pannes d’électricité durent jusqu’à quatre jours dans certaines régions. Quatre jours sans lumière, sans chauffage, sans eau chaude, en plein hiver. Le porte-parole de l’ONU a déclaré que ces attaques ont causé des victimes civiles significatives et privé des millions d’Ukrainiens de services essentiels, y compris l’électricité, le chauffage et l’eau, en période de besoin humanitaire aigu.
Relisez cette phrase. « Des millions d’Ukrainiens privés de services essentiels. » Des millions. Pas des dizaines. Pas des centaines. Des millions de personnes dans le froid et le noir parce qu’un dictateur a décidé de les terroriser. Et nous? On fait quoi? On envoie nos « profondes préoccupations ». On « condamne fermement ». On organise des réunions du Conseil de sécurité qui ne servent à rien parce que la Russie a un droit de veto. On se regarde le nombril pendant que des gens meurent. C’est ça, notre grand Occident humaniste?
Le missile Oreshnik : l’avertissement ignoré
Le 9 janvier 2026, la Russie a tiré un missile hypersonique Oreshnik sur l’ouest de l’Ukraine. C’est seulement la deuxième fois depuis le début de la guerre. Un missile capable de porter une charge nucléaire. Tiré sur l’ouest du pays — près des frontières de l’OTAN. Le message est clair : Poutine montre à l’Occident ce qu’il peut faire. Il teste nos limites. Il nous nargue. Et qu’est-ce qu’on répond? L’administration Trump a parlé d’escalade dangereuse et inexplicable. Dangereuse et inexplicable. Comme si bombarder des civils depuis quatre ans n’était pas déjà une escalade. Comme si tout ça était une surprise.
La vérité, c’est que Poutine nous a pris la mesure. Il sait qu’on ne fera rien. Qu’on va condamner, sanctionner, exprimer notre préoccupation — et puis continuer comme avant. Il peut tirer des missiles hypersoniques, bombarder des maternités, déporter des enfants ukrainiens en Russie, utiliser l’hiver comme arme de guerre — et rien ne changera. Parce que l’Europe a peur. Peur de l’escalade. Peur de la Troisième Guerre mondiale. Peur de provoquer le Kremlin. Alors elle se couche. Et l’Ukraine paie le prix de notre lâcheté.
Le Groenland : la preuve de notre hypocrisie
Trois semaines de psychodrame pour une île vide
Parlons du Groenland. Depuis trois semaines, c’est le sujet numéro un. Trump veut l’île. Le Danemark refuse. L’Europe s’indigne. Les éditorialistes analysent, commentent, s’alarment. On parle de crise existentielle de l’OTAN. De fin de l’ordre international. De retour du colonialisme. Les premiers ministres font des déclarations solennelles. Les parlements débattent. Tout le monde a une opinion sur le Groenland.
Mais où était cette énergie quand l’Ukraine avait besoin d’armes? Où étaient les sommets d’urgence quand Marioupol brûlait? Où étaient les déclarations solennelles quand Boutcha a révélé les massacres russes? On a parlé. On a condamné. Et puis on est passés à autre chose. Parce que l’Ukraine, c’est loin. Parce que les Ukrainiens ne sont pas vraiment nous. Parce qu’au fond, on s’en fout. Mais le Groenland? Le Groenland, c’est un territoire européen. C’est le Danemark. C’est l’OTAN. Ça nous concerne directement. Alors là, on se réveille.
Le deux poids deux mesures
Regardez les réactions des dirigeants européens. Quand Trump menace le Groenland, Mette Frederiksen parle de croiser les chemins de l’histoire. Quand il impose des tarifs aux alliés pour le Groenland, l’Europe organise des réunions de crise. Quand il envoie son fils visiter l’île, c’est une provocation inacceptable. Mais quand la Russie bombarde l’Ukraine chaque nuit? Quand elle utilise des armes iraniennes et nord-coréennes pour tuer des civils? Quand elle déporte des enfants? C’est préoccupant. C’est regrettable. Ça mérite des sanctions supplémentaires qu’on adoptera début 2026.
Le CNN l’a noté avec une précision cruelle : La priorité des Européens pour 2026 reste de garder les États-Unis engagés en Ukraine, même si cela conduit à faire pression sur Copenhague pour trouver un arrangement avec Washington sur le Groenland. Autrement dit : l’Europe est prête à sacrifier le Danemark pour garder l’Amérique impliquée en Ukraine. Parce qu’elle est incapable de défendre l’Ukraine seule. Incapable de se défendre elle-même. Dépendante des États-Unis pour les armes qu’elle achète pour Kyiv. Pathétique.
Vous voulez savoir ce qui me rend malade? C’est que Macron et Starmer étaient à Washington cette semaine, à côté de l’envoyé de Trump et de Jared Kushner, et ils ont refusé de critiquer les menaces américaines contre le Danemark. Pourquoi? Parce qu’ils ont peur de compromettre l’implication de Washington dans les négociations de paix en Ukraine. Ils acceptent l’humiliation pour garder l’Amérique dans le jeu. Parce que sans l’Amérique, ils ne sont rien. Et ils le savent. C’est ça, notre grande Europe souveraine? Notre autonomie stratégique? Un géant économique qui rampe devant Washington en espérant qu’on voudra bien nous aider?
Si l'Ukraine perd : le cauchemar européen
1-0 pour Poutine
Faites attention aux souhaits que vous faites. Parfois ils se réalisent. Certains en Europe — les Orbán, les partis d’extrême droite, les pacifistes naïfs — veulent que la guerre s’arrête. À n’importe quel prix. Ils pensent que si on laisse la Russie garder les territoires conquis, ce sera fini. On pourra retourner au business as usual. Acheter du gaz russe. Faire du commerce. Oublier tout ça. Ils se trompent. Si l’Ukraine perd cette guerre — ou si elle accepte une paix qui est en réalité une capitulation — ce sera 1-0 pour Poutine. Et l’Europe sera la prochaine cible.
Ce n’est pas de l’alarmisme. C’est de la géographie. Si la Russie contrôle l’Ukraine, elle a une frontière directe avec la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie. Elle contrôle la mer Noire. Elle menace les Balkans. Elle peut couper les routes d’approvisionnement en énergie. Et surtout — surtout — elle aura prouvé que l’agression militaire fonctionne. Que l’Occident ne se bat pas. Que les promesses de sécurité ne valent rien. Chaque dictateur de la planète prendra des notes.
Les États-Unis sont loin, pas vous
Voici la vérité que l’Europe refuse d’entendre : si l’Ukraine tombe, ce ne sont pas les États-Unis qui seront en première ligne. C’est vous. L’Amérique est de l’autre côté de l’Atlantique. Elle a deux océans pour la protéger. Elle peut se replier sur elle-même si elle le veut. Trump l’a bien compris — c’est exactement ce qu’il fait. Mais l’Europe? L’Europe est là. À quelques centaines de kilomètres des tanks russes. Sans armée commune. Sans industrie de défense intégrée. Sans capacité de se défendre seule.
L’European Council on Foreign Relations l’a écrit noir sur blanc : Si le déclin de l’aide internationale à l’Ukraine signifie que la Russie émerge victorieuse, l’Europe ferait face à une menace stratégique et un fardeau fiscal qui dépassent de loin les coûts d’un soutien continu à Kyiv. Autrement dit : payer pour défendre l’Ukraine maintenant coûte moins cher que de faire face à une Russie victorieuse demain. Mais l’Europe préfère économiser aujourd’hui et payer dix fois plus demain. La logique du court terme. La myopie stratégique érigée en politique.
Je pose la question simplement. Qu’est-ce qu’il faudra pour que l’Europe se réveille? Que les missiles russes tombent sur Varsovie? Sur Tallinn? Sur Helsinki? Qu’un État membre de l’OTAN soit envahi? On attend quoi, exactement? Que Poutine nous envoie une invitation formelle? L’Ukraine nous offre un bouclier. Chaque soldat ukrainien qui tombe est un soldat européen qui ne mourra pas. Chaque tank russe détruit à Bakhmout est un tank qui n’entrera jamais en Pologne. Et on leur donne des miettes. On compte nos euros. On débat de nos principes. Pendant qu’ils meurent pour nous.
Ce qu'il faut faire : maintenant
Assez de paroles, des actes
L’Ukraine a besoin de 137 milliards d’euros d’aide combinée financière et militaire pour 2026-2027. Sans nouveaux engagements, elle sera à court d’argent en avril. Avril. Dans trois mois. Le Conseil européen a approuvé un prêt de 90 milliards d’euros en décembre. C’est bien. Mais les prêts ne sont pas des dons. Et les promesses ne sont pas des livraisons. Ce qu’il faut, c’est des armes. Des missiles. Des systèmes de défense aérienne. Des obus. Maintenant. Pas dans six mois. Pas après la prochaine réunion. Maintenant.
Il faut lever les restrictions sur l’utilisation des armes occidentales. Pourquoi l’Ukraine n’a-t-elle pas le droit de frapper les bases d’où partent les bombardiers qui détruisent ses villes? Pourquoi protège-t-on le territoire russe pendant que le territoire ukrainien est rasé? C’est absurde. C’est lâche. C’est une invitation à continuer pour Poutine. On lui dit : Tu peux frapper, mais ils ne peuvent pas riposter. Quelle guerre se gagne avec les mains attachées dans le dos?
Arrêter de mendier auprès de Washington
L’Europe doit cesser de dépendre des États-Unis pour sa propre sécurité. Le processus de réarmement européen prend trois à cinq ans, selon les analystes. Cinq ans. On n’a pas cinq ans. Il faut accélérer. Investir massivement dans l’industrie de défense. Produire des armes en Europe. Les envoyer en Ukraine. Arrêter de quémander des livraisons américaines qui arrivent au compte-gouttes ou pas du tout. L’Europe a les ressources. Elle a la technologie. Ce qui lui manque, c’est la volonté.
Conclusion : Faites attention à ce que vous souhaitez
Le prix de l’inaction
Un proverbe dit : Faites attention à ce que vous souhaitez, parfois il se réalise. L’Europe souhaite la paix. Elle souhaite que cette guerre s’arrête. Elle souhaite retourner à la normale. Mais quelle paix? Une paix qui récompense l’agression? Une paix qui laisse la Russie contrôler 20% du territoire ukrainien — 116 250 kilomètres carrés, la taille de l’Ohio? Une paix qui dit à tous les dictateurs du monde : Envahissez, prenez ce que vous voulez, l’Occident ne fera rien?
Cette paix-là n’est pas une paix. C’est une capitulation. C’est la fin de l’ordre international tel que nous le connaissons. C’est le signal que la force fait le droit. Et si c’est ce que l’Europe souhaite — consciemment ou non, par action ou par inaction — alors elle l’obtiendra. Elle obtiendra un monde où la Russie victorieuse regarde vers l’ouest. Où la Chine prend note pour Taïwan. Où l’Iran et la Corée du Nord comprennent qu’il n’y a pas de conséquences à défier l’Occident. Ce monde-là arrive. Et on l’aura mérité.
Pendant combien de temps encore ignorerons-nous notre responsabilité? Pendant combien de temps regarderons-nous ailleurs pendant qu’un peuple meurt? On s’est promis « plus jamais ça » après la Seconde Guerre mondiale. On s’est promis de ne plus fermer les yeux sur les massacres. On s’est construits sur le « devoir de mémoire ». Et regarde-nous. Regarde ce qu’on fait. On débat du Groenland pendant que Kyiv brûle. On s’inquiète des tarifs commerciaux pendant que des enfants ukrainiens gèlent dans le noir. On parle de « grands principes » pendant que des soldats meurent faute de munitions. Nous sommes la génération qui a laissé tomber l’Ukraine. Et l’histoire ne nous pardonnera pas.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cet article est un réquisitoire contre l’insuffisance de l’aide occidentale à l’Ukraine. Il exprime une position engagée : l’Europe a une responsabilité morale et stratégique de soutenir l’Ukraine de manière bien plus substantielle qu’elle ne le fait actuellement. Cette position n’est pas neutre — elle est assumée.
Méthodologie
Les données citées proviennent de sources vérifiées : Institut Kiel (Ukraine Support Tracker), European Council on Foreign Relations, CEPA, Russia Matters, déclarations officielles de l’ONU, de l’OTAN et du gouvernement ukrainien. Les chiffres d’attaques proviennent des communications du président Zelensky et des rapports de l’armée ukrainienne des 18-20 janvier 2026.
Sources
Sources primaires
ABC News – Russia batters Ukraine’s power grid again – 20 janvier 2026
Al Jazeera – Two killed, dozens wounded in large Russian drone attacks – 18 janvier 2026
Euronews – Zelenskyy: Russia carries war into 2026 with drone attack – 1er janvier 2026
NPR – Ukrainian drones set fire to Russian oil depot – 10 janvier 2026
Democracy Now! – Russia Launches Another Major Overnight Attack – 13 janvier 2026
Sources secondaires
Kiel Institute – Ukraine Support Tracker: Europe fails to offset US aid drop – 2025
ECFR – Fragile frontline: The consequences of declining military aid – décembre 2025
ECFR – No cash, no bullets, no say: A 10-point memo for Europe – décembre 2025
CEPA – Wartime Assistance to Ukraine: Successes, Failures, and Future Prospects – janvier 2026
Kyiv Post – Do or Die: International Support for Ukraine in 2026 – décembre 2025
Russia Matters – The Russia-Ukraine War Report Card – 14 janvier 2026
CNN – NATO faces a major crisis over Greenland – janvier 2026
European Council – Conclusions on Ukraine – 18 décembre 2025
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