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Pokrovsk sous le feu : 61 affrontements en une journée, et des hommes qui refusent de plier
Crédit: Adobe Stock

Vingt-quatre assauts pour une ville qui refuse de tomber

Le secteur de Pokrovsk concentre à lui seul près de 40% des combats de ce 20 janvier 2026. Vingt-quatre tentatives d’assaut russes enregistrées dans cette seule zone. Rodynske, Chervonyi Lyman, Myrnohrad, Pokrovsk, Kotlyne, Udachne, Molodetske, Filiia, Dachne — autant de noms qui s’écrivent désormais avec le sang des combattants des deux camps. Au moment de la publication du rapport de l’état-major, deux affrontements étaient encore en cours. Deux batailles qui se jouaient en temps réel, pendant que le monde continuait de tourner, indifférent. La situation est particulièrement critique dans l’agglomération Pokrovsk-Myrnohrad. Cette zone urbaine, autrefois prospère avec ses mines de charbon et son industrie, est devenue le point focal de l’offensive russe dans le Donbass. Les forces russes contrôlent désormais environ 67% de la ville de Pokrovsk selon les estimations de l’ISW, mais les défenseurs ukrainiens maintiennent fermement le nord de la cité.

Le commandant adjoint d’une brigade d’artillerie ukrainienne opérant dans ce secteur a décrit la situation avec une précision glaçante. Les Russes exploitent les conditions météorologiques défavorables — le brouillard, la neige, le froid mordant — pour s’infiltrer dans les positions ukrainiennes par petits groupes. Un ou deux soldats à la fois. Parfois trois. Ils utilisent des véhicules blindés, des automobiles légères, des quads, des motos. Tout ce qui peut se faufiler entre les tirs de drones. L’objectif russe est clair : s’emparer de Rodynske et Bilytske au nord de Pokrovsk, puis poursuivre l’offensive vers Dobropillia. Une percée dans cette direction ouvrirait la route vers Kramatorsk et Sloviansk, les derniers grands bastions ukrainiens du Donbass. Les enjeux sont colossaux. Et les Ukrainiens le savent. C’est pourquoi ils tiennent. Coûte que coûte.

J’ai lu quelque part que les soldats ukrainiens de ce secteur appellent leurs positions « la ceinture de forteresse ». Un nom qui en dit long sur leur état d’esprit. Ils ne défendent pas un bout de terrain. Ils défendent une ligne rouge. Celle au-delà de laquelle tout s’effondre. Et chaque jour, ils repoussent vingt-quatre assauts. Vingt-quatre fois. Comment peut-on encore parler de « conflit gelé » face à ça?

La guerre des bombes guidées

Ce qui distingue les combats actuels de ceux des premiers mois de l’invasion, c’est l’usage massif des bombes planantes KAB par l’aviation russe. Entre vingt et trente de ces munitions guidées s’abattent chaque jour sur le seul secteur de Pokrovsk. Ces bombes, dérivées d’anciennes bombes non guidées équipées de kits de guidage, peuvent peser jusqu’à 500 kilos. Elles détruisent des immeubles entiers en un seul impact. Elles transforment les positions défensives en cratères fumants. Elles empêchent les soldats ukrainiens de s’installer durablement dans des structures en dur. Le commandant adjoint de la brigade d’artillerie l’a expliqué sans fard : ces frappes visent à détruire les infrastructures et à empêcher les militaires ukrainiens de prendre des positions défensives efficaces. C’est une guerre d’usure à l’échelle industrielle. Les Russes compensent leur manque de compétence tactique par un déluge de feu. Ils ne peuvent pas manœuvrer? Qu’importe. Ils rasent tout sur leur passage.

Face à cette puissance de feu, les défenseurs ukrainiens ont développé des tactiques d’adaptation remarquables. Les unités de drones maintiennent un contrôle de feu sur les lignes de communication russes jusqu’à cinq à sept kilomètres derrière la ligne de front. Concrètement, cela signifie que les véhicules russes ne peuvent circuler en sécurité qu’à plusieurs kilomètres des combats. Les ravitaillements doivent être acheminés à pied. Les munitions, portées sur le dos. Les blessés, évacués sous le feu des drones. Cette guerre de drones a atteint une intensité sans précédent. En décembre 2025, la Russie a lancé 5 649 drones sur l’Ukraine — trois fois plus qu’en décembre 2024. Mais la défense ukrainienne s’est aussi améliorée : 82,5% de ces drones ont été interceptés, contre seulement 54% l’année précédente. Une course aux armements verticale, où chaque camp pousse l’autre dans ses retranchements technologiques.

Sources

Sources primaires

État-major des Forces armées ukrainiennes – Rapport opérationnel du 20 janvier 2026 – Facebook officiel
Ukrinform – War update: 61 clashes on front line – 20 janvier 2026
Groupe militaire Skhid – Rapport sur la situation à Pokrovsk-Myrnohrad – Janvier 2026

Sources secondaires

Institute for the Study of War (ISW) – Russian Offensive Campaign Assessment – Janvier 2026
Meduza – Front Analysis: Pokrovsk and Kupyansk – 16 janvier 2026
Russia Matters – Russia-Ukraine War Report Card – 14 janvier 2026
The Economist – Ukraine’s energy crisis and territorial losses – Janvier 2026
Al Jazeera – Russian war deaths rising to unsustainable levels – 8 janvier 2026
Euromaidan Press – Syrskyi: Ukraine retains control of northern Pokrovsk – 9 janvier 2026
Wikipedia – Pokrovsk offensive / Casualties of the Russo-Ukrainian war – Mise à jour janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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