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Trump convoque une conférence de presse surprise et l’Europe retient son souffle face au chantage
Crédit: Adobe Stock

Une île convoitée depuis des décennies

Pour comprendre cette folie, il faut comprendre ce que représente le Groenland aux yeux de Donald Trump. Cette immense île arctique, rattachée au Danemark mais dotée d’une large autonomie depuis 2009, est un trésor géostratégique. Ses 2,16 millions de kilomètres carrés en font la plus grande île du monde. Ses sous-sols regorgent de terres rares, ces minerais essentiels à l’industrie technologique et militaire. Sa position géographique offre un accès privilégié aux routes maritimes de l’Arctique, de plus en plus stratégiques à mesure que la banquise fond. Et puis, il y a l’ego. Stephen Miller, proche conseiller de Trump, l’a dit sans détour sur Fox News : « Le Groenland est grand comme un quart des États-Unis. Le Danemark, sans lui manquer de respect, est un petit pays avec une petite économie et une petite armée. Il ne peut pas défendre le Groenland. » Le mépris suinte de chaque mot.

Trump ne cache plus son ambition. Il veut faire des États-Unis le plus grand territoire au monde, devant la Russie. Et il veut y parvenir avant le 4 juillet 2026, date du 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Un cadeau d’anniversaire, en quelque sorte. Sauf que ce cadeau, personne ne veut le lui faire. Selon le dernier sondage publié en janvier 2025, 85% des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux États-Unis. Seuls 6% y sont favorables. Ces chiffres, Trump les ignore. Ou les méprise. Peu importe ce que veulent les habitants. Ce qui compte, c’est ce que lui désire. « Après des siècles, il est temps pour le Danemark de le rendre », a-t-il écrit. Comme si le Groenland était un objet égaré qu’il suffirait de réclamer. Comme si les 56 000 habitants de l’île n’avaient pas leur mot à dire sur leur propre avenir.

Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cette logique. Un président qui parle de « prendre » un territoire peuplé comme on parlerait d’acquérir un bien immobilier. Les gens qui y vivent? Des accessoires. Leur volonté? Un détail. Leur histoire, leur culture, leur droit à l’autodétermination? Négligeables. C’est du colonialisme, point final. Habillé en costume-cravate et en tweets rageurs, mais du colonialisme quand même.

La riposte des Groenlandais

Ce samedi 17 janvier, alors que Trump publiait ses menaces sur Truth Social, des milliers de personnes se sont rassemblées à Nuuk, la capitale du Groenland, et à Copenhague, la capitale du Danemark. Sous une pluie fine, les manifestants de Nuuk arboraient des casquettes estampillées « Make America Go Away » — un détournement cinglant du slogan MAGA. Ils chantaient des chants traditionnels inuits, affirmant leur identité face à celui qui voudrait les effacer. Des Inuit se sont également rassemblés à Iqaluit, capitale du Nunavut canadien, pour exprimer leur solidarité. Une ministre groenlandaise, Naaja Nathanielsen, a salué les réactions européennes : « Je suis stupéfaite de voir les premières réactions des pays visés. Je suis reconnaissante et remplie d’espoir que la diplomatie et les alliances prévaudront. » L’espoir. C’est parfois tout ce qui reste quand la force brute frappe à la porte.

Le Danemark s’est dit « surpris » par les menaces de Trump. Une surprise qui ressemble à de la sidération. Depuis des mois, Copenhague tente de dialoguer avec Washington. Des dirigeants danois et groenlandais ont été reçus à la Maison Blanche mercredi dernier. Résultat? Un constat d’« impossibilité de s’entendre dans l’immédiat ». En clair, Trump exige tout. Le Danemark refuse de céder quoi que ce soit. Et entre les deux, il n’y a pas de terrain d’entente. Pas de compromis possible. Parce qu’on ne négocie pas la vente de son âme. On ne négocie pas le droit d’un peuple à décider de son destin. Le Danemark a rappelé avoir investi près de 90 milliards de couronnes — soit 19 milliards de dollars canadiens — pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique. Ce n’est pas l’attitude d’un pays qui abandonne son territoire.

Sources

Sources primaires

PBS News – WATCH LIVE: Trump joins White House holds briefing after latest Greenland and tariff threats – 20 janvier 2026
France Info – Donald Trump veut imposer de nouveaux droits de douane aux Européens pour forcer l’achat du Groenland – 18 janvier 2026
Radio-Canada – Groenland : Trump annonce de nouveaux tarifs visant l’Europe – 17 janvier 2026
France 24 – Groenland : Trump promet des surtaxes douanières de 10% à huit pays européens – 17 janvier 2026

Sources secondaires

Euronews – EU vows coordinated response to Trump’s tariffs threat over Greenland sale – 17 janvier 2026
Le Devoir – Groenland : Trump fait monter la pression sur l’Europe avec la menace de droits de douane – 18 janvier 2026
Le Grand Continent – Donald Trump annonce l’imposition de droits de douane sur huit pays européens – 17 janvier 2026
Le Temps – Face aux menaces de surtaxes douanières de Donald Trump, l’urgence d’un front uni européen – 19 janvier 2026
CNBC – Trump: We are going to run Venezuela until we can do a safe, proper and judicious transition – 3 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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