L’opération Absolute Resolve
Le 3 janvier 2026, à 2 heures du matin, heure locale, des explosions ont commencé à retentir dans le nord de Caracas. Les habitants de Yanire Lucas, qui vit à côté d’une base militaire, racontent avoir entendu des détonations, puis vu des hélicoptères surgir de nulle part. L’opération Absolute Resolve — nom de code choisi par le Pentagone — venait de commencer. Des avions américains ont bombardé les défenses antiaériennes vénézuéliennes. Des commandos de la Delta Force, appuyés par la CIA, ont foncé sur le complexe fortifié de Fort Tiuna où Maduro dormait avec sa femme Cilia Flores. Quelques heures plus tard, le président vénézuélien était à bord de l’USS Iwo Jima, en route vers les États-Unis. Trump a posté la photo sur Truth Social : Maduro, survêtement gris, bandeau sur les yeux, casque antibruit, bouteille d’eau à la main. Légende : « Nicolas Maduro à bord de l’USS Iwo Jima. »
Les chiffres font froid dans le dos. Selon le New York Times, au moins 80 personnes auraient été tuées dans l’opération, principalement des membres de la garde présidentielle vénézuélienne. Cuba a annoncé que 32 de ses ressortissants, dont des militaires et agents de renseignement présents au Venezuela, avaient péri. L’infrastructure militaire de la capitale a été dévastée. Et tout cela pour quoi ? Officiellement, pour arrêter un « narcoterroriste ». Maduro est accusé de trafic de drogue par la justice américaine — une inculpation scellée depuis des années, sortie du tiroir pour l’occasion. Mais Trump lui-même a vendu la mèche lors de sa conférence de presse : les États-Unis comptent se « rembourser » en pétrole vénézuélien. L’Amérique va « diriger » le pays « jusqu’à une transition sûre ». Traduction : on prend le contrôle, on pompe le brut, on verra ensuite. C’est du colonialisme à ciel ouvert, en 4K, diffusé en direct sur tous les écrans du monde.
Vous savez ce qui me frappe le plus ? C’est l’impunité totale. Trump bombarde un pays souverain. Enlève son président. Annonce qu’il va « diriger » ce pays. Et le monde… le monde fait quoi ? L’ONU convoque une réunion. Les Européens publient des communiqués. Les Démocrates s’indignent — eux qui réclamaient la tête de Maduro il y a quelques années. Et c’est tout. Pas de sanctions. Pas de rupture diplomatique. Pas de conséquence. Trump fait ce qu’aucun président américain n’avait osé faire depuis des décennies, et il s’en tire. Pour l’instant. Mais quelque part, dans un bureau de Pékin ou de Moscou, quelqu’un prend des notes. Si l’Amérique peut faire ça, pourquoi pas nous ?
Un précédent terrifiant
Les experts en droit international sont unanimes : l’opération au Venezuela n’a aucune base légale. Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a donné aucun mandat. Le Venezuela n’avait pas attaqué les États-Unis. L’invocation du narcoterrorisme comme justification d’une invasion est juridiquement intenable. Comme le souligne Chatham House, ce qui s’est passé est une « violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne et de la Charte des Nations Unies ». Mais le plus inquiétant, c’est le précédent que cela crée. Le sénateur démocrate Mark Warner, vice-président du comité du renseignement, a posé la question qui fâche : « Est-ce que cela signifie que n’importe quel grand pays peut inculper le dirigeant d’un petit pays voisin et l’extraire de force ? » La réponse, désormais, semble être oui. Du moins si vous êtes les États-Unis.
Car c’est bien là tout le problème. L’ordre international que l’Amérique prétendait défendre depuis 1945 — celui des traités, des institutions, du multilatéralisme — vient d’être piétiné par l’Amérique elle-même. Et pas par accident. Par choix. Par doctrine. Trump a été élu sur la promesse de remettre l’Amérique au centre, de faire primer ses intérêts, de briser ce qu’il appelle les « chaînes » du globalisme. Il tient parole. Mais en faisant cela, il offre à tous les autocrates du monde un argument en or : « Vous voyez ? Même l’Amérique s’en fiche du droit international. » Poutine, Xi Jinping, Erdogan — tous peuvent désormais invoquer le Venezuela pour justifier leurs propres aventures militaires. Trump voulait « Make America Great Again ». Il est en train de démolir les fondations mêmes de l’ordre que l’Amérique avait construit pour asseoir sa grandeur.
Le Groenland : l'obsession qui révèle tout
Une île qui dit non
Le Groenland n’est pas un pays ordinaire. C’est la plus grande île du monde, un territoire autonome rattaché au Danemark, peuplé de 57 000 habitants — principalement des Inuits — qui vivent de la pêche, de la chasse, et de plus en plus du tourisme. C’est aussi un coffre-fort géologique : terres rares, uranium, pétrole, gaz — tout ce que l’économie mondiale convoite gît sous ses glaces. Et c’est une position stratégique de premier ordre : qui contrôle le Groenland contrôle les routes arctiques, de plus en plus navigables à mesure que la banquise fond. Trump le sait. Il le veut. Depuis 2018, quand le milliardaire Ronald Lauder lui a suggéré l’idée. Depuis 2019, quand il a annulé une visite au Danemark parce que la première ministre Mette Frederiksen avait qualifié son projet d’« absurde ». Et depuis son retour à la Maison-Blanche, l’obsession est devenue compulsive.
Sauf que les Groenlandais ne veulent pas. Selon le dernier sondage, 85 % d’entre eux refusent l’idée d’être rattachés aux États-Unis. Seulement 6 % y sont favorables. Le premier ministre Jens-Frederik Nielsen a été clair : « Assez. Plus de pression. Plus d’insinuations. Plus de fantasmes d’annexion. » Mais Trump n’entend pas. Il a envoyé son fils Donald Jr en éclaireur — visite vite écourtée. Puis son vice-président JD Vance et son épouse Usha — ils sont restés trois heures avant de fuir devant les manifestations. Maintenant, c’est la manière forte. Le 17 janvier 2026, Trump a annoncé des droits de douane punitifs contre huit pays européens — Danemark, France, Allemagne, Royaume-Uni, Norvège, Suède, Finlande, Pays-Bas — qui ont osé envoyer des soldats en mission de « reconnaissance » sur l’île. 10 % dès février. 25 % en juin. Jusqu’à la « vente complète et intégrale » du territoire.
Il y a quelque chose de profondément obscène dans cette affaire. Un président américain qui impose des sanctions à ses propres alliés — membres de l’OTAN, partenaires historiques — pour les forcer à vendre un territoire habité par des gens qui ne veulent pas être vendus. Des Inuits. Un peuple autochtone. Qui a déjà subi des siècles de colonisation. Et qui voit débarquer, en 2026, un milliardaire orange qui veut les acheter comme on achèterait un terrain vague en Floride. Le pire ? C’est qu’il n’y voit rien de mal. C’est ça qui me terrifie. L’absence totale de conscience que ce qu’il fait est mal. Comme si les êtres humains qui vivent là-bas n’existaient tout simplement pas.
L’Europe au pied du mur
Face à cette agression, l’Europe a réagi — timidement d’abord, puis avec plus de fermeté. La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et d’autres ont lancé l’opération « Arctic Endurance », envoyant quelques dizaines de soldats au Groenland pour une mission symbolique de « reconnaissance ». Le message était clair : le territoire est sous protection européenne. Trump a vu rouge. Sur Truth Social, il a dénoncé un « jeu très dangereux » et des « risques inacceptables ». D’où les tarifs douaniers. L’Union européenne a convoqué une réunion d’urgence des ambassadeurs à Bruxelles. Un sommet extraordinaire des dirigeants est prévu. Emmanuel Macron a mis en garde contre une « spirale dangereuse ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis que l’Europe « restera unie, coordonnée et déterminée à défendre sa souveraineté ».
Mais au-delà des mots, que peut faire l’Europe ? Les options existent. L’UE dispose d’un « instrument anti-coercition » qui permettrait d’imposer des contre-tarifs massifs sur les exportations américaines — jusqu’à 93 milliards d’euros selon certaines estimations. Elle pourrait aussi viser les géants technologiques américains présents sur son sol. Mais le fera-t-elle ? L’Europe est divisée. Certains, comme Viktor Orbán en Hongrie, sont ouvertement pro-Trump. D’autres craignent les représailles économiques. Le spectre d’une guerre commerciale totale avec les États-Unis fait peur. Et puis, il y a cette question lancinante : si l’Amérique n’est plus un allié fiable, sur qui l’Europe peut-elle compter ? Sur elle-même ? Elle ne s’y est jamais vraiment préparée. Trump force la vieille Europe à se regarder dans le miroir. Et ce qu’elle y voit n’est pas rassurant.
La doctrine Trump : décryptage d'un impérialisme assumé
Make America Great Again… et plus grande encore
Donald Trump ne cache pas ses modèles. Il les cite, les admire, veut les égaler. William McKinley, président de 1897 à 1901, qui a annexé Hawaï, Porto Rico, Guam et colonisé les Philippines. Theodore Roosevelt, qui a fait construire le canal de Panama. James Monroe, auteur de la doctrine qui porte son nom — celle qui déclarait l’Amérique latine chasse gardée américaine. Trump veut être le président qui agrandit le territoire national. Qui fait des États-Unis le plus grand pays du monde par la superficie. Qui inscrit son nom dans l’histoire aux côtés des « bâtisseurs d’empire ». Et il veut le faire avant le 4 juillet 2026, date du 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Une date symbolique. Un objectif obsessionnel. D’où l’urgence. D’où la brutalité. D’où l’accumulation frénétique de coups de force.
Mais derrière l’ego démesuré, il y a aussi une logique stratégique. Le conseiller Jonathan Guiffard, de l’Institut Montaigne, parle de « logiciel impérial ». Pour Trump, le monde est divisé en deux : ceux qui ont des ressources, et ceux qui les prennent. L’Amérique doit être dans la seconde catégorie. Le Venezuela ? Du pétrole. Le Groenland ? Des terres rares. Le Canada ? Des forêts, de l’eau, de l’énergie. Le canal de Panama ? Le contrôle du commerce mondial. Tout est transactionnel. Tout est à vendre — ou à prendre. L’idée que des peuples puissent avoir le droit de disposer d’eux-mêmes, que des frontières puissent être inviolables, que le droit international puisse primer sur la loi du plus fort — tout cela n’entre pas dans l’équation. C’est du « globalisme », dans le vocabulaire trumpien. Un vestige d’un monde révolu que l’Amérique a le devoir de balayer.
Et nous, on fait quoi ? C’est la question qui me hante depuis le début de cette année. On regarde. On commente. On analyse. On publie des articles, des tribunes, des communiqués. Et pendant ce temps, Trump avance. Il prend. Il annexe. Il bombarde. Il menace. Et personne ne l’arrête. Personne ne peut l’arrêter ? Ou personne ne veut ? Je ne sais plus. Ce que je sais, c’est que chaque jour qui passe sans réponse ferme est un jour de gagné pour lui. Et un jour de perdu pour tous ceux qui croyaient encore que le monde pouvait fonctionner autrement qu’à la loi de la jungle.
Le flooding the zone comme méthode
Les experts ont un nom pour la stratégie de Trump : le « flooding the zone ». Inonder la zone. Submerger l’opinion, les médias, les adversaires sous un déluge de déclarations, d’annonces, de provocations. Frédérick Gagnon, de la chaire Raoul-Dandurand, décrit le phénomène : « C’est une téléréalité. On se lève le matin et on comprend en regardant Truth Social que le sujet du jour sera ça. Puis en mi-journée, c’est autre chose. Puis le lendemain, encore autre chose. C’est étourdissant. » L’objectif ? Désorienter l’opposition. Empêcher toute réponse coordonnée. Maintenir l’initiative. Pendant qu’on débat du Venezuela, Trump parle du Groenland. Pendant qu’on s’indigne du Groenland, il menace la Colombie. Toujours un temps d’avance. Toujours à l’offensive. Jamais sur la défensive.
Cette méthode a un coût : la vérité devient impossible à établir. Qu’a vraiment dit Trump ? Que va-t-il vraiment faire ? Personne ne sait. Lui-même, peut-être, ne le sait pas toujours. Mais cela lui importe peu. Ce qui compte, c’est de dominer l’espace médiatique. D’être le sujet. Toujours. Partout. Et ça fonctionne. Depuis son retour au pouvoir, Trump a réussi à imposer son agenda au monde entier. L’Europe ne parle plus que de lui. L’Amérique latine tremble. L’Arctique est sur toutes les cartes. Le droit international est en lambeaux. Et tout cela en un an. Un an de Trump 2.0. La question n’est plus de savoir s’il ira trop loin. La question est de savoir quand. Et ce qui se passera alors. Car un jour, quelqu’un dira non. Vraiment non. Et ce jour-là, le monde basculera.
Les alliés déboussolés
Le Canada en première ligne
Le Canada vit un cauchemar éveillé. Son voisin du sud, son partenaire commercial principal, son allié supposé, le menace d’annexion. Trump a qualifié le Canada de « 51e État » potentiel. Il a imposé des tarifs douaniers de 25 % sur les produits canadiens. Il a accusé Ottawa d’être « subventionné » par l’Amérique pour sa protection. Le premier ministre Mark Carney, qui a succédé à Justin Trudeau après sa démission, tente de naviguer dans la tempête. Il refuse de qualifier les menaces de Trump d’« impérialisme » — prudence diplomatique oblige — mais affirme que le Canada « ne reculera pas ». Ce dimanche 19 janvier, des sources gouvernementales ont confirmé que les Forces armées canadiennes étaient prêtes à envoyer des troupes au Groenland pour rejoindre la mission de l’OTAN. Le Canada choisit la solidarité atlantique. Au risque de s’attirer encore plus les foudres de Washington.
La situation est d’autant plus délicate que l’économie canadienne est intimement liée à celle des États-Unis. Près de 75 % des exportations canadiennes vont vers le marché américain. Une guerre commerciale totale serait catastrophique pour Ottawa. Mais céder aux intimidations de Trump serait pire encore. Ce serait admettre que le Canada n’est qu’un satellite, incapable de défendre sa souveraineté face à la superpuissance voisine. Carney marche donc sur une corde raide. Il cherche des alliés — l’Europe, le Japon, l’Australie — pour former un front commun. Il mise sur le forum de Davos, cette semaine, pour coordonner une réponse. Mais dans l’ombre, une question hante tous les Canadiens : et si Trump mettait vraiment ses menaces à exécution ? Jusqu’où est-il prêt à aller pour « récupérer » ce qu’il considère comme le prolongement naturel de l’Amérique ?
L’OTAN au bord de l’implosion
L’Alliance atlantique traverse la crise la plus grave de son histoire. Son leader, les États-Unis, menace d’annexer le territoire d’un de ses membres, le Danemark. C’est sans précédent. C’est surréaliste. Et c’est pourtant bien réel. L’article 5 du traité de l’OTAN stipule qu’une attaque contre un membre est une attaque contre tous. Mais que se passe-t-il quand l’attaquant est celui qui a fondé l’alliance ? La question, jusqu’ici théorique, devient soudain très concrète. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a affirmé ce dimanche que l’appropriation du Groenland serait « la meilleure solution », même « par la force militaire ». Un membre du gouvernement américain envisage publiquement d’attaquer un allié de l’OTAN. On en est là.
Dans les couloirs de Bruxelles, l’inquiétude est palpable. Certains, comme le professeur Frédéric Mérand, estiment que l’Europe est en « meilleure position » qu’il y a un an pour résister. Les États-Unis ont déjà « largement laissé tomber l’Ukraine », se contentant de vendre des armes. Le lien transatlantique n’est plus ce qu’il était. Il est peut-être temps pour l’Europe de « tracer la ligne rouge » qui doit l’être. Mais pour cela, l’Europe doit accepter une réalité douloureuse : l’Amérique de Trump n’est plus un partenaire. C’est un adversaire potentiel. Un adversaire doté de la première armée du monde, d’un arsenal nucléaire, et d’un président convaincu que la force prime sur tout. L’Europe a-t-elle les moyens de ses ambitions ? A-t-elle la volonté politique ? Les prochaines semaines apporteront un début de réponse.
Je repense à cette phrase de Trump : « La paix par la force. » C’est son slogan. Sa doctrine. Son mantra. Mais ce qu’il oublie — ou ce qu’il feint d’oublier — c’est que la force n’est pas un sens unique. L’Europe en a aussi. Le Canada en a aussi. Le reste du monde en a aussi. Pas autant que l’Amérique, certes. Mais suffisamment pour que la confrontation, si elle devait arriver, soit douloureuse pour tout le monde. Y compris pour les États-Unis. Trump joue avec le feu. Et il semble persuadé qu’il ne se brûlera jamais. L’histoire est pleine d’empires qui pensaient la même chose. Aucun n’a eu raison éternellement.
Le reste du monde sous pression
Menaces tous azimuts
Le Venezuela et le Groenland ne sont pas des cas isolés. Depuis le 1er janvier 2026, Trump a menacé ou ciblé pas moins de six pays. La Colombie d’abord. Le président Gustavo Petro a été placé sous sanctions américaines pour « implication dans le trafic de drogue » — une accusation qu’il nie fermement. Trump a laissé entendre qu’une opération similaire à celle du Venezuela pourrait viser Bogota. « Ça me semble bien », a-t-il répondu quand un journaliste lui a posé la question. Cuba ensuite. Trump a prédit que le régime était « sur le point de s’effondrer » et n’a pas exclu une intervention. L’Iran également. Le régime de Téhéran, déjà sous pression interne après des semaines de manifestations sanglantes, est dans le viseur. Trump a renforcé les sanctions et multiplié les avertissements.
Même le Mexique n’est pas épargné. Trump a désigné les cartels mexicains comme « organisations terroristes » et menacé d’intervenir sur le sol mexicain pour les combattre. Le gouvernement de Mexico a rejeté ces menaces, rappelant que toute opération militaire étrangère sur son territoire serait « inacceptable ». Mais face à un Trump déchaîné, les mots semblent bien fragiles. La logique qui se dessine est claire : l’Amérique latine toute entière est redevenue l’« arrière-cour » des États-Unis. La doctrine Monroe, vieille de deux siècles, est de retour. Sous stéroïdes. Modernisée. Avec drones, commandos et droits de douane comme armes. Et personne, pour l’instant, ne semble capable d’y mettre un terme. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni. Il n’a rien décidé. La Russie et la Chine ont condamné. Sans agir. Le monde regarde, impuissant, l’Amérique reprendre le rôle qu’elle n’a jamais vraiment abandonné : celui du gendarme planétaire. Sauf que ce gendarme-là n’a plus de badge. Juste un flingue.
Les manifestations de la résistance
Partout où Trump frappe, des voix s’élèvent. À Nuuk, capitale du Groenland, des milliers de personnes ont manifesté samedi 18 janvier, brandissant des drapeaux groenlandais et des pancartes dénonçant l’« impérialisme américain ». Des scènes similaires ont eu lieu à Copenhague, Aarhus, Aalborg. À Iqaluit, capitale du Nunavut canadien, des Inuits se sont rassemblés pour exprimer leur solidarité avec leurs « cousins » groenlandais. À Caracas, malgré le choc de l’opération, des partisans de Maduro ont tenté de manifester — vite dispersés par l’armée vénézuélienne, désormais sous pression américaine. En Europe, des rassemblements anti-Trump s’organisent. Le mouvement est encore embryonnaire, mais il existe. Et il pourrait grandir si les provocations continuent.
Car c’est peut-être là l’ironie ultime de la stratégie Trump. En voulant tout prendre, il pourrait finir par tout perdre. En brutalisant ses alliés, il les pousse dans les bras les uns des autres. En piétinant le droit international, il légitime ceux qui veulent le refonder. En incarnant l’impérialisme américain de façon si caricaturale, il offre un repoussoir parfait à tous les mouvements de résistance. Quelque part à Nuuk, une jeune Inuite brandit une pancarte : « We are not for sale. » Nous ne sommes pas à vendre. C’est peut-être le début de quelque chose. Ou peut-être juste un cri dans le vent arctique. Mais c’est un cri qui mérite d’être entendu. Parce que derrière les grandes manœuvres géopolitiques, il y a toujours des êtres humains. Qui résistent. Qui refusent. Qui espèrent. Et qui, parfois, gagnent.
Conclusion : Le monde d'après Trump a déjà commencé
Un ordre mondial en ruines
Il est tentant de voir en Donald Trump un accident de l’histoire. Une parenthèse. Un mauvais rêve dont on finira par se réveiller. Mais ce serait une erreur. Trump n’est pas la cause du basculement que nous vivons. Il en est le symptôme. Et l’accélérateur. Le monde qu’il démantèle n’était déjà plus tenable. Les institutions internationales étaient déjà affaiblies. Le multilatéralisme était déjà en crise. Les États-Unis avaient déjà amorcé leur repli. Trump ne fait que révéler, avec une brutalité inédite, ce que beaucoup refusaient de voir : l’ordre mondial né en 1945 est mort. Il n’y aura pas de retour en arrière. Même après Trump. Surtout après Trump. Car ce qu’il casse ne se reconstruira pas à l’identique. Les alliés trahis ne pardonneront pas. Les précédents créés ne s’effaceront pas. Les lignes rouges franchies resteront franchies.
Nous entrons dans une ère nouvelle. Incertaine. Dangereuse. Mais pas nécessairement pire que la précédente — si nous savons en tirer les leçons. L’Europe peut sortir grandie de cette épreuve, si elle accepte enfin de prendre son destin en main. L’Amérique latine peut trouver de nouvelles voies, si elle refuse de retomber sous le joug du voisin du nord. Les peuples du monde peuvent s’unir, si la menace commune les rapproche. Rien n’est écrit. Tout reste possible. Mais pour cela, il faut regarder la réalité en face. Sans illusion. Sans complaisance. Trump n’est pas un cauchemar passager. C’est le visage d’une Amérique qui a choisi l’empire. À nous de choisir ce que nous voulons être face à cet empire. Des vassaux ? Des résistants ? Des bâtisseurs d’autre chose ? La réponse appartient à chacun. À chaque pays. À chaque citoyen. L’histoire ne s’écrit pas toute seule. Elle attend nos choix.
En terminant cet article, je me demande ce que je dirai à mes enfants, plus tard, quand ils me demanderont : « C’était comment, 2026 ? » Je leur dirai que c’était l’année où tout a basculé. Où un homme seul a décidé de redessiner les cartes. Où les vieux ordres se sont effondrés. Où nous avons tous dû choisir notre camp. Je leur dirai que ça faisait peur, oui. Que beaucoup se sentaient impuissants. Moi le premier. Mais je leur dirai aussi qu’il y avait des gens qui se levaient. À Nuuk. À Caracas. À Paris. À Montréal. Partout où l’injustice frappe, il y a toujours quelqu’un pour dire non. C’est ça, notre espoir. Pas dans les institutions. Pas dans les dirigeants. Dans nous. Dans cette capacité à refuser. À résister. À imaginer un autre monde. Trump peut bien faire trembler la planète. Il ne pourra jamais éteindre cette flamme-là.
Ce qui reste à écrire
Nous sommes le 20 janvier 2026. Il y a exactement un an, Donald Trump redevenait président des États-Unis. Depuis, le monde a changé. Irréversiblement. Les prochains jours seront décisifs. À Davos, les dirigeants du monde vont se croiser. Trump sera là. Carney aussi. Les Européens également. Les tractations vont s’intensifier. Les menaces aussi, probablement. La question du Groenland pourrait éclipser toutes les autres. Ou être éclipsée par une nouvelle provocation trumpienne. On ne sait jamais, avec lui. Ce qu’on sait, c’est que rien ne sera plus comme avant. L’alliance transatlantique est fissurée. Le droit international est bafoué. La loi du plus fort est redevenue la norme. Et quelque part, dans une salle d’audience de Manhattan, un ancien président sud-américain attend son procès. Symbole d’une époque. Celle où les États-Unis ont décidé que le monde leur appartenait. Encore.
Alors oui, Trump donne le tournis à la planète. C’est le moins qu’on puisse dire. Mais peut-être que ce vertige est aussi une chance. Celle de voir les choses telles qu’elles sont. Sans faux-semblants. Sans illusions. L’Amérique n’a jamais été l’alliée désintéressée qu’elle prétendait être. L’ordre mondial n’a jamais été aussi juste qu’on le croyait. Les rapports de force n’ont jamais disparu sous le vernis diplomatique. Trump, au moins, a le mérite de la clarté. Il dit ce qu’il veut. Il prend ce qu’il peut. Et il nous force à réagir. À nous organiser. À résister. C’est inconfortable. C’est effrayant. Mais c’est aussi, peut-être, le début d’autre chose. Quelque chose de plus honnête. De plus lucide. De plus combatif. L’avenir dira si nous avons su saisir cette occasion. Ou si nous l’avons laissée filer, emportés par le tournis.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies (Radio-Canada, Franceinfo, La Presse, CBS News, Al Jazeera, PBS News, Le Grand Continent, Institut Montaigne, Chatham House).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
CBS News – Trump says U.S. is « in charge » of Venezuela, Maduro jailed in New York after U.S. military operation – 3 janvier 2026
Bloomberg – Maduro Captured, Indicted After US Airstrikes on Venezuela – 3 janvier 2026
PBS News – How U.S. forces captured Venezuelan leader Nicolás Maduro in Caracas – 3 janvier 2026
Al Jazeera – Trump bombs Venezuela, US abducts Maduro: All we know – 3 janvier 2026
Wikipedia – 2026 United States intervention in Venezuela – Mise à jour janvier 2026
Sources secondaires
Radio-Canada – Groenland : Trump durcit le ton, l’Europe se dit prête à se défendre – 17 janvier 2026
Franceinfo – Menace d’annexion du Groenland : quatre questions sur les nouveaux droits de douane – 18 janvier 2026
La Presse – Donald Trump et le Groenland : La paix par la force n’est pas un sens unique – 20 janvier 2026
La Presse – Le Canada envisage d’envoyer des soldats au Groenland – 19 janvier 2026
Slate – Groenland : comment l’Europe pourrait contrecarrer les plans de Trump – 20 janvier 2026
Le Grand Continent – Trump a menacé d’intervention six pays depuis le 1er janvier – 5 janvier 2026
Le Grand Continent – Trump et la Terre : matrice géopolitique d’une présidence impériale – avril 2025
Institut Montaigne – Trump 2.0 : un retour à l’âge impérial ? – janvier 2026
Chatham House – The US capture of President Nicolás Maduro have no justification in international law – 4 janvier 2026
L’Actualité – Donald Trump a consacré l’année 2025 à tenter d’accaparer le plus de pouvoir possible – décembre 2025
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.