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Trump déchaîné : le monde retient son souffle face à un impérialisme qui ne cache plus son nom
Crédit: Adobe Stock

L’opération Absolute Resolve

Le 3 janvier 2026, à 2 heures du matin, heure locale, des explosions ont commencé à retentir dans le nord de Caracas. Les habitants de Yanire Lucas, qui vit à côté d’une base militaire, racontent avoir entendu des détonations, puis vu des hélicoptères surgir de nulle part. L’opération Absolute Resolve — nom de code choisi par le Pentagone — venait de commencer. Des avions américains ont bombardé les défenses antiaériennes vénézuéliennes. Des commandos de la Delta Force, appuyés par la CIA, ont foncé sur le complexe fortifié de Fort TiunaMaduro dormait avec sa femme Cilia Flores. Quelques heures plus tard, le président vénézuélien était à bord de l’USS Iwo Jima, en route vers les États-Unis. Trump a posté la photo sur Truth Social : Maduro, survêtement gris, bandeau sur les yeux, casque antibruit, bouteille d’eau à la main. Légende : « Nicolas Maduro à bord de l’USS Iwo Jima. »

Les chiffres font froid dans le dos. Selon le New York Times, au moins 80 personnes auraient été tuées dans l’opération, principalement des membres de la garde présidentielle vénézuélienne. Cuba a annoncé que 32 de ses ressortissants, dont des militaires et agents de renseignement présents au Venezuela, avaient péri. L’infrastructure militaire de la capitale a été dévastée. Et tout cela pour quoi ? Officiellement, pour arrêter un « narcoterroriste ». Maduro est accusé de trafic de drogue par la justice américaine — une inculpation scellée depuis des années, sortie du tiroir pour l’occasion. Mais Trump lui-même a vendu la mèche lors de sa conférence de presse : les États-Unis comptent se « rembourser » en pétrole vénézuélien. L’Amérique va « diriger » le pays « jusqu’à une transition sûre ». Traduction : on prend le contrôle, on pompe le brut, on verra ensuite. C’est du colonialisme à ciel ouvert, en 4K, diffusé en direct sur tous les écrans du monde.

Vous savez ce qui me frappe le plus ? C’est l’impunité totale. Trump bombarde un pays souverain. Enlève son président. Annonce qu’il va « diriger » ce pays. Et le monde… le monde fait quoi ? L’ONU convoque une réunion. Les Européens publient des communiqués. Les Démocrates s’indignent — eux qui réclamaient la tête de Maduro il y a quelques années. Et c’est tout. Pas de sanctions. Pas de rupture diplomatique. Pas de conséquence. Trump fait ce qu’aucun président américain n’avait osé faire depuis des décennies, et il s’en tire. Pour l’instant. Mais quelque part, dans un bureau de Pékin ou de Moscou, quelqu’un prend des notes. Si l’Amérique peut faire ça, pourquoi pas nous ?

Un précédent terrifiant

Les experts en droit international sont unanimes : l’opération au Venezuela n’a aucune base légale. Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a donné aucun mandat. Le Venezuela n’avait pas attaqué les États-Unis. L’invocation du narcoterrorisme comme justification d’une invasion est juridiquement intenable. Comme le souligne Chatham House, ce qui s’est passé est une « violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne et de la Charte des Nations Unies ». Mais le plus inquiétant, c’est le précédent que cela crée. Le sénateur démocrate Mark Warner, vice-président du comité du renseignement, a posé la question qui fâche : « Est-ce que cela signifie que n’importe quel grand pays peut inculper le dirigeant d’un petit pays voisin et l’extraire de force ? » La réponse, désormais, semble être oui. Du moins si vous êtes les États-Unis.

Car c’est bien là tout le problème. L’ordre international que l’Amérique prétendait défendre depuis 1945 — celui des traités, des institutions, du multilatéralisme — vient d’être piétiné par l’Amérique elle-même. Et pas par accident. Par choix. Par doctrine. Trump a été élu sur la promesse de remettre l’Amérique au centre, de faire primer ses intérêts, de briser ce qu’il appelle les « chaînes » du globalisme. Il tient parole. Mais en faisant cela, il offre à tous les autocrates du monde un argument en or : « Vous voyez ? Même l’Amérique s’en fiche du droit international. » Poutine, Xi Jinping, Erdogan — tous peuvent désormais invoquer le Venezuela pour justifier leurs propres aventures militaires. Trump voulait « Make America Great Again ». Il est en train de démolir les fondations mêmes de l’ordre que l’Amérique avait construit pour asseoir sa grandeur.

Sources

Sources primaires

CBS News – Trump says U.S. is « in charge » of Venezuela, Maduro jailed in New York after U.S. military operation – 3 janvier 2026
Bloomberg – Maduro Captured, Indicted After US Airstrikes on Venezuela – 3 janvier 2026
PBS News – How U.S. forces captured Venezuelan leader Nicolás Maduro in Caracas – 3 janvier 2026
Al Jazeera – Trump bombs Venezuela, US abducts Maduro: All we know – 3 janvier 2026
Wikipedia – 2026 United States intervention in Venezuela – Mise à jour janvier 2026

Sources secondaires

Radio-Canada – Groenland : Trump durcit le ton, l’Europe se dit prête à se défendre – 17 janvier 2026
Franceinfo – Menace d’annexion du Groenland : quatre questions sur les nouveaux droits de douane – 18 janvier 2026
La Presse – Donald Trump et le Groenland : La paix par la force n’est pas un sens unique – 20 janvier 2026
La Presse – Le Canada envisage d’envoyer des soldats au Groenland – 19 janvier 2026
Slate – Groenland : comment l’Europe pourrait contrecarrer les plans de Trump – 20 janvier 2026
Le Grand Continent – Trump a menacé d’intervention six pays depuis le 1er janvier – 5 janvier 2026
Le Grand Continent – Trump et la Terre : matrice géopolitique d’une présidence impériale – avril 2025
Institut Montaigne – Trump 2.0 : un retour à l’âge impérial ? – janvier 2026
Chatham House – The US capture of President Nicolás Maduro have no justification in international law – 4 janvier 2026
L’Actualité – Donald Trump a consacré l’année 2025 à tenter d’accaparer le plus de pouvoir possible – décembre 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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