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Trump et le Groenland : quand un président américain décide que la paix, finalement, ce n’est plus sa priorité
Crédit: Adobe Stock

Une déclaration commune historique

Dimanche 18 janvier, quelque chose d’inhabituel s’est produit. Huit nations européennes — toutes membres de l’OTAN, toutes ciblées par les tarifs de Trump — ont publié une déclaration commune. D’une seule voix. Sans ambiguïté. « Les menaces tarifaires sapent les relations transatlantiques et risquent de déclencher une spirale descendante dangereuse. » Le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni affirment leur « solidarité totale » avec le Danemark et le peuple du Groenland. Ils réaffirment leur engagement envers les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale. Des mots qui, en temps normal, vont de soi entre alliés. En 2026, ils sonnent comme un acte de résistance.

La première ministre danoise Mette Frederiksen ne mâche pas ses mots : « L’Europe ne sera pas victime de chantage. » Le premier ministre britannique Keir Starmer dénonce des tarifs « complètement inacceptables » appliqués à des alliés pour avoir participé à la sécurité collective de l’OTAN. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen António Costa promettent que l’Europe « restera unie, coordonnée et déterminée à défendre sa souveraineté ». L’Union européenne convoque un sommet d’urgence. On parle d’activer l’« instrument anti-coercition » — le fameux « bazooka commercial » qui permettrait de restreindre l’accès des entreprises américaines au marché européen. Pour la première fois de son histoire.

Il y a quelque chose de presque émouvant dans cette unité européenne. Ces pays qui, d’habitude, peinent à s’entendre sur le prix du beurre, se retrouvent soudain côte à côte face à la tempête. Pas par idéalisme. Par nécessité. Parce que si le Groenland peut être pris aujourd’hui, qui sera pris demain ? La chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas l’a dit sans détour : « La Chine et la Russie doivent se régaler. Ce sont eux qui profitent des divisions entre alliés. » Elle a raison. Pendant que l’Occident se déchire, Moscou et Pékin observent. Et sourient.

Les textos qui font scandale

Trump a une méthode bien à lui pour gérer la diplomatie : il publie les messages privés de ses interlocuteurs. Dans la nuit de lundi, il partage sur Truth Social un échange de textos avec le président français Emmanuel Macron. Le dirigeant français, qui appelle Trump « mon ami », dit être « en ligne » avec lui sur la Syrie et l’Iran, mais avoue ne pas comprendre son raisonnement sur le Groenland. Une source proche de Macron confirme l’authenticité des messages à NBC News. La position de la France reste la même en public comme en privé, précise-t-on. Trump publie également un message du secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, qui l’appelle « Cher Donald » et promet de trouver « une voie en avant sur le Groenland ».

Ces fuites calculées révèlent la stratégie de Trump : diviser pour régner. Montrer que certains dirigeants européens lui parlent en coulisses. Suggérer que la résistance s’effrite. Mais les faits disent autre chose. Mardi matin, Trump annonce avoir accepté une réunion à Davos avec « diverses parties » concernant le Groenland. Il doit s’exprimer au Forum économique mondial mercredi. Le chancelier allemand Friedrich Merz prévoit de le rencontrer. Le premier ministre norvégien Støre modifie son agenda pour être présent. Mais le Danemark, lui, boycotte. Le gouvernement danois confirme qu’il ne sera pas représenté à Davos cette semaine. Un message clair : on ne négocie pas sous la menace. On ne vend pas ce qui n’est pas à vendre.

Sources

Sources primaires

Truth Social – Publications de Donald Trump sur le Groenland et les tarifs – 17-20 janvier 2026

Gouvernement norvégien – Message de Trump au premier ministre Støre – 19 janvier 2026

Gouvernement danois – Déclaration conjointe des huit nations européennes – 18 janvier 2026

Commission européenne – Déclaration de von der Leyen et Costa – 18 janvier 2026

Gouvernement groenlandais – Déclarations du premier ministre Nielsen – 17-19 janvier 2026

Sources secondaires

NBC News – Trump shares texts from leaders and vows ‘no going back’ on Greenland – 20 janvier 2026

Time – Trump Says ‘No Going Back’ on Greenland and Lambasts UK Deal – 20 janvier 2026

CNN – Why does Trump want Greenland so much, and why is it so important strategically? – 18 janvier 2026

NPR – Trump says he’s pursuing Greenland after perceived Nobel Peace Prize snub – 19 janvier 2026

CBS News – Trump escalates Greenland standoff with allies, linking it to perceived Nobel Peace Prize snub – 19 janvier 2026

Al Jazeera – Trump announces new tariffs over Greenland: How have EU allies responded? – 18 janvier 2026

CNBC – Greenland devastated by Trump’s takeover threats – 20 janvier 2026

PBS – Thousands march in Greenland against Trump’s threats to take over the Arctic island – 17 janvier 2026

Wikipedia – Hands off Greenland protests – 19 janvier 2026

Council on Foreign Relations – The Trump Administration’s Push for Greenland: What to Know – janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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