L’architecture d’un nouveau pouvoir mondial
Le Board of Peace n’est pas qu’un caprice présidentiel. C’est une construction sophistiquée, pensée dans ses moindres détails. Selon la charte qui circule depuis le 17 janvier, les pays qui souhaitent rejoindre ce « conseil de la paix » obtiennent d’abord un mandat de trois ans. Renouvelable, certes. Mais précaire. Pour devenir membre permanent — avec tout ce que cela implique en termes d’influence et de prestige — il faut passer à la caisse. Un milliard de dollars. Cash. Dans les douze mois suivant l’entrée en vigueur de la charte. L’argent est versé dans un fonds contrôlé par… Donald Trump lui-même, en sa qualité de président du conseil. On nage en plein délire. Ou en pleine lucidité mercantile, selon le point de vue.
Les décisions se prennent à la majorité. Chaque pays membre dispose d’une voix. Jusque-là, rien de choquant. Mais voilà le piège: toutes les décisions sont « soumises à l’approbation du président », qui dispose également de « l’autorité finale concernant la signification, l’interprétation et l’application de la charte ». Autrement dit, Trump peut opposer son veto à n’importe quelle décision. Il peut réinterpréter les règles à sa guise. Il est juge, partie, arbitre et propriétaire du terrain. Quand le Jerusalem Post cite un diplomate européen décrivant ce système comme « une ONU version Trump qui ignore les fondamentaux de la Charte des Nations Unies », on comprend l’euphémisme.
Un milliard de dollars. Je laisse le chiffre résonner. Un milliard pour avoir le droit de s’asseoir à la table de la « paix ». Pendant ce temps, à Gaza, des familles dorment sous des bâches en plastique. À l’ONU, les programmes humanitaires sont amputés faute de financements américains. Et Trump demande un milliard pour son club privé. Il y a quelque chose de profondément obscène dans ce marchandage. Comme si la paix était un bien de luxe. Comme si la stabilité mondiale avait un prix d’entrée. Et nous, on regarde ça se faire?
Soixante pays dans le viseur
Les invitations ont commencé à pleuvoir dès le 16 janvier. Environ 60 pays auraient reçu le précieux courrier. L’Argentine de Javier Milei a répondu présent en moins de 24 heures, le président affichant sa fierté sur X. Le Canada de Mark Carney a accepté — tout en précisant qu’il ne paierait pas le milliard pour devenir permanent. La Hongrie de Viktor Orbán, fidèle parmi les fidèles, s’est empressée de rejoindre le mouvement. Mais c’est la liste des invités qui interpelle. Vladimir Poutine a reçu son invitation. Le Kremlin l’a confirmé le 20 janvier, précisant « étudier la proposition ». Israël également. La Turquie. Des pays qui ne s’entendent pas, qui se font la guerre par procuration, qui défendent des visions du monde incompatibles.
Cette hétérogénéité pose question. Comment un organe regroupant des nations en conflit pourrait-il promouvoir la paix? À moins que l’objectif ne soit pas vraiment la paix. Mais autre chose. Le contrôle. L’influence. La capacité de décider qui participe au jeu mondial et qui en est exclu. Helen McEntee, ministre irlandaise des Affaires étrangères, a posé le diagnostic le 19 janvier : « Ce conseil aurait un mandat bien plus large que la mise en œuvre du plan de paix pour Gaza. » La charte, d’ailleurs, ne mentionne même pas Gaza explicitement. Elle parle de « promouvoir la stabilité » et d’« assurer une paix durable dans les zones affectées ou menacées par les conflits ». Autant dire: partout.
Section 3 : La France dit non — et Trump sort les tarifs douaniers
Macron refuse de plier
La France a reçu son invitation. Et la France a dit non. Du moins « à ce stade », selon un proche d’Emmanuel Macron qui s’est confié à l’AFP le 19 janvier. Les raisons invoquées sont limpides : la charte du Board of Peace « dépasse le cadre exclusif de Gaza » et soulève des « questions fondamentales, notamment en ce qui concerne le respect des principes et de la structure des Nations Unies ». Des principes, a précisé le responsable français, « qui ne peuvent être bafoués en aucune circonstance ». Paris pose une ligne rouge. La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, refuse de participer à un système concurrent qui rendrait obsolète son propre siège au sein de l’institution.
La réponse de Trump n’a pas tardé. Elle fut, fidèle à sa méthode, brutale et personnelle. « Personne ne veut de lui parce qu’il sera bientôt hors de fonction », a lâché le président américain en parlant de Macron aux journalistes, le 19 janvier, avant de s’envoler pour Washington. Puis, la menace : « Je vais mettre un tarif de 200% sur ses vins et champagnes, et il rejoindra le conseil. » Deux cents pour cent. Sur le champagne. Sur le vin français. Des symboles nationaux transformés en armes économiques. L’humiliation ajoutée à la coercition. Trump ne négocie pas. Trump soumet. Et ceux qui résistent paient. Littéralement.
Deux cents pour cent sur le champagne. J’ai relu trois fois pour être sûr. Parce qu’on parle d’un président américain qui menace un allié de l’OTAN avec des tarifs douaniers punitifs pour le forcer à rejoindre son club personnel. On parle d’un homme qui utilise le commerce comme massue diplomatique, qui brandit l’économie comme menace, qui traite les relations internationales comme des transactions immobilières. Et le monde regarde. Sidéré. Pendant que les institutions qu’on a mis 80 ans à construire s’effritent sous nos yeux. La question n’est plus de savoir si Trump va trop loin. La question, c’est: qui va l’arrêter?
L’Europe divisée face au bulldozer américain
L’Union européenne a elle aussi reçu une invitation collective. Bruxelles temporise. « Nous avons reçu une invitation officielle et nous la prenons au sérieux », a indiqué une source européenne au Jerusalem Post. Mais aucune décision immédiate n’est attendue. Les équipes juridiques analysent chaque mot de la charte. Les diplomates consultent. Les capitales discutent. Car l’enjeu dépasse largement Gaza. Accepter de rejoindre le Board of Peace, c’est légitimer une structure parallèle à l’ONU. C’est reconnaître à Trump le droit de réinventer l’ordre mondial selon ses propres règles. C’est peut-être, aussi, signer l’arrêt de mort du multilatéralisme tel qu’on le connaît.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a prévenu : son pays devra obtenir l’approbation du Conseil des ministres et la ratification du Sejm avant de rejoindre quoi que ce soit. « Nous ne laisserons personne nous manipuler », a-t-il écrit sur X. L’Irlande a exprimé ses réserves par la voix d’Helen McEntee : « Les Nations Unies ont un mandat unique pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Bien qu’imparfaites, l’ONU et la primauté du droit international sont plus importantes que jamais. » L’Europe se cherche. Entre ceux qui veulent suivre Washington coûte que coûte et ceux qui refusent de sacrifier les principes sur l’autel de la realpolitik, la fracture s’élargit. Et Trump joue de ces divisions avec une habileté redoutable.
Section 4 : Gaza — le prétexte d'un projet bien plus vaste
De la reconstruction à la domination globale
Tout a commencé avec Gaza. L’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, négocié sous l’égide américaine, prévoyait la création d’un organe international pour superviser la reconstruction du territoire ravagé par la guerre. Le Conseil de sécurité de l’ONU avait même endossé ce plan en novembre 2025, adoptant la résolution 2803. Mais entre l’intention et la réalité, Trump a glissé son propre agenda. La charte du Board of Peace ne mentionne pas Gaza. Pas une seule fois. Elle parle de « zones affectées ou menacées par les conflits ». D’un besoin d’« approches et institutions plus agiles et efficaces ». De « courage pour s’écarter des méthodes qui ont trop souvent échoué ».
Le message est transparent : l’ONU a échoué. Trump va faire mieux. Avec son conseil. Ses règles. Son argent. Un haut responsable américain a confié à l’Associated Press que ce rôle élargi reste « aspirationnel ». Mais les documents circulant depuis le 17 janvier racontent une autre histoire. Le Financial Times a obtenu des extraits de la charte : « La paix durable requiert un jugement pragmatique, des solutions de bon sens et le courage de s’éloigner des approches et institutions qui ont trop souvent échoué. » Quand un président américain affirme que les institutions multilatérales ont « échoué », il ne propose pas une réforme. Il annonce leur remplacement. Et c’est exactement ce que Trump fait.
Gaza. Ce nom qui résonne comme une plaie ouverte. Des années de bombardements. Des centaines de milliers de déplacés. Des enfants qui grandissent sous les décombres. Et voilà que cette tragédie devient le prétexte d’une manœuvre géopolitique. Trump transforme la souffrance d’un peuple en levier pour imposer sa vision du monde. Il instrumentalise la reconstruction pour bâtir son propre empire institutionnel. Et nous, les observateurs, les commentateurs, les analystes, on décortique les chartes et les clauses pendant que des familles cherchent leurs morts sous les gravats. Il y a quelque chose de vertigineux dans ce cynisme. Quelque chose qui donne envie de hurler.
Israël pris entre deux feux
La position d’Israël illustre parfaitement le malaise ambiant. Benjamin Netanyahu a reçu son invitation. Mais son gouvernement a émis une protestation rare, affirmant le 18 janvier que la composition du comité exécutif du Board of Peace « n’avait pas été coordonnée avec Israël » et était « contraire à sa politique ». Sans préciser ses objections exactes. Bezalel Smotrich, le ministre des Finances d’extrême droite, a été plus direct : « Gaza est à nous, son avenir nous concerne plus que quiconque. Nous prendrons la responsabilité de ce qui s’y passe, imposerons une administration militaire et achèverons la mission. » Une fin de non-recevoir spectaculaire. Un rappel que même les alliés les plus proches de Trump ne sont pas prêts à tout accepter.
Netanyahu a tempéré le lendemain, assurant que ces divergences ne nuiraient pas à sa relation avec Trump. Mais le mal est fait. Le Board of Peace inclut la Turquie parmi ses membres fondateurs. Ankara entretient des relations tendues avec Tel-Aviv mais proches du Hamas. Pour Israël, accepter de siéger aux côtés d’Erdogan reviendrait à légitimer un adversaire régional. Pour Trump, cette configuration est un atout : elle démontre sa capacité à rassembler des ennemis autour d’une même table. Mais rassembler n’est pas unir. Et ce Board of Peace ressemble davantage à une poudrière diplomatique qu’à un instrument de réconciliation.
Section 5 : L'ONU en péril — 80 ans d'histoire menacés
Le multilatéralisme à l’agonie
L’ONU a été créée en 1945. Dans les ruines de la Seconde Guerre mondiale. Sur les cendres de 60 millions de morts. Avec une promesse : plus jamais ça. Le Conseil de sécurité, avec ses cinq membres permanents et leur droit de veto, devait être le gardien de la paix mondiale. Imparfait, certes. Paralysé parfois par les rivalités entre grandes puissances. Mais présent. Légitime. Reconnu par 193 États. Aujourd’hui, cette architecture vacille. Les États-Unis ont multiplié les coupes budgétaires dans leur contribution à l’ONU. L’administration Trump a systématiquement bloqué les résolutions concernant Gaza. Et maintenant, le président américain propose une alternative. Son alternative.
Les diplomates européens interrogés par Reuters et Maariv ne cachent pas leur inquiétude. « Nous ne voulons pas d’un nouvel organe concurrent de l’ONU ou qui la contourne », explique l’un d’eux. « Un ordre international a été construit après la Seconde Guerre mondiale, et il ne peut pas être simplement réinventé. » Un autre, cité par Reuters, est plus direct : « C’est une « ONU Trump » qui ignore les fondamentaux de la Charte des Nations Unies. » Pour ces voix anonymes mais lucides, rejoindre le Board of Peace équivaudrait à trahir les principes fondateurs de la communauté internationale. À admettre que la force prime sur le droit. Que l’argent achète l’influence. Que les règles ne s’appliquent qu’aux faibles.
Quatre-vingts ans. Quatre-vingts ans depuis que des hommes et des femmes, au milieu des ruines, ont décidé de construire quelque chose de différent. Un système imparfait, bancal parfois, mais qui reposait sur une idée simple : les États peuvent régler leurs différends autrement qu’en s’entre-tuant. Et voilà qu’un milliardaire devenu président propose de tout balayer d’un revers de main. De remplacer ce système par son club privé. Avec son veto personnel. Son milliard d’entrée. Ses règles à géométrie variable. Je pense à ces diplomates de 1945, hagards, épuisés, qui ont osé rêver d’un monde meilleur. Et je me demande ce qu’ils penseraient de nous. De notre capitulation silencieuse.
L’initiative UN80 — une lueur d’espoir?
Maxime Prévot a évoqué une alternative à la démolition : la réforme. L’initiative UN80, lancée pour marquer les 80 ans de l’Organisation des Nations Unies en 2025, vise à moderniser l’institution sans la détruire. Fusion de certaines agences redondantes. Amélioration des processus décisionnels. Ouverture du Conseil de sécurité à de nouveaux membres permanents représentant l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie. Des réformes ambitieuses. Des réformes possibles. Des réformes qui préservent l’essentiel : un cadre multilatéral où chaque État, grand ou petit, riche ou pauvre, a voix au chapitre.
Mais cette voie réformiste a besoin de temps. De consensus. De volonté politique. Toutes choses que Trump n’a pas l’intention d’attendre. Son Board of Peace doit tenir sa cérémonie de signature dès ce jeudi, en marge du Forum de Davos. Un coup d’accélérateur. Une mise devant le fait accompli. Les pays qui refusent seront marginalisés. Ceux qui acceptent légitimeront un système parallèle. Et pendant ce temps, l’ONU continue de fonctionner — mais pour combien de temps encore, privée de son principal contributeur financier et de sa légitimité politique? La question n’est plus théorique. Elle se pose maintenant. Ici. À Davos. Dans ces couloirs où se décide l’avenir du monde.
Section 6 : L'Europe doit se réveiller — l'appel de Prévot
L’autonomie stratégique comme bouclier
Face à cette offensive américaine, Maxime Prévot a plaidé pour un sursaut européen. « Nous ne pouvons plus dépendre aveuglément de la sécurité fournie par les États-Unis », a-t-il averti. « Sinon, cela pourrait mener à une Europe affaiblie. » Le constat est brutal mais nécessaire. L’alliance transatlantique, pilier de la sécurité européenne depuis 1949, ne fonctionne plus comme avant. Trump ne considère pas les Européens comme des partenaires. Il les traite comme des clients. Ou des vassaux. Ceux qui paient restent à table. Les autres sont menacés de tarifs douaniers. Dans ce contexte, l’autonomie stratégique n’est plus un luxe idéologique. C’est une nécessité de survie.
Prévot a identifié trois domaines prioritaires : la défense, la technologie et l’énergie. Trois secteurs où l’Europe reste trop dépendante des États-Unis. Trois secteurs où cette dépendance devient une vulnérabilité politique. Le ministre belge a également rappelé que son pays avait longtemps été le « mauvais élève » de l’OTAN, échouant régulièrement à atteindre l’objectif de 2% du PIB consacrés à la défense. « Nous avons atteint cet objectif l’année dernière, et nous continuerons d’augmenter nos dépenses », a-t-il promis. Un signal envoyé à Washington : l’Europe prend ses responsabilités. Mais elle refuse de le faire sous la menace. Ou en abandonnant ses principes.
L’autonomie stratégique. On en parle depuis des années. Depuis des décennies, même. Et chaque fois qu’on approche d’une décision concrète, quelque chose nous retient. La peur de froisser l’allié américain. La complexité des intérêts nationaux. Le confort de la dépendance. Mais cette fois, la question ne se pose plus en termes abstraits. Trump nous met face à un choix : plier ou résister. Payer notre place à sa table ou construire la nôtre. L’Europe a les moyens de son indépendance. Elle a l’économie. La technologie. Le capital humain. Ce qui lui manque, c’est la volonté. Le courage de dire : ça suffit. La vraie question, au fond, c’est celle-ci : sommes-nous prêts à nous battre pour rester libres?
Le Groenland en toile de fond
Le Board of Peace s’inscrit dans un contexte plus large. Depuis des semaines, Trump intensifie ses pressions sur le Danemark pour s’emparer du Groenland. Menaces de tarifs douaniers sur huit pays européens. Refus de rejeter l’usage de la force militaire. Lettre explosive au Premier ministre norvégien où il justifie ses ambitions territoriales par… le refus de lui accorder le Prix Nobel de la Paix. L’Europe découvre, sidérée, qu’elle fait face à un président américain prêt à tout. Y compris à démanteler l’alliance atlantique pour satisfaire ses appétits. Le Board of Peace, dans ce contexte, apparaît comme un instrument parmi d’autres. Une pièce du puzzle. Un moyen de créer des lignes de fracture au sein de l’Union européenne.
Viktor Orbán a accepté de rejoindre le conseil. La Hongrie, membre de l’UE, choisit Trump contre Bruxelles. D’autres pourraient suivre, attirés par les promesses américaines ou effrayés par les menaces tarifaires. L’Europe, déjà fragilisée par ses divisions internes, risque de se fracturer davantage. Et Trump, en maître tacticien, exploite chaque faille. Chaque hésitation. Chaque divergence. Le Board of Peace n’est pas seulement une attaque contre l’ONU. C’est une attaque contre l’unité européenne. Contre l’idée même d’une Europe capable de parler d’une seule voix. Contre le projet de construction communautaire entamé il y a 70 ans.
Section 7 : Les questions qui restent sans réponse
Qui paiera vraiment?
Le Canada a annoncé qu’il participerait au Board of Peace. Mais pas question de verser le milliard de dollars requis pour devenir membre permanent. Mark Carney l’a précisé explicitement. Cette position soulève une question centrale : combien de pays sont réellement prêts à payer le prix fort? L’Argentine de Milei? Difficile à croire, compte tenu de la situation économique du pays. La Hongrie? Le budget d’Orbán ne permettrait pas un tel investissement. Viktor lui-même préférerait probablement que l’Union européenne paie à sa place. Reste donc une poignée de nations potentiellement capables et désireuses de s’acquitter de cette somme astronomique.
Les pays du Golfe, peut-être. L’Arabie saoudite. Les Émirats arabes unis. Des nations riches en pétrodollars et désireuses de s’acheter une influence géopolitique. Mais même pour eux, le retour sur investissement reste flou. À quoi sert un siège permanent si toutes les décisions peuvent être annulées par le veto du président? À quoi bon payer pour être à la table si la table elle-même ne décide de rien? Le Board of Peace ressemble de plus en plus à un club d’investisseurs dont les dividendes seraient versés à un seul actionnaire : Donald Trump. Une structure où la « paix » n’est qu’un prétexte. Un habillage. Une marque déposée.
Et après Trump?
Une question cruciale demeure dans l’ombre des discussions: que devient le Board of Peace après Trump? La charte prévoit qu’il soit le « président inaugural ». Mais rien n’indique comment se fera la succession. Aucune procédure d’élection n’est mentionnée. Aucun mécanisme de transition démocratique. Si Trump quitte le pouvoir en 2029 — ou avant, si les aléas politiques américains en décident autrement — le conseil se retrouverait sans tête. Ou pire : avec un nouveau président américain hostile à ce projet. Joe Biden, s’il avait été réélu, aurait-il maintenu cette structure? Un démocrate quelconque le ferait-il?
Cette incertitude fragilise l’ensemble de l’édifice. Les pays qui investissent aujourd’hui dans le Board of Peace parient sur la continuité de la vision trumpienne. Un pari risqué. L’Amérique est imprévisible. Ses cycles électoraux sont courts. Ses revirements peuvent être brutaux. Les institutions multilatérales traditionnelles — aussi imparfaites soient-elles — offrent au moins une garantie de permanence. L’ONU a survécu à des dizaines de présidents américains. Le Board of Peace pourrait-il survivre à un seul? La question mérite d’être posée avant de signer un chèque d’un milliard.
Je regarde l’horloge. À Davos, les négociations continuent. Les ministres se croisent dans les couloirs. Les poignées de main sont filmées. Les déclarations calibrées. Mais derrière les sourires et les discours convenus, une angoisse sourde. Celle de voir s’effondrer le monde qu’on connaît. Celle de constater notre impuissance face à un homme qui refuse toutes les règles du jeu. Trump ne veut pas réformer l’ordre mondial. Il veut le posséder. Le marquer de son nom. En tirer profit. Et nous, spectateurs médusés, on se demande encore si c’est vraiment possible. Si ça peut vraiment arriver. Réveillons-nous. C’est en train d’arriver.
Conclusion : L'heure des choix a sonné
Un moment de vérité pour l’Europe
Maxime Prévot est reparti de son entretien avec Euronews. Les caméras se sont éteintes. Mais ses mots résonnent encore. « Trump tente de remplacer l’ONU. » Neuf mots. Neuf mots qui condensent un basculement historique. Car au-delà des chartes et des milliards, au-delà des invitations et des menaces tarifaires, ce qui se joue aujourd’hui, c’est une vision du monde. D’un côté, l’idée que les nations peuvent coopérer, négocier, trouver des compromis dans un cadre de règles partagées. De l’autre, la loi du plus fort habillée de langage entrepreneurial. Le deal permanent. La négociation sans fin où seul compte le rapport de force. L’Europe doit choisir.
Certains choisiront Trump. Par intérêt. Par peur. Par calcul à courte vue. D’autres résisteront. La France a dit non. La Belgique s’y refuse. L’Irlande exprime ses réserves. La Pologne temporise. Ces voix dissonantes montrent qu’une alternative existe. Qu’il est possible de défendre le droit international même quand le principal garant de l’ordre mondial décide de s’en affranchir. Mais cette résistance fragmentée ne suffira pas. L’Europe doit parler d’une seule voix. Doit agir ensemble. Doit construire, enfin, cette autonomie stratégique dont elle parle depuis si longtemps. Le temps des discours est terminé. Celui des actes commence.
Je termine cet article avec un sentiment étrange. Celui d’avoir assisté à quelque chose de grave sans pouvoir l’empêcher. Celui de documenter une catastrophe au ralenti. Trump avance. L’ONU recule. L’Europe hésite. Et le monde de demain se dessine sous nos yeux, dans l’indifférence générale ou presque. Pourtant, rien n’est encore joué. Chaque refus compte. Chaque résistance a un sens. La Belgique a dit non. D’autres pourraient suivre. Il suffit parfois d’une voix qui s’élève pour que d’autres osent se lever. Maxime Prévot a choisi son camp. Celui du droit. Celui des règles. Celui d’un monde où les petits pays ont encore leur mot à dire. Et vous? Et nous? Quel monde voulons-nous léguer à ceux qui viendront après?
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, diplomatiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les manœuvres politiques internationales, à comprendre les enjeux de pouvoir entre grandes puissances et à contextualiser les décisions des acteurs globaux. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse des événements complexes qui nous concernent tous.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables. Sources primaires : déclarations officielles de Maxime Prévot à Euronews, communiqués de la Maison Blanche, charte du Board of Peace, dépêches des agences Reuters, AFP et Associated Press. Sources secondaires : analyses du Washington Post, ABC News, NPR, Bloomberg, Al Jazeera, Financial Times, Jerusalem Post et autres médias internationaux reconnus. Toutes les citations ont été vérifiées et les faits croisés entre plusieurs sources.
Nature de l’analyse
Les analyses et perspectives présentées constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles au 20 janvier 2026. Les passages en italique expriment mes réflexions personnelles et mes prises de position éditoriales, clairement distinguées du contenu factuel. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait modifier les perspectives présentées. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Euronews – Interview de Maxime Prévot à Davos – 20 janvier 2026
White House – Statement on President Trump’s Comprehensive Plan to End the Gaza Conflict – 16 janvier 2026
Truth Social – Annonce officielle du Board of Peace par Donald Trump – 15 janvier 2026
Charte du Board of Peace – Document circulant depuis le 17 janvier 2026
Sources secondaires
Washington Post – Trump to charge nations $1 billion for permanent seat on Board of Peace – 18 janvier 2026
ABC News – Trump’s Board of Peace faces headwinds from allies – 20 janvier 2026
NPR – Trump’s Board of Peace has several invited leaders trying to figure out how it’ll work – 20 janvier 2026
Bloomberg – Trump Wants Nations to Pay $1 Billion to Stay on His Peace Board – 18 janvier 2026
Al Jazeera – Trump’s ‘board of peace’ appears to seek wider mandate – 18 janvier 2026
Jerusalem Post – Trump invites EU to Board of Peace, but European officials worried – 20 janvier 2026
Reuters – Réactions diplomatiques européennes – 19-20 janvier 2026
AFP – Position de la France sur le Board of Peace – 19 janvier 2026
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