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Trump veut enterrer l’ONU et la remplacer par son propre club privé à 1 milliard l’entrée
Crédit: Adobe Stock

L’architecture d’un nouveau pouvoir mondial

Le Board of Peace n’est pas qu’un caprice présidentiel. C’est une construction sophistiquée, pensée dans ses moindres détails. Selon la charte qui circule depuis le 17 janvier, les pays qui souhaitent rejoindre ce « conseil de la paix » obtiennent d’abord un mandat de trois ans. Renouvelable, certes. Mais précaire. Pour devenir membre permanent — avec tout ce que cela implique en termes d’influence et de prestige — il faut passer à la caisse. Un milliard de dollars. Cash. Dans les douze mois suivant l’entrée en vigueur de la charte. L’argent est versé dans un fonds contrôlé par… Donald Trump lui-même, en sa qualité de président du conseil. On nage en plein délire. Ou en pleine lucidité mercantile, selon le point de vue.

Les décisions se prennent à la majorité. Chaque pays membre dispose d’une voix. Jusque-là, rien de choquant. Mais voilà le piège: toutes les décisions sont « soumises à l’approbation du président », qui dispose également de « l’autorité finale concernant la signification, l’interprétation et l’application de la charte ». Autrement dit, Trump peut opposer son veto à n’importe quelle décision. Il peut réinterpréter les règles à sa guise. Il est juge, partie, arbitre et propriétaire du terrain. Quand le Jerusalem Post cite un diplomate européen décrivant ce système comme « une ONU version Trump qui ignore les fondamentaux de la Charte des Nations Unies », on comprend l’euphémisme.

Un milliard de dollars. Je laisse le chiffre résonner. Un milliard pour avoir le droit de s’asseoir à la table de la « paix ». Pendant ce temps, à Gaza, des familles dorment sous des bâches en plastique. À l’ONU, les programmes humanitaires sont amputés faute de financements américains. Et Trump demande un milliard pour son club privé. Il y a quelque chose de profondément obscène dans ce marchandage. Comme si la paix était un bien de luxe. Comme si la stabilité mondiale avait un prix d’entrée. Et nous, on regarde ça se faire?

Soixante pays dans le viseur

Les invitations ont commencé à pleuvoir dès le 16 janvier. Environ 60 pays auraient reçu le précieux courrier. L’Argentine de Javier Milei a répondu présent en moins de 24 heures, le président affichant sa fierté sur X. Le Canada de Mark Carney a accepté — tout en précisant qu’il ne paierait pas le milliard pour devenir permanent. La Hongrie de Viktor Orbán, fidèle parmi les fidèles, s’est empressée de rejoindre le mouvement. Mais c’est la liste des invités qui interpelle. Vladimir Poutine a reçu son invitation. Le Kremlin l’a confirmé le 20 janvier, précisant « étudier la proposition ». Israël également. La Turquie. Des pays qui ne s’entendent pas, qui se font la guerre par procuration, qui défendent des visions du monde incompatibles.

Cette hétérogénéité pose question. Comment un organe regroupant des nations en conflit pourrait-il promouvoir la paix? À moins que l’objectif ne soit pas vraiment la paix. Mais autre chose. Le contrôle. L’influence. La capacité de décider qui participe au jeu mondial et qui en est exclu. Helen McEntee, ministre irlandaise des Affaires étrangères, a posé le diagnostic le 19 janvier : « Ce conseil aurait un mandat bien plus large que la mise en œuvre du plan de paix pour Gaza. » La charte, d’ailleurs, ne mentionne même pas Gaza explicitement. Elle parle de « promouvoir la stabilité » et d’« assurer une paix durable dans les zones affectées ou menacées par les conflits ». Autant dire: partout.

Sources

Sources primaires

Euronews – Interview de Maxime Prévot à Davos – 20 janvier 2026
White House – Statement on President Trump’s Comprehensive Plan to End the Gaza Conflict – 16 janvier 2026
Truth Social – Annonce officielle du Board of Peace par Donald Trump – 15 janvier 2026
Charte du Board of Peace – Document circulant depuis le 17 janvier 2026

Sources secondaires

Washington Post – Trump to charge nations $1 billion for permanent seat on Board of Peace – 18 janvier 2026
ABC News – Trump’s Board of Peace faces headwinds from allies – 20 janvier 2026
NPR – Trump’s Board of Peace has several invited leaders trying to figure out how it’ll work – 20 janvier 2026
Bloomberg – Trump Wants Nations to Pay $1 Billion to Stay on His Peace Board – 18 janvier 2026
Al Jazeera – Trump’s ‘board of peace’ appears to seek wider mandate – 18 janvier 2026
Jerusalem Post – Trump invites EU to Board of Peace, but European officials worried – 20 janvier 2026
Reuters – Réactions diplomatiques européennes – 19-20 janvier 2026
AFP – Position de la France sur le Board of Peace – 19 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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