Un casting qui en dit long
Regardons de plus près qui Trump a choisi pour diriger cette entreprise de « paix ». Marco Rubio, secrétaire d’État. Steve Witkoff, envoyé spécial au Moyen-Orient et homme d’affaires de l’immobilier. Jared Kushner, gendre de Trump, architecte des Accords d’Abraham et propriétaire de liens familiaux étroits avec Benjamin Netanyahu. Tony Blair, l’ancien premier ministre britannique qui a suivi George W. Bush dans l’invasion de l’Irak en 2003. Marc Rowan, PDG d’Apollo Global Management et milliardaire. Ajay Banga, président de la Banque mondiale. Et Robert Gabriel, conseiller adjoint à la sécurité nationale.
Pas un seul Palestinien au comité exécutif. Pas un seul représentant de ceux dont on prétend reconstruire les vies. À la place : des hommes d’affaires, des politiciens controversés, des figures proches d’Israël. Yakir Gabay, un homme d’affaires israélo-chypriote milliardaire, fait partie du Gaza Executive Board. Israël n’a pas de siège officiel au gouvernement dans ce conseil — mais ses intérêts y sont amplement représentés. Cherchez l’erreur.
Tony Blair. Jared Kushner. Des milliardaires de la finance. C’est ça, le visage de la paix en 2026 ? Vraiment ? Blair, l’homme dont l’enquête Chilcot a démontré qu’il avait menti pour justifier une guerre qui a fait des centaines de milliers de morts. Kushner, dont la famille a des liens financiers directs avec Netanyahu. Et on voudrait que les Gazaouis leur fassent confiance pour reconstruire leurs maisons, leurs écoles, leurs hôpitaux ? Je pose la question sincèrement : à quel moment quelqu’un autour de cette table s’est-il mis à la place d’une mère de Khan Younès qui a perdu trois enfants sous les bombes ?
Nickolay Mladenov : l’homme qui sera sur le terrain
Nickolay Mladenov, ancien ministre des Affaires étrangères de Bulgarie et ex-envoyé spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, a été nommé Haut Représentant pour Gaza. C’est lui qui fera le lien entre le Board of Peace et le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), dirigé par Ali Sha’ath, un technocrate palestinien. Mladenov a rencontré Netanyahu et le vice-président palestinien Hussein al-Sheikh en début janvier. Il connaît le terrain. Mais connaître le terrain et avoir le pouvoir de changer les choses sont deux réalités bien différentes.
Le NCAG est censé gérer les affaires quotidiennes à Gaza : services publics, reconstruction civile, stabilisation. Sur le papier, c’est un gouvernement palestinien de transition. Dans les faits ? Le NCAG répond au Gaza Executive Board, qui répond au Board of Peace, qui répond à Trump. Les Palestiniens administrent. Les Américains et leurs alliés décident. C’est ce qu’on appelle, dans le jargon des analystes, une « tutelle américaine ». Certains, comme Khaled Elgindy de l’Université Georgetown, sont plus directs : « Il n’y a pas une seule référence aux Palestiniens, à leurs droits, à leurs intérêts, ou même à un futur État palestinien. »
Les invités de marque : de Milei à Poutine, le bal des opportunistes
Qui a dit oui, qui hésite, qui refuse
Javier Milei, président de l’Argentine, a été parmi les premiers à accepter. Sur X, il a remercié Trump pour cet « honneur », réaffirmant que son pays « se tient aux côtés des nations qui affrontent le terrorisme ». Viktor Orbán, premier ministre de Hongrie et fervent supporter de Trump, a également accepté. To Lam, chef du Parti communiste du Vietnam, aussi. Le roi Mohammed VI du Maroc est devenu le premier dirigeant arabe à rejoindre officiellement le conseil. Et puis, il y a les autres. Ceux qui font monter la température.
Vladimir Poutine a reçu une invitation. Oui, le même Poutine recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre présumés en Ukraine. Le Kremlin a confirmé lundi qu’il « étudiait les détails » de l’offre. Alexandre Loukachenko, le dictateur du Bélarus qui réprime son peuple depuis plus de 30 ans, a lui aussi été invité. Il s’est dit « prêt à participer ». Ajoutez à cela la Russie, la Biélorussie, la Slovénie, la Thaïlande, l’Union européenne… Trump ratisse large. Très large.
Fermez les yeux une seconde. Imaginez la scène. Autour de la même table, censée promouvoir la « paix », on retrouverait Poutine — accusé de crimes contre l’humanité en Ukraine — et des représentants des pays qui lui imposent des sanctions. Loukachenko, qui fait disparaître ses opposants, et les démocraties européennes. Netanyahu, sous mandat d’arrêt de la CPI, et les pays arabes qui l’ont normalisé. C’est ça, le « Board of Peace » ? Un buffet géopolitique où tout le monde vient se servir en fonction de ses intérêts ? Où est la cohérence ? Où est la vision ? Où est… la paix ?
Ceux qui traînent les pieds
Tous ne se bousculent pas au portillon. La France a fait savoir qu’elle ne rejoindrait pas le Board « à ce stade ». Un responsable proche de Macron a expliqué que l’initiative « soulève des questions, notamment en ce qui concerne le respect des principes et de la structure des Nations Unies ». Diplomatique. Mais clair. Donald Tusk, premier ministre de Pologne, a prévenu : « Nous ne laisserons personne nous manipuler. » L’Irlande, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères Helen McEntee, a souligné que le mandat proposé allait « bien au-delà de l’implémentation du plan de paix pour Gaza ».
Et c’est là que ça devient intéressant. Parce que la charte obtenue par les médias ne mentionne jamais Gaza directement. Elle parle d’une organisation internationale qui cherche à « promouvoir la stabilité, restaurer une gouvernance fiable et légale, et assurer une paix durable dans les zones touchées ou menacées par des conflits ». Aucune limite géographique. Aucune restriction temporelle. C’est un mandat mondial. Certains diplomates européens n’ont pas mâché leurs mots : « C’est une ONU Trump qui ignore les fondamentaux de la Charte des Nations Unies », a confié l’un d’eux à Reuters.
Netanyahu furieux — ou pas ? La comédie israélienne
Une opposition de façade
Samedi 17 janvier, le bureau de Benjamin Netanyahu a publié un communiqué rare : l’annonce du comité exécutif « n’a pas été coordonnée avec Israël et contredit sa politique ». Le premier ministre a ordonné à son ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar de contacter Marco Rubio pour exprimer l’opposition israélienne. Le problème ? Netanyahu s’oppose surtout à la présence de représentants de la Turquie et du Qatar au sein du Gaza Executive Board — deux pays critiques de la guerre menée par Israël et proches du Hamas.
Mais selon Haaretz, cette indignation serait en grande partie mise en scène. Une source proche du dossier a indiqué que Netanyahu avait été consulté sur la composition du conseil et qu’il était au courant des noms choisis. Ses protestations publiques serviraient surtout à apaiser son aile droite radicale. Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a d’ailleurs appelé à « reprendre les combats à Gaza avec une force écrasante ». La coalition de Netanyahu marche sur des œufs — et Trump le sait.
Vous savez ce qui me fascine dans cette histoire ? La réponse américaine à Netanyahu. Un haut responsable, cité par Axios, a lâché : « C’est notre show, pas le sien. Nous avons réussi à faire des choses à Gaza que personne ne croyait possibles ces derniers mois, et nous allons continuer. S’il veut qu’on s’occupe de Gaza, ce sera à notre façon. On l’a contourné. Qu’il se concentre sur l’Iran et qu’il nous laisse gérer Gaza. » Vous avez bien lu. « On l’a contourné. » Le plus proche allié des États-Unis au Moyen-Orient, traité comme un employé qui dépasse les bornes. Et Netanyahu encaisse. Parce qu’il n’a pas le choix. Parce que Trump est le seul qui peut le protéger de la CPI. Parce que sans Washington, il est fini.
L’opposition israélienne monte au créneau
Yair Lapid, chef de l’opposition et ancien premier ministre, n’a pas fait dans la nuance : « Netanyahu permet à la Turquie et au Qatar d’entrer dans Gaza. Les partenaires idéologiques du Hamas et des Frères musulmans vont diriger la bande. Ce n’est pas pour ça que nos soldats héroïques se sont battus pendant deux ans. » Naftali Bennett, autre ancien premier ministre, a renchéri : « L’inclusion de la Turquie et du Qatar est une récompense au Hamas pour le massacre du 7 octobre et un danger pour la sécurité d’Israël. Ce gouvernement du chaos a abdiqué la souveraineté d’Israël. »
Les mots sont durs. Mais ils révèlent une réalité inconfortable : Israël a perdu le contrôle du processus. La phase deux de l’accord de cessez-le-feu — démilitarisation du Hamas, déploiement d’une force de sécurité internationale, reconstruction — sera supervisée par un conseil où Israël n’a pas de siège gouvernemental officiel. Seulement un homme d’affaires. Et des alliés de circonstance. Netanyahu peut tempêter autant qu’il veut. La décision ne lui appartient plus.
Davos : le théâtre de l'annonce officielle
Le Forum économique mondial comme vitrine
Trump devrait présider la cérémonie de signature officielle du Board of Peace dès jeudi 23 janvier, en marge du Forum économique mondial de Davos. L’ironie est presque trop parfaite. Davos, le rendez-vous annuel des élites mondiales, des PDG et des chefs d’État, où l’on discute d’intelligence artificielle et de croissance économique avec un verre de vin blanc à la main. C’est là, au milieu des chalets de luxe et des dîners privés, qu’on officialisera le sort de deux millions de Gazaouis.
Trump prononcera un discours mercredi. Sa délégation inclut Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent, Witkoff et Kushner. Selon Bloomberg, le président américain prévoit de tenir une première réunion du Board of Peace pendant le forum. La liste des membres officiels devrait être dévoilée dans les prochains jours. Les États-Unis ont deux « maisons » à Davos cette année — dont une église transformée en lieu de réception. Le message est clair : Washington entend reprendre le leadership du monde libre. À son prix.
Davos. Bien sûr que c’est Davos. Où d’autre pourrait-on annoncer qu’un milliard de dollars achète un siège au conseil de la paix mondiale ? Certainement pas à Gaza, où le salaire moyen mensuel — quand il y a du travail — ne dépasse pas quelques centaines de dollars. Certainement pas à Khan Younès ou à Rafah, où des familles entières dorment dans des tentes de fortune. Non. Il fallait que ce soit Davos. Les montagnes suisses. Les costumes trois-pièces. Les sourires de façade. C’est tellement… approprié. Tellement révélateur de ce que cette « paix » représente réellement.
Les absents de Davos
Tout le monde ne sera pas présent. Le Danemark, au cœur de la crise du Groenland, a décidé de boycotter le forum après les menaces de Trump d’annexer le territoire arctique. L’Iran a été désinvité après la répression sanglante des manifestations de ces dernières semaines. Klaus Schwab, fondateur du Forum économique mondial, ne sera pas là non plus — il a démissionné en avril dernier après une enquête sur des allégations de mauvaise conduite. Le monde change. Mais pas toujours dans le bon sens.
Plus de 3 000 participants sont attendus, dont près de 400 dirigeants politiques et 850 PDG. Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Mark Carney… Les présidents de l’Argentine, de l’Indonésie, de la Colombie. Et au milieu de tout ça, Trump. Qui présidera. Qui décidera. Qui aura le dernier mot.
Un rival à l'ONU ? Les ambitions cachées du Board of Peace
Au-delà de Gaza : une nouvelle architecture mondiale
La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui a endossé le Board of Peace en novembre 2025 était claire : le mandat concerne Gaza et expire à la fin de 2027. Mais la charte préliminaire obtenue par les médias raconte une tout autre histoire. Aucune mention directe de Gaza. Une ambition mondiale. « Une approche audacieuse et nouvelle pour résoudre les conflits mondiaux », écrit Trump dans ses lettres d’invitation aux dirigeants. Les analystes sont unanimes : c’est une tentative de créer une alternative au Conseil de sécurité de l’ONU.
L’ONU traverse une crise existentielle. Les États-Unis ont drastiquement réduit leur financement. Les vétos répétés au Conseil de sécurité — souvent américains — ont paralysé l’institution sur des dossiers cruciaux comme Gaza. Trump voit une opportunité. Pourquoi se battre dans une arène où il faut composer avec la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni, quand on peut créer sa propre arène ? Avec ses propres règles. Et son propre droit de veto.
L’ONU n’est pas parfaite. Loin de là. Le système de veto est une aberration démocratique. Les résolutions restent souvent lettre morte. La bureaucratie est étouffante. Mais l’ONU a un fondement : la Charte des Nations Unies, signée en 1945 sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale. L’idée que tous les États, grands et petits, ont une voix. Que le droit international prime sur la loi du plus fort. Que remplace le Board of Peace ? La loi du plus riche. Un milliard pour un siège. Le veto du président américain sur toute décision. Est-ce vraiment ça, le progrès ?
Le précédent dangereux
Helen McEntee, ministre irlandaise des Affaires étrangères, a résumé les inquiétudes européennes : « Les Nations Unies ont un mandat unique pour maintenir la paix et la sécurité internationales, et la légitimité pour rassembler les nations. Aussi imparfaite soit-elle, l’ONU et la primauté du droit international sont plus importantes que jamais. » Certains voient dans le Board of Peace un projet de vanité après que Trump s’est vu refuser le Prix Nobel de la paix en 2025. Le président américain a lui-même déclaré qu’il ne se sentait plus « obligé de penser uniquement à la paix » après cette déconvenue.
D’autres y voient quelque chose de plus calculé. Un outil de soft power américain qui permet de contourner les institutions multilatérales traditionnelles. Un moyen de récompenser les alliés fidèles — Hongrie, Argentine, Vietnam — et de punir les dissidents. Un levier pour négocier avec des rivaux comme la Russie et la Chine en dehors des cadres onusiens. Et surtout, une machine à cash de reconstruction qui pourrait générer des dizaines de milliards de dollars. Avec Trump aux commandes.
Les Palestiniens : les grands absents de leur propre destin
Le NCAG : un gouvernement sous tutelle
Ali Sha’ath, ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne, a été choisi pour diriger le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG). Un technocrate respecté, selon la Maison-Blanche. Quelqu’un qui connaît « les réalités institutionnelles de Gaza ». Mais quel pouvoir réel aura-t-il ? Le NCAG doit gérer les services publics, reconstruire les institutions civiles, stabiliser la vie quotidienne. Noble mission. Sauf que chaque décision significative devra être approuvée par le Gaza Executive Board. Qui répond au Board of Peace. Qui répond à Trump.
Certains analystes palestiniens ne mâchent pas leurs mots. « C’est la marginalisation ultime », a déclaré un expert cité par Al Jazeera. « En séparant le dossier des services du dossier politique, ce plan tente d’enterrer le projet national palestinien. » Un autre a ajouté : « Le vrai test sera sur le terrain. Le peuple de Gaza veut une gouvernance nationale, palestinienne. Pas une tutelle américaine. »
Mettez-vous à leur place. Juste une seconde. Vous avez perdu votre maison. Votre quartier. Peut-être des proches. Vous avez survécu à quinze mois de bombardements, de pénuries, de terreur. Et maintenant, on vous annonce que votre avenir sera décidé par un conseil où vous n’avez aucune voix. Où des milliardaires américains et des hommes politiques européens vont déterminer comment reconstruire vos rues, vos écoles, vos hôpitaux. Selon leurs critères. Selon leurs intérêts. Est-ce que quelqu’un, autour de cette table de Davos, a pensé à demander aux Gazaouis ce qu’ils veulent vraiment ?
Le Hamas : désarmement ou chaos ?
Le plan de Trump prévoit la démilitarisation complète du Hamas. Le groupe islamiste doit rendre ses armes et céder le pouvoir au NCAG. En échange… quoi, exactement ? La survie ? Une amnistie ? On ne sait pas. Le Hamas a indiqué qu’il voulait des « garanties » avant de déposer les armes. Le Jihad islamique palestinien (PIJ), autre groupe armé, s’est dit « surpris par la composition du soi-disant Board of Peace », estimant que les membres choisis étaient « conformes aux spécifications israéliennes ».
Le Major-général Jasper Jeffers, commandant des forces spéciales américaines, a été nommé à la tête de la Force internationale de stabilisation pour Gaza. Ses missions : opérations de sécurité, livraison de l’aide humanitaire, soutien à la démilitarisation. Autrement dit, les Américains sur le terrain. Armés. Dans un territoire où la méfiance envers l’Occident atteint des sommets historiques. Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?
La reconstruction : rêve ou mirage ?
Les chiffres du désastre
Gaza est en ruines. Les images satellites ne mentent pas. Des quartiers entiers rasés. Des immeubles éventrés comme des carcasses de béton. Des infrastructures — eau, électricité, égouts — détruites ou sévèrement endommagées. Selon les estimations préliminaires, la reconstruction pourrait coûter plusieurs dizaines de milliards de dollars. Le Board of Peace, avec sa cotisation d’un milliard pour les membres permanents, pourrait lever des fonds conséquents. Mais à quel prix politique ? Et avec quelle transparence ?
Un responsable américain a assuré que « virtuellement chaque dollar » collecté irait à la reconstruction. Que le Board fonctionnerait sans « salaires exorbitants ni bloat administratif massif ». Des promesses. Rien de plus pour l’instant. Personne ne sait qui gérera les fonds. Quels seront les mécanismes d’audit. Comment on s’assurera que l’argent arrive vraiment aux familles de Rafah, de Jabaliya, de Gaza City. Le passé de la reconstruction au Moyen-Orient — Irak, Libye, Syrie — n’incite pas à l’optimisme.
Je veux croire que Gaza sera reconstruite. Je veux croire que les enfants qui ont grandi sous les bombes verront un jour des écoles neuves, des parcs, des hôpitaux fonctionnels. Je veux croire que les familles déplacées pourront rentrer chez elles. Mais quand je regarde qui siège à cette table — les milliardaires, les politiciens controversés, les hommes d’affaires — je me demande : est-ce que reconstruire Gaza est vraiment leur priorité ? Ou est-ce que Gaza n’est qu’un prétexte ? Un terrain de jeu géopolitique ? Une vitrine pour des ambitions qui n’ont rien à voir avec le sort des deux millions de personnes qui y vivent ?
L’économie de la paix
Il y a de l’argent à faire dans la reconstruction. Beaucoup d’argent. Des contrats de BTP. Des marchés d’équipements. Des investissements immobiliers. Quand Jared Kushner a suggéré que les Palestiniens étaient « incapables de se gouverner eux-mêmes », certains y ont vu du mépris. D’autres y ont vu un business plan. Qui construira les nouvelles routes de Gaza ? Les centrales électriques ? Les réseaux de télécommunications ? Des entreprises palestiniennes locales ? Ou des multinationales bien connectées à Washington ?
Marc Rowan, le PDG d’Apollo Global Management, siège au comité exécutif. C’est l’un des plus grands fonds de private equity au monde. Ajay Banga dirige la Banque mondiale. Ces hommes savent comment faire fructifier des investissements. La question est : au bénéfice de qui ?
Conclusion : Un milliard de questions sans réponses
Ce que ce conseil dit de notre époque
Le Board of Peace de Donald Trump est un miroir de notre temps. Un temps où la paix a un prix — littéralement. Un temps où les institutions internationales sont contournées plutôt que réformées. Un temps où les victimes des conflits regardent leur destin se décider dans des salons de luxe, à des milliers de kilomètres de leurs souffrances. Un temps où l’arrogance se drape dans le langage de la diplomatie.
Est-ce que ce conseil reconstruira Gaza ? Peut-être. Partiellement. Selon certains critères. Est-ce qu’il apportera la paix ? Rien n’est moins sûr. La paix ne s’achète pas. Elle se construit. Avec ceux qui ont souffert. Pas malgré eux. Pas au-dessus d’eux. La vraie question n’est pas de savoir qui siégera autour de cette table. C’est de savoir qui n’y siégera jamais. Les mères de Gaza. Les pères. Les enfants. Les survivants. Ceux pour qui cette « paix » est censée exister.
Un milliard de dollars pour un siège. Quelque part à Gaza, une petite fille dessine sur un carton récupéré dans les décombres. Elle dessine une maison. Avec un toit. Des fenêtres. Une porte. Elle n’a jamais connu autre chose que la guerre. Elle ne sait pas ce qu’est le Board of Peace. Elle ne sait pas que des hommes en costume, dans une ville suisse qu’elle ne verra jamais, décident de son avenir. Elle dessine. Elle espère. Et moi, je me demande : est-ce que quelqu’un, autour de cette table d’un milliard de dollars, pense à elle ? Est-ce que quelqu’un se souvient pourquoi on parle de « paix » ? Ou est-ce qu’on a déjà oublié ?
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et commerciales qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués de la Maison-Blanche, les déclarations officielles des dirigeants politiques, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, Bloomberg, PBS News, ABC News, ainsi que les analyses d’organisations comme le Carnegie Endowment for International Peace.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
White House – Statement on President Trump’s Comprehensive Plan to End the Gaza Conflict (16 janvier 2026)
Wikipedia – Board of Peace (consulté le 20 janvier 2026)
PBS News – $1 billion contribution secures permanent seat on Trump’s ‘Board of Peace’ (19 janvier 2026)
Sources secondaires
Bloomberg – Trump Wants Nations to Pay $1 Billion to Stay on His Peace Board (18 janvier 2026)
CNBC – Trump wants nations to pay $1 billion for permanent Board of Peace seats (18 janvier 2026)
Al Jazeera – Trump’s ‘board of peace’ appears to seek wider mandate beyond Gaza (18 janvier 2026)
ABC News – Trump’s Board of Peace faces headwinds from allies as mandate appears broader than Gaza (20 janvier 2026)
Times of Israel – Netanyahu fumes at Gaza oversight panel makeup as Trump invites Erdogan to peace board (18 janvier 2026)
Carnegie Endowment for International Peace – There’s Never Been a President Like Trump on Israel (janvier 2026)
Haaretz – Netanyahu Says Israel, U.S. Disagree on Turkey and Qatar Joining Gaza Board of Peace (19 janvier 2026)
World Economic Forum – Davos 2026: What to expect (janvier 2026)
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.