Des mots qui auraient pu être écrits au crayon de couleur
Reprenons le contenu de cette lettre, mot pour mot. Trump écrit à Jonas Gahr Støre : « Considérant que votre pays a décidé de ne pas me donner le Prix Nobel de la Paix pour avoir stoppé 8 guerres PLUS, je ne me sens plus obligé de penser purement à la Paix. » Il poursuit : « Le Danemark ne peut pas protéger cette terre de la Russie ou de la Chine, et pourquoi auraient-ils un ‘droit de propriété’ de toute façon? Il n’y a pas de documents écrits, c’est seulement qu’un bateau a accosté là il y a des centaines d’années, mais nous avions des bateaux qui accostaient là aussi. » Et la conclusion, magistrale dans son absurdité : « Le Monde n’est pas sécurisé à moins que nous ayons un Contrôle Complet et Total du Groenland. » Un commentateur de MSNBC a résumé la situation avec une formule qui fait mouche : cette lettre « aurait aussi bien pu être écrite au crayon de couleur ». Le Premier ministre norvégien, lui, a dû rappeler une évidence que Trump semble incapable de comprendre : le Prix Nobel de la Paix est décerné par un comité indépendant choisi par le parlement norvégien, pas par le gouvernement.
La réponse de Støre est un modèle de diplomatie face à l’absurde. « Cher Monsieur le Président, cher Donald — sur le contact à travers l’Atlantique — sur le Groenland, Gaza, l’Ukraine — et votre annonce de tarifs d’hier. Vous connaissez notre position sur ces questions. Mais nous croyons que nous devrions tous travailler à calmer les choses et à désescalader — tant de choses se passent autour de nous où nous avons besoin de rester ensemble. » Calmer les choses. Désescalader. Rester ensemble. Des mots d’adulte face à une crise de colère d’enfant. Sauf que cet enfant a les codes nucléaires. Cet enfant commande la plus grande armée du monde. Cet enfant peut déclencher une guerre avec un tweet. Le sénateur Brian Schatz d’Hawaï a exprimé ce que beaucoup pensent tout bas : « Je ne vois pas comment on peut être une personne sérieuse et ne pas trouver cela extrêmement préoccupant. Il n’est pas stable du tout et sa réalité est déformée. »
Il y a quelque chose de profondément troublant à voir le leader du monde libre réclamer un prix comme un enfant réclame un jouet. Et menacer de tout casser quand on le lui refuse. Je pense à tous ces présidents qui ont dirigé l’Amérique dans des moments de crise. Kennedy face aux missiles de Cuba. Roosevelt face à Pearl Harbor. Lincoln face à la guerre civile. Et je regarde Trump, furieux parce qu’il n’a pas eu sa médaille. La comparaison est vertigineuse. Et terrifiante.
Le Groenland : une obsession qui vire au cauchemar diplomatique
L’obsession de Trump pour le Groenland ne date pas d’hier. Déjà lors de son premier mandat, il avait proposé d’acheter ce territoire de 2,16 millions de kilomètres carrés, provoquant l’incrédulité générale. À l’époque, on avait ri. On ne rit plus. Depuis son retour au pouvoir, Trump a répété que les États-Unis obtiendraient le Groenland « d’une manière ou d’une autre ». Il a refusé d’exclure l’usage de la force militaire. Il a menacé un allié de l’OTAN d’invasion. On parle ici d’un pays membre de l’alliance atlantique depuis 1949. Un pays qui a combattu aux côtés des Américains en Afghanistan, en Irak, partout où Washington l’a demandé. Et maintenant, le président américain menace de lui prendre un territoire par la force. Le samedi 17 janvier 2026, Trump a annoncé des tarifs douaniers de 10% sur huit pays européens à partir du 1er février, augmentant à 25% le 1er juin si aucun accord n’est trouvé pour « l’achat complet et total du Groenland ». Les pays ciblés? Le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande. Huit alliés historiques. Huit membres de l’OTAN. Huit pays punis parce qu’ils refusent de céder aux caprices d’un homme blessé dans son ego.
La réaction européenne a été unanime et cinglante. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a choisi ses mots avec soin : « Nous choisissons le partenariat et la coopération. Nous choisissons nos entreprises. Nous choisissons notre peuple. » Les huit pays ciblés ont publié une déclaration commune avertissant que ces menaces tarifaires « sapent les relations transatlantiques et risquent une spirale descendante dangereuse ». La Première ministre danoise Mette Frederiksen a exprimé sa « surprise » face à cette escalade, rappelant qu’elle avait eu une « réunion constructive » avec l’administration américaine peu de temps auparavant. Au Groenland même, des milliers de personnes ont bravé le froid glacial pour manifester dans les rues de Nuuk, la capitale. Ils brandissaient leurs drapeaux rouge et blanc, avec des pancartes proclamant « Yankee go home », « Le Groenland n’est pas à vendre » et « Le Groenland est déjà GRAND ». Environ 5 000 manifestants se sont rassemblés — un chiffre considérable pour un territoire de seulement 56 000 habitants. Près de 10% de la population dans les rues. C’est l’équivalent de 33 millions d’Américains manifestant contre leur propre président.
Les voix républicaines qui s'élèvent : quand même les alliés s'inquiètent
Don Bacon : le spectre d’une destitution bipartisane
Ce qui rend cette crise encore plus remarquable, c’est qu’elle ne se limite pas à l’opposition démocrate. Des voix républicaines commencent à s’élever, timidement mais distinctement. Le représentant Don Bacon du Nebraska, un républicain, a déclaré que les ambitions de Trump sur le Groenland pourraient déclencher des efforts de destitution bipartisans. « Ce serait la fin de sa présidence », a-t-il dit aux journalistes. Ces mots, venant d’un membre du propre parti de Trump, pèsent lourd. Le sénateur Rand Paul du Kentucky, pourtant souvent aligné avec Trump sur les questions de politique étrangère, a révélé dimanche sur Meet the Press que l’effort d’acquisition du Groenland n’a « aucun soutien républicain ». « Sur les pouvoirs de guerre, ou sur l’invasion militaire du Groenland, je n’ai entendu aucun soutien républicain pour cela », a-t-il précisé. Quand Rand Paul vous dit que vous allez trop loin, c’est que vous êtes vraiment allé trop loin. La sénatrice Lisa Murkowski de l’Alaska a qualifié ces tarifs d’« inutiles, punitifs et une erreur profonde ». Le sénateur Thom Tillis de Caroline du Nord a averti que « continuer sur cette voie est mauvais pour l’Amérique, mauvais pour les entreprises américaines et mauvais pour les alliés de l’Amérique ».
Une délégation bipartisane de législateurs américains s’est rendue à Copenhague ce week-end pour tenter de limiter les dégâts. Le sénateur démocrate Chris Coons du Delaware, qui dirigeait la délégation, a déclaré que le « tempo des déclarations » de l’administration Trump autour de l’acquisition potentielle du Groenland n’était « pas constructif ». Il a exprimé son respect pour le peuple autochtone du Groenland, qualifiant leur culture de « digne d’un profond respect ». « J’espère que le peuple du Royaume du Danemark n’abandonnera pas sa foi dans le peuple américain », a-t-il ajouté. Ces mots révèlent l’ampleur du désastre diplomatique. Des législateurs américains contraints de s’excuser auprès d’alliés pour le comportement de leur propre président. La sénatrice Murkowski a insisté : « Vous ne pouvez pas permettre que cela devienne une question partisane. Le soutien à nos amis et alliés ne devrait pas l’être. » Mais dans l’Amérique de Trump, tout est devenu partisan. Même la santé mentale du commandant en chef.
Je regarde ces républicains qui osent enfin parler, et je me demande : où étiez-vous avant? Où étiez-vous quand il a tenté de renverser une élection? Où étiez-vous quand il a incité à l’insurrection? Il aura fallu qu’il menace d’envahir le Groenland pour un prix Nobel pour que certains commencent à douter. C’est à la fois rassurant — il y a donc une limite — et désespérant — cette limite est si loin, si incroyablement loin de ce qu’on considérait autrefois comme acceptable.
L’Europe unie face à la menace américaine
La réponse européenne à cette crise a été d’une rapidité et d’une unité remarquables. Les ambassadeurs des 27 nations de l’Union européenne se sont réunis en urgence dimanche pour coordonner leur réponse. Le président français Emmanuel Macron aurait demandé à l’UE d’activer son « instrument anti-coercition », surnommé le « bazooka commercial » — un mécanisme permettant d’imposer des représailles économiques massives contre tout pays utilisant le commerce comme arme de pression politique. Manfred Weber, président du groupe PPE au Parlement européen, a déclaré sur X que « compte tenu des menaces de Donald Trump concernant le Groenland, l’approbation n’est pas possible à ce stade » pour un accord commercial UE-États-Unis. En quelques jours, des mois de négociations commerciales ont été réduits en cendres. Les capitales européennes discutent maintenant de tarifs pouvant atteindre 108 milliards de dollars sur les produits américains. Une guerre commerciale totale se profile, non pas à cause de disputes économiques légitimes, mais parce qu’un homme n’a pas eu son prix.
Les marchés financiers ont immédiatement réagi. L’action Novo Nordisk du Danemark a chuté de 2,1%. Les géants du luxe français LVMH et Kering ont perdu respectivement 3,5% et 2,6%. Le pétrolier norvégien Equinor a dégringolé de 3,4%. Les analystes préviennent que cette incertitude pourrait paralyser les investissements pendant des mois, voire des années. « Bienvenue en 2026 », a commenté Ozan Özkural, fondateur de Tanto Capital. « Je pense que cela va être le genre d’année où nous allons beaucoup parler de ce que signifie de ne pas avoir les États-Unis qui jouent le jeu avec les alliés traditionnels. » Steven Durlauf, professeur à l’Université de Chicago, a averti que « ces actions représentent vraiment une fin de la crédibilité des engagements américains. Cela va avoir des effets néfastes sur l’économie mondiale. » Le coût réel de cette folie ne se mesure pas seulement en pourcentages boursiers. Il se mesure en confiance détruite, en alliances fragilisées, en décennies de diplomatie réduites en poussière.
Le 25e amendement : pourquoi ça ne marchera probablement pas
Un Cabinet de loyalistes et un Congrès paralysé
Soyons lucides. Les appels au 25e amendement sont symboliques plus qu’opérationnels. Pour que la Section 4 soit invoquée, il faudrait que le vice-président JD Vance et la majorité du Cabinet se retournent contre Trump. Autant demander à des courtisans de renverser leur roi. Chaque membre du Cabinet a été choisi pour sa loyauté indéfectible. Chacun sait que défier Trump signifie la fin de sa carrière politique. Personne ne prendra ce risque. Et même si, par miracle, le Cabinet se rebellait, Trump contesterait immédiatement la décision. L’affaire irait alors devant le Congrès, où il faudrait une majorité des deux tiers dans les deux chambres pour confirmer la destitution. Les républicains contrôlent la Chambre des représentants. La probabilité d’obtenir ces deux tiers? Proche de zéro. Le système politique américain, conçu pour empêcher les abus de pouvoir, semble impuissant face à un président qui repousse sans cesse les limites de l’acceptable.
Le représentant démocrate Al Green du Texas a prononcé un discours devant le Capitole plus tôt ce mois-ci, promettant de « faire tout ce qui est en mon pouvoir, y compris des efforts pour destituer Donald John Trump, pour tout ce qu’il a fait pour créer cette tache sur la citadelle de la démocratie ». Belle rhétorique. Mais la réalité politique est implacable. Une procédure d’impeachment nécessiterait une majorité simple à la Chambre pour voter les articles de mise en accusation, puis une majorité des deux tiers au Sénat pour condamner. Trump a déjà survécu à deux impeachments. Il survivrait probablement à un troisième. Le système est grippé. Les institutions sont paralysées. Et pendant ce temps, le président continue de publier des messages délirants sur Truth Social, y compris une carte montrant les États-Unis ayant absorbé le Groenland, le Canada et le Venezuela. Lars-Christian Brask, vice-président du parlement danois, a suggéré au Sénat et à la Chambre américains de « commencer à… » — il n’a pas terminé sa phrase. Tout le monde a compris ce qu’il voulait dire.
Vous savez ce qui me frappe le plus dans cette histoire? C’est l’impuissance. L’impuissance de voir un homme manifestement instable diriger la première puissance mondiale. L’impuissance de constater que les garde-fous institutionnels ne fonctionnent pas. L’impuissance face à un système politique où la loyauté partisane prime sur l’intérêt national. Et je me demande : que faudra-t-il pour que ça change? Qu’est-ce qui sera assez grave pour briser cette paralysie? Je n’ai pas de réponse. Et ça me terrifie.
Les réseaux sociaux en ébullition
Si les institutions sont paralysées, l’opinion publique, elle, bouillonne. Les réseaux sociaux ont explosé après la publication de la lettre de Trump. Rick Wilson du Lincoln Project, un groupe de républicains anti-Trump, a écrit que « la nouvelle gigantesque crise de colère de Trump concernant la Norvège est profondément en territoire du 25e amendement. À ce stade, le territoire du 25e amendement est loin dans le rétroviseur et nous descendons de plus en plus dans la folie. » L’ancien représentant républicain Joe Walsh a été plus direct : « 25e amendement. Maintenant. » L’activiste Shannon Watts a publié un message qui résume le sentiment de millions d’Américains : « C’est pour ÇA que le P***N de 25e AMENDEMENT EXISTE. » George Conway, avocat conservateur et critique virulent de Trump, a comparé la rhétorique présidentielle à celle d’Hitler. « Ils se fâchent tous quand vous dites ça, mais c’est un discours hitlérien. Congrès, ressaisissez-vous et retirez cette personne dangereuse et mauvaise du pouvoir avant qu’il ne soit trop tard. »
Sur Bluesky, l’artiste Andrea Junker a posé la question que beaucoup se posent : « Je pense qu’il vaut la peine de demander à nouveau — et sérieusement — à quoi exactement sert le 25e amendement si ce n’est pas pour ça? » Le Daily Beast a titré son éditorial : « Même selon les standards de Trump, sa dernière lettre est si dangereuse et si délirante qu’il n’y a plus aucune question que le président est mentalement ‘incapable d’exercer les pouvoirs et devoirs de sa fonction’, comme le stipule le 25e amendement. » L’activiste Melanie D’Arrigo a résumé l’absurdité de la situation : « Il va envahir le Groenland parce qu’on ne lui a pas donné le Prix Nobel de la Paix. Le monde est pris en otage par un bambin dérangé qui fait des crises de colère avec des armes nucléaires. » Ces voix ne sont pas celles de marginaux ou d’extrémistes. Ce sont des commentateurs politiques respectés, des anciens élus, des juristes. Et tous arrivent à la même conclusion : quelque chose ne va pas. Profondément pas.
Les enjeux géopolitiques : bien au-delà d'une crise de vanité
L’OTAN au bord du gouffre
Cette crise dépasse largement la question du 25e amendement ou de la santé mentale de Trump. Elle touche au cœur même de l’architecture de sécurité mondiale. L’OTAN, fondée en 1949, repose sur un principe fondamental : l’Article 5, qui stipule qu’une attaque contre un membre est une attaque contre tous. Si les États-Unis envahissaient le Groenland, territoire du Danemark, ils attaqueraient un allié de l’OTAN. L’alliance, qui a survécu à la Guerre froide, à l’effondrement de l’Union soviétique, aux tensions du XXIe siècle, serait instantanément détruite. Des décennies de coopération militaire, d’exercices conjoints, de partage de renseignements — tout cela réduit à néant par un caprice présidentiel. Les dirigeants européens l’ont dit clairement : toute tentative américaine de prendre le Groenland par la force signifierait « la fin de l’OTAN ». Et dans un monde où la Russie mène une guerre d’agression en Ukraine et où la Chine affirme ses ambitions territoriales, la disparition de l’OTAN serait une catastrophe géopolitique sans précédent.
L’ironie suprême, c’est que Trump justifie ses ambitions sur le Groenland par la nécessité de contrer la menace russe et chinoise. « Le Danemark ne peut pas protéger cette terre de la Russie ou de la Chine », écrit-il. Mais en menaçant le Danemark, en imposant des tarifs à huit alliés européens, en fracturant l’alliance atlantique, Trump fait exactement ce que Vladimir Poutine et Xi Jinping espèrent depuis des années. Il divise l’Occident. Il affaiblit l’OTAN. Il donne raison à ceux qui affirment que les États-Unis ne sont pas un partenaire fiable. « Paradoxalement, en essayant d’acquérir le Groenland, nous pourrions pousser nos alliés les plus importants à s’éloigner », note un analyste. « Le coût de cette politique est qu’elle renforce en fait les ennemis dont nous nous préoccupons. » Les services de renseignement russes et chinois n’auraient pas pu concevoir un meilleur scénario. Un président américain sabotant lui-même les alliances de son pays pour une question d’ego. C’est presque trop beau pour être vrai. Pour eux.
Je pense souvent à ces soldats américains enterrés en Normandie. À ces hommes qui ont donné leur vie pour libérer l’Europe. À cette alliance transatlantique forgée dans le sang et le sacrifice. Et je vois Trump, assis dans son bureau, prêt à tout détruire parce qu’il n’a pas eu son prix. Il y a quelque chose d’obscène là-dedans. Quelque chose qui dépasse la politique, qui dépasse les désaccords idéologiques. C’est une trahison. Pas d’un parti. Pas d’une idée. D’un héritage. De ceux qui sont morts pour que nous puissions vivre libres.
Le Groenland : ce que Trump ne comprend pas
Au cœur de cette tempête, il y a le Groenland lui-même. Un territoire de glace et de roche, quatre fois plus grand que la France, peuplé de seulement 56 000 âmes. Un peuple autochtone, les Inuits, qui vit sur cette terre depuis des millénaires. Une culture unique, façonnée par les conditions les plus extrêmes de la planète. Trump parle du Groenland comme d’un bien immobilier à acquérir. « Il n’y a pas de documents écrits, c’est seulement qu’un bateau a accosté là il y a des centaines d’années », écrit-il, comme si l’histoire d’un peuple pouvait être effacée d’un trait de plume. Les Groenlandais ont le droit à l’autodétermination. Leur territoire est autonome au sein du Royaume du Danemark. Ils choisissent leur propre gouvernement, gèrent leurs propres ressources, décident de leur propre avenir. Et cet avenir, ils ne veulent pas qu’il soit américain. Les pancartes dans les rues de Nuuk sont claires : « Nous façonnons notre avenir ». Pas Washington. Pas Trump. Eux.
La Première ministre du Groenland Múte B. Egede a été catégorique : le Groenland n’est pas à vendre. Le peuple groenlandais décidera de son propre destin, comme c’est son droit. Mais Trump ne comprend pas — ou refuse de comprendre — que certaines choses ne s’achètent pas. Un peuple n’est pas une propriété. Une culture n’est pas une marchandise. Une identité n’est pas négociable. Les manifestants qui ont bravé le froid à Nuuk ne protestaient pas seulement contre Trump. Ils affirmaient leur existence. Leur dignité. Leur droit à être autre chose qu’un pion sur l’échiquier géopolitique d’un milliardaire capricieux. « Le Groenland est déjà GRAND », proclamaient leurs pancartes, en référence moqueuse au slogan de Trump. Ils ont raison. Leur grandeur ne se mesure pas en dollars ou en kilomètres carrés. Elle se mesure en résilience, en survie, en dignité préservée face à l’arrogance des puissants.
Conclusion : L'Amérique face à son miroir
Une démocratie à l’épreuve
Cette crise du 25e amendement n’est pas vraiment une crise du 25e amendement. C’est une crise de la démocratie américaine elle-même. Un président peut-il dire et faire n’importe quoi sans conséquence? Les institutions peuvent-elles résister à un leader qui refuse de reconnaître leurs limites? La loyauté partisane peut-elle tout justifier, tout excuser, tout absoudre? Les réponses à ces questions détermineront l’avenir des États-Unis et, par extension, du monde libre. Car si l’Amérique peut élire — et réélire — un homme capable de menacer des alliés pour un prix Nobel refusé, que reste-t-il de ce qui faisait sa grandeur? Le « leader du monde libre » n’est leader que si le monde lui fait confiance. Et cette confiance, Trump la détruit méthodiquement, tweet après tweet, lettre après lettre, tarif après tarif. Les alliés regardent. Les adversaires prennent note. Et le monde se demande si l’Amérique est encore un partenaire fiable ou une source d’instabilité permanente.
Les appels au 25e amendement ne mèneront probablement nulle part. Le Cabinet ne se rebellera pas. Le Congrès ne bougera pas. Trump restera en poste, au moins jusqu’en 2028, peut-être plus longtemps si les institutions continuent de s’éroder. Mais ces appels ont une valeur. Ils disent : « Non, ce n’est pas normal. Non, ce n’est pas acceptable. Non, nous ne nous habituerons pas. » Ils créent un record historique. Dans cinquante ans, quand les historiens étudieront cette période, ils verront que des élus américains ont sonné l’alarme. Qu’ils ont vu le danger. Qu’ils ont essayé d’agir, même si le système ne leur en donnait pas les moyens. C’est peu. C’est insuffisant. Mais c’est quelque chose. Et dans les temps sombres, parfois, quelque chose vaut mieux que rien du tout.
Je termine cet article avec un sentiment étrange. Un mélange de colère et de fatigue. De révolte et de résignation. Trump a envoyé une lettre absurde. Des démocrates ont réclamé le 25e amendement. Des républicains ont murmuré leur désapprobation. Et demain? Demain, il y aura un nouveau tweet. Une nouvelle provocation. Une nouvelle crise. Le monde continuera de tourner au rythme des caprices d’un homme qui ne supporte pas qu’on lui refuse quelque chose. Et nous, spectateurs impuissants, nous continuerons de regarder. De commenter. De nous indigner. Jusqu’à quand? Je ne sais pas. Mais je sais une chose : quelque part au Groenland, un enfant inuit regarde la neige tomber. Il ne sait rien des Prix Nobel, des tarifs douaniers, des amendements constitutionnels. Il sait seulement que cette terre est la sienne. Et personne — personne — ne devrait avoir le droit de la lui prendre.
Ce qui nous attend
Les prochaines semaines seront décisives. Le 1er février 2026, les tarifs de 10% entreront en vigueur sur les huit pays européens ciblés. L’Union européenne prépare des représailles massives. Les négociations sont dans l’impasse. Trump doit s’exprimer au Forum économique mondial de Davos — un discours qui sera scruté par le monde entier. La Cour suprême américaine doit se prononcer sur la légalité des tarifs présidentiels. Chaque jour apporte son lot de rebondissements. Ce qui semblait impossible hier devient possible aujourd’hui. Et ce qui semble impossible aujourd’hui pourrait devenir réalité demain. Le 25e amendement ne sera probablement pas invoqué. Mais le simple fait qu’il soit discuté, débattu, réclamé par des élus, marque un tournant. Une ligne a été franchie. Reste à savoir si c’était la dernière ou simplement une de plus dans une longue série. L’avenir le dira. En attendant, le monde retient son souffle. Et le Groenland continue de résister, fier et glacial, à l’assaut de la folie des hommes.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements américain, danois et norvégien, déclarations publiques des élus et dirigeants politiques, publications sur les réseaux sociaux officiels des personnalités citées.
Sources secondaires : publications spécialisées et médias d’information reconnus internationalement incluant Newsweek, NBC News, CNN, CNBC, Fox News, Washington Examiner, HuffPost, The Daily Beast, MSNBC, Al Jazeera et Euronews.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Newsweek – Democrats Call to Invoke 25th Amendment Against Donald Trump – 20 janvier 2026
Publications sur X (Twitter) – Messages des sénateurs Ed Markey, des représentantes Yassamin Ansari, Sydney Kamlager-Dove et du représentant Eric Swalwell – 19-20 janvier 2026
Déclaration du Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre – Réponse à la lettre de Trump – 20 janvier 2026
Truth Social – Publications du président Donald Trump sur les tarifs et le Groenland – 17-20 janvier 2026
Sources secondaires
NBC News – Trump announces 10% tariff on eight European countries until there is a deal to buy Greenland – 17 janvier 2026
CNN – Trump threatens new tariffs on European allies over Greenland until deal reached – 17 janvier 2026
CNBC – Trump says 8 European nations face tariffs rising to 25% if Greenland isn’t sold to the U.S. – 17 janvier 2026
Fox News – House Democrat calls Trump extremely mentally ill after Greenland remarks – 20 janvier 2026
Washington Examiner – Ed Markey calls to invoke the 25th Amendment – 19 janvier 2026
HuffPost – U.S. Senator Says It About Trump: Invoke The 25th Amendment – 20 janvier 2026
The Daily Beast – Donald Trump’s Insane New Threat Leaves No Doubt: It’s Time for the 25th Amendment – 19 janvier 2026
MSNBC – Trump’s weird letter to Norway’s prime minister renews 25th Amendment talk – 20 janvier 2026
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