Mendier devant celui qui vous méprise
Une rencontre entre Zelensky et Trump est prévue à Davos. Sur le papier, c’est une opportunité diplomatique. En réalité, c’est une humiliation programmée. Trump ne cache pas son désintérêt pour l’Ukraine. Il préfère parler du Groenland. De ses tarifs. De ses victoires imaginaires. L’Ukraine? Un dossier parmi d’autres. Une case à cocher.
Zelensky devra sourire. Flatter. Négocier. Face à un homme qui considère les alliances comme des transactions commerciales. Qui mesure la valeur d’un pays à ce qu’il peut en tirer. Qui a déjà montré, lors de son premier mandat, qu’il était prêt à abandonner l’Ukraine pour un avantage politique. Le rapport de force est écrasant. Et Zelensky le sait.
Les garanties de sécurité fantômes
Officiellement, les discussions porteront sur les « garanties de sécurité » pour une Ukraine d’après-guerre. Des mots qui sonnent bien. Des concepts qui rassurent. Mais quelle valeur ont des garanties données par quelqu’un comme Trump? Quel crédit accorder aux promesses d’un homme qui publie les messages privés de Macron pour l’humilier?
Le chef du Conseil de sécurité nationale ukrainien, Rustem Umerov, rapporte que les discussions à Miami ont porté sur ces garanties et sur la reconstruction d’après-guerre. Des plans pour un futur hypothétique. Pendant que le présent brûle. Pendant que 145 drones frappent l’Ukraine chaque nuit. Pendant que des soldats meurent pour chaque mètre de territoire.
Les « garanties de sécurité » sont devenues la nouvelle excuse pour ne rien faire aujourd’hui. On parle d’après-guerre pour éviter de parler de la guerre. On promet des parapluies pour demain pendant qu’il pleut des bombes aujourd’hui. Zelensky connaît ce jeu. Il y a joué pendant quatre ans. Il sait que les promesses occidentales sont écrites sur du sable. Mais il n’a pas d’autre option que d’y croire — ou de faire semblant d’y croire.
L'Europe qui regarde ailleurs
Le Groenland plutôt que Kharkiv
Les dirigeants européens seront à Davos. Ils rencontreront Trump. Et de quoi parleront-ils? Du Groenland. Des tarifs douaniers. De leurs propres intérêts économiques. L’Ukraine? Elle sera mentionnée, bien sûr. En passant. Entre deux discussions sur les marchés financiers et le changement climatique.
Le Financial Times l’a révélé sans détours : les dirigeants européens préfèrent discuter du Groenland avec Trump plutôt que de l’Ukraine. C’est un aveu d’abandon. Une confession de lâcheté. L’Europe a choisi ses priorités. Et l’Ukraine n’en fait plus partie.
La confiance impossible
Un diplomate européen l’a dit crûment : « Comment peut-on s’asseoir et discuter de ses garanties de sécurité? On ne peut pas lui faire confiance. » Il parlait de Trump. Mais la phrase s’applique désormais à l’Occident tout entier. Comment l’Ukraine peut-elle faire confiance à des alliés qui l’abandonnent dès que leurs intérêts sont menacés?
Zelensky devra faire comme si. Comme si la confiance existait encore. Comme si les promesses avaient du sens. Comme si le soutien occidental était garanti. C’est le rôle d’un dirigeant en temps de guerre : maintenir l’espoir même quand il n’y en a plus. Inspirer la confiance même quand on a été trahi.
Zelensky est peut-être le dernier homme en Europe à croire encore à la solidarité occidentale. Ou peut-être qu’il fait semblant d’y croire, parce que l’alternative — reconnaître qu’on est seul — est trop terrifiante. À Davos, il jouera le jeu. Il remerciera pour l’aide reçue. Il demandera plus d’armes avec politesse. Il ne montrera pas sa colère, son amertume, son désespoir. Parce qu’un président qui mendie ne peut pas se permettre d’être en colère. Il doit sourire et tendre la main, encore et encore, jusqu’à ce que quelqu’un daigne la saisir.
Le message de Zelensky
L’innovation comme dernier espoir
Dans ses interventions, Zelensky met en avant l’innovation militaire ukrainienne. Les drones intercepteurs. Les systèmes de défense développés localement. La production de 1 500 FPV par jour. C’est sa façon de dire : nous ne sommes pas que des victimes. Nous sommes des combattants. Nous pouvons gagner si vous nous aidez.
Mais ce message a du mal à passer. Les élites de Davos préfèrent les discussions sur l’IA générative aux briefings sur les drones de combat. La guerre est sale. Elle fait peur. Elle rappelle que le monde n’est pas le salon feutré qu’ils aimeraient qu’il soit. Zelensky incarne cette réalité dérangeante. On l’écoute poliment. Puis on passe à autre chose.
Un appel dans le désert
Zelensky continuera d’appeler. De supplier. De convaincre. C’est son rôle. C’est son devoir envers les Ukrainiens qui se battent. Envers les mères qui ont perdu leurs fils. Envers les enfants qui grandissent dans les abris. Il ne peut pas abandonner. Même si le monde l’a abandonné.
À Davos, il prononcera probablement un discours puissant. Les applaudissements seront polis. Les promesses seront vagues. Et demain, les drones russes continueront de tomber sur l’Ukraine. Rien ne changera. Mais Zelensky aura essayé. Encore une fois. Parce que c’est tout ce qu’il peut faire.
Volodymyr Zelensky est l’homme le plus seul du monde. Il dirige un pays en guerre contre un empire. Il mendie l’aide de gens qui préfèrent parler d’autre chose. Il maintient l’espoir d’une nation alors que le sien s’effrite jour après jour. À Davos, il sera entouré de milliers de personnes. Et il sera seul. Absolument seul. Parce que personne dans ces salons dorés ne comprend vraiment ce qu’il vit. Personne ne sait ce que c’est de se réveiller chaque matin en se demandant combien de compatriotes sont morts cette nuit. Personne ne porte le poids qu’il porte. Et personne, apparemment, ne veut l’aider à le porter.
Sources
Sources primaires
Ukraine Crisis Media Center – Day 1,426: at Davos, EU leaders to discuss with Trump Greenland instead of Ukraine (20 janvier 2026)
Sources secondaires
Euronews – Europe’s impossible puzzle (20 janvier 2026)
Newsmax – Zelenskyy: Ukraine Expanding Air Defense With Interceptor Drones (19 janvier 2026)
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