Rwanda 1994: le silence complice de l’Occident
Avril 1994. Rwanda. En cent jours, 800 000 personnes sont massacrées. Huit cent mille. Des Tutsis, principalement. Tués à la machette. Dans des églises. Dans des écoles. Dans leurs propres maisons.
Et l’Europe? Elle regardait. Elle comptait. Elle délibérait.
Le général Roméo Dallaire, commandant de la mission de l’ONU sur place, avait envoyé un télégramme trois mois avant le génocide. Il alertait sur les caches d’armes. Sur les préparatifs du massacre. Il demandait des instructions. La réponse? Refusée. L’autorisation d’agir? Refusée.
« Si nous avions appelé ça un génocide, nous aurions été obligés d’agir », a avoué plus tard un responsable américain. L’Europe a fait pareil. Elle a joué sur les mots. « Actes de génocide ». Pas « génocide ». La nuance qui permet de dormir tranquille.
Srebrenica 1995: le plus grand massacre en Europe depuis l’Holocauste
Juillet 1995. Srebrenica. Bosnie. Une « zone de sécurité » protégée par l’ONU. Protégée. Le mot fait mal aujourd’hui.
370 soldats néerlandais étaient là. Sous-équipés. Sous-mandatés. Abandonnés par leur hiérarchie. Quand les forces de Ratko Mladić sont entrées dans l’enclave, ces soldats ont regardé. Ils ont filmé, même. Puis ils ont trinqué avec les bourreaux pendant que 8 372 hommes et adolescents bosniaques étaient systématiquement exécutés.
Le plus grand massacre sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale. Sous les yeux de l’Europe. Avec son accord tacite.
En 2002, le gouvernement des Pays-Bas a démissionné. Reconnaissance tardive d’un échec monumental. Mais les 8 372 morts? Toujours morts.
Huit mille trois cent soixante-douze. Ce n’est pas un chiffre. Ce sont des noms. Des visages. Des pères qui ne rentreront jamais. Des fils qu’on cherche encore dans les fosses communes. Et l’Europe nous parle aujourd’hui de « souveraineté territoriale » à propos du Groenland? L’Europe qui n’a pas su protéger une enclave de quelques kilomètres carrés en plein cœur de son continent?
Géorgie 2008: le premier avertissement ignoré
Août 2008. La Russie envahit la Géorgie. En cinq jours, c’est terminé. Moscou reconnaît l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Deux régions géorgiennes. Annexées de facto.
L’Europe? Elle a exprimé sa « profonde préoccupation ». Elle a appelé au « dialogue ». Elle a envoyé des observateurs.
Des observateurs. Pour observer quoi? L’occupation russe se consolider?
La Russie occupe toujours 20% du territoire géorgien. Dix-sept ans plus tard. Et l’Europe a appris quoi de cet épisode? Rien. Absolument rien.
Ukraine 2022-2026: la démonstration ultime de l'impuissance européenne
Trois ans de guerre, trois ans de promesses non tenues
Le 24 février 2022, la Russie lance son « opération militaire spéciale » contre l’Ukraine. L’Europe se réveille. Elle promet. Elle s’engage. Elle jure.
« Nous soutiendrons l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra. »
Vraiment?
Trois ans plus tard, l’Ukraine contrôle 82% de son territoire. La Russie en occupe 18%. La ligne de front bouge de 50 mètres par jour dans certains secteurs. Les pertes ukrainiennes s’élèvent à environ 400 000 hommes — dont 60 000 à 100 000 morts. Les pertes russes? 640 000 en dix-huit mois selon le général Burkhard, chef d’état-major des armées françaises.
Et les munitions européennes promises? Toujours en retard. Les chars? Compte-gouttes. Les avions? Des mois de débat pour chaque livraison. L’Europe aide l’Ukraine juste assez pour qu’elle ne perde pas. Jamais assez pour qu’elle gagne.
L’aveu d’échec du général Burkhard
En juin 2025, le général Thierry Burkhard l’a dit devant l’Assemblée nationale française: « Je crains que la Russie ne tienne cinq minutes de plus que nous. »
Cinq minutes. Voilà où on en est. L’Europe espère tenir cinq minutes de plus que l’adversaire. Pas gagner. Tenir. Survivre. Ne pas perdre trop vite.
Et cette même Europe veut donner des leçons à Donald Trump sur la défense des alliés?
Je vais vous dire ce que je pense vraiment. L’Europe n’a pas d’armée commune. Pas de volonté politique commune. Pas de stratégie commune. Elle a des communiqués. Des sommets. Des déclarations. Et pendant ce temps, des Ukrainiens meurent chaque jour. Chaque jour. Pendant que Bruxelles débat de la couleur des formulaires d’aide humanitaire.
Trump et le Groenland: au moins, lui dit ce qu'il veut
Une approche brutale mais honnête
Donald Trump veut le Groenland. Il le dit. Ouvertement. Sans hypocrisie. Sans faux-semblants.
« Les États-Unis ont besoin du Groenland pour leur sécurité nationale. »
C’est brutal? Oui. C’est choquant pour les bonnes âmes européennes? Certainement. Mais au moins, c’est clair.
Comparez avec l’Europe. Que veut-elle exactement? Personne ne sait. Elle veut « défendre la souveraineté ». Elle veut « protéger ses alliés ». Elle veut « maintenir l’ordre international ». De belles phrases. Vides de sens. Vides d’action.
Les arguments de sécurité nationale ont du sens
Le Groenland représente 1,5 million de tonnes de terres rares récupérables. Il possède l’équivalent de 28 milliards de barils d’hydrocarbures. Sa position stratégique en Arctique — face à une Russie de plus en plus agressive et une Chine qui étend son influence — en fait un enjeu géopolitique majeur.
Les États-Unis ont déjà une base militaire à Pituffik, dans le nord-ouest du territoire. Pendant la Guerre froide, des milliers de soldats américains y étaient stationnés. La présence américaine au Groenland n’est pas nouvelle. Elle est historique.
Trump propose d’investir massivement dans la région. De renforcer la défense de l’Arctique. De contrer l’expansion russe et chinoise. Qu’a proposé l’Europe ces dernières années? Le Danemark a annoncé un milliard d’euros pour la sécurité arctique. En réponse aux menaces américaines. Pas en anticipation. En réaction.
Toujours en réaction. Jamais en anticipation. C’est ça, l’Europe.
L'hypocrisie européenne dans toute sa splendeur
Des larmes pour le Groenland, du silence pour les autres
L’Europe s’indigne pour le Groenland. 85% des Groenlandais s’opposent à un rattachement aux États-Unis selon un sondage de janvier 2025. Très bien. Leur voix compte. Leur souveraineté mérite d’être défendue.
Mais où était cette défense de la souveraineté populaire quand les Géorgiens voulaient rejoindre l’Europe? Quand les Ukrainiens se faisaient tirer dessus sur Maïdan pour brandir un drapeau européen? Quand les Arméniens du Haut-Karabakh — 120 000 personnes — fuyaient leur terre ancestrale sous le regard impuissant de l’Europe?
L’Arménie était membre de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective avec la Russie. Quand l’Azerbaïdjan a attaqué, la Russie n’a rien fait. L’Europe non plus. Personne n’a rien fait. 120 000 réfugiés. Silence radio.
Le ministre portugais dit la vérité
Le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Rangel, a eu le courage de dire ce que tout le monde pense: « C’est peut-être un certain oubli et une moindre attention accordée à ce territoire qui expliquent certaines » convoitises américaines.
Oubli. Le mot est faible. Abandon serait plus juste.
L’Europe a abandonné le Groenland. Comme elle a abandonné l’Ukraine. Comme elle a abandonné la Géorgie. Comme elle a abandonné les Bosniaques de Srebrenica. Comme elle a abandonné les Tutsis du Rwanda.
Et maintenant, elle pleure. Elle s’indigne. Elle brandit des principes qu’elle n’a jamais appliqués.
Vous voulez que je vous dise ce qui me met vraiment en colère? Ce n’est pas Trump. Trump fait ce que font les grandes puissances depuis toujours: il défend ses intérêts. Ce qui me met en colère, c’est cette Europe qui joue les vierges effarouchées. Cette Europe qui découvre soudainement que la géopolitique existe. Cette Europe qui n’a de principes que quand ils ne coûtent rien.
Ce que l'Europe aurait dû faire — et n'a jamais fait
Une armée européenne: le fantasme éternel
Depuis des décennies, on parle d’une « défense européenne ». D’une « autonomie stratégique ». D’une « Europe de la défense ». Des mots. Toujours des mots.
La Coopération Structurée Permanente? Lancée en 2017, elle est restée « largement dormante pendant près d’une décennie » selon les experts. Le réarmement européen? Quand l’Ukraine a été attaquée, les capacités industrielles et militaires européennes se sont révélées insuffisantes. Résultat: les pays européens ont dû acheter leurs armes… aux États-Unis.
Oui, vous avez bien lu. L’Europe, qui veut s’émanciper de l’Amérique, achète ses armes à l’Amérique.
Une dépendance assumée masquée en indépendance
« L’Europe s’apparente, selon certains analystes, à un quasi-protectorat américain, tant sur le plan sécuritaire qu’industriel. »
Depuis février 2022, une très large majorité des équipements achetés par les pays européens l’ont été auprès d’industriels américains. Bien plus que d’entreprises européennes. L’Europe parle d’autonomie stratégique. Dans les faits, elle reste arrimée à l’OTAN. Et donc à Washington.
Et cette Europe-là veut donner des leçons à Trump?
La réaction européenne au Groenland: du bruit pour rien
Des soldats symboliques pour une défense symbolique
L’Europe envoie des soldats au Groenland. Combien? Une poignée. Pour faire quoi? De l’« exercice militaire ». Une « manœuvre danoise ». Un « signal ».
Trump a répondu que ce déploiement n’avait « aucun impact » sur son « objectif ». Et il a raison. Qu’est-ce que quelques dizaines de soldats européens vont changer face à la puissance américaine? Rien. Strictement rien.
C’est du théâtre. De la communication. Du spectacle pour les médias européens.
Des menaces de représailles commerciales
Trump a menacé huit pays européens de droits de douane allant jusqu’à 25% s’ils continuaient à s’opposer à ses projets. L’Europe a répondu qu’elle était « unie et coordonnée » et qu’elle avait des « instruments robustes » pour riposter.
Vraiment? Quels instruments? L’accord commercial UE-États-Unis signé à l’été 2025? Manfred Weber, chef de la droite au Parlement européen, a déjà dit qu’une approbation n’était « pas possible à ce stade ».
L’Europe va-t-elle vraiment entrer en guerre commerciale avec les États-Unis pour le Groenland? Alors qu’elle n’a pas été capable de maintenir ses sanctions contre la Russie sans contournements massifs?
Je vais être honnête avec vous. Je ne crois pas une seconde que l’Europe ira au bout de cette confrontation. Elle va faire du bruit. Elle va multiplier les déclarations. Elle va organiser des sommets. Et puis, dans quelques mois, elle trouvera un « compromis ». Un « accord ». Une « solution diplomatique ». Et Trump aura obtenu ce qu’il voulait — ou presque. Parce que c’est toujours comme ça. L’Europe parle. L’Amérique agit.
Ce que Moscou pense — et ce que ça révèle
Le Kremlin jubile
Pendant que l’Europe et l’Amérique se disputent sur le Groenland, la Russie observe. Et savoure.
« Le camp occidental se fracture », analysent les experts russes à la télévision. Certains y voient même « un début de retrait des États-Unis de l’OTAN ».
Vladimir Poutine avait considéré, il y a quelques mois, que les revendications de Trump sur le Groenland n’avaient « rien d’extravagant ». Normal: chaque fissure dans l’alliance occidentale est une victoire pour Moscou.
L’ironie de la situation
L’Europe envoie des soldats au Groenland pour contrer les États-Unis. Pendant ce temps, elle peine à envoyer suffisamment d’armes en Ukraine pour contrer la Russie.
Vous saisissez l’absurdité?
L’Europe se mobilise contre son allié historique. Elle traîne des pieds face à son ennemi déclaré. C’est ça, la « défense européenne » en 2026.
La vraie question que personne ne pose
Pourquoi l’Europe réagit-elle maintenant?
Pas pour le Groenland. Pas pour les 56 000 Groenlandais. Pas pour la « souveraineté ». L’Europe réagit parce que c’est Trump. Parce que c’est l’Amérique. Parce que c’est facile.
S’opposer à Trump, c’est populaire. Ça ne coûte rien. Ça permet de se draper dans les grands principes sans risquer quoi que ce soit.
S’opposer à Poutine? C’est dangereux. Ça coûte cher. Ça demande du courage. Alors l’Europe fait le minimum. Elle envoie des « signaux ». Elle exprime des « préoccupations ». Elle « condamne fermement ».
Mais agir? Vraiment agir? Non. Jamais.
La leçon que l’Europe refuse d’apprendre
La guerre en Géorgie en 2008, l’annexion de la Crimée en 2014 auraient dû déclencher un sursaut européen. Ce ne fut pas le cas. L’Europe n’a « pas véritablement tiré les leçons des alertes successives », constatent les analystes.
Et elle ne les tirera pas non plus de l’épisode du Groenland. Dans quelques mois, quand la tempête médiatique sera passée, tout le monde aura oublié. Le Groenland retournera dans l’anonymat. L’Europe continuera de promettre sans tenir. Et le prochain Trump — ou le prochain Poutine — trouvera de nouvelles failles à exploiter.
Je termine cet article avec un goût amer. Pas à cause de Trump. Trump est ce qu’il est: un homme de pouvoir qui défend les intérêts de son pays. Non, ce qui me laisse amer, c’est cette Europe qui n’existe que dans les discours. Cette Europe qui parle de valeurs qu’elle ne défend pas. Cette Europe qui s’indigne pour le Groenland mais qui regardait ailleurs pendant Srebrenica. Pendant le Rwanda. Pendant la Géorgie. Pendant l’Ukraine.Huit mille morts à Srebrenica. Huit cent mille au Rwanda. Des centaines de milliers en Ukraine. Et l’Europe veut nous donner des leçons de morale à propos d’une île où personne n’a tiré un seul coup de feu?Non. Vraiment. Non.
Conclusion: l'Europe des principes à géométrie variable
L’Europe a des principes. De beaux principes. Souveraineté. Intégrité territoriale. Droit international. Autodétermination des peuples.
Mais ces principes ne s’appliquent que quand c’est pratique. Que quand ça ne coûte rien. Que quand l’adversaire est un allié qu’on peut critiquer sans risque.
Face à Trump? L’Europe brandit ses principes.
Face à Poutine? L’Europe cherche des « compromis ».
Face aux génocides? L’Europe « observe » et « condamne ».
C’est ça, la réalité. Pas les discours. Pas les déclarations. La réalité.
Et cette réalité, Trump l’a comprise. Poutine l’a comprise. Même Xi Jinping l’a comprise.
Le seul qui ne l’a pas encore compris, c’est le citoyen européen qu’on berce de belles paroles.
Jusqu’à quand?
Sources
Sources primaires:
Sondage Sermitsiaq sur l’opinion des Groenlandais, janvier 2025
Déclarations de Donald Trump sur Truth Social, janvier 2026
Communiqué des sept dirigeants européens, janvier 2026
Audition du général Thierry Burkhard devant la Commission de la Défense, juin 2025
Rapport de la Commission européenne sur l’élargissement, novembre 2025
Sources secondaires:
FranceInfo, « Groenland: vue depuis la Russie », janvier 2026
Radio-Canada, « Groenland: l’Europe muscle sa réplique à Trump », janvier 2026
ToutelEurope.eu, « Donald Trump menace à nouveau d’annexer le Groenland », janvier 2026
Nations Unies, « Journée internationale de réflexion sur le génocide de Srebrenica »
Institut Montaigne, « Guerre en Ukraine, deux ans après », février 2024
Diploweb.com, « La guerre russo-ukrainienne peut-elle s’étendre à l’Europe », janvier 2026
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