Le Qatar : de médiateur à participant
Le Qatar occupe une place particulière dans cette coalition. Cet émirat du Golfe, qui a joué un rôle crucial de médiateur dans les négociations pour le cessez-le-feu à Gaza, passe désormais de l’autre côté de la table. En rejoignant le Conseil de la Paix, Doha s’engage activement dans la reconstruction du territoire palestinien — une tâche qui nécessitera des milliards de dollars d’investissement. Le Qatar, avec ses immenses réserves financières issues du gaz naturel, est bien placé pour jouer ce rôle.
Mais l’adhésion qatarie comporte aussi des risques. Le Qatar a longtemps été perçu comme un soutien du Hamas, hébergeant certains de ses dirigeants et finançant des projets dans la bande de Gaza. En rejoignant un Conseil qui inclut Israël et qui est présidé par Trump — pas exactement un ami du mouvement islamiste — Doha prend ses distances avec cette image. C’est peut-être le prix à payer pour avoir une place à la table des décisions. C’est certainement un calcul que l’émir a longuement pesé.
Le Qatar a bâti sa réputation sur la médiation. En rejoignant le Conseil de la Paix, il mise désormais sur l’action.
La Turquie : Erdogan choisit le pragmatisme
L’adhésion de la Turquie est peut-être la plus surprenante de toutes. Le président Recep Tayyip Erdogan a été l’un des critiques les plus virulents de la politique israélienne à Gaza. Il a comparé Netanyahu à Hitler. Il a rompu les relations commerciales avec Israël. Il a multiplié les déclarations incendiaires contre le soutien américain à l’État hébreu. Et pourtant, le voilà qui rejoint une initiative de Trump aux côtés de ce même Israël.
Ce retournement s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la Turquie a des intérêts économiques majeurs dans la région. La reconstruction de Gaza représente des contrats de plusieurs milliards de dollars pour les entreprises turques du BTP. Ensuite, Ankara cherche à améliorer ses relations avec Washington, dégradées ces dernières années par les achats de missiles russes et le rapprochement avec Moscou. Enfin, Erdogan est un pragmatique. Il sait que protester depuis l’extérieur ne change rien. Être à l’intérieur du Conseil lui donne une voix pour défendre la cause palestinienne.
L’Égypte et la Jordanie : les voisins incontournables
L’adhésion de l’Égypte et de la Jordanie était presque inévitable. Ces deux pays partagent des frontières avec Israël et les territoires palestiniens. Ils ont été directement affectés par le conflit à Gaza — l’Égypte par les pressions pour ouvrir le passage de Rafah, la Jordanie par l’afflux de réfugiés potentiel. Ils ont tous deux signé des traités de paix avec Israël il y a des décennies. Pour eux, le Conseil de la Paix n’est pas une rupture mais une continuité.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi voit dans le Conseil une opportunité de renforcer le rôle de l’Égypte comme acteur central de la politique régionale. Le Caire a toujours ambitionné d’être le pont entre le monde arabe et l’Occident. Le Conseil de la Paix lui offre une plateforme pour jouer ce rôle. Quant à la Jordanie, pays fragile coincé entre des voisins puissants, elle n’a tout simplement pas le luxe de rester en dehors d’une initiative qui façonnera l’avenir de la région.
L’Égypte et la Jordanie n’avaient pas vraiment le choix. Quand on vit à côté du feu, on ne peut pas se permettre d’ignorer ceux qui tentent de l’éteindre.
L’Arabie saoudite et les Émirats : les puissances financières
L’adhésion de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis apporte au Conseil de la Paix ce dont il a le plus besoin : de l’argent. Beaucoup d’argent. Ces deux monarchies du Golfe disposent de fonds souverains colossaux, accumulés grâce aux décennies de revenus pétroliers. La reconstruction de Gaza — estimée à des dizaines de milliards de dollars — ne peut pas se faire sans leur participation financière. Trump le sait. C’est probablement pourquoi leur adhésion était une condition préalable au lancement du Conseil.
Pour l’Arabie saoudite, rejoindre le Conseil s’inscrit dans la stratégie de Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane. Cette stratégie vise à diversifier l’économie saoudienne et à projeter une image moderne et réformiste du royaume. Participer à la reconstruction de Gaza sous leadership américain renforce cette image. Pour les Émirats, qui ont déjà normalisé leurs relations avec Israël via les accords d’Abraham, le Conseil est une extension logique de cette politique d’ouverture.
Le Pakistan et l’Indonésie : les géants démographiques
L’adhésion du Pakistan et de l’Indonésie donne au Conseil de la Paix une dimension véritablement mondiale. Ces deux pays, à eux seuls, représentent plus de 500 millions de musulmans. Leur participation signifie que l’initiative de Trump n’est pas seulement une affaire moyen-orientale. C’est une entreprise qui concerne l’ensemble du monde islamique, de Karachi à Jakarta.
Pour le Pakistan, l’adhésion est particulièrement significative. Ce pays, puissance nucléaire et rival historique de l’Inde, a toujours été un fervent défenseur de la cause palestinienne. Rejoindre un Conseil qui inclut Israël représente un virage important. Mais Islamabad a ses propres calculs. Le Pakistan cherche à se rapprocher des États-Unis après des années de tensions liées à l’Afghanistan. Le Conseil de la Paix offre une opportunité de réparation. Quant à l’Indonésie, sa participation renforce sa stature de puissance régionale responsable, capable de s’engager sur les grands dossiers internationaux au-delà de son voisinage immédiat.
Avec le Pakistan et l’Indonésie, le Conseil de la Paix devient véritablement global. Trump n’a pas seulement uni le Moyen-Orient. Il a uni le monde musulman.
Section 2 : Les motivations derrière cette adhésion collective
L’accès à la table des décisions
Pourquoi ces huit nations ont-elles accepté de rejoindre une initiative aussi controversée ? La réponse la plus simple est aussi la plus vraie : pour avoir une place à la table. Comme l’explique l’analyste Andreas Krieg, rejoindre le Conseil de la Paix offre un siège dans la salle où se négocient les contrats, les corridors, les points de passage et les calendriers. Dans le monde de la diplomatie, être présent vaut mieux qu’être absent. Influencer de l’intérieur vaut mieux que protester de l’extérieur.
La reconstruction de Gaza représente des enjeux financiers colossaux. Des dizaines de milliards de dollars vont être investis dans les infrastructures, le logement, l’énergie, l’eau. Les entreprises des pays membres du Conseil seront naturellement favorisées pour décrocher ces contrats. Les pays qui restent en dehors se retrouveront exclus de cette manne. C’est un calcul froidement économique, mais c’est un calcul qui pèse lourd dans la décision des gouvernements.
La protection américaine
Il y a aussi une dimension sécuritaire dans ces adhésions. Les États-Unis restent la superpuissance mondiale. Leur protection — ou son absence — peut faire la différence entre la survie et l’effondrement pour certains régimes. En rejoignant le Conseil de la Paix, ces pays se rapprochent de Washington. Ils s’assurent les bonnes grâces d’une administration Trump connue pour récompenser ses amis et punir ses ennemis.
Cette considération est particulièrement importante pour des pays comme l’Arabie saoudite ou les Émirats, qui font face à des menaces régionales — notamment de l’Iran. Le parapluie sécuritaire américain reste leur meilleure garantie. En s’engageant dans le Conseil de la Paix, ils renforcent cette alliance. Ils montrent à Trump qu’ils sont des partenaires fiables. Et ils espèrent qu’en retour, les États-Unis resteront engagés dans leur défense.
Dans un monde incertain, s’allier à la superpuissance n’est pas de la servilité. C’est de la survie.
L’espoir de faire avancer la cause palestinienne
Mais réduire ces adhésions à de simples calculs d’intérêt serait injuste. Il y a aussi, chez ces nations, un espoir sincère que le Conseil de la Paix puisse accomplir ce que l’ONU n’a pas réussi : apporter une solution au conflit israélo-palestinien. Des décennies de résolutions, de condamnations, de médiations n’ont abouti à rien. Gaza est en ruines. Les Palestiniens souffrent. Et le statu quo est intenable.
Le Conseil de la Paix offre une approche différente. Plutôt que de s’enliser dans des discussions interminables au Conseil de sécurité, paralysé par les vetos, il propose une action directe. Reconstruction. Stabilisation. Gouvernance. Des résultats concrets plutôt que des déclarations de principe. Pour des pays qui ont vu l’échec répété des approches traditionnelles, cette promesse d’efficacité est séduisante. Même si elle implique de travailler avec Israël. Même si elle implique de suivre le leadership de Trump.
Section 3 : Les implications pour l'équilibre régional
Un camouflet pour l’Iran
L’adhésion de ces huit nations au Conseil de la Paix est une mauvaise nouvelle pour l’Iran. La République islamique s’est toujours présentée comme le champion de la cause palestinienne, dénonçant les régimes arabes qui normalisent leurs relations avec Israël. Voir ses rivaux du Golfe rejoindre une initiative américaine aux côtés de l’État hébreu est un camouflet diplomatique majeur.
Téhéran n’a pas été invité au Conseil de la Paix. Et même s’il l’avait été, il est difficile d’imaginer le régime des mollahs accepter de s’asseoir à côté de Netanyahu sous la présidence de Trump. L’Iran se retrouve donc isolé. Son discours de résistance à l’impérialisme américain et au sionisme perd de sa crédibilité quand la plupart des grandes nations musulmanes choisissent de collaborer avec Washington. C’est peut-être l’un des objectifs non avoués du Conseil : marginaliser l’Iran en construisant une coalition régionale dont il est exclu.
L’Iran se voulait le porte-parole du monde musulman. Il se retrouve aujourd’hui isolé et marginalisé.
Une accélération de la normalisation avec Israël
Le Conseil de la Paix pourrait accélérer un processus déjà en cours : la normalisation des relations entre les pays arabes et Israël. Les accords d’Abraham, signés en 2020 sous le premier mandat de Trump, avaient ouvert la voie en établissant des relations diplomatiques entre l’État hébreu et les Émirats, Bahreïn, le Maroc et le Soudan. Le Conseil va plus loin : il place ces pays dans un cadre institutionnel commun, où ils devront collaborer quotidiennement.
L’Arabie saoudite, qui n’a toujours pas officiellement normalisé ses relations avec Israël, se retrouve désormais dans le même forum que Netanyahu. C’est un pas de facto vers la reconnaissance, même si Riyad continue officiellement à conditionner toute normalisation à des progrès sur la question palestinienne. Le Pakistan, qui n’a jamais reconnu Israël, se trouve dans la même situation. Ces lignes rouges historiques sont en train d’être effacées, doucement mais sûrement.
Un nouveau pôle de pouvoir au Moyen-Orient
Le Conseil de la Paix pourrait devenir le noyau d’un nouveau système de sécurité régionale au Moyen-Orient. Un système où les États-Unis jouent le rôle d’arbitre, où Israël et les monarchies du Golfe coopèrent ouvertement, où l’Iran et ses alliés — Hezbollah, Hamas, milices irakiennes — se retrouvent marginalisés. C’est la vision que Trump a toujours promue. Et avec l’adhésion de ces huit nations, cette vision prend forme concrète.
Ce nouveau système aura des implications profondes pour la stabilité régionale. D’un côté, il pourrait réduire les tensions entre les pays membres, créer des mécanismes de dialogue et de résolution des conflits, favoriser le développement économique. De l’autre, il pourrait exacerber les tensions avec l’Iran, pousser Téhéran à des actions désespérées, créer de nouvelles lignes de fracture. L’avenir dira laquelle de ces dynamiques l’emportera.
Le Moyen-Orient est en train de se reconfigurer sous nos yeux. Et c’est Trump qui tient le crayon.
Section 4 : Les défis qui attendent cette coalition
La question palestinienne reste entière
Malgré l’enthousiasme affiché, des questions fondamentales restent sans réponse. La déclaration commune des huit nations mentionne l’autodétermination palestinienne. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Un État palestinien ? Avec quelles frontières ? Quelle capitale ? Quel statut pour les réfugiés ? Sur tous ces points, les positions des membres du Conseil divergent profondément. Israël refuse un État palestinien. L’Arabie saoudite en fait une condition de la normalisation. Comment ces contradictions seront-elles résolues ?
Le risque est que le Conseil de la Paix se concentre sur la reconstruction matérielle de Gaza tout en évitant les questions politiques difficiles. Reconstruire des immeubles est plus facile que résoudre un conflit centenaire. Mais sans solution politique, à quoi bon reconstruire ? Les immeubles seront détruits à nouveau dans le prochain conflit. C’est le cercle vicieux que le Moyen-Orient connaît depuis des décennies. Le Conseil de la Paix a-t-il vraiment les moyens de le briser ?
La cohésion de la coalition à l’épreuve
Les huit nations qui ont rejoint le Conseil ne partagent pas les mêmes intérêts. L’Arabie saoudite et le Qatar étaient en conflit ouvert il y a quelques années. La Turquie d’Erdogan a des relations tendues avec plusieurs de ses partenaires. Le Pakistan et les monarchies du Golfe ont des priorités régionales différentes. Maintenir la cohésion de cette coalition dans la durée sera un défi permanent.
L’histoire des coalitions internationales est jalonnée d’échecs. Les intérêts divergent. Les leaders changent. Les circonstances évoluent. Ce qui semblait une alliance solide se fissure au premier désaccord sérieux. Le Conseil de la Paix devra naviguer ces écueils avec habileté. Et il devra le faire sous le leadership imprévisible de Donald Trump, ce qui ajoute une couche supplémentaire d’incertitude.
Huit nations ont dit oui aujourd’hui. La vraie question est : combien diront oui demain, quand les difficultés commenceront ?
Conclusion : Un tournant historique dont les conséquences restent à écrire
Le monde musulman a fait son choix
Ce qui s’est passé ce 21 janvier 2026 est véritablement historique. Pour la première fois, les grandes puissances du monde musulman — à l’exception notable de l’Iran — ont choisi de s’unir derrière une initiative américaine pour le Moyen-Orient. Elles ont accepté de travailler avec Israël. Elles ont reconnu, implicitement, que les méthodes traditionnelles avaient échoué et qu’il fallait essayer quelque chose de nouveau. C’est un pari risqué. C’est aussi, peut-être, la seule voie vers une paix durable.
Les critiques ne manqueront pas de souligner les contradictions, les ambiguïtés, les risques de cette démarche. Ils auront raison sur de nombreux points. Mais ils oublieront l’essentiel : l’alternative — l’inaction, le statu quo, les déclarations de principe sans effet — a été essayée pendant des décennies. Elle n’a produit que mort et destruction. Si le Conseil de la Paix offre une chance, même infime, de briser ce cycle, alors peut-être vaut-il la peine d’être tenté.
L’avenir se joue maintenant
Les prochains mois seront décisifs. La cérémonie de signature du Conseil de la Paix est prévue pour jeudi à Davos. Les premiers travaux de reconstruction de Gaza devraient commencer dans les semaines qui suivent. Les négociations politiques, plus délicates, prendront plus de temps. Mais le processus est lancé. Et une fois lancé, il sera difficile de l’arrêter.
Les huit nations qui ont dit oui ont pris un engagement historique. Elles ont lié leur destin à celui du Conseil de la Paix, pour le meilleur ou pour le pire. Si le Conseil réussit, elles seront célébrées comme les artisans d’une paix nouvelle. S’il échoue, elles seront critiquées pour avoir abandonné leurs principes sans rien obtenir en retour. L’histoire jugera. En attendant, elles ont fait le choix de l’action plutôt que celui de l’inaction. Et dans un Moyen-Orient meurtri par des décennies de conflit, ce choix mérite d’être salué.
Huit nations ont osé croire à la paix. Le monde entier devrait espérer qu’elles ont raison.
Sources
Sources primaires
India Today – 8 Islamic nations agree to join Trump Board of Peace – 22 janvier 2026
Dawn – Pakistan, 7 Muslim countries announce decision to join Trump’s Board of Peace – 21 janvier 2026
Tribune India – 8 Islamic countries agree to join Trump’s Board of Peace – 22 janvier 2026
Sources secondaires
Al Jazeera – Trump’s board of peace: Who has joined, who hasn’t and why – 21 janvier 2026
CBS News – As many as 25 nations have signed onto Trump’s Board of Peace – 21 janvier 2026
NPR – Countries invited to join Trump’s Board of Peace react with apprehension – 21 janvier 2026
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