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La fin du monde tel qu’on le connaissait: l’ordre international s’effondre et personne ne peut plus faire semblant
Crédit: Adobe Stock

La fiction confortable enfin nommée pour ce qu’elle était

Mark Carney a utilisé une image qui restera gravée dans les manuels d’histoire diplomatique. Il a parlé de fiction. L’ordre mondial basé sur les règles, a-t-il expliqué devant une assemblée médusée de chefs d’État, de PDG et de ministres, était une fiction. Son pouvoir ne venait pas de sa vérité intrinsèque, mais de la volonté collective de chacun des participants de faire comme si elle était vraie. Une pièce de théâtre élaborée où tout le monde — absolument tout le monde — jouait consciencieusement son rôle sans jamais mentionner que le décor était en carton-pâte et que les accessoires étaient factices. « La puissance du système ne vient pas de sa véracité », a précisé le premier ministre canadien, « mais de la volonté de chacun de jouer le jeu comme s’il était vrai. Et sa fragilité vient exactement de la même source. Quand une seule personne arrête de jouer le jeu, l’illusion commence à se fissurer. » Ces mots-là, prononcés dans l’enceinte dorée de Davos, sonnent comme un acte de décès officiel.

« Nous avons participé aux rituels », a poursuivi Carney avec une franchise désarmante qui a laissé son auditoire sans voix. « Et nous avons largement évité de pointer du doigt les écarts béants entre la rhétorique officielle et la réalité des faits. Ce marché tacite ne fonctionne plus. Laissez-moi être direct avec vous: nous sommes au milieu d’une rupture, pas d’une transition. » La nuance est capitale. Une transition implique une continuité, un passage ordonné d’un état à un autre, une évolution maîtrisée. Une rupture est tout le contraire: c’est un effondrement brutal, une cassure nette, un avant et un après irréconciliables. Le premier ministre du Canada — un pays dont la sécurité dépend entièrement de son voisin américain — vient de dire publiquement que le système international tel qu’on le connaissait depuis 1945 a cessé d’exister. Pas qu’il va cesser d’exister. Qu’il a déjà cessé d’exister.

Tu sais ce qui me frappe le plus dans ces mots? La lucidité brutale. Pendant des décennies, les dirigeants occidentaux ont répété les mêmes formules creuses — souveraineté des nations, respect du droit international, résolution pacifique des conflits, multilatéralisme, coopération — tout en sachant pertinemment que ces beaux principes s’appliquaient selon les circonstances. Selon qui violait quoi. Selon les intérêts en jeu. Selon la couleur de peau des victimes. Et là, quelqu’un au sommet de la hiérarchie politique mondiale dit enfin la vérité: on savait. On faisait tous semblant. C’est fini. On ne peut plus.

Trump à Davos: le nouveau monde selon Donald, sans filtre ni diplomatie

Le mercredi 22 janvier 2026, le président Donald Trump a pris la parole devant le Forum économique mondial. Et il n’a rien caché. Absolument rien. Aucun vernis diplomatique. Aucune précaution oratoire. Aucune concession aux usages et aux convenances qui régissent habituellement ce type d’événements internationaux. Il a évoqué l’opération au Venezuela avec une satisfaction non dissimulée, presque jubilatoire. Il a qualifié l’Europe de faible, de dépendante, d’incapable de se défendre elle-même. Il a critiqué les alliés de l’OTAN pour leur insuffisance de contribution aux dépenses militaires. Et surtout — surtout — il a martelé sa volonté inébranlable de s’emparer du Groenland, quoi qu’en pensent les Groenlandais eux-mêmes ou le Danemark dont ils dépendent administrativement.

Les mots exacts du président américain méritent d’être gravés dans le marbre de l’histoire diplomatique contemporaine. Ils méritent d’être lus, relus, et médités longuement: « Nous voulons un morceau de glace pour la protection mondiale. Et ils ne veulent pas le donner. Alors ils ont un choix. Vous pouvez dire oui, et nous serons très reconnaissants. Ou vous pouvez dire non, et nous nous en souviendrons. » Nous nous en souviendrons. Ce n’est pas une négociation entre partenaires égaux. Ce n’est pas une discussion commerciale un peu musclée. Ce n’est pas un désaccord diplomatique qu’on règle autour d’une table. C’est un ultimatum pur et simple. Adressé à un allié. Devant les caméras du monde entier. Sans la moindre gêne. Sans la moindre hésitation. Avec la certitude tranquille de celui qui sait que personne n’osera vraiment s’opposer à lui.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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