Les pertes humaines
Le rapport quotidien de l’État-major ukrainien pour le 19 janvier détaille les pertes russes sur 24 heures. Plus de 1 000 soldats « éliminés ». C’est au-dessus de la moyenne quotidienne, qui oscille généralement entre 800 et 1 200 selon les jours. Les combats intenses dans certains secteurs — notamment autour de Kupyansk et dans le Donbass — expliquent ce pic.
Ces chiffres incluent les morts sur le coup, les blessés graves qui succombent à leurs blessures, et probablement une partie des disparus présumés morts. La méthodologie exacte n’est pas publique, ce qui soulève des questions sur la fiabilité. Mais les tendances sont cohérentes avec les observations des analystes indépendants et les sources de renseignement occidentales.
Les pertes matérielles
Au-delà des pertes humaines, les pertes matérielles russes sont également considérables. Le rapport du 19 janvier fait état de 170 véhicules détruits ou endommagés en une seule journée. Cela inclut des chars, des véhicules blindés, des systèmes d’artillerie, des drones et d’autres équipements. Le cumulatif est vertigineux : plus de 11 500 chars, 23 900 véhicules blindés, 36 200 systèmes d’artillerie.
Ces pertes matérielles sont peut-être encore plus significatives que les pertes humaines sur le plan stratégique. La Russie peut — avec cynisme — remplacer les soldats en mobilisant davantage. Mais elle ne peut pas remplacer facilement les équipements. Les usines produisent quelques centaines de chars neufs par an. Les pertes dépassent largement ce rythme. La Russie puise dans ses réserves de vieux matériel, de plus en plus obsolète.
170 véhicules en un jour. Imaginez ce que cela représente. Des dizaines de chars transformés en cercueils d’acier. Des véhicules blindés réduits en ferraille fumante. Des camions de ravitaillement explosés sur les routes. Chaque véhicule détruit, c’est une mission russe qui échoue, une unité immobilisée, des soldats sans protection ni mobilité. L’Ukraine ne peut pas égaler la Russie en nombre. Mais elle peut saigner l’armée russe à blanc, un véhicule à la fois, un jour à la fois.
Les pertes cumulatives : le tableau d'ensemble
Plus de 1,2 million de victimes
Depuis le 24 février 2022, la Russie a perdu — selon les chiffres ukrainiens — plus de 1 227 000 soldats « éliminés ». C’est un chiffre stupéfiant. Pour donner une échelle de comparaison, c’est plus que la population de nombreuses villes européennes. C’est l’équivalent de toute l’armée française ou britannique — plusieurs fois.
Même si l’on applique un coefficient de réduction — disons que les chiffres ukrainiens sont exagérés de 50% — on arrive encore à plus de 600 000 pertes. C’est considérablement plus que ce que la Russie — ou n’importe quel pays — peut absorber indéfiniment. Et le rythme ne faiblit pas. Chaque mois, des dizaines de milliers de Russes supplémentaires sont tués ou blessés.
L’hémorragie en équipements
Le bilan matériel est tout aussi catastrophique. Plus de 11 500 chars — bien plus que le stock actif de départ de l’armée russe en 2022. Plus de 23 900 véhicules blindés. Plus de 36 200 systèmes d’artillerie. Plus de 1 600 lance-roquettes multiples. Plus de 1 270 systèmes de défense aérienne. Plus de 430 avions et 340 hélicoptères. La liste est interminable.
Ces chiffres représentent une catastrophe industrielle pour la Russie. Son complexe militaro-industriel, malgré tous les efforts de mobilisation économique, ne peut pas suivre ce rythme de pertes. La Russie dépend de plus en plus des livraisons étrangères — drones iraniens, munitions nord-coréennes, composants chinois. Son autonomie militaire est compromise.
La Russie se vante d’être une grande puissance militaire. Mais quelle grande puissance perd l’équivalent de toute son armée — plusieurs fois — en moins de quatre ans? Quelle grande puissance doit mendier des obus à la Corée du Nord et des drones à l’Iran? L’armée russe de 2026 n’est plus l’armée russe de 2022. Elle est épuisée, appauvrie en équipements modernes, obligée de recourir à des tactiques de la Première Guerre mondiale. Poutine peut continuer à envoyer des hommes à la mort. Mais il ne peut pas recréer l’armée qu’il a détruite.
Qui meurt en Russie?
Les mobilisés et les prisonniers
La Russie a commencé la guerre avec son armée professionnelle. Elle a rapidement été décimée. Depuis l’automne 2022, Moscou recourt à la mobilisation partielle — des centaines de milliers d’hommes arrachés à leur vie civile et envoyés au front avec une formation minimale. Beaucoup meurent dans les premières semaines. Ils sont de la chair à canon.
Encore plus cyniquement, la Russie recrute dans ses prisons. Le groupe Wagner — avant sa disgrâce — avait popularisé cette pratique. Des détenus se voient offrir la liberté en échange de six mois de service au front. Peu survivent. Ceux qui survivent sont souvent traumatisés, violents, inadaptés à la vie civile. La Russie vide ses prisons pour remplir ses tranchées.
Les minorités et les pauvres
Les pertes ne sont pas réparties uniformément dans la société russe. Les régions pauvres et les minorités ethniques sont surreprésentées parmi les morts. Le Daghestan, la Bouriatie, les régions de Sibérie paient un prix disproportionné. Moscou et Saint-Pétersbourg, en revanche, sont relativement épargnées — les enfants de l’élite ne vont pas mourir en Ukraine.
Cette inégalité dans la mort est politiquement significative. Les familles des victimes dans les régions périphériques n’ont pas le pouvoir de contester le Kremlin. Leurs protestations sont invisibles, étouffées, ignorées. Tant que les élites moscovites et leurs enfants ne sont pas touchées, la guerre peut continuer. C’est le calcul cynique de Poutine.
Les mères de Bouriatie pleurent leurs fils. Les veuves du Daghestan élèvent seules leurs enfants. Les villages de Sibérie se vident de leurs jeunes hommes. Et Moscou continue de vivre, de consommer, de faire la fête comme si la guerre était un événement lointain. C’est la grande injustice de cette guerre — à l’intérieur même de la Russie. Les pauvres meurent pour que les riches puissent ignorer la réalité. Les minorités saignent pour que l’ethnie dominante puisse dormir tranquille. Poutine sait exactement ce qu’il fait. Et il s’en moque.
La question de la durabilité
Combien de temps la Russie peut-elle tenir?
C’est la question cruciale. À ce rythme de pertes, combien de temps la Russie peut-elle continuer? Les pessimistes disent : longtemps. La Russie a une population de 144 millions de personnes. Elle peut continuer à mobiliser pendant des années. Elle peut accepter des niveaux de pertes que les démocraties occidentales trouveraient inacceptables. L’autocratie a ses avantages dans la guerre d’usure.
Les optimistes répondent que les limites existent. Les hommes disponibles ne sont pas infinis. L’économie russe, malgré sa résilience apparente, souffre. Le mécontentement couve sous la surface. Tôt ou tard, les pertes accumulées produiront une rupture — politique, économique ou sociale. La question est de savoir quand.
Les signes de tension
Certains signes suggèrent que la Russie approche de ses limites. Les primes d’engagement pour les volontaires ont atteint des niveaux records — preuve que le flux de recrues volontaires se tarit. Les usines peinent à maintenir la production, faute de main-d’oeuvre qualifiée. L’inflation grignote le pouvoir d’achat. Les pénuries apparaissent dans certains secteurs.
Mais ces tensions ne se sont pas encore traduites en crise ouverte. La répression maintient le couvercle sur le mécontentement. La propagande continue de fonctionner. L’économie, bien que sous pression, n’a pas implosé. Poutine contrôle encore fermement le pouvoir. La rupture, si elle vient, n’est pas imminente.
La Russie est comme un homme qui court un marathon en sprint. Elle peut tenir un moment — peut-être plus longtemps qu’on ne le pense — mais pas indéfiniment. Les pertes s’accumulent. Les ressources s’épuisent. La pression monte. À un moment donné, quelque chose cédera. La question est de savoir si l’Ukraine peut tenir jusque-là. Si l’Occident peut maintenir son soutien jusque-là. C’est une course contre la montre. Et personne ne sait vraiment qui l’emportera.
Les leçons pour l'avenir
Le coût de l’agression
Quoi qu’il arrive ensuite, cette guerre aura démontré une chose : l’agression a un coût. La Russie a peut-être pensé qu’elle pouvait conquérir l’Ukraine rapidement, à peu de frais. Elle a découvert que non. Plus d’un million de pertes. Des milliers de milliards de roubles dépensés. Son armée dévastée. Son économie sous sanctions. Son image internationale ruinée.
Ce coût est un avertissement pour d’autres agresseurs potentiels. La Chine regarde Taïwan. L’Iran regarde ses voisins. D’autres puissances régionales nourrissent des ambitions territoriales. L’exemple ukrainien leur montre que même contre un adversaire plus petit, une guerre d’agression peut coûter extraordinairement cher. C’est une leçon précieuse pour la stabilité mondiale.
La valeur de la résistance
L’autre leçon est la valeur de la résistance. L’Ukraine a montré qu’un pays déterminé, même face à un adversaire plus puissant, peut tenir. Elle a montré que le courage, l’ingéniosité et la volonté peuvent compenser les déséquilibres matériels. Elle a montré que la liberté vaut qu’on se batte pour elle — et qu’on meurt pour elle si nécessaire.
Ces leçons inspireront d’autres peuples confrontés à des agressions. Elles rappelleront aux démocraties que leurs valeurs méritent d’être défendues. Elles montreront que les tyrans ne sont pas invincibles. C’est peut-être l’héritage le plus durable de cette guerre — au-delà des frontières et des territoires.
Plus de 1 000 soldats russes meurent chaque jour. Ce sont des êtres humains — des fils, des frères, des pères. Beaucoup n’avaient probablement pas choisi cette guerre. Ils ont été envoyés mourir par un régime qui ne les considère que comme des pions. Leur mort est une tragédie — même si c’est une tragédie causée par leur propre gouvernement. Mais c’est aussi le prix que paie la Russie pour son agression. Un prix terrible, insoutenable à long terme. Chaque soldat russe qui tombe est une preuve que l’Ukraine résiste, que l’agression a des conséquences, que la guerre de Poutine est un désastre. Ces morts ne sont pas oubliés. Ils sont comptés, documentés, publiés chaque jour par l’État-major ukrainien. Ils sont le témoignage silencieux de la plus grande erreur de Poutine.
Sources
Sources primaires
Armyinform – The enemy lost more than a thousand soldiers and 170 vehicles — General Staff (19 janvier 2026)
UNN – General Staff released updated data on Russian military losses (18 janvier 2026)
Sources secondaires
UA News – Russian army losses exceed 1.22 million personnel (janvier 2026)
Mezha – Russia’s Military Losses in Ukraine Reach Over 1.2 Million (janvier 2026)
PRM – Russia’s losses in the war with Ukraine have increased to 1,221,940 people (janvier 2026)
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.