Les mathématiques de la guerre
Mykhailo Fedorov n’est pas un militaire de carrière. C’est un entrepreneur du numérique, un homme qui parle de données, d’algorithmes, de systèmes. Et c’est précisément pour cela que Volodymyr Zelenskyy l’a choisi. Parce que cette guerre ne se gagne plus seulement avec des chars et des obus. Elle se gagne avec de l’information. Avec des drones qui voient tout. Avec des systèmes qui analysent tout. Avec une armée qui apprend plus vite que l’ennemi. « Les mathématiques de la guerre », c’est l’expression que Fedorov utilise. Derrière ces mots, une révolution silencieuse.
Le nouveau ministre de la Défense promet une refonte complète du ministère. Fini le fonctionnement bureaucratique hérité de l’ère soviétique. Place à la donnée. Place à la performance mesurable. Il annonce un système de contrôle de mission pour les vols de drones et les équipes d’artillerie. Chaque tir sera tracé. Chaque mission analysée. Les commandants qui obtiennent des résultats seront récompensés. Ceux qui échouent devront s’expliquer. C’est brutal. C’est froid. C’est exactement ce dont l’Ukraine a besoin pour tenir face à la masse russe. Et Fedorov va plus loin encore : il propose de partager les données de combat ukrainiennes avec les alliés occidentaux pour entraîner leurs modèles d’intelligence artificielle. Des millions d’heures de vidéos captées par les drones. Des statistiques de combat inédites. Un trésor stratégique que l’Ukraine est prête à offrir en échange de soutien.
Il y a quelque chose de vertigineux dans cette proposition. Un pays en guerre qui devient le laboratoire grandeur nature de l’intelligence artificielle militaire mondiale. Qui transforme sa souffrance en données exploitables. Qui monétise, d’une certaine façon, son expérience du feu. Je ne sais pas si c’est du génie ou du désespoir. Probablement les deux. Mais une chose est sûre : Fedorov a compris que dans cette guerre, l’information vaut autant que les munitions. Et que l’Ukraine possède quelque chose qu’aucun exercice militaire ne peut reproduire : la réalité du combat.
L’objectif qui glace le sang
Fedorov ne cache pas ses ambitions. L’objectif stratégique qu’il fixe est d’une brutalité arithmétique : éliminer cinquante mille soldats russes par mois. Cinquante mille. Chaque mois. Le chiffre est énorme. Il est aussi révélateur de l’échelle de cette guerre. Selon les États-Unis, un million d’hommes — russes et ukrainiens confondus — ont déjà été tués ou blessés depuis février 2022. Un million. Et la machine continue de broyer. Pour atteindre cet objectif macabre, Fedorov mise sur les drones. Quarante mille intercepteurs seront livrés à l’armée ce mois-ci. Des unités d’assaut entièrement composées de drones vont être créées. L’avenir, dit-il, appartient à ces essaims de machines.
Mais pour que ces drones soient efficaces, il faut d’abord qu’ils volent. Et pour qu’ils volent, il faut qu’ils existent. C’est là que le remplacement des Mavic chinois devient crucial. Car les drones FPV kamikazes, l’Ukraine sait les fabriquer. Par millions. Ce sont des engins simples, bon marché, conçus pour une seule mission : foncer sur une cible et exploser. Les drones de reconnaissance, c’est autre chose. Ils doivent voler longtemps, loin, avec une caméra de qualité, une stabilisation parfaite, une résistance au brouillage électronique. C’est là que DJI excellait. C’est là que l’Ukraine doit maintenant prouver qu’elle peut faire aussi bien. Voire mieux.
DJI : le géant chinois qui tient les deux camps par les ailes
Comment une entreprise de Shenzhen est devenue indispensable à la guerre
DJI, c’est le mastodonte. Basée à Shenzhen, l’entreprise chinoise domine le marché mondial des drones grand public depuis plus d’une décennie. Son secret ? Des années d’avance technologique, des milliards investis en recherche et développement, un accès privilégié aux composants chinois, et des prix que personne ne peut concurrencer. Le Mavic 3, leur modèle phare, offre quarante-cinq minutes d’autonomie, huit kilomètres de portée, une caméra exceptionnelle, un évitement d’obstacles automatique, un retour au point de départ en cas de perte de signal. Tout ça pour moins de deux mille dollars. Aucun concurrent occidental n’a réussi à proposer l’équivalent. Tous ont été balayés.
Le Pentagone a banni les drones DJI de ses opérations, invoquant des risques de sécurité : les appareils envoient des données à leurs fabricants. Mais sur le terrain ukrainien, cette interdiction ne vaut rien. Les soldats ont besoin de voir. Ils ont besoin de ces yeux volants pour survivre. Alors ils achètent des Mavic. Par milliers. Par dizaines de milliers. Des réseaux de bénévoles organisent des collectes. Des campagnes de financement participatif fleurissent. « Mavik » est devenu un terme générique en Ukraine pour désigner n’importe quel petit quadricoptère. Et les Russes font exactement la même chose de leur côté. Deux armées ennemies, dépendantes du même fournisseur chinois. L’ironie serait comique si elle n’était pas tragique.
Le piège de la dépendance
DJI affirme que ses produits ne sont pas destinés à la guerre. L’entreprise a officiellement cessé ses ventes en Ukraine et en Russie. Elle a ajouté des zones de géoblocage qui empêchent ses drones de voler au-dessus des territoires en conflit. Mais ces mesures sont largement contournées. Les Mavic arrivent par des canaux détournés. Les logiciels sont hackés pour désactiver les restrictions. Le marché noir prospère. Et Pékin ferme les yeux. Car Pékin a choisi son camp. Pas officiellement, bien sûr. La Chine se dit neutre. Mais sa neutralité penche lourdement vers Moscou. Et chaque Mavic qui vole au-dessus du Donbass rappelle à l’Ukraine sa vulnérabilité.
Le risque est réel. Que se passerait-il si DJI décidait de renforcer ses blocages ? Si les mises à jour logicielles rendaient les drones inutilisables ? Si les pièces détachées devenaient introuvables ? L’Ukraine perdrait une partie de ses yeux. Ses artilleurs tireraient à l’aveugle. Ses fantassins avanceraient sans savoir ce qui les attend. Les pertes exploseraient. C’est ce scénario catastrophe que Fedorov veut éviter. C’est pour cela que le remplacement des Mavic n’est pas un luxe. C’est une nécessité vitale. Une question de souveraineté technologique en temps de guerre.
Je me suis longtemps demandé pourquoi cette histoire me touchait autant. Et puis j’ai compris. C’est l’histoire de David contre Goliath, version XXIe siècle. D’un côté, une multinationale chinoise avec des ressources quasi illimitées, quinze ans d’avance, les meilleurs ingénieurs du monde. De l’autre, un pays en guerre, saigné à blanc, qui décide de créer sa propre alternative. Sur le papier, c’est impossible. Dans la réalité, ils le font quand même. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que leur survie en dépend. Il y a quelque chose de profondément inspirant dans cette obstination.
Les alternatives ukrainiennes : Shmavic, Ukropter et les autres challengers
Une industrie qui naît sous les bombes
Ils s’appellent Shmavic, Ukropter, Yautja, Zoom. Des noms qui ne disent rien au grand public. Des noms qui pourraient changer le cours de la guerre. Ces drones de reconnaissance « made in Ukraine » commencent à arriver sur le front. Les premiers milliers ont été livrés, selon Fedorov. Ils sont plus gros que les Mavic. Plus chers aussi. Mais ils ont un avantage décisif : ils sont conçus pour la guerre. Pas pour filmer des mariages ou des paysages de vacances. Pour survivre dans un environnement saturé de brouillage électronique. Pour résister aux contre-mesures russes. Pour revenir même quand le GPS est neutralisé.
Frontline Robotics, l’un des fabricants ukrainiens, a développé un système de navigation visuelle assistée par intelligence artificielle. Quand le GPS est brouillé — ce qui arrive constamment sur le front — le drone utilise sa caméra pour se repérer et retrouver son chemin. Un système de secours permet même de revenir à un point de récupération si toutes les communications sont coupées. Le coût par mission, affirme l’entreprise, est cinq fois inférieur à celui d’un Mavic. Parce que leurs drones survivent plus longtemps. Trois cents missions en moyenne, contre soixante pour un Mavic standard. Dans une guerre d’usure, ce ratio fait toute la différence.
Le défi de la qualité
Mais convaincre les soldats ne sera pas simple. Les opérateurs ukrainiens utilisent des Mavic depuis des années. Ils connaissent leurs forces, leurs faiblesses, leurs petites manies. Ils ont développé une expertise, une confiance. Passer à un nouveau système, c’est réapprendre. C’est prendre des risques. C’est accepter que les premiers modèles auront des défauts. Un expert du secteur l’a dit sans détour : « DJI a des milliards en R&D, accès aux meilleurs talents chinois, et quinze ans d’avance. Il est impossible de créer une alternative aussi bonne. » Impossible ? L’Ukraine a l’habitude d’entendre ce mot. Elle a aussi l’habitude de le démentir.
La question des composants reste épineuse. Certains fabricants ukrainiens dépendent encore de pièces chinoises pour leurs caméras ou leurs moteurs. Mais la situation évolue. Motor-G, un fabricant ukrainien, produit désormais plus de cent mille moteurs de drones par mois. Les batteries, les contrôleurs de vol, même les caméras thermiques à bas coût commencent à être fabriqués localement. L’écosystème se construit. Brique par brique. Sous les bombes. C’est lent. C’est imparfait. Mais c’est réel. Et chaque composant produit en Ukraine est un fil de dépendance coupé avec la Chine.
La guerre de l'énergie : quand Moscou vise les centrales nucléaires
Une attaque qui glace le sang
Pendant que Fedorov parlait de drones, les missiles russes frappaient. Plus de trois cent trente drones et près de quarante missiles ont ciblé l’Ukraine le 20 janvier. Pas des positions militaires. L’infrastructure énergétique. Les sous-stations qui transportent l’électricité des centrales nucléaires. L’Agence internationale de l’énergie atomique a confirmé : plusieurs installations critiques pour la sécurité nucléaire ont été touchées. À Tchernobyl, le site de la pire catastrophe nucléaire civile de l’histoire, toute l’alimentation externe a été coupée. Le réacteur détruit en 1986 est sous un sarcophage qui nécessite une surveillance constante. Sans électricité, les systèmes de contrôle s’arrêtent. Le risque devient réel.
Quatre personnes sont mortes dans ces attaques. Trois à Zaporizhzhia, une dans la région de Kyiv. Des chiffres qui semblent presque dérisoires après quatre ans de guerre. Mais derrière chaque chiffre, une vie. Une famille. Un vide qui ne se comblera jamais. Et pour les survivants, le calvaire continue. Dans la région de Tchernihiv, au nord, quatre-vingt-sept pour cent de la population est sans électricité. À Kyiv, les habitants se réchauffent comme ils peuvent. Certains chauffent des briques pour les glisser dans leur lit. D’autres montent des tentes à l’intérieur de leurs appartements pour conserver un peu de chaleur. La température extérieure : moins treize degrés.
Il y a des moments où les mots ne suffisent plus. Où la réalité dépasse tout ce qu’on peut écrire. Des gens qui chauffent des briques pour survivre dans leur propre appartement, en 2026, au cœur de l’Europe. Pendant que des diplomates sirotent du champagne à Davos et parlent de « dialogue constructif ». Le contraste est si violent qu’il en devient obscène. Et je me demande : combien de temps encore ? Combien d’hivers ? Combien de morts ? À quel moment le monde dira-t-il que ça suffit ?
Le chantage nucléaire
Le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, n’a pas mâché ses mots : « Pendant que les responsables russes parlent de l’importance des lignes électriques, leurs forces frappent délibérément les sous-stations, mettant directement en danger la sécurité nucléaire. » Le message est clair. Moscou utilise la menace d’un accident nucléaire comme arme de pression. Pas besoin de bombarder directement une centrale. Il suffit de couper son alimentation. De fragiliser ses systèmes de refroidissement. De créer les conditions d’un incident. Et de laisser planer la menace.
Depuis fin octobre, la Russie a endommagé environ 8,5 gigawatts de capacité de production électrique ukrainienne. C’est colossal. C’est méthodique. C’est une stratégie délibérée pour briser la population civile avant l’hiver. Pour rendre la vie impossible. Pour pousser les Ukrainiens à supplier pour la paix. N’importe quelle paix. Même une paix qui consacrerait la victoire russe. C’est le calcul de Poutine. Un calcul cynique, brutal, qui mise sur la souffrance des civils pour obtenir ce que ses armées n’arrivent pas à conquérir sur le terrain.
Davos : le théâtre des illusions
Quand les émissaires se congratulent
À des milliers de kilomètres de Kyiv gelée, dans les salons feutrés de Davos, une autre scène se joue. Steve Witkoff, émissaire de Donald Trump, et Jared Kushner, gendre du président américain, rencontrent Kirill Dmitriev, l’envoyé de Vladimir Poutine. Deux heures de discussion. À la sortie, les sourires. Les déclarations lénifiantes. « Très positif », dit Witkoff. « Constructif », renchérit Dmitriev. Et cette phrase qui fait froid dans le dos : « De plus en plus de gens comprennent que la position de la Russie est juste. »
Que signifie cette « position juste » ? Que l’Ukraine devrait accepter de perdre dix-neuf pour cent de son territoire ? Que la Crimée, le Donbas, Kherson, Zaporizhzhia sont désormais russes ? Que l’agression paie ? Que les frontières peuvent être redessinées par la force ? C’est ce que Moscou exige. C’est ce que l’Ukraine refuse catégoriquement. Et c’est ce qui rend ces négociations si dangereuses. Car si les États-Unis poussent Kyiv à accepter des concessions territoriales, ce ne sera pas la paix. Ce sera une capitulation déguisée. Une victoire pour l’agresseur. Un précédent catastrophique pour l’ordre international.
L’appel de Zelenskyy
Volodymyr Zelenskyy ne se fait pas d’illusions. Il sait que le rapport de force est en train de basculer. Que l’Amérique de Trump n’a pas la même patience que celle de Biden. Que la fatigue gagne les capitales européennes. Alors il pousse. Il demande. Il supplie presque. « L’Amérique peut-elle faire plus ? Elle le peut. Et nous le voulons vraiment. Nous croyons que les Américains en sont capables. » Il pointe du doigt les missiles russes tirés ce jour-là. Certains ont été produits cette année. Preuve que les sanctions ne fonctionnent pas assez. Que la machine de guerre russe continue de tourner. Que le temps joue contre l’Ukraine.
Le président ukrainien se dit prêt à venir à Davos. À condition que Washington soit prêt à signer des documents sur les garanties de sécurité et un plan de prospérité pour l’après-guerre. Des conditions. Des exigences. Parce que Zelenskyy sait qu’une paix sans garanties ne vaut rien. Que la Russie a déjà violé tous ses engagements passés. Que seule une présence américaine durable peut dissuader une future agression. Mais Trump veut-il s’engager à ce point ? Veut-il vraiment protéger l’Ukraine sur le long terme ? Ou cherche-t-il simplement un accord rapide, n’importe quel accord, pour pouvoir clamer victoire ?
Je regarde ces images de Davos et je ressens une colère sourde. Ces hommes en costume qui discutent du sort de millions de personnes comme on négocie un contrat commercial. Ces poignées de main, ces sourires, ces « très positif » et « constructif » pendant que des familles ukrainiennes gèlent dans le noir. Il y a quelque chose de profondément indécent dans ce décalage. Dans cette déconnexion totale entre ceux qui décident et ceux qui subissent. La paix, oui. Tout le monde la veut. Mais pas n’importe quelle paix. Pas une paix qui récompense l’agresseur. Pas une paix qui abandonne les victimes.
La course contre la montre : produire ou périr
L’écosystème qui se construit
Revenons aux drones. Car c’est là que se joue une partie de l’avenir. L’Ukraine ne peut pas attendre que les négociations aboutissent. Elle ne peut pas compter sur la bonne volonté de Pékin. Elle doit construire. Maintenant. Vite. Et elle le fait. L’industrie ukrainienne des drones est devenue l’une des plus dynamiques au monde. Des dizaines d’entreprises, souvent créées depuis le début de la guerre, développent des solutions adaptées au terrain. Des FPV kamikazes aux drones navals qui ont coulé une partie de la flotte russe en mer Noire, en passant par les engins longue portée qui frappent les raffineries russes à des centaines de kilomètres.
Le maillon manquant, c’était la reconnaissance. Ces petits quadricoptères qui ne tuent pas directement mais qui permettent de tuer efficacement. Qui transforment un tir d’artillerie aveugle en frappe chirurgicale. Qui sauvent des vies ukrainiennes en révélant les positions ennemies. C’est ce maillon que Fedorov veut compléter. Avec des drones ukrainiens. Avec une chaîne d’approvisionnement ukrainienne. Avec une indépendance technologique totale. Le chemin est long. Les obstacles sont immenses. Mais chaque jour qui passe, l’écosystème se renforce. Chaque mois, de nouvelles capacités émergent. La guerre accélère tout. Y compris l’innovation.
Les leçons pour le monde
Ce qui se passe en Ukraine dépasse largement les frontières du pays. C’est un laboratoire grandeur nature de la guerre moderne. Un terrain d’expérimentation où se dessinent les conflits de demain. Les armées du monde entier observent. Prennent des notes. Tirent des conclusions. La première leçon est claire : la production souveraine de drones est devenue une capacité stratégique essentielle. Aucun pays ne peut se permettre de dépendre d’un fournisseur étranger pour ses yeux sur le champ de bataille. La deuxième leçon est tout aussi importante : l’innovation peut venir de n’importe où. Pas besoin d’être un géant technologique. Il suffit d’avoir la nécessité. Et la volonté.
L’Australie a déjà publié une étude sur les leçons ukrainiennes. D’autres suivront. Car ce que l’Ukraine construit sous les bombes, d’autres devront le construire en temps de paix. Avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la prochaine crise ne révèle des dépendances fatales. Le monde change. Les règles de la guerre changent. Et ceux qui ne s’adaptent pas seront balayés. L’Ukraine l’a compris. Dans la douleur. Dans le sang. Dans le froid. Mais elle l’a compris.
Conclusion : L'espoir au bout des ailes
Ce que cette histoire nous dit
Au fond, cette histoire de drones raconte quelque chose de plus grand. Elle raconte la capacité humaine à s’adapter. À innover sous la contrainte. À refuser la fatalité. L’Ukraine n’avait pas d’industrie de drones avant 2022. Aujourd’hui, elle en produit des millions. Elle n’avait pas d’alternative aux Mavic chinois. Aujourd’hui, elle en déploie sur le front. Elle était dépendante. Elle devient souveraine. Pas complètement. Pas encore. Mais le mouvement est lancé. Et il est irréversible.
Mykhailo Fedorov, le geek devenu ministre de la guerre, incarne cette transformation. Il parle de données et d’algorithmes pendant que les missiles tombent. Il promet des systèmes de contrôle de mission pendant que les civils gèlent. Il y a quelque chose d’étrange dans ce décalage. Quelque chose de presque dérangeant. Mais c’est peut-être exactement ce dont l’Ukraine a besoin. Quelqu’un qui pense au-delà de l’urgence immédiate. Qui construit pour demain pendant que d’autres survivent aujourd’hui. Qui refuse d’accepter que la technologie soit une fatalité imposée par d’autres.
En terminant cet article, je repense à cette image. Moins treize degrés à Kyiv. Un million de foyers dans le noir. Et quelque part, dans un bureau du ministère de la Défense, un homme de trente-quatre ans qui parle de drones ukrainiens et de mathématiques de la guerre. Il y a quelque chose d’absurde dans cette juxtaposition. Et quelque chose de profondément humain aussi. Car c’est ça, au fond, la résistance. Pas seulement tenir. Pas seulement survivre. Mais continuer à construire. Continuer à croire. Continuer à avancer. Même quand tout semble perdu. Surtout quand tout semble perdu. L’Ukraine nous rappelle cette vérité simple : tant qu’on se bat, rien n’est fini.
La question qui reste
Alors oui, les négociations continuent à Davos. Oui, les émissaires se congratulent. Oui, la pression monte sur Kyiv pour accepter des compromis. Mais sur le terrain, une autre réalité se dessine. Celle d’un pays qui refuse de dépendre. Qui refuse de subir. Qui refuse de capituler. Les drones ukrainiens ne sont pas qu’une prouesse technologique. Ils sont un symbole. Le symbole d’une nation qui a décidé de prendre son destin en main. Quoi qu’il en coûte. Quoi qu’en disent les autres. La guerre n’est pas finie. Loin de là. Mais l’Ukraine a prouvé une chose : elle ne sera jamais facile à vaincre. Et elle ne sera jamais facile à oublier.
Le jour 1428 s’achève. Demain, les missiles tomberont encore. Les drones voleront encore. Les négociateurs parleront encore. Et quelque part sur le front, un soldat ukrainien lancera peut-être pour la première fois un quadricoptère qui n’a pas été fabriqué en Chine. Un petit appareil avec une caméra, une portée plus longue, et trois lettres qui changent tout : « Made in Ukraine ». C’est peu. C’est énorme. C’est l’espoir au bout des ailes.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, technologiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les enjeux de cette guerre, à comprendre les mouvements des acteurs internationaux, à contextualiser les décisions stratégiques et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent le champ de bataille moderne.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels du gouvernement ukrainien, déclarations publiques du ministre de la Défense Mykhailo Fedorov, rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse).
Sources secondaires : The Guardian, Forbes, Interfax-Ukraine, Kyiv Independent, analyses d’experts du secteur des drones et de la défense.
Les données statistiques citées proviennent de sources officielles ukrainiennes et d’organisations internationales. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
The Guardian – Ukraine war briefing: Kyiv to replace Chinese-made Mavic drones – 21 janvier 2026
Reuters – Russian attack plunges Kyiv into cold, threatens nuclear-linked facilities – 20 janvier 2026
Reuters – Trump and Putin envoys say Davos meeting on Ukraine was ‘very positive’ and ‘constructive’ – 20 janvier 2026
Interfax-Ukraine – We will have our own Mavic-like drone – Fedorov – 20 janvier 2026
Sources secondaires
Forbes – Mavic vs Shmavic: Ukraine Takes On The World’s Leading Drone Maker – David Hambling – 3 novembre 2025
Kyiv Independent – Russia attacks Kyiv with ballistic missiles targeting city on freezing night amid energy crisis – janvier 2026
Militarnyi – First thousand Ukrainian Mavics went to the front line – 2025
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.