Rwanda 1994: 800 000 morts sous le regard de l’ONU
Regardons les faits. Le 11 janvier 1994, le général canadien Roméo Dallaire, commandant de la mission de l’ONU au Rwanda, envoie un câble urgent à New York. Il avertit d’un génocide imminent. Il demande l’autorisation d’agir. La réponse de l’ONU? Non. Pas d’autorisation. Trois mois plus tard, le génocide commence. 800 000 Tutsis massacrés en 100 jours. Hommes, femmes, enfants. Tués à la machette. Sous les yeux des casques bleus. Qui avaient reçu l’ordre de ne pas intervenir.
Le rapport officiel de l’ONU, publié des années plus tard, est accablant. Kofi Annan, alors chef des opérations de maintien de la paix, a reçu le fameux « fax du génocide » de Dallaire. Il ne l’a pas transmis au Conseil de sécurité. L’ancien Premier ministre suédois Ingvar Carlsson, qui a dirigé l’enquête, a conclu: « Il y a un échec majeur qui explique pourquoi l’ONU n’a pas pu arrêter ou empêcher le génocide: un manque de ressources et un manque de volonté. » Un manque de volonté. Voilà. C’est dit. Par l’ONU elle-même.
Srebrenica 1995: 8 000 hommes massacrés dans une « zone de sécurité » de l’ONU
Un an après le Rwanda, rebelote. Srebrenica, Bosnie. Juillet 1995. La ville a été déclarée « zone de sécurité » par l’ONU. Des casques bleus néerlandais sont sur place. Leur mission: protéger les civils. Ce qui se passe? Les forces serbes de Ratko Mladić encerclent la ville. Les Néerlandais appellent au secours. Ils demandent un soutien aérien de l’OTAN. La réponse? Des heures de bureaucratie. Des formulaires. Des autorisations qui n’arrivent pas. Pendant ce temps, 8 000 hommes et garçons musulmans sont séparés de leurs familles. Et exécutés. Méthodiquement.
Le United States Holocaust Memorial Museum l’a documenté: « Ignorant les appels au soutien aérien des casques bleus néerlandais, les responsables de l’ONU et de l’OTAN n’ont rien fait pour empêcher la chute de l’enclave. » Rien. Une « zone de sécurité » qui n’a protégé personne. Des promesses qui n’ont sauvé personne. Et après, tout le monde s’excuse. Tout le monde exprime ses « regrets ». Mais les 8 000 morts restent morts. L’ONU était là. L’OTAN était là. Et 8 000 personnes ont été massacrées quand même.
Darfour, et après: la promesse « plus jamais » qui ne veut rien dire
Après le Rwanda et Srebrenica, le monde a dit « plus jamais« . Belle formule. Émouvante. Et totalement vide de sens. Car en 2003, le Darfour s’embrase. Le gouvernement soudanais et les milices Janjawids lancent une campagne de terreur. Viols de masse. Villages brûlés. Populations déplacées. 200 000 morts au minimum. 2,5 millions de déplacés. Et l’ONU? Elle débat. Elle discute. Elle adopte des résolutions. Pendant que les gens meurent.
Sir Kieran Prendergast, ancien sous-secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques, l’a admis dans un documentaire de PBS Frontline: « Nous ne le pensons pas vraiment quand nous disons que nous n’accepterons pas d’autres Rwandas. Mais je n’ai jamais pensé que nous le pensions. Et c’est une conclusion très triste, mais je ne pense pas qu’il y ait de preuve pour soutenir l’idée que nous le pensions. » Voilà. De la bouche même d’un haut responsable de l’ONU. Les promesses sont vides. Les discours sont du vent. Et Trump le dit. Et on lui reproche de le dire.
Je me souviens d’avoir regardé les images de Srebrenica à l’époque. Les femmes qui hurlent. Les mères qui cherchent leurs fils. Et ces casques bleus néerlandais, impuissants, qui regardent les bus partir vers les fosses communes. Zone de sécurité. Le mot même est une obscénité. Et aujourd’hui, on voudrait que Trump fasse semblant de croire que ces institutions fonctionnent? Qu’il joue le jeu diplomatique? Qu’il mente comme tous les autres? Non. Trump refuse de mentir. Et c’est peut-être son plus grand crime aux yeux de l’establishment.
La Palestine: 78 ans de résolutions ignorées, le symbole ultime de l'échec onusien
Plus de 700 résolutions, zéro solution
Parlons de la Palestine. C’est peut-être l’exemple le plus accablant de l’échec des Nations Unies. Depuis 1947 — 78 ans — l’ONU adopte des résolutions sur la « question palestinienne ». Des centaines. Plus de 700 résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité combinées. Des résolutions qui « condamnent ». Des résolutions qui « déplorent ». Des résolutions qui « exigent ». Des résolutions qui « demandent ». Et le résultat? Rien. Absolument rien. En 78 ans, pas une seule de ces résolutions n’a été appliquée. Pas une seule n’a changé la réalité sur le terrain. Le conflit continue. Les morts s’accumulent. Et l’ONU continue de voter.
La Résolution 242 de 1967 demandait le retrait des territoires occupés. Nous sommes en 2026. L’occupation continue. La Résolution 2334 de 2016 exigeait l’arrêt des colonies. Les colonies se sont multipliées — plus de 6 370 unités de logement approuvées rien qu’entre juin et septembre 2024. En septembre 2024, l’Assemblée générale a voté à 124 voix contre 14 pour demander la fin de « la présence illégale » dans les territoires occupés. Et alors? Rien n’a changé. Un représentant palestinien l’a dit clairement à l’ONU: « Ce n’est pas l’absence de résolutions qui nous a amenés ici, mais l’absence de leur mise en œuvre. » Voilà la vérité. L’ONU produit du papier. L’ONU ne produit pas de paix.
Le véto américain: 53 fois pour bloquer, 78 ans d’impunité
Et pourquoi les résolutions restent-elles lettre morte? Parce que le système est conçu pour l’échec. Les États-Unis ont utilisé leur véto au moins 53 fois depuis 1972 pour bloquer des résolutions critiques d’Israël. 53 fois. C’est plus de la moitié de tous les vétos américains depuis la création de l’ONU. Un seul pays — les USA — peut annuler la volonté de 150 autres nations. C’est ça, le système onusien. C’est ça, la « communauté internationale » dont on nous parle. Un système où une analyse de 2002 révélait que 91 résolutions du Conseil de sécurité étaient ignorées — avec Israël en tête avec 31 violations.
En décembre 2023, pendant la guerre à Gaza, l’Assemblée générale a voté pour un cessez-le-feu: 153 pays pour, 10 contre, 23 abstentions. La volonté écrasante de la planète. Et qu’est-ce qui s’est passé? Rien. Parce que seul le Conseil de sécurité peut rendre une résolution contraignante. Et au Conseil de sécurité, les États-Unis ont bloqué. Sept fois pendant ce conflit, Washington a utilisé son véto pour empêcher un cessez-le-feu. Sept fois. Lors de la 10 000e réunion du Conseil de sécurité en janvier 2025, les 14 autres membres ont voté pour un cessez-le-feu immédiat. Les USA ont bloqué seuls. Le représentant de l’Algérie a dit après un de ces votes: « Pardonnez-nous. Ce Conseil n’a pas pu sauver vos enfants. Plus de 18 000 ont été tués. »
Un système structurellement défaillant — et tout le monde le sait
Le problème n’est pas les individus. Le problème est le système. Une analyse publiée par OpenGlobalRights l’admet sans détour: « L’ONU et la communauté internationale semblent impuissantes à limiter les méthodes de guerre, à mettre en œuvre un cessez-le-feu, à déployer des forces pour protéger les civils ou à assurer la responsabilité des crimes. » Impuissantes. C’est le mot. Pas « prudentes ». Pas « diplomatiques ». Impuissantes. Et pourquoi? Parce que « l’imbalance du pouvoir entre un petit groupe d’États et la majorité des États et des peuples du monde » paralyse tout. Un seul État membre peut « déterminer quand l’ONU peut arrêter des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou un génocide ». Un seul. C’est la définition même de l’échec institutionnel.
Le Représentant spécial de l’ONU pour le Moyen-Orient l’a dit lui-même en septembre 2024: « Les politiques et pratiques israéliennes altèrent systématiquement le terrain dans les territoires palestiniens occupés, créant une menace existentielle pour la solution à deux États. » Une menace existentielle. Reconnue par l’ONU. Et l’ONU fait quoi? Des discours. Des votes. Des résolutions. Que personne n’applique. Pendant 78 ans. Des générations entières sont nées et mortes dans des camps de réfugiés pendant que l’ONU « condamnait » et « déplorait ». Et on voudrait que Trump respecte ce système? Qu’il fasse semblant qu’il fonctionne?
Je regarde la Palestine et je vois l’échec total du système international. 78 ans. Trois générations. Des millions de réfugiés. Plus de 700 résolutions. Et rien — absolument rien — n’a changé. L’ONU vote, l’ONU condamne, l’ONU déplore. Et les gens continuent de mourir. Un seul pays peut bloquer la volonté de 153 autres. C’est ça, le système que Trump ose critiquer. C’est ça, l’institution qu’on lui demande de respecter. Non. On ne peut pas demander à quelqu’un de respecter un système qui a prouvé, pendant près de 80 ans, qu’il était incapable de protéger qui que ce soit.
L'OTAN: une alliance qui n'a jamais empêché aucune invasion
Géorgie 2008: l’OTAN promet, la Russie envahit
Revenons à l’OTAN. Cette alliance « défensive » dont Trump ose douter. Regardons son bilan. Avril 2008. Sommet de Bucarest. L’OTAN déclare solennellement que la Géorgie et l’Ukraine « deviendront membres de l’OTAN« . Une promesse. Un engagement. Trois mois plus tard, en août 2008, la Russie envahit la Géorgie. L’OTAN fait quoi? Des communiqués. Des condamnations. De l’indignation verbale. Et la Russie garde l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Encore aujourd’hui.
Le président russe Dmitri Medvedev l’a dit ouvertement en 2011: l’invasion de la Géorgie avait pour but d’empêcher son adhésion à l’OTAN. Et ça a marché. La Géorgie n’est toujours pas membre de l’OTAN. La Russie occupe toujours 20% de son territoire. Et l’OTAN? Elle organise des exercices. Elle publie des rapports. Elle « condamne ». Mais la Géorgie reste amputée. Et l’OTAN n’a rien empêché. Rien fait. Rien changé.
Ukraine 2014-2022: la promesse jamais tenue, l’invasion jamais empêchée
L’Ukraine. Le cas d’école. En 2008, à Bucarest, l’OTAN lui promet l’adhésion. En 2014, la Russie annexe la Crimée. L’OTAN fait quoi? Des sanctions. Des déclarations. De la « solidarité ». Mais pas un soldat. Pas un avion. Rien qui empêche Poutine de garder la Crimée. En 2022, la Russie lance une invasion totale. La plus grande guerre en Europe depuis 1945. Des centaines de milliers de morts. Des villes rasées. Des millions de réfugiés. Et l’OTAN? Elle fournit des armes. Elle envoie de l’aide. Mais elle n’intervient pas.
Comprenons bien: l’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN. Donc techniquement, l’OTAN n’avait pas d’obligation d’intervenir. Mais c’est justement le point. L’OTAN avait promis en 2008 que l’Ukraine « deviendrait membre ». Elle ne l’a jamais fait. Elle a laissé l’Ukraine dans un no man’s land: trop proche pour que la Russie l’accepte, trop loin pour que l’OTAN la protège. Et maintenant, des gens meurent chaque jour. L’OTAN n’a pas empêché l’invasion de la Géorgie. L’OTAN n’a pas empêché l’invasion de l’Ukraine. L’OTAN n’empêche rien. Trump le voit. Trump le dit.
La question que personne ne veut entendre
Alors oui, Trump demande: « Est-ce qu’ils viendraient vraiment à notre secours? » Et on peut retourner la question: est-ce que l’OTAN est vraiment venue au secours de quelqu’un? De la Géorgie? Non. De l’Ukraine? Non. Des civils de Srebrenica qui comptaient sur l’OTAN pour un soutien aérien? Non. L’OTAN est très forte pour les exercices, les sommets, les photos de famille et les communiqués. Mais quand les bombes tombent, quand les tanks avancent, quand les gens meurent — où est l’OTAN?
Trump n’invente rien. Il constate. Il observe. Il se souvient. Et il refuse de faire semblant que tout va bien. C’est peut-être pour ça qu’il est si dangereux pour l’establishment: parce qu’il dit la vérité. Une vérité que personne ne veut entendre. Que les institutions internationales sont des coquilles vides. Que les promesses ne valent rien. Que quand ça compte vraiment, chacun est seul. Les gens ont la mémoire courte. Trump non.
60 ans d'interventions: les USA envoient les troupes, les alliés envoient des communiqués
Corée, Vietnam, Golfe, Irak, Afghanistan: toujours le même schéma
Prenons du recul. Regardons 60 ans d’histoire militaire. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont participé à près de 400 interventions militaires à travers le monde. Et dans l’immense majorité des cas — plus de 75% jusqu’à la fin de la Guerre froide — ces interventions étaient unilatérales. Les USA envoyaient leurs soldats, leurs tanks, leurs avions. Les « alliés » envoyaient des communiqués de soutien. C’est la réalité que Trump connaît. C’est la réalité qu’il refuse d’ignorer.
Corée, 1950-1953. Les États-Unis déploient des centaines de milliers de soldats. 36 574 Américains meurent. Oui, c’était techniquement une opération des Nations Unies. Mais qui fournissait l’essentiel des troupes, des équipements, du commandement? Les USA. Vietnam, 1965-1973. Au plus fort du conflit, 536 000 soldats américains sont déployés. 58 000 meurent. Les alliés de l’OTAN? Pratiquement absents. L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont envoyé quelques milliers d’hommes. L’Europe? Elle regardait. Elle « condamnait ». Elle ne faisait rien.
Le Golfe, l’Irak, l’Afghanistan: les chiffres qui parlent
Guerre du Golfe, 1991. Les États-Unis déploient 700 000 soldats. C’est l’Amérique qui planifie, qui commande, qui exécute. Les alliés participent, oui. Mais dans quelle proportion? L’essentiel du travail est américain. Irak, 2003. Les USA envoient plus d’un million et demi de soldats au fil des années. 4 431 Américains meurent. 31 994 sont blessés. Le Royaume-Uni contribue significativement — 179 morts britanniques. Mais les autres? Des contingents symboliques. Des « conseillers ». Des missions de formation. Pas des combattants de première ligne.
Afghanistan, 2001-2021. La plus longue guerre de l’histoire américaine. Les États-Unis fournissent la vaste majorité des effectifs, du financement, des opérations de combat. Le rapport de Brown University sur les coûts de la guerre est clair: même le Royaume-Uni et le Canada, les contributeurs les plus généreux, ont dépensé « environ la moitié » de ce que les USA ont dépensé, en proportion de leurs budgets militaires. Et les autres alliés? Encore moins. Certains refusaient même de combattre la nuit ou dans certaines zones « dangereuses ». Solidarité à géométrie très variable.
Les alliés viennent après — quand ils viennent
Le schéma est toujours le même. Les États-Unis identifient une menace. Les États-Unis prennent la décision d’intervenir. Les États-Unis déploient leurs forces. Et ensuite — parfois des semaines ou des mois plus tard — les « alliés » décident s’ils veulent participer. Et comment. Et avec quelles « règles d’engagement » qui limitent ce qu’ils peuvent faire. Et avec quels effectifs — généralement une fraction de ce que les USA fournissent. C’est ça, la réalité de l’alliance atlantique. Pas une vraie coopération militaire. Un système où l’Amérique fait le travail et où les autres récoltent les bénéfices diplomatiques de leur « participation ».
Le secrétaire à la Défense Robert Gates l’avait dit en 2007: « Notre progrès en Afghanistan est réel mais fragile. À ce moment, de nombreux alliés ne sont pas disposés à partager les risques, à engager les ressources et à tenir les engagements collectifs. » C’était il y a presque 20 ans. Rien n’a changé. Les alliés promettent, les alliés parlent, les alliés « condamnent ». Mais quand il faut envoyer des soldats dans les zones de combat, quand il faut prendre des risques, quand il faut payer le prix du sang — c’est l’Amérique qui paie. Toujours. Trump le sait. Trump s’en souvient.
Je regarde ces chiffres et je me demande: comment peut-on encore parler d' »alliance » avec un visage sérieux? Les États-Unis ont perdu 58 000 hommes au Vietnam. Les alliés européens n’étaient même pas là. Les États-Unis ont perdu plus de 7 000 soldats en Irak et en Afghanistan combinés. Les alliés ont contribué une fraction de cet effort. Et maintenant, on s’indigne que Trump pose des questions? On s’offusque qu’il doute? Mais regardez les faits. Regardez l’histoire. Depuis 60 ans, c’est toujours le même film. L’Amérique se bat. Les alliés applaudissent. Et quand ça va mal, les alliés rentrent chez eux. Trump a raison de poser la question: viendraient-ils vraiment? L’histoire suggère que non.
Le 11 Septembre: la vérité sur la "solidarité" des alliés
L’Article 5 invoqué — et puis quoi?
On nous répète que l’Article 5 de l’OTAN a été invoqué après le 11 Septembre 2001. C’est vrai. Le 12 septembre, les alliés ont voté pour invoquer la clause de défense collective. Belle solidarité. Geste émouvant. Et après? Qu’ont-ils fait concrètement? L’Opération Eagle Assist a déployé des avions AWACS pour patrouiller le ciel américain. Pendant sept mois. Symbolique. L’Opération Active Endeavour a envoyé des navires en Méditerranée. Symbolique aussi. Des gestes. Des symboles. Pour se donner bonne conscience.
Et puis il y a eu l’Afghanistan. Oui, des alliés ont envoyé des troupes. Mais regardons les chiffres: à son apogée, la Force internationale d’assistance à la sécurité comptait 130 000 soldats de 51 pays. Et les États-Unis fournissaient la vaste majorité des effectifs, des équipements, du financement et des opérations de combat. Les Européens étaient là, oui. Mais avec des « règles d’engagement » si restrictives que beaucoup refusaient de combattre la nuit ou dans certaines zones. Solidarité à géométrie variable.
Une opération que Washington n’a même pas demandée
Voici ce que les défenseurs de l’OTAN oublient de mentionner: les États-Unis n’ont jamais vraiment voulu de l’aide de l’OTAN en Afghanistan. L’invocation de l’Article 5 a été initiée par l’OTAN elle-même, pas demandée par Washington. Le général américain Tommy Franks aurait dit, selon des témoignages rapportés: « Je n’ai pas le temps de devenir un expert sur l’armée de l’air danoise. » Le secrétaire d’État adjoint Richard Armitage a déclaré au Conseil de l’Atlantique Nord: « Je ne suis pas venu ici pour demander quoi que ce soit. »
La réalité? Les États-Unis savaient que l’OTAN ralentirait leurs opérations. Que la « guerre par comité » de l’alliance — comme l’avait montré le Kosovo — était inefficace. Que chaque décision prendrait des jours de négociations entre 30 pays aux intérêts divergents. Alors oui, les alliés sont venus. Mais les États-Unis ont fait le travail. Seuls. Comme d’habitude. L’Article 5? Un geste diplomatique. Une couverture politique. Pas une vraie alliance militaire. Trump le sait. Il était là. Il se souvient.
On me dira: mais des soldats alliés sont morts en Afghanistan! C’est vrai. Et chaque mort est une tragédie. Mais posons la question autrement: ces soldats sont-ils morts pour défendre l’Amérique, ou pour que leurs gouvernements puissent dire qu’ils avaient « fait quelque chose »? Pour que leurs dirigeants puissent se montrer solidaires sans vraiment risquer grand-chose? La différence est fondamentale. Et elle explique pourquoi Trump doute. Parce qu’il sait faire la différence entre les gestes symboliques et les engagements réels. Entre la solidarité de façade et l’alliance véritable.
Les gens ont la mémoire courte, Trump non
Un président qui se souvient de ce que les autres préfèrent oublier
Trump a 79 ans. Il a vécu la Guerre froide. Il a vu l’Union soviétique s’effondrer. Il a observé les promesses faites à la Russie — pas d’expansion de l’OTAN vers l’Est — et il a vu ces promesses brisées, une à une. Il a regardé l’ONU débattre pendant que le Rwanda brûlait. Il a vu Srebrenica tomber malgré les casques bleus. Il a vu la Géorgie envahie, la Crimée annexée, l’Ukraine dévastée. Et à chaque fois, les mêmes discours. Les mêmes promesses. Les mêmes échecs.
Les diplomates, les commentateurs, les « experts » — ils ont la mémoire courte. Ou plutôt, ils préfèrent oublier. Parce que se souvenir serait admettre que le système ne fonctionne pas. Que les institutions qu’ils vénèrent sont des échecs. Que leurs carrières sont bâties sur du vent. Trump n’a pas ces contraintes. Il n’a pas besoin de protéger une carrière diplomatique. Il n’a pas besoin de ménager des alliés qui ne l’ont jamais vraiment été. Il peut dire ce qu’il voit. Et ce qu’il voit n’est pas beau.
Le réalisme contre l’idéalisme naïf
On reproche à Trump de « saper l’alliance atlantique ». Mais quelle alliance? Celle qui a laissé la Géorgie se faire envahir? Celle qui a laissé l’Ukraine se faire dépecer? Celle dont les membres refusent même de payer leur juste part — 2% du PIB en dépenses de défense — alors que les États-Unis en paient 3,5%? On reproche à Trump de remettre en question l’ONU. Mais quelle ONU? Celle qui a regardé 800 000 personnes se faire massacrer au Rwanda? Celle qui a déclaré Srebrenica « zone de sécurité » avant de laisser 8 000 hommes s’y faire exécuter?
Trump est un réaliste. Les réalistes dérangent. Ils cassent les illusions confortables. Ils posent les questions qui fâchent. Ils refusent les fictions diplomatiques. Et pour ça, on les traite de fous, de dangereux, d’irresponsables. Mais regardons les faits. Qui a raison? Ceux qui depuis 75 ans promettent que l’ONU va garantir la paix — alors qu’elle n’a jamais empêché un seul génocide? Ou celui qui dit: ces institutions ne fonctionnent pas, arrêtons de faire semblant?
L'Europe scandalisée: mais de quoi exactement?
Des dirigeants qui préfèrent les illusions aux faits
À Davos, les dirigeants européens se sont indignés. Emmanuel Macron a parlé de « vassalisation » et refusé « la loi du plus fort ». Ursula von der Leyen a appelé à une « nouvelle forme d’indépendance ». Le Premier ministre canadien Mark Carney a évoqué une « rupture » dans l’ordre mondial. Tous scandalisés. Tous offusqués. Mais aucun — absolument aucun — n’a répondu à la question de Trump. Aucun n’a expliqué pourquoi l’ONU a échoué au Rwanda. Aucun n’a justifié l’échec de Srebrenica. Aucun n’a dit pourquoi l’OTAN n’a pas empêché l’invasion de l’Ukraine.
C’est plus facile de s’indigner que de répondre. Plus confortable de crier au scandale que d’admettre la vérité. La vérité? L’Europe a profité du parapluie américain pendant 75 ans. Elle a sous-financé ses armées. Elle s’est reposée sur Washington. Et maintenant que Trump demande des comptes, elle crie à la trahison. Mais qui trahit qui? Celui qui pose les questions, ou ceux qui depuis des décennies promettent sans tenir?
Le Danemark envoie des troupes au Groenland — et après?
Face aux déclarations de Trump sur le Groenland, le Danemark a envoyé des troupes supplémentaires sur l’île. La France a organisé des exercices militaires dans la région. Les dirigeants groenlandais conseillent aux habitants de prévoir cinq jours de provisions. On dirait presque qu’ils se préparent à une invasion. Mais qui envahit qui ici? Trump parle d’acheter le Groenland, pas de l’envahir. Et quand la Russie a vraiment envahi l’Ukraine, ces mêmes pays ont fait quoi? Des sanctions. Des discours. Pas grand-chose d’autre.
L’ironie est cruelle. Quand Trump exprime un intérêt pour le Groenland, l’Europe se mobilise, envoie des soldats, organise des sommets d’urgence. Quand Poutine envahit un pays souverain et tue des dizaines de milliers de personnes, l’Europe envoie des casques et des couvertures. La différence de traitement est révélatrice. Trump fait peur parce qu’il dit la vérité. Poutine peut envahir parce que l’Europe n’ose pas vraiment l’affronter. Et on voudrait que Trump fasse confiance à ces « alliés »?
Je regarde ces dirigeants européens s’indigner à Davos, et je me pose une question simple: où étiez-vous quand ça comptait? Où étiez-vous quand la Géorgie brûlait? Quand la Crimée était annexée? Quand les bombes russes rasaient Marioupol? Vous étiez derrière vos podiums, à faire des discours. À condamner. À exprimer votre « profonde préoccupation ». Et les gens continuaient à mourir. Alors non, je ne suis pas choqué que Trump doute. Je serais choqué s’il ne doutait pas. Parce que douter face à ces échecs répétés, c’est simplement avoir les yeux ouverts.
Le "Board of Peace" de Trump: une alternative aux institutions défaillantes?
Un nouveau modèle pour un nouveau monde
Trump ne se contente pas de critiquer. Il propose. Jeudi à Davos, il doit signer la charte de son « Board of Peace » — un conseil de paix qu’il a initialement créé pour superviser la reconstruction de Gaza. Mais selon les documents obtenus par NPR, ce conseil pourrait avoir des ambitions plus larges. La charte parle de « sécuriser une paix durable dans les zones affectées ou menacées par les conflits » — pas seulement Gaza. Elle appelle à « un organisme international de consolidation de la paix plus agile et plus efficace. »
Les critiques hurlent au scandale. Trump veut-il remplacer l’ONU? Peut-être. Et alors? L’ONU fonctionne-t-elle? A-t-elle empêché un seul génocide? Une seule guerre majeure? Le Conseil de sécurité est paralysé par les vetos croisés de la Chine et de la Russie. Les résolutions ne sont jamais appliquées. Les mandats de maintien de la paix sont trop faibles pour protéger quiconque. Si Trump propose une alternative, au moins il essaie quelque chose. Au moins il ne se contente pas du statu quo de l’échec.
L’establishment défend ses fiefs, pas les peuples
Bien sûr, les gardiens de l’ordre international existant vont combattre cette idée. L’ONU représente des milliers d’emplois, des milliards de dollars, des carrières entières construites sur ses structures. L’OTAN aussi. Ces institutions ont leurs défenseurs — pas parce qu’elles fonctionnent, mais parce qu’elles les nourrissent. Trump menace leurs intérêts. Pas ceux des peuples. Les peuples du Rwanda, de Srebrenica, du Darfour, de l’Ukraine — ils n’ont rien eu de ces institutions. Sauf des promesses non tenues et des condamnations tardives.
Le vrai scandale n’est pas que Trump questionne l’ONU et l’OTAN. Le vrai scandale, c’est qu’il ait fallu attendre 75 ans pour que quelqu’un ose le faire. Le vrai scandale, ce sont ces 800 000 morts au Rwanda pendant que l’ONU débattait. Ces 8 000 hommes à Srebrenica sous les yeux des casques bleus. Ces villes ukrainiennes rasées pendant que l’OTAN « condamne fermement ». Trump pose les vraies questions. Les bonnes questions. Et pour ça, on le traite de fou. L’histoire jugera qui avait raison.
Conclusion: et si Trump voyait ce que les autres refusent de voir?
Le courage de dire l’impopulaire
Il faut du courage pour dire ce que Trump dit. Pas du courage physique — du courage politique. Le courage de regarder 75 ans d’institutions vénérées et de dire: ça ne marche pas. Le courage de questionner des alliances que tout le monde considère comme sacrées. Le courage d’affronter la colère des diplomates, des médias, des « experts » qui ont bâti leurs carrières sur ces fictions. Trump a ce courage. On peut ne pas aimer l’homme. On peut détester son style. Mais sur ce point précis, il pose les bonnes questions.
L’ONU n’a jamais empêché un génocide. C’est un fait. L’OTAN n’a jamais empêché une invasion russe. C’est un fait. Les « alliés » ont contribué symboliquement après le 11 Septembre, mais les États-Unis ont porté le fardeau réel. C’est un fait. On peut s’indigner des mots de Trump. On peut crier au scandale. Mais on ne peut pas nier ces faits. Et Trump, lui, refuse de les ignorer. Il refuse la fiction confortable. Il refuse le mensonge diplomatique. Et c’est peut-être pour ça qu’il est si dangereux — pour ceux qui vivent de ces mensonges.
En terminant cet article, je repense à cette phrase de Trump: « Je me demande vraiment s’ils viendront ou non chez nous. » Et je me dis: au moins, il pose la question. Au moins, il ose. Au moins, il ne fait pas semblant. On peut être en désaccord avec Trump sur mille choses. Mais sur celle-ci — sur le constat que l’ONU et l’OTAN sont des échecs, que les promesses internationales ne valent rien quand les bombes tombent, que les « alliés » sont là pour les photos mais pas pour les combats — sur celle-ci, il est difficile de lui donner tort. Les gens ont la mémoire courte. Trump non. Et parfois, avoir la mémoire longue, c’est le début de la sagesse.
Sources
Sources primaires:
Al Jazeera — « ‘You’ll find out’: Trump speaks on Greenland’s fate and the future of NATO » — 21 janvier 2026
Global Policy Forum — « UN Failed Rwanda » — Rapport d’enquête indépendant de l’ONU
United States Holocaust Memorial Museum — « Failure to Prevent: International Decision Making in the Age of Genocide »
The Cairo Review of Global Affairs — « Why the United Nations Has Failed to Prevent Genocide » — Gregory H. Stanton — septembre 2024
Genocide Watch — « Why the UN has failed to prevent genocide » — septembre 2024
Sources secondaires:
PBS Frontline — « On Our Watch: How the UN & World Failed Darfur » — documentaire
NPR — « Trump says ‘I won’t use force’ to obtain Greenland in Davos speech » — 21 janvier 2026
TIME — « Why Trump’s Indifference to NATO’s Future Is Spooking Europe » — 21 janvier 2026
U.S. Army War College — « The Enduring Impact of the 2008 Russo-Georgian War » — décembre 2024
Wikipedia — « 2001 NATO Article 5 contingency » — article documenté
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