Ce que les experts ont trouvé
Serhii Beskrestnov, connu sous l’indicatif « Flash », est un expert ukrainien en technologies radio. C’est lui qui a tiré la sonnette d’alarme le premier. Le 4 janvier, il a publié sur Telegram un avertissement direct aux pilotes de l’aviation ukrainienne : « Le Shahed est équipé d’une caméra et d’un modem radio. Le tir du missile est effectué par le pilote du Shahed, qui le contrôle depuis le territoire de la Fédération de Russie. Je demande aux pilotes de l’aviation de l’armée de prendre note de l’apparition d’une nouvelle menace. Il est nécessaire d’éviter d’approcher un Shahed de face et d’être plus prudent avec ceux qui tournent en cercle. » Ces mots techniques cachent une réalité terrifiante. Le drone n’est plus un simple projectile stupide lancé vers une cible préprogrammée. Il est devenu un système d’armes piloté à distance, capable de voir son environnement, de détecter les menaces, et d’y répondre. L’opérateur, confortablement installé quelque part en Russie, peut observer à travers la caméra du drone et décider du moment exact où déclencher le tir du missile.
Le 12 janvier 2026, le renseignement militaire ukrainien (HUR) a publié une analyse technique détaillée sur son portail War&Sanctions. Les détails sont fascinants et effrayants à la fois. Le drone récupéré est une variante « E » du Geran-2, la version russe du Shahed. Il est équipé d’un missile MANPADS Verba 9K333, le système de défense aérienne portable le plus moderne de l’arsenal russe. Ce missile à guidage infrarouge a une portée d’environ 6,5 kilomètres et utilise un autodirecteur multispectral capable de distinguer les vraies cibles des leurres. Mais ce n’est pas tout. Contrairement à une version précédente qui portait un missile R-60 air-air à la place de sa charge explosive, cette nouvelle variante conserve son ogive thermobarique TBBCh-50M. En d’autres termes, le drone peut d’abord tirer sur l’hélicoptère qui tente de l’intercepter, puis continuer sa mission et frapper sa cible au sol. C’est un deux-en-un de la mort. Le HUR a également identifié les composants électroniques : une caméra optique chinoise Honpho TS130C-01, un modem mesh fabriqué par Xingkay Tech, et un nouveau module inertiel de Murata, initialement conçu pour les voitures autonomes.
Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cette liste de composants. Un module japonais conçu pour aider les voitures à se garer toutes seules, utilisé pour guider un drone vers sa cible humaine. Une caméra chinoise pensée pour la vidéosurveillance, transformée en œil de prédateur. Des pièces venues des États-Unis, de Chine, de Suisse, du Japon, d’Allemagne et du Royaume-Uni. On parle beaucoup de sanctions, de contrôles à l’exportation. Mais la réalité est là, froide et implacable : ces pièces continuent d’arriver en Russie. Ces drones continuent d’être assemblés. Ces missiles continuent de tuer. Et quelque part dans une usine, quelqu’un visse un composant sur un autre sans se demander où il finira.
Le mécanisme de la mort
Le fonctionnement du système est d’une simplicité redoutable. Quand l’opérateur détecte une menace aérienne via la caméra du drone — un hélicoptère qui s’approche, par exemple — il active une séquence en deux temps. D’abord, un premier servomoteur démarre la batterie chimique et le système de refroidissement à l’azote de la tête chercheuse du missile. Le Verba a besoin de quelques secondes pour que son autodirecteur infrarouge atteigne sa température de fonctionnement. Ensuite, un second servomoteur ouvre un capot protecteur spécialement conçu pour protéger le missile pendant le vol. Une fois la tête chercheuse opérationnelle et le capot ouvert, le missile est prêt. Sa gâchette est maintenue en position pressée en permanence, ce qui signifie qu’il partira automatiquement dès qu’il aura verrouillé une cible. L’opérateur n’a plus qu’à orienter le drone vers la source de chaleur la plus proche — le moteur d’un hélicoptère, par exemple — et laisser la physique faire le reste.
Les experts militaires soulignent cependant les limites du système. Le Shahed n’a jamais été conçu pour le combat aérien. C’est un drone lent, peu maniable, avec une conscience situationnelle limitée. Pointer un MANPADS vers une cible depuis une plateforme aussi instable n’est pas idéal. De plus, le drone doit s’approcher relativement près de sa cible pour que le missile ait une chance de toucher — ce qui l’expose aux tirs défensifs. Mais ces limitations techniques ne doivent pas masquer l’essentiel : même si le système n’est pas parfait, même s’il rate plus souvent qu’il ne touche, il change fondamentalement la donne. Avant, un pilote d’hélicoptère ukrainien pouvait s’approcher d’un Shahed avec une relative confiance. Maintenant, chaque approche est un pari. Chaque drone pourrait être armé. Chaque mission pourrait être la dernière. Et dans une guerre d’usure, ce doute permanent, cette hésitation constante, c’est déjà une victoire pour Moscou.
Les chasseurs de drones : héros du ciel nocturne
Une tactique née de la nécessité
Pour comprendre ce que cette nouvelle menace signifie vraiment, il faut d’abord rendre hommage à ceux qu’elle vise. Les équipages d’hélicoptères ukrainiens qui chassent les drones la nuit sont devenus, sans tambour ni trompette, parmi les héros les plus efficaces de cette guerre. Leur mission est simple en apparence : décoller quand les alertes retentissent, localiser les essaims de Shaheds qui bourdonnent vers les villes, et les abattre un par un avant qu’ils n’atteignent leurs cibles. En pratique, c’est un exercice d’une difficulté extrême. Les Shaheds volent bas, souvent à quelques centaines de mètres du sol, pour éviter les radars. Ils arrivent par vagues, parfois des dizaines en même temps, suivant des trajectoires erratiques conçues pour saturer les défenses. Les intercepter demande des nerfs d’acier, une coordination parfaite entre le pilote et le mitrailleur, et une capacité à opérer dans l’obscurité totale.
Les vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux montrent l’intensité de ces combats nocturnes. On y voit des mitrailleurs de porte, sanglés à leurs Mi-8, déverser des torrents de balles traçantes dans le ciel noir. Les Shaheds, avec leurs moteurs à pistons caractéristiques qui produisent un bourdonnement sinistre — les Ukrainiens les appellent les « mobylettes » — apparaissent comme des ombres fugaces avant d’exploser en gerbes de flammes. Un équipage a réussi l’exploit d’abattre six Shaheds et quatre leurres en une seule sortie d’une heure. Le coût de cette mission : entre 1 000 et 1 500 dollars de carburant et de munitions. Le coût des drones détruits : plusieurs centaines de milliers d’euros. C’est ce genre de calcul qui a fait des hélicoptères chasseurs de drones un élément crucial de la défense aérienne ukrainienne. Ils permettent de réserver les précieux missiles Patriot et NASAMS pour les menaces les plus dangereuses tout en neutralisant les essaims de drones avec des moyens beaucoup moins coûteux.
Je pense souvent à ces équipages. À ce que ça doit faire de décoller dans la nuit glaciale, sachant que quelque part au-dessus de vous, des dizaines de machines de mort convergent vers des immeubles où des gens dorment. À cette responsabilité écrasante. À cette adrénaline qui doit pulser dans les veines quand le premier Shahed apparaît dans le viseur. Et maintenant, je pense à ce que ça doit faire de savoir que le prochain drone pourrait riposter. Que le chasseur est devenu gibier. Ces hommes et ces femmes continueront à voler, j’en suis certain. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que s’ils ne le font pas, les drones passeront et les gens mourront. Mais quelque chose aura changé dans leur regard quand ils monteront dans leurs hélicoptères.
L’innovation ukrainienne face à l’adversité
Les hélicoptères Mi-8 et Mi-24 ne sont pas les seuls à avoir été mobilisés dans cette guerre des drones. L’ingéniosité ukrainienne a transformé des appareils improbables en chasseurs efficaces. Le Yak-52, un avion d’entraînement soviétique des années 1970, est devenu un tueur de Shaheds redoutablement efficace. Léger, maniable, économique à opérer, il peut voler à des vitesses suffisamment basses pour engager les drones lents tout en restant assez agile pour éviter les collisions. L’Ukraine a également développé ses propres drones intercepteurs, comme le STING, spécifiquement conçus pour chasser les Shaheds. Ces petits drones kamikazes sont guidés vers leur cible et la percutent, la détruisant par l’impact. C’est du drone contre drone, une guerre de machines dans le ciel nocturne ukrainien.
Le président Volodymyr Zelensky a lui-même souligné l’importance de cette approche économique. Il notait qu’il faut parfois jusqu’à deux drones intercepteurs, coûtant environ 3 000 euros chacun, pour neutraliser un seul Shahed. C’est cher, mais c’est infiniment moins que le coût d’un missile sol-air occidental. Et c’est cette logique économique qui a guidé toute la stratégie ukrainienne de défense anti-drone : utiliser les moyens les moins coûteux possibles pour neutraliser une menace massive mais relativement bon marché. Les hélicoptères, les avions légers, les drones intercepteurs, les équipes mobiles de guerre électronique — tout cela forme un écosystème de défense adaptatif et résilient. Mais cet écosystème reposait sur une hypothèse fondamentale : les Shaheds ne peuvent pas se défendre. Cette hypothèse vient de voler en éclats dans la neige de Tchernihiv.
L'escalade technologique : la réponse de Moscou
Une évolution systématique
La découverte du Shahed armé de MANPADS n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une stratégie d’évolution continue des capacités russes en matière de drones. Depuis le début de la guerre, Moscou n’a cessé d’améliorer ses Geran — la version russe du Shahed iranien. Les premières versions étaient des armes relativement primitives : un GPS, un pilote automatique, une charge explosive, et c’est tout. Le drone suivait une trajectoire préprogrammée jusqu’à sa cible et s’écrasait dessus. Simple, brutal, efficace. Mais aussi prévisible et vulnérable. Les Ukrainiens ont appris à les détecter, à prédire leurs routes, à les intercepter. Alors les Russes ont adapté. Ils ont ajouté des modems cellulaires permettant une connectivité en temps réel. Ils ont installé des caméras donnant aux opérateurs une vue directe depuis le drone. Ils ont développé des liaisons de données en ligne de mire pour un contrôle plus précis près des lignes de front.
L’armement du drone avec des missiles air-air est la suite logique de cette évolution. En décembre 2025, les Ukrainiens avaient déjà découvert des Shaheds équipés de missiles R-60, une vieille munition soviétique normalement utilisée par les avions de chasse. Cette configuration avait ses limites : le R-60 est lourd (près de 45 kg), ce qui affectait les performances du drone. Le passage au MANPADS Verba résout plusieurs de ces problèmes. Le missile complet, dans son tube de lancement, ne pèse qu’environ 18 kg. Son autodirecteur multispectral est plus sophistiqué et plus résistant aux contre-mesures. Et surtout, contrairement à la version avec R-60, le drone conserve sa charge explosive principale. L’Institut pour l’étude de la guerre note que ces développements font partie d’une tentative plus large de Moscou de rendre ses drones capables d’engager des menaces aériennes. Ce n’est plus de l’improvisation. C’est une doctrine qui se met en place.
Ce qui me frappe dans tout ça, c’est la patience. La méthodologie. Chaque fois que l’Ukraine trouve une parade, la Russie trouve une contre-parade. Chaque innovation défensive est étudiée, analysée, et contournée. C’est une course aux armements en accéléré, compressée dans le temps et l’espace d’un seul conflit. Et je me demande : où ça s’arrête? Quand les drones ukrainiens seront armés pour abattre les drones russes armés? Quand des essaims autonomes s’affronteront dans le ciel sans intervention humaine? On est en train d’écrire le manuel de la guerre du futur, en temps réel, avec du sang ukrainien comme encre.
Le Geran-5 : la prochaine génération
Comme si les Shaheds armés de missiles ne suffisaient pas, le renseignement ukrainien a récemment révélé l’existence d’une nouvelle variante encore plus inquiétante : le Geran-5. Ce drone de nouvelle génération abandonne le moteur à pistons caractéristique des Shaheds classiques pour un turboréacteur. Résultat : une vitesse de pointe de 600 km/h, contre environ 180 km/h pour les versions précédentes. Il peut également emporter une charge utile de 90 kg, soit presque le double du Shahed standard. Plus rapide, plus lourd, plus difficile à intercepter. Les analystes suggèrent même que ce nouveau drone pourrait être lancé depuis des avions, ce qui étendrait considérablement son rayon d’action.
Et ce n’est pas tout. Les Russes expérimentent également avec des contre-mesures infrarouges montées sur leurs drones. Des images récentes montrent des Geran équipés de dispositifs cylindriques chauffés électriquement, destinés à aveugler les autodirecteurs des missiles et des drones intercepteurs. Certains drones russes ont même été repérés avec des terminaux Starlink, ce qui pourrait leur donner une capacité de communication par satellite quasi impossible à brouiller. Si la Russie parvient à produire ces configurations en masse, les défenses ukrainiennes pourraient être submergées non pas par le nombre, mais par la sophistication. C’est un scénario cauchemardesque que les planificateurs militaires ukrainiens doivent désormais prendre en compte.
L'hiver de tous les dangers
Une stratégie de terreur
Pendant que les ingénieurs russes perfectionnent leurs drones tueurs, les civils ukrainiens paient le prix de cette guerre technologique. L’hiver 2025-2026 est le troisième que l’Ukraine affronte sous les bombes, et il pourrait être le plus dur. La stratégie russe est d’une clarté brutale : détruire systématiquement les infrastructures énergétiques ukrainiennes pour plonger le pays dans le froid et l’obscurité. Les Nations Unies ont documenté l’ampleur du désastre. Lors de la réunion du Conseil de sécurité du 13 janvier 2026, Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, a déclaré que le début de l’année n’avait apporté « ni paix ni même répit à l’Ukraine, mais des combats et des dévastations renouvelés ». Elle a souligné que les frappes russes avaient tué et blessé des dizaines de civils tout en privant des millions de personnes d’électricité, de chauffage et d’eau.
Les chiffres sont accablants. 10,8 millions de personnes en Ukraine ont besoin d’aide humanitaire. L’ONU et ses partenaires ont lancé un appel de 2,31 milliards de dollars pour 2026, destiné à soutenir 4,12 millions de personnes confrontées aux besoins les plus sévères. À Kyiv, plus de 1 200 espaces chauffés ont été mis en place pour accueillir les habitants privés de chauffage. Ramesh Rajasingham, directeur du secteur humanitaire de l’OCHA, a résumé la situation : les attaques « poussent les moyens mêmes de survie hivernale au bord du gouffre ». Ce qui rend ces attaques particulièrement dévastatrices, c’est qu’elles paralysent les systèmes qui maintiennent les civils en vie pendant l’hiver. Ce n’est pas un dommage collatéral. C’est l’objectif.
Je n’arrive pas à me sortir cette image de la tête : une famille qui fait fondre de la neige pour avoir de l’eau. En 2026. Dans un pays européen. Pas à cause d’une catastrophe naturelle, pas à cause d’une famine, mais parce qu’un homme au Kremlin a décidé que ces gens devaient souffrir. Il y a quelque chose d’obscène dans ce contraste : d’un côté, des ingénieurs qui développent des drones capables de tirer des missiles sur des hélicoptères; de l’autre, des enfants qui grelottent dans des appartements sans chauffage. Toute cette ingéniosité, toute cette technologie, toutes ces ressources — pour ça. Pour faire fondre de la neige à la bougie.
Les cibles invisibles
L’attaque du 8-9 janvier a également visé les ports ukrainiens de la région d’Odesa. Deux navires civils battant pavillon étranger ont été frappés par des drones russes. Deux personnes ont été tuées, huit blessées. Odesa a été frappée à nouveau le dimanche suivant, dans ce que DiCarlo a qualifié d’« escalade préoccupante » ciblant les infrastructures portuaires. Ces attaques visent à étrangler l’économie ukrainienne, à couper ses liens avec le monde extérieur. Et puis il y a les attaques contre les infrastructures nucléaires. Le HUR a averti que la Russie pourrait cibler les sous-stations électriques alimentant les centrales nucléaires ukrainiennes. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé que plusieurs sous-stations critiques pour la sécurité nucléaire avaient été affectées par les frappes récentes. Le spectre de Tchernobyl plane toujours sur ce pays.
Les réponses possibles : adapter ou périr
Repenser les tactiques
Face à cette nouvelle menace, les forces ukrainiennes n’ont pas d’autre choix que de s’adapter. Les premières recommandations de Serhii Beskrestnov donnent une idée des ajustements nécessaires : éviter les approches frontales, se méfier des drones qui semblent tourner en cercle, maintenir une distance de sécurité accrue. Mais ces précautions tactiques ne suffiront pas à long terme. Si les Russes parviennent à armer une proportion significative de leurs Shaheds avec des MANPADS, les hélicoptères chasseurs de drones pourraient devenir trop vulnérables. Il faudra alors trouver d’autres solutions. Les drones intercepteurs comme le STING pourraient prendre une importance accrue, car ils ne risquent pas de vies humaines. Les systèmes de guerre électronique, capables de brouiller les communications entre le drone et son opérateur, pourraient devenir prioritaires.
L’Ukraine explore également des solutions plus conventionnelles. Le débat sur l’acquisition d’avions d’attaque légers comme le A-29 Super Tucano ou l’AT-6 Wolverine a pris une nouvelle urgence. Ces appareils pourraient engager les Shaheds à distance, hors de portée des MANPADS embarqués. Mais acquérir ces appareils prend du temps, former les pilotes aussi. Et le temps est un luxe que l’Ukraine n’a pas. Lors de la réunion du Conseil de sécurité, Ramesh Rajasingham a été direct : « Les civils qui subissent ces attaques ont besoin de plus que des déclarations de préoccupation. Ils ont besoin d’actions concrètes. » Ces mots résonnent comme un reproche à peine voilé. Trois ans de guerre, et le monde continue de débattre pendant que les drones continuent de tomber.
Conclusion : Le ciel qui ne pardonne plus
Une guerre sans fin visible
Le drone gît toujours dans la neige de Tchernihiv, du moins dans nos mémoires. Son missile n’a pas tiré. Cette fois. Mais combien d’autres sont déjà en vol, armés et prêts? La découverte de ce Shahed armé de MANPADS n’est pas la fin d’une histoire. C’est le début d’un nouveau chapitre, plus sombre encore, dans cette guerre qui semble ne jamais vouloir finir. Les experts militaires peuvent débattre de l’efficacité réelle du système, pointer ses limitations techniques. Tout cela est vrai. Mais tout cela passe à côté de l’essentiel. L’essentiel, c’est que la guerre des drones vient de franchir un seuil. L’essentiel, c’est que des hommes et des femmes qui risquaient déjà leur vie pour protéger leurs compatriotes doivent maintenant affronter une menace supplémentaire. L’essentiel, c’est que l’ingéniosité humaine continue de trouver de nouvelles façons de tuer.
La Russie a montré qu’elle était prête à tout pour gagner cette guerre d’usure. Face à cette marée technologique, l’Ukraine continue de se battre avec une résilience qui force l’admiration. Ses pilotes continueront à décoller dans la nuit. Ses civils continueront à faire fondre la neige pour survivre. Mais jusqu’à quand? Et à quel prix? Ce qui est certain, c’est que le ciel ukrainien est devenu un peu plus dangereux en ce mois de janvier 2026. Et que quelque part, dans le froid et l’obscurité, un pilote d’hélicoptère se prépare pour sa prochaine mission, sachant que les règles du jeu ont changé pour toujours.
Je termine cet article avec un mélange de colère et de tristesse qui ne veut pas se dissiper. Colère contre ceux qui ont décidé que cette guerre devait continuer, que ces drones devaient voler, que ces gens devaient souffrir. Tristesse pour tous ceux qui sont pris dans cette spirale de violence technologique, des pilotes ukrainiens aux civils qui gèlent dans leurs appartements. Et au milieu de tout ça, une question qui me hante : combien de temps encore? Combien de nuits d’hiver? Combien de drones dans le ciel? Je n’ai pas de réponse. Personne n’en a. Tout ce que je sais, c’est que quelque part en Ukraine, en ce moment même, quelqu’un regarde le ciel et écoute. Écoute le bourdonnement. Écoute la mort qui approche. Et espère que cette nuit, les chasseurs seront plus rapides que les proies.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial : Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques et militaires. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, et à une compréhension approfondie des enjeux qui nous concernent tous.
Méthodologie et sources : Les informations factuelles proviennent de sources primaires et secondaires vérifiables. Sources primaires : communiqués du renseignement militaire ukrainien (HUR), déclarations officielles des Nations Unies, rapports de l’Institut pour l’étude de la guerre. Sources secondaires : The National Interest, Kyiv Post, Defence Blog, The War Zone. Les analyses constituent une synthèse critique basée sur ces sources et les commentaires d’experts cités.
Sources
Sources primaires
National Interest – « Russia Just Made the Next Big Move in the Ukraine Drone War » – Brandon J. Weichert – 20 janvier 2026
Kyiv Post – « New Russian Shahed Drone Can Target Air and Ground at Once, Ukraine Intel Says » – 12 janvier 2026
HUR Ukraine (War&Sanctions Portal) – Analyse technique du Geran-2 « E » avec MANPADS Verba – 12 janvier 2026
Nations Unies Ukraine – « Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis » – 13 janvier 2026
Defence Blog – « Russia arms Shahed strike drones with MANPADS » – Dylan Malyasov – 4 janvier 2026
Sources secondaires
The War Zone – « Russian Shahed-136 Kamikaze Drones Now Carrying MANPADS Missiles » – Thomas Newdick – 5 janvier 2026
Espreso Global – « Ukrainian helicopters emerge as cost-effective answer to Iranian-made Shahed drones » – 17 septembre 2025
Institute for the Study of War – Russian Offensive Campaign Assessment – janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.