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Trump à Davos : « Parfois, on a besoin d’un dictateur »
Crédit: Adobe Stock

Une performance théâtrale

Le discours de Trump à Davos a duré plus d’une heure, un marathon verbal qui a alterné entre attaques virulentes, revendications territoriales et digressions personnelles. Dès le début, le ton a été donné : Trump s’est plaint amèrement de ce que les États-Unis étaient « exploités » par l’Europe, se demandant avec incrédulité pourquoi sa tentative de prendre le contrôle du Groenland rencontrait une telle résistance. Il a fustigé les dirigeants européens pour avoir rendu leur continent « méconnaissable » à travers ce qu’il a qualifié de migration incontrôlée et de politiques économiques radicales.

Les participants à la salle, qui s’étaient pressés pour assister à cette intervention, ont rapidement perdu leur enthousiasme initial. Ce qui devait être un événement majeur s’est transformé en une performance théâtrale parfois confondante. Trump s’est attardé sur des détails insignifiants, comme les lunettes de soleil d’Emmanuel Macron, s’est moqué de la Suisse en affirmant qu’elle n’est « bonne que grâce à nous », et a lancé des menaces voilées contre le Canada. L’assemblée, majoritairement composée d’Européens, est restée dans un silence presque total, n’offrant que des applaudissements tièdes à la fin de ce marathon.

Je n’arrive pas à décider ce qui me frappe le plus : l’arrogance de Trump ou la passivité de cette élite mondiale. Ces gens, qui prétendent diriger le monde, assis là comme des écoliers punis pendant que le président américain insulte leurs pays, leurs valeurs, leurs alliances. Et le plus triste, c’est qu’ils n’ont pas l’air de savoir quoi faire. Ils écoutent, prennent des notes, peut-être préparent-ils déjà leurs communiqués de presse officiels et diplomates. Mais dans leurs yeux, on lit cette peur muette, cette compréhension soudaine que tout ce qu’ils croyaient acquis est en train de s’effondrer. C’est la fin d’une époque, et ils sont les témoins impuissants de leur propre obsolescence.

Des revendications historiques contestées

Dans son argumentation pour justifier la prise de contrôle du Groenland, Trump a évoqué l’histoire, et plus particulièrement la Seconde Guerre mondiale. Il a rappelé que le Danemark était tombé face à l’Allemagne après seulement six heures de combat, et était « totalement incapable de se défendre lui-même ou le Groenland ». Selon lui, les États-Unis avaient été « contraints » d’intervenir pour protéger l’île, et il a regretté la décision américaine de l’époque de permettre au Danemark de conserver le Groenland comme territoire.

« Comme nous étions stupides de faire cela », a-t-il lancé. « Mais nous l’avons fait, nous l’avons rendue. Mais comme ils sont ingrats maintenant ? ». Cette interprétation historique a été largement contestée par les experts, qui soulignent que la coopération entre les États-Unis et le Danemark pendant la guerre était basée sur le respect de la souveraineté danoise et non sur une revendication territoriale. Trump a également affirmé que « aucune nation ou groupe de nations n’est en mesure de sécuriser le Groenland, hormis les États-Unis », une affirmation qui nie clairement les capacités défensives de l’OTAN et des pays nordiques.

Cette réécriture de l’histoire me donne envie de vomir. Trump prend les sacrifices de millions de gens pendant la Seconde Guerre mondiale et les transforme en justification pour ses propres ambitions impérialistes. Il parle de gratitude comme s’il avait personnellement libéré l’Europe, comme si les États-Unis étaient les seuls héros de cette histoire. C’est cette arrogance américaine à son paroxysme, ce mélange de méconnaissance historique et de certitude inébranlable dans sa propre supériorité. Et le plus effrayant, c’est que ça marche. Il y a des gens qui écoutent ça et qui hochent la tête, qui pensent qu’il a raison, que l’Amérique a le droit de prendre ce qu’elle veut parce qu’elle est l’Amérique. C’est la fin de la raison, la victoire de la force brute sur le droit international.

Sources

Sources primaires

Rolling Stone – Trump in Davos: ‘Sometimes You Need a Dictator’ – 21 janvier 2026

ABC News – Trump rules out using military force to acquire Greenland in Davos speech – 21 janvier 2026

CNN – Five takeaways from Trump’s antagonistic speech in Davos – 21 janvier 2026

Sources secondaires

Common Dreams – ‘Sometimes You Need a Dictator,’ Trump Says Following Threats to Cancel Election – 21 janvier 2026

Al Jazeera – Trump live news: US president says ‘framework’ reached for Greenland deal – 21 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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