Pourquoi Trump veut-il ce territoire?
Le Groenland. Une île gigantesque. 2,16 millions de kilomètres carrés. Plus grande que le Mexique. Recouverte à 80% de glace. Habitée par seulement 56 000 personnes, principalement des Inuits. Un territoire autonome du Royaume du Danemark depuis des décennies.
Mais sous cette glace? Des minéraux rares essentiels à la technologie moderne. Du pétrole. Du gaz naturel. Des terres rares que la Chine contrôle actuellement à plus de 60% du marché mondial. Et une position stratégique inestimable dans l’Arctique, à mi-chemin entre la Russie, les États-Unis et l’Europe.
Le Golden Dome: l’argument massue
Trump a martelé son argument principal: le Golden Dome. Ce système de défense antimissile que son administration développe depuis 2025. Un bouclier spatial censé protéger le territoire américain contre les missiles balistiques intercontinentaux russes et chinois. Coût estimé? Entre 161 et 542 milliards de dollars sur vingt ans, selon le Bureau du budget du Congrès.
«Le Groenland est vital pour le Golden Dome que nous construisons», a affirmé Trump. «Ce brillant mais extrêmement complexe système ne peut fonctionner avec une efficacité maximale que si le Groenland y est inclus.»
Sauf que les experts en défense disent exactement le contraire. Todd Harrison, de l’American Enterprise Institute, est catégorique: «Ce qu’il dit est déconnecté de la réalité. C’est comme s’il ne réalisait pas que depuis des décennies, nous avons une base majeure au Groenland qui est cruciale pour la défense antimissile.» La base de Pituffik existe depuis 1951. Les accords de coopération permettent déjà toute expansion nécessaire. Mais les faits, visiblement, importent peu.
L'Europe se rebiffe: une coalition de résistance
Macron sort les griffes
La veille du discours de Trump, le président français Emmanuel Macron avait donné le ton. Ses lunettes d’aviateur sur le nez — officiellement pour protéger un vaisseau sanguin éclaté — il avait livré une charge sans concession. «L’accumulation sans fin de nouveaux tarifs douaniers est fondamentalement inacceptable», avait-il lancé, «encore plus quand ils sont utilisés comme levier contre la souveraineté territoriale.»
Macron n’a pas mâché ses mots: les États-Unis cherchent ouvertement à «affaiblir et subordonner l’Europe». La France a demandé un exercice militaire de l’OTAN au Groenland et s’est déclarée prête à y contribuer. Les premiers soldats français sont déjà en route.
La réponse de Trump: moquerie et menaces
Comment Trump a-t-il répondu? En se moquant des lunettes de Macron. «J’ai regardé Emmanuel Macron hier avec ces belles lunettes de soleil», a-t-il ricané devant l’audience de Davos. Puis il a enchaîné avec une menace: un tarif de 200% sur le vin et le champagne français si Macron refuse de rejoindre son «Board of Peace».
«Personne ne veut de lui parce qu’il va bientôt quitter ses fonctions», a ajouté Trump, oubliant apparemment que le mandat de Macron court jusqu’en 2027.
Le Danemark et le Groenland: un refus catégorique
Une fin de non-recevoir historique
Quelques jours plus tôt, le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio avaient rencontré le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen et sa homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt à la Maison-Blanche. Le résultat? Un «désaccord fondamental», selon les termes du ministre danois.
«Il est clair que le président a ce souhait de conquérir le Groenland», a déclaré Rasmussen après la réunion. Vivian Motzfeldt a été tout aussi directe: «Le Groenland ne veut pas être possédé par, gouverné par ou faire partie des États-Unis.»
Le Premier ministre groenlandais brandit le drapeau
À Nuuk, capitale du Groenland, des milliers de personnes ont manifesté contre les prétentions américaines. Le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen a brandi le drapeau groenlandais lors d’un rassemblement historique. «Le Groenland choisit le Groenland que nous connaissons aujourd’hui, qui fait partie du Royaume du Danemark», a-t-il proclamé.
La réponse de Trump? «C’est leur problème. Je suis en désaccord avec lui. Je ne sais pas qui il est. Je ne sais rien de lui, mais ça va être un gros problème pour lui.»
«Je ne sais pas qui il est.» Cette phrase me hante. Le président de la première puissance mondiale menace ouvertement le dirigeant d’un territoire qu’il veut acquérir, et il avoue ne même pas savoir son nom. C’est au-delà de l’arrogance. C’est un mépris total pour les 56 000 Groenlandais qui ont une identité, une culture, une histoire. Ils ne sont pas un «morceau de glace» à acheter. Ce sont des êtres humains.
Les tarifs douaniers: l'arme économique
Huit pays dans le collimateur
Samedi dernier, Trump a annoncé une mesure de représailles économiques sans précédent contre des alliés de l’OTAN. Huit pays européens — le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande — se verront imposer des tarifs de 10% à partir du 1er février 2026. Ces tarifs grimperont à 25% le 1er juin si aucun accord n’est trouvé.
La raison invoquée? Ces pays ont envoyé des troupes au Groenland en signe de solidarité avec le Danemark. L’Allemagne a déployé 13 militaires. La Suède un nombre non précisé. La Norvège deux. Deux soldats. Pour cette «menace», Trump impose des sanctions commerciales qui pourraient coûter des milliards.
L’Europe envisage la riposte nucléaire économique
L’Union européenne ne reste pas les bras croisés. Le Parlement européen a officiellement suspendu les travaux d’implémentation de l’accord commercial signé avec les États-Unis. Bernd Lange, président de la commission du commerce international, a été clair: «Notre souveraineté et notre intégrité territoriale sont en jeu. Les affaires comme d’habitude sont impossibles.»
Plus inquiétant encore: la France pousse pour l’utilisation de l’Instrument Anti-Coercition (ACI), la «bombe atomique» économique européenne. Cet outil permettrait de restreindre l’accès des entreprises américaines au marché européen, de les exclure des marchés publics, et d’imposer des restrictions sur les investissements directs. Une escalade qui pourrait faire trembler l’économie mondiale.
Un discours qui a choqué même les alliés
Le Canada dans la ligne de mire
Trump ne s’est pas contenté d’attaquer l’Europe. Il a également ciblé le Canada et son nouveau Premier ministre Mark Carney. «Le Canada obtient beaucoup de cadeaux de notre part. Ils devraient être reconnaissants», a lancé le président américain. «Le Canada vit grâce aux États-Unis. Rappelez-vous de ça, Mark, la prochaine fois que vous ferez vos déclarations.»
La veille, Carney avait dénoncé une «rupture» dans l’ordre mondial et appelé les puissances moyennes à s’unir face aux grandes puissances qui «poursuivent leurs intérêts en utilisant l’intégration économique comme coercition». Il avait réaffirmé le soutien du Canada à la souveraineté danoise et groenlandaise.
Les alliés les plus proches qualifiés de «méconnaissables»
Dans son discours, Trump a réservé ses critiques les plus acerbes non pas aux adversaires des États-Unis, mais à ses alliés les plus proches. Le Royaume-Uni et d’autres nations européennes sont devenus «méconnaissables», a-t-il affirmé, «et pas de manière positive». Il a qualifié la décision britannique de rétrocéder les îles Chagos à Maurice d’«acte de grande stupidité».
Il y a quelque chose de profondément troublant à voir le président américain traiter ses alliés avec plus de mépris que ses adversaires. Pas un mot dur contre Poutine. Pas une critique de Xi Jinping. Mais l’Europe? Le Canada? Le Royaume-Uni? Des cibles faciles, apparemment. Des alliés qui ont combattu aux côtés des États-Unis en Afghanistan, en Irak, qui ont invoqué l’Article 5 de l’OTAN après le 11 septembre. Et voilà comment on les remercie.
Les confusions et les gaffes: un président déconnecté?
Quand le Groenland devient l’Islande
À plusieurs reprises durant son discours, Trump a confondu le Groenland avec l’Islande. «L’Islande nous a déjà coûté beaucoup d’argent», a-t-il déclaré, faisant référence à la chute des marchés boursiers — chute provoquée par ses propres menaces concernant le Groenland, pas l’Islande.
Ces erreurs répétées — au moins quatre fois selon le Washington Post — soulèvent des questions sur la maîtrise du dossier par le président. Confondre deux pays aussi différents — l’un étant un État souverain membre de l’OTAN, l’autre un territoire autonome du Danemark — n’est pas une simple bourde. C’est révélateur.
L’argument de la Seconde Guerre mondiale
Trump a invoqué l’histoire pour justifier ses prétentions. Le Danemark est tombé face à l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, a-t-il rappelé. Sans les États-Unis, l’audience de Davos «parlerait allemand ou japonais». Les forces américaines ont défendu le Groenland pendant le conflit, puis l’ont rendu au Danemark. Une décision que Trump remet maintenant en question.
«Comme ils sont ingrats maintenant», a-t-il ajouté, visiblement amer que le Danemark refuse de lui vendre un territoire qu’il n’a jamais demandé à récupérer en premier lieu.
Les réactions internationales: entre consternation et résistance
L’OTAN sous tension
Le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte a appelé à une «diplomatie réfléchie» face aux tensions croissantes au sein de l’alliance. Mais comment maintenir l’unité quand le membre le plus puissant menace ouvertement d’envahir — ou du moins d’acquérir de force — le territoire d’un autre membre?
L’Article 5 de l’OTAN stipule qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. Cet article n’a été invoqué qu’une seule fois dans l’histoire — pour défendre les États-Unis après le 11 septembre 2001. L’ironie est cruelle.
La présidente de la Commission européenne intervient
Ursula von der Leyen a tenté de calmer le jeu tout en restant ferme. «Le Groenland appartient à son peuple», a-t-elle déclaré. «C’est au Danemark et au Groenland de décider de son avenir.» Elle a qualifié la menace de tarifs contre les alliés de «erreur» qui risque de faire entrer les relations transatlantiques dans une «spirale descendante dangereuse».
L'opération Venezuela: un précédent inquiétant
Quand Trump passe de la parole aux actes
Ce qui rend la situation actuelle particulièrement alarmante, c’est le précédent vénézuélien. Le 3 janvier 2026, des forces américaines ont enlevé le président Nicolas Maduro et l’ont transporté aux États-Unis. Une opération militaire unilatérale contre un chef d’État étranger. Sans mandat international. Sans déclaration de guerre.
Trump lui-même a fait référence à cette opération lors de son discours à Davos. Sa poursuite du Groenland s’est «intensifiée» après cette démonstration de force, notent les analystes. Le message est clair: les menaces américaines ne sont pas de vains mots.
L’Iran comme avertissement
Durant son discours, Trump a également évoqué l’attaque contre les installations nucléaires iraniennes en juin 2025. «Ils étaient très proches d’avoir une arme nucléaire, et nous les avons frappés fort», a-t-il déclaré. «C’était une oblitération totale. Ils peuvent réessayer, mais ils devront le faire depuis une autre zone, parce que cette zone a été oblitérée.»
Ces rappels de démonstrations de force militaire, dans un discours censé rassurer sur l’absence d’intention d’utiliser la force au Groenland, créent un effet glaçant.
«Je n’utiliserai pas la force.» Les mots sont là. Mais après le Venezuela? Après l’Iran? Après les menaces de tarifs de 200% sur le champagne? Qui peut encore prendre ces promesses au sérieux? Trump a démontré qu’il était prêt à agir unilatéralement quand ça l’arrange. La seule chose qui retient sa main au Groenland, c’est que le Danemark est un allié de l’OTAN. Mais pour combien de temps cette protection suffira-t-elle?
Les Groenlandais au milieu de la tempête
Une population inquiète et indignée
Naaja Nathanielsen, ministre groenlandaise des Affaires économiques et des Ressources minérales, a décrit l’état d’esprit de ses concitoyens au CNBC: «Les gens sont inquiets, les gens ont peur, les gens sont déconcertés.» Les sondages montrent que les Groenlandais rejettent massivement l’idée d’être absorbés par les États-Unis.
Malik Dollerup-Scheibel, 21 ans, a résumé le sentiment général après l’annonce des tarifs: «Je pensais que cette journée ne pouvait pas empirer, mais c’est le cas. Ça montre qu’il n’a aucun remords pour aucun être humain.»
Le rêve d’indépendance compliqué
Paradoxalement, beaucoup de Groenlandais aspirent à l’indépendance — mais vis-à-vis du Danemark, pas pour rejoindre les États-Unis. Le mouvement indépendantiste groenlandais existe depuis des décennies. Trump, involontairement, pourrait avoir renforcé les liens entre Nuuk et Copenhague en transformant une question interne en crise internationale.
Un Groenlandais cité par les médias locaux a exprimé un espoir inattendu: «J’espère que l’intérêt de Trump va pousser le Danemark à se réveiller et à montrer du respect au Groenland. Beaucoup de Danois pensent que tout le monde ici n’est qu’un Inuit ivre. Mais maintenant que l’Amérique veut nous acheter, peut-être qu’ils peuvent voir qu’il y a beaucoup de valeur ici.»
Que va-t-il se passer maintenant?
Des négociations impossibles?
Un groupe de travail a été établi entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis pour «explorer s’il est possible de trouver une voie commune». Mais les positions semblent irréconciliables. Le Danemark a tracé deux lignes rouges: l’intégrité territoriale et l’autodétermination des Groenlandais.
Le secrétaire d’État Rubio a été chargé de préparer une proposition d’achat. Coût estimé: 700 milliards de dollars. La réponse du ministre danois a été cinglante: «Il n’y a aucune chance que les États-Unis paient pour un système de protection sociale scandinave au Groenland. Vous n’avez même pas introduit un système de protection sociale scandinave dans votre propre pays.»
L’escalade semble inévitable
Les tarifs entreront en vigueur le 1er février. L’Europe prépare ses contre-mesures. Les exercices militaires au Groenland se poursuivent. Trump a prévenu: «Vous avez le choix. Vous pouvez dire oui, et nous serons très reconnaissants. Ou vous pouvez dire non, et nous nous en souviendrons.»
Les marchés financiers retiennent leur souffle. Les diplomates s’activent dans les coulisses. Et quelque part à Nuuk, 56 000 personnes regardent leur avenir se jouer dans les déclarations d’un homme qui ne connaît même pas le nom de leur Premier ministre.
À quel moment avons-nous accepté que ce soit normal? Qu’un président américain puisse menacer des alliés de tarifs punitifs pour les forcer à céder un territoire? Qu’il puisse confondre deux pays différents dans le même discours et que personne ne s’en offusque vraiment? Que la simple promesse de «ne pas utiliser la force» soit considérée comme une bonne nouvelle? Je regarde ces images de Davos, ces hommes en costume qui applaudissent poliment, et je me demande: où sont les adultes dans la pièce? Où sont ceux qui vont dire «non, ça suffit»? Peut-être qu’ils sont à Nuuk, en train de brandir leur drapeau. Peut-être qu’ils sont à Copenhague, en train de manifester devant l’ambassade américaine. Peut-être que ce sont ces 56 000 Groenlandais qui refusent d’être un «morceau de glace» à vendre. Et peut-être que c’est eux, finalement, qui nous montrent ce que signifie vraiment la dignité.
Sources
Sources primaires:
Discours de Donald Trump au Forum économique mondial de Davos, 21 janvier 2026
Conférence de presse du ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen, 14 janvier 2026
Déclarations de la ministre groenlandaise des Affaires étrangères Vivian Motzfeldt, janvier 2026
Discours d’Emmanuel Macron au Forum économique mondial de Davos, 20 janvier 2026
Discours de Mark Carney au Forum économique mondial de Davos, 20 janvier 2026
Sources secondaires:
Euronews, «US seeks immediate negotiations to acquire Greenland», 21 janvier 2026
CNBC, «Trump calls for immediate negotiations on Greenland», 21 janvier 2026
CBS News, «Trump says he won’t use force to acquire Greenland», 21 janvier 2026
NBC News, «Live updates: Trump says he won’t use force to take Greenland», 21 janvier 2026
The Washington Post, «Davos live updates», 21 janvier 2026
TIME, «Trump Claims Greenland For US in Davos Speech», 21 janvier 2026
Defense One, «Trump’s Golden Dome excuse for Greenland grab is detached from reality», janvier 2026
Al Jazeera, «Rupture in the world order: Speeches by Carney, world leaders in Davos», 21 janvier 2026
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