Londres respire : le FTSE 100 reprend des couleurs
À la Bourse de Londres, le FTSE 100 a clôturé en hausse de 11,31 points, soit une progression de 0,11%, pour terminer à 10 138,09 points. Un chiffre qui, pris isolément, semble modeste. Mais pour les traders londoniens, il représente bien plus qu’une simple variation statistique. Il représente le retour à une forme de normalité. Il représente la fin — temporaire — de l’incertitude absolue qui paralysait les marchés depuis plusieurs jours. Il représente la possibilité de recommencer à planifier, à investir, à prendre des risques calculés plutôt que de se recroqueviller en position défensive.
Les valeurs qui ont le plus profité de ce rebond sont révélatrices des craintes qui avaient précédé. Les entreprises du secteur de la défense, qui avaient bondi dans l’anticipation d’un conflit, ont légèrement reculé. Les compagnies aériennes, qui craignaient une fermeture de l’espace aérien arctique, ont repris de la vigueur. Les groupes industriels exportant vers les États-Unis ont affiché des gains modérés, même si la menace des tarifs douaniers continue de peser sur leurs perspectives. Le message des marchés londoniens est clair : le risque immédiat est écarté, mais le risque structurel demeure.
À Londres, on a appris à célébrer les petites victoires. Parce qu’on sait que les grandes défaites ne sont jamais loin.
Paris tient bon : le CAC 40 dans la tempête
De l’autre côté de la Manche, le CAC 40 a terminé la séance en hausse de 6,59 points, soit 0,08%, pour clôturer à 8 069,17 points. Une performance encore plus modeste qu’à Londres, qui reflète les inquiétudes spécifiques des investisseurs français. Car la France, on le sait, a une relation particulière avec les États-Unis. Une relation faite d’admiration et de défiance, de coopération et de compétition. Et dans le contexte actuel, cette relation est mise à rude épreuve.
Les grands groupes français du luxe, comme LVMH ou Kering, qui réalisent une part significative de leur chiffre d’affaires aux États-Unis, ont affiché des performances mitigées. D’un côté, le soulagement de voir la menace militaire s’éloigner. De l’autre, l’inquiétude face aux tarifs douaniers annoncés. Dix pour cent le 1er février, vingt-cinq pour cent le 1er juin. Pour des entreprises qui fonctionnent avec des marges serrées malgré leurs prix élevés, ces taxes pourraient être dévastatrices. Le luxe français, fleuron de l’économie nationale, se retrouve en première ligne d’une guerre commerciale qu’il n’a pas voulue.
Francfort dans le rouge : le DAX paie le prix de l’incertitude
Seul grand indice européen à terminer dans le rouge, le DAX allemand a perdu 142,14 points, soit 0,58%, pour clôturer à 24 560,98. Une contre-performance qui s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, les problèmes structurels de l’économie allemande, qui accumule les mauvaises nouvelles depuis des mois. Ensuite, l’exposition massive de l’industrie automobile germanique au marché américain. Enfin, et surtout, la conscience aiguë que l’Allemagne a tout à perdre dans une confrontation commerciale avec les États-Unis.
Volkswagen, BMW, Mercedes-Benz : les trois géants de l’automobile allemande réalisent une part considérable de leurs ventes aux États-Unis. Des tarifs de 25% sur leurs exportations ne seraient pas simplement douloureux. Ils seraient potentiellement catastrophiques. Les analystes commencent à évoquer des scénarios de délocalisation, des fermetures d’usines en Allemagne, des suppressions d’emplois massives. Le modèle économique allemand, basé sur l’exportation de produits manufacturés haut de gamme, pourrait être remis en cause dans ses fondements mêmes. Et tout cela à cause d’une île glacée de l’Arctique dont la plupart des Allemands seraient bien incapables de situer sur une carte.
L’Allemagne découvre une vérité amère : sa prospérité dépend de marchés qu’elle ne contrôle pas. Et Trump vient de le lui rappeler brutalement.
Section 2 : Les tarifs douaniers, nouvelle arme de destruction massive économique
Le calendrier de l’asphyxie économique
Si les marchés n’ont pas explosé de joie après l’annonce de Trump, c’est parce qu’ils ont parfaitement compris le piège dans lequel l’Europe se trouve désormais enfermée. Le président américain n’a pas renoncé à ses objectifs. Il a simplement remplacé les missiles par les tarifs. Et le calendrier qu’il a annoncé est implacable. 1er février 2026 : entrée en vigueur d’une taxe de 10% sur les importations en provenance de huit pays européens jugés obstinés sur la question du Groenland. 1er juin 2026 : augmentation de cette taxe à 25% si aucun accord n’est trouvé.
Pour les entreprises européennes, ce calendrier représente un compte à rebours vers l’enfer. En quelques mois, leurs produits pourraient devenir 25% plus chers sur le marché américain. Dans un contexte de concurrence mondiale acharnée, une telle augmentation de prix est synonyme de mort commerciale. Les consommateurs américains, aussi fidèles soient-ils aux marques européennes, finiront par se tourner vers des alternatives moins coûteuses. Les parts de marché perdues ne se récupèrent pas facilement. Et pendant ce temps, les concurrents asiatiques se frotteront les mains.
L’effet domino sur les chaînes d’approvisionnement
L’impact des tarifs ne se limitera pas aux exportations directes. Les chaînes d’approvisionnement mondiales, ces réseaux complexes qui relient des milliers d’entreprises à travers les continents, seront également affectées. Un composant fabriqué en Allemagne, assemblé en Pologne, puis intégré dans un produit final vendu aux États-Unis sera touché à chaque étape. Les coûts s’accumuleront. Les marges se réduiront. Et certaines entreprises, déjà fragilisées par des années de crises successives, ne survivront pas.
Les économistes commencent à modéliser les scénarios catastrophe. Dans l’hypothèse où les tarifs de 25% entreraient en vigueur et resteraient en place pendant plusieurs années, l’impact sur le PIB européen pourrait se chiffrer en points de croissance. Des centaines de milliers d’emplois pourraient être menacés. Des régions entières, particulièrement dépendantes des exportations vers les États-Unis, pourraient basculer dans la récession. Et tout cela pour une question qui, il y a quelques semaines encore, semblait relever de la science-fiction : l’achat du Groenland par les États-Unis.
Les tarifs douaniers sont la guerre moderne. Ils ne tuent pas les soldats. Ils tuent les entreprises. Et avec elles, les emplois, les espoirs, les vies.
Section 3 : Les secteurs les plus exposés à la tempête tarifaire
L’automobile allemande en première ligne
Si un secteur incarne la vulnérabilité européenne face aux tarifs américains, c’est bien l’automobile allemande. Les chiffres donnent le vertige. En 2025, les constructeurs allemands ont exporté pour plus de 30 milliards de dollars de véhicules vers les États-Unis. Des BMW de luxe aux Porsche sportives, en passant par les berlines Mercedes et les Volkswagen familiales, l’Amérique est le deuxième marché mondial pour l’industrie automobile germanique. Un marché sur lequel les constructeurs allemands ont bâti une partie de leur légende.
Avec des tarifs de 25%, une BMW Série 5 vendue 60 000 dollars aux États-Unis coûterait soudainement 75 000 dollars. À ce prix, elle perdrait une grande partie de son avantage concurrentiel face aux modèles américains ou asiatiques. Les constructeurs allemands seraient alors face à un choix cruel : absorber une partie des tarifs dans leurs marges, au risque de transformer leurs opérations américaines en gouffre financier ; ou répercuter l’intégralité des taxes sur les prix, au risque de voir leurs ventes s’effondrer. Dans les deux cas, le résultat serait désastreux.
Le luxe français dans la tourmente
Le secteur du luxe français, autre fleuron de l’économie européenne, n’est pas mieux loti. Les États-Unis représentent le premier marché mondial pour les maisons de luxe françaises. Les sacs Louis Vuitton, les parfums Chanel, les montres Cartier, les champagnes Dom Pérignon — tous ces produits qui font la fierté et la richesse de la France dépendent crucialement des consommateurs américains. Et ces consommateurs, aussi aisés soient-ils, ne sont pas insensibles aux variations de prix.
Le secteur du luxe vit de son image d’exclusivité et de désirabilité. Il peut se permettre des prix élevés parce que ces prix font partie de l’attrait. Mais il y a des limites. Une augmentation de 25% sur un sac à main déjà vendu plusieurs milliers de dollars ferait réfléchir même les clients les plus fortunés. Et pour les consommateurs de la classe moyenne supérieure, ceux qui s’offrent un produit de luxe une fois par an en guise de récompense, cette augmentation pourrait tout simplement rendre l’achat impossible. Le luxe français pourrait perdre ce qui fait sa force : son accessibilité relative pour les happy few américains.
Le luxe français a conquis l’Amérique en faisant rêver. Les tarifs de Trump pourraient transformer ce rêve en cauchemar.
L’agroalimentaire européen menacé
Au-delà des secteurs emblématiques, c’est l’ensemble de l’agroalimentaire européen qui pourrait souffrir des tarifs américains. Les fromages français, les vins italiens, l’huile d’olive espagnole, la bière belge — tous ces produits qui font la richesse et la diversité de la gastronomie européenne sont exportés en quantités considérables vers les États-Unis. Et tous pourraient devenir 25% plus chers du jour au lendemain.
Pour les petits producteurs, les coopératives agricoles, les vignerons indépendants, cette perspective est terrifiante. Contrairement aux grands groupes industriels, ils n’ont pas les reins assez solides pour absorber des tarifs de cette ampleur. Ils ne peuvent pas délocaliser leur production. Ils ne peuvent pas développer rapidement des marchés alternatifs. Ils sont prisonniers de leur terroir, de leur tradition, de leur histoire. Et c’est précisément ce qui fait leur valeur qui pourrait causer leur perte. Les États-Unis adorent les produits européens authentiques. Mais pas au point de payer 25% de plus pour eux.
Section 4 : Les réactions des grandes capitales européennes
Berlin joue la carte de l’apaisement
Face à la menace tarifaire, Berlin a choisi une stratégie d’apaisement qui en dit long sur la vulnérabilité allemande. Le gouvernement fédéral a appelé au dialogue, aux négociations constructives, à la recherche de compromis. Des mots qui, dans le vocabulaire diplomatique, signifient que l’Allemagne est prête à faire des concessions. Lesquelles ? Personne ne le dit ouvertement. Mais les observateurs attentifs notent que Berlin n’a pas exprimé de soutien inconditionnel au Danemark dans cette affaire.
Cette prudence s’explique par des considérations économiques évidentes. L’Allemagne ne peut tout simplement pas se permettre une guerre commerciale avec les États-Unis. Son modèle économique, basé sur les exportations, dépend trop du marché américain. Ses grandes entreprises, celles qui font la fierté et la richesse du pays, seraient les premières victimes d’une escalade tarifaire. Face à ce risque existentiel, la solidarité européenne passe au second plan. C’est regrettable, mais c’est la réalité du monde dans lequel nous vivons.
Paris entre indignation et pragmatisme
La réaction française a été plus nuancée, fidèle à la tradition gaulliste d’indépendance et de grandeur nationale. Paris a dénoncé l’unilatéralisme américain, rappelé l’importance du multilatéralisme, souligné les dangers d’une guerre commerciale pour l’économie mondiale. Des mots forts, des principes élevés. Mais derrière cette rhétorique, une question reste sans réponse : que fera la France concrètement si les tarifs entrent en vigueur ?
La vérité, c’est que la France n’a pas beaucoup d’options. Elle peut protester, elle peut menacer des représailles, elle peut tenter de construire une réponse européenne coordonnée. Mais face à la puissance économique américaine, ses moyens sont limités. Les États-Unis peuvent se passer des produits français. La France peut-elle se passer du marché américain ? La réponse est non. Et Trump le sait parfaitement. C’est pour cela qu’il peut se permettre ces menaces. C’est pour cela qu’il finira probablement par obtenir ce qu’il veut.
L’Europe découvre qu’elle n’a pas les moyens de ses ambitions. Ses principes sont nobles. Ses leviers sont faibles.
Section 5 : Les scénarios pour les mois à venir
Scénario optimiste : un accord de dernière minute
Le scénario le plus favorable pour les marchés européens serait un accord négocié avant l’entrée en vigueur des tarifs les plus élevés. Cet accord pourrait prendre plusieurs formes. Le Danemark pourrait accepter un bail à long terme pour des bases militaires américaines au Groenland. Il pourrait consentir à une forme de cogestion du territoire avec les États-Unis. Il pourrait même, dans un scénario extrême, accepter de vendre l’île contre une compensation financière massive et des garanties pour la population locale.
Dans ce scénario, les tarifs seraient levés ou significativement réduits. Les entreprises européennes retrouveraient un accès normal au marché américain. Les bourses célébreraient la fin de la crise par des hausses significatives. La vie reprendrait son cours normal. Mais ce scénario suppose que le Danemark soit prêt à céder sur l’essentiel. Et pour l’instant, rien n’indique que Copenhague soit disposé à le faire.
Scénario pessimiste : l’escalade tarifaire
Le scénario le plus sombre verrait les négociations échouer et les tarifs de 25% entrer en vigueur comme prévu le 1er juin. L’Europe, dans ce cas, serait probablement contrainte de riposter par ses propres mesures protectionnistes. Une guerre commerciale généralisée s’ensuivrait, avec des conséquences dévastatrices pour l’économie mondiale. Les chaînes d’approvisionnement seraient perturbées. Les prix augmenteraient. La croissance ralentirait. Les bourses entreraient en territoire baissier.
Dans ce scénario catastrophe, les pertes se chiffreraient en milliers de milliards de dollars à l’échelle mondiale. Des entreprises emblématiques pourraient faire faillite. Des millions d’emplois seraient menacés. Et tout cela pour une question qui, au départ, ne concernait qu’un territoire de 56 000 habitants perdu dans les glaces de l’Arctique. L’absurdité de la situation n’échapperait à personne. Mais dans les relations internationales, l’absurdité n’a jamais été un obstacle aux catastrophes.
Les marchés financiers sont le reflet de nos peurs collectives. Et en ce moment, ils ont très peur.
Conclusion : L'Europe face à son destin économique
Un réveil brutal pour le Vieux Continent
La séance boursière du 21 janvier 2026 restera dans les mémoires comme le jour où l’Europe a compris sa vulnérabilité. Les modestes rebonds enregistrés à Londres et Paris, la baisse persistante à Francfort, tout cela raconte la même histoire. L’histoire d’un continent qui a cru pouvoir vivre à l’ombre protectrice des États-Unis tout en conservant son indépendance de jugement. L’histoire d’une illusion qui vole en éclats.
Donald Trump a démontré une chose fondamentale : dans le monde moderne, la puissance économique est la puissance tout court. Celui qui contrôle le plus grand marché de consommation du monde peut dicter ses conditions aux autres. Il peut menacer, exiger, obtenir. Et ceux qui dépendent de ce marché n’ont d’autre choix que de plier. L’Europe dépend du marché américain. Elle va donc plier. La seule question est de savoir combien de temps elle mettra à accepter l’inévitable.
Les marchés ont parlé, le monde doit écouter
Les investisseurs ne sont pas des philosophes. Ils ne s’embarrassent pas de grands principes ou de considérations morales. Ils regardent les chiffres, évaluent les risques, prennent des décisions. Et en ce 21 janvier 2026, leur verdict est sans appel : l’Europe est en danger. Pas un danger immédiat, existentiel, militaire. Mais un danger économique, structurel, profond. Un danger qui pourrait miner sa prospérité pour des années, voire des décennies.
Les bourses ont rebondi parce que la guerre a été évitée. Mais elles n’ont pas explosé de joie parce qu’une autre guerre commence. Une guerre de tarifs, de sanctions, de représailles économiques. Une guerre où l’Europe part avec un handicap considérable : sa dépendance au marché américain. Dans cette guerre, Trump a toutes les cartes en main. L’Europe n’a que ses principes. Et les principes, sur les marchés financiers, ne valent pas grand-chose.
Les bourses européennes ont survécu à cette journée. Mais elles savent, comme nous tous, que le plus dur reste à venir.
Sources
Sources primaires
Reuters – European markets react to Trump Davos speech – 21 janvier 2026
Bloomberg – DAX, CAC 40, FTSE 100 closing prices – 21 janvier 2026
Financial Times – Trump tariff threats shake European markets – 21 janvier 2026
Sources secondaires
Liberty Times Net – Trump rules out force on Greenland, European markets mixed – 21 janvier 2026
Wall Street Journal – Auto industry braces for Trump tariffs – 21 janvier 2026
Le Monde – Les marchés européens entre soulagement et inquiétude – 21 janvier 2026
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