Sourire pour survivre
Tu veux savoir ce que c’est, la vie de Zelensky? C’est monter dans un avion. Encore. Traverser l’Europe. Aller à une énième réunion. Serrer des mains. Sourire. Dire merci. Écouter des promesses.
Et rentrer. Souvent les mains vides. Ou avec juste assez pour tenir. Jamais assez pour gagner.
Un proche collaborateur l’a confié au magazine TIME: le président ukrainien « se sent trahi par ses alliés occidentaux. Ils l’ont laissé sans les moyens de gagner la guerre, seulement les moyens de survivre. »
Survivre. C’est tout ce qu’on lui permet. Pas la victoire. La survie. Juste assez d’armes pour ne pas mourir tout de suite. Juste assez d’aide pour continuer à saigner lentement.
L’espoir comme chaîne
Et pourtant, il y retourne. À chaque sommet. À chaque forum. À chaque rencontre. Pourquoi? Parce que peut-être — peut-être — cette fois-ci sera différente. Peut-être que cette fois-ci, quelqu’un dira oui. Peut-être que les missiles Tomahawk arriveront. Peut-être que les garanties de sécurité seront signées.
C’est ça, sa prison. Pas les barreaux. L’espoir. Cet espoir minuscule qui l’oblige à continuer le cirque. À supporter les humiliations. À encaisser les accusations. Parce qu’abandonner, ce serait abandonner son peuple.
Alors il continue. Il sourit. Il serre des mains. Il dit merci à des gens qui ne tiennent pas leurs promesses.
Le masque qui pèse des tonnes
Tu imagines ce que c’est? Serrer la main d’un dirigeant qui vient de te promettre des armes, en sachant — en sachant — qu’elles arriveront trop tard. Ou pas du tout. Et devoir quand même dire « merci beaucoup, c’est formidable ». Parce que si tu montres ta colère, si tu laisses tomber le masque une seule seconde, ils auront une excuse pour t’abandonner complètement.
« Vous voyez? Il est ingrat. Il ne coopère pas. Il ne veut pas la paix. »
Alors il joue le jeu. Quatre ans qu’il joue le jeu. Mille quatre cent vingt-sept jours de sourires forcés et de remerciements obligatoires.
Davos 2026: le symbole parfait de sa solitude
Ce qui devait se passer
Le Forum économique mondial de Davos devait être un triomphe. Un plan de prospérité de 800 milliards de dollars. Des garanties de sécurité avec les États-Unis. La promesse d’une reconstruction massive.
Zelensky avait dit, le 8 janvier, que l’accord était « essentiellement prêt à être finalisé au plus haut niveau ». Tout était en place.
Ce qui s’est réellement passé
Et puis le Groenland est entré dans l’équation. Trump veut cette île. Il menace le Danemark. Il impose des tarifs douaniers. Et soudain, l’Ukraine n’est plus la priorité.
Un diplomate occidental l’a dit au Financial Times: « Personne n’est d’humeur à organiser un grand spectacle autour d’un accord avec Trump en ce moment. »
Personne n’est d’humeur. Voilà. Pendant que des Ukrainiens gèlent, l’Europe n’est pas « d’humeur ».
Le plan de 800 milliards? Reporté. Les garanties de sécurité? En attente. La réunion des conseillers en sécurité nationale qui devait porter sur l’Ukraine? Reconvertie en discussion sur le Groenland.
Et Zelensky? Il a d’abord choisi de rester à Kiev. « Pour l’instant, je choisis l’Ukraine, pas un forum économique », a-t-il dit. Parce que chez lui, 5 600 immeubles étaient sans chauffage.
Tu mesures l’ironie? Les dirigeants européens débattent du Groenland dans des salons chauffés à 22 degrés. Et lui, il reste dans sa capitale à -20 pour superviser les secours. Eux parlent. Lui agit. Eux tergiversent. Lui compte les morts. Et c’est lui qu’on accuse de ne pas vouloir la paix.
Pendant ce temps, ils parlaient à l’émissaire de Poutine
Le plus cruel? Pendant que le plan pour l’Ukraine était reporté, les émissaires de Trump — Steve Witkoff et Jared Kushner — rencontraient l’envoyé de Poutine, Kirill Dmitriev. Plus de deux heures de discussion. Witkoff a qualifié l’échange de « très positif ».
Très positif. Avec l’homme qui représente celui qui bombarde l’Ukraine chaque nuit.
Et Zelensky? Il a dû regarder ça de loin. Sourire. Dire que les discussions « avancent ».
Ce qu'il endure pendant qu'on le critique
L’enfer énergétique de janvier 2026
Pendant que les leaders occidentaux débattaient à Davos, voici ce qui se passait en Ukraine:
Le 20 janvier, la Russie a lancé plus de 300 drones et missiles sur les infrastructures énergétiques. À Kiev, 5 600 immeubles ont perdu le chauffage. Température extérieure: -20 degrés Celsius.
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a été direct: « C’est la première fois dans l’histoire de notre ville que, par des froids aussi sévères, la plupart de la ville s’est retrouvée sans chauffage et avec une énorme pénurie d’électricité. »
La capacité de production électrique de l’Ukraine? Passée de 33,7 gigawatts avant l’invasion à 14 gigawatts aujourd’hui. Le ministre de l’Énergie, Denys Shmyhal, l’a dit: « Il ne reste pas une seule centrale électrique que l’ennemi n’a pas attaquée. »
Pas une seule.
Les visages derrière les chiffres
À Kiev, Evgenia a fabriqué un radiateur de fortune avec un pot en terre cuite et des bougies chauffe-plat. « Ça ne chauffe pas vraiment la pièce », dit-elle, « mais si tu t’assieds à côté, ça réchauffe un peu les mains. »
Son chat, un sphynx sans poils nommé Pushok, s’est mis à manger de la soupe. Peut-être parce que c’est chaud.
Une mère ukrainienne, photographiée par Reuters le 14 janvier, souffle sur les doigts gelés de sa fille de trois ans. Encore et encore. Parce qu’il n’y a plus de chauffage.
C’est ça, l’Ukraine de janvier 2026. C’est ça que Zelensky porte sur ses épaules. Pendant qu’on lui reproche de ne pas « faire assez de compromis ».
Chaque fois que j’entends quelqu’un dire que Zelensky devrait « être plus flexible », je pense à cette mère qui souffle sur les mains de sa fille. Je pense à Evgenia et son pot de terre cuite. Je pense aux 5 600 immeubles sans chauffage. Et je me demande: flexible sur quoi, exactement? Sur le droit de son peuple à ne pas geler? Sur le droit de ses enfants à vivre? C’est ça qu’on lui demande de négocier?
Les mots qu'il a osé prononcer
« Sommes-nous fatigués? Extrêmement. »
Dans son discours du Nouvel An 2026, Zelensky a laissé tomber le masque. Assis face à la caméra, sans décor sophistiqué, il a parlé avec une honnêteté qu’on lui voit rarement.
« Sommes-nous fatigués? Extrêmement. »
Trois mots. Qui disent tout. Presque quatre ans de guerre. Plus longtemps que l’occupation allemande de nombreuses villes ukrainiennes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Et puis il a ajouté: « Est-ce que ça veut dire qu’on est prêts à se rendre? Ceux qui le pensent se trompent profondément. Et clairement, après toutes ces années, ils n’ont toujours pas compris qui sont les Ukrainiens. »
Les mensonges en costumes d’affaires
Il a aussi dit autre chose. Quelque chose de plus tranchant. Quelque chose qui ressemble à un cri étouffé:
« Trop souvent, la vérité est évitée et appelée diplomatie, alors qu’en fait ce ne sont que des mensonges déguisés en costumes d’affaires. »
Des mensonges en costumes d’affaires. C’est exactement ce qu’il voit. À chaque sommet. À chaque forum. À chaque poignée de main suivie de promesses non tenues.
La lucidité douloureuse
Il a aussi parlé de l’accord de paix en préparation. « Un accord de paix est prêt à 90%. Il reste 10%. Ces 10% contiennent en fait tout. Ce sont les 10% qui détermineront le sort de la paix, le sort de l’Ukraine et de l’Europe, la façon dont les gens vivront. »
Il sait. Il sait que ces 10%, ce sont les territoires. Ce sont les villes. Ce sont les gens. Et il sait qu’on lui demande de les abandonner.
« Ce que veut l’Ukraine? La paix? Oui. À n’importe quel prix? Non. Nous voulons la fin de la guerre, pas la fin de l’Ukraine. »
Le poids qu'aucun homme ne devrait porter
Quarante millions d’espoirs
Chaque fois qu’il part pour une de ces rencontres internationales, des millions d’Ukrainiens espèrent. Ils regardent les informations. Ils attendent. « Peut-être que cette fois… » Peut-être que cette fois, il reviendra avec les missiles Tomahawk. Peut-être que cette fois, les garanties de sécurité seront signées. Peut-être que cette fois, quelqu’un aura tenu parole.
Et lui, il porte ce poids. L’espoir de tout un peuple sur ses épaules.
Quand il revient les mains vides — ou presque — c’est un peu plus de désespoir qu’il ramène. Mais il ne peut pas le montrer. Il doit dire que c’était « productif ». Que les discussions « avancent ». Que les « partenaires » sont « engagés ».
Des mots. Toujours des mots. Pendant que les bombes, elles, sont très réelles.
L’interdiction d’être humain
Il y a des choses que Zelensky ne peut pas se permettre. Il ne peut pas hurler. Il ne peut pas pleurer en public. Il ne peut pas envoyer tout le monde se faire voir et rentrer chez lui.
Parce que « chez lui », c’est un pays qui compte sur lui. Quarante millions de personnes qui attendent qu’il ramène quelque chose. N’importe quoi.
Il ne peut pas dire: « Vous m’avez menti. » Il ne peut pas dire: « Vos promesses ne valaient rien. » Il ne peut pas dire: « Pendant que vous débattez du Groenland, mes enfants meurent de froid. »
Parce que demain, il devra encore leur demander quelque chose. Des missiles. Des intercepteurs. De l’argent. De l’espoir.
C’est ça, sa prison. L’obligation de rester poli avec des gens qui le laissent tomber. L’obligation de continuer à croire — ou à faire semblant de croire — que la prochaine réunion sera différente.
Il n’a pas le droit d’être humain. Tu comprends? Il doit être un symbole. Un drapeau qui ne se froisse jamais. Une voix qui ne tremble pas. Un sourire qui ne faiblit pas. Même quand tout s’effondre. Même quand ceux qui devraient l’aider lui tournent le dos. Même quand on l’accuse des crimes qu’il subit. Il doit continuer. Sourire. Remercier. Espérer. Parce que s’il craque, tout craque avec lui.
La grandeur dans la persévérance
Ce qui fait un grand homme
On mesure souvent la grandeur aux victoires. Aux conquêtes. Aux triomphes.
Mais il y a une autre grandeur. Celle de l’homme qui continue quand tout semble perdu. Qui se relève après chaque coup. Qui avance quand le chemin n’existe plus.
Zelensky n’a pas choisi cette guerre. Il n’a pas choisi d’être un chef de guerre. C’était un comédien. Un homme qui faisait rire les gens. Et le voilà, quatre ans plus tard, portant le poids d’une nation sur ses épaules.
Il aurait pu fuir. En février 2022, quand les Américains lui ont proposé une évacuation, il a répondu: « J’ai besoin de munitions, pas d’un taxi. »
Il est resté. Il reste.
Continuer malgré tout
Chaque matin depuis 1 427 jours, il se lève. Il regarde les rapports. Il compte les morts. Et il continue.
Il va aux réunions qui ne mènent à rien. Il serre les mains qui ne donnent rien. Il dit merci à des gens qui ne font rien. Parce que peut-être — peut-être — un jour, ça changera.
C’est ça, le courage. Pas l’absence de peur. Pas l’absence de fatigue. Pas l’absence de désespoir. C’est avancer quand même. C’est continuer quand tout dit d’arrêter.
Un homme face à l’histoire
Dans son discours à Davos 2025, Zelensky avait dit: « L’Europe doit façonner l’histoire pour elle-même et ses alliés pour rester non seulement pertinente, mais vivante et grande. »
Lui, il façonne l’histoire. Pas avec des discours. Avec sa présence. Avec son refus de céder. Avec cette obstination qui exaspère certains mais qui, un jour, sera reconnue pour ce qu’elle est: du courage à l’état pur.
Les batailles impliquant des soldats nord-coréens se déroulent maintenant plus près de Davos que de Pyongyang, a-t-il rappelé. Ce n’est pas une guerre lointaine. C’est une guerre européenne. Et lui est sur le front.
Ce que l'histoire retiendra
Les promesses oubliées
L’histoire retiendra les promesses. « Nous serons là jusqu’au bout. » « L’Ukraine ne sera jamais seule. » « Tout ce qu’il faudra, aussi longtemps qu’il le faudra. »
L’histoire retiendra aussi les actes. Le plan de 800 milliards reporté pour parler du Groenland. Les réunions détournées. Les mains serrées avec l’émissaire de Poutine pendant que l’Ukraine gelait.
L’homme qui n’a pas cédé
Mais l’histoire retiendra surtout cet homme. Celui qui n’a pas fui quand il le pouvait. Celui qui n’a pas cédé quand on le pressait. Celui qui a continué à sourire quand tout s’effondrait autour de lui.
Volodymyr Zelensky. Un comédien devenu chef de guerre. Un homme ordinaire devenu symbole. Un président qu’on accuse des crimes qu’il subit.
Et qui continue. Malgré tout. Envers et contre tous.
Je pense à lui cette nuit. À cet homme qui n’a pas le droit de craquer. Qui doit se lever demain et recommencer. Sourire. Serrer des mains. Écouter des promesses. Pendant que chez lui, une mère souffle sur les doigts gelés de sa fille. Pendant que les sirènes hurlent. Pendant que les bombes tombent. Il y a quelque chose de tragique et de sublime dans cette persévérance. Quelque chose qui dépasse la politique et touche à l’essence même de ce que signifie être humain. Un jour, quand cette guerre sera finie — et elle finira — on se souviendra de beaucoup de choses. Des lâches et des courageux. Des promesses tenues et des promesses trahies. Mais surtout, on se souviendra de lui. L’homme qui a continué d’avancer quand le monde entier lui disait de s’arrêter.
Et maintenant?
La question qui reste
Jusqu’à quand? Jusqu’à quand devra-t-il continuer ce cirque? Jusqu’à quand devra-t-il sourire à des gens qui le trahissent? Jusqu’à quand devra-t-il porter seul le poids d’un peuple qui gèle?
Personne ne sait.
Lui non plus, probablement.
Mais demain matin, il se lèvera. Comme chaque matin depuis 1 427 jours. Il regardera les rapports. Il comptera les morts. Et il continuera.
Parce que c’est ce qu’il fait. C’est ce qu’il est.
Un homme qui avance. Quand le monde entier lui tourne le dos.
Sources:
Al Jazeera, « US, Russia envoys meet in Davos as Ukraine reconstruction plan postponed », 21 janvier 2026
Financial Times, rapports sur le report du plan de reconstruction, janvier 2026
Reuters, interview de Donald Trump sur les négociations de paix, janvier 2026
TIME Magazine, portrait de Zelensky et témoignage de son entourage
CBC News, « Zelenskyy’s year-end message: Ukraine won’t sign ‘weak’ deal », décembre 2025
Kyiv Post, « In New Year Address, Zelensky Warns World Must Stop Russia’s War », 1er janvier 2026
CNN, « Russian strikes and the coldest winter in years leave Ukrainians out in the cold », 17 janvier 2026
NBC News, « Russia batters Ukraine’s power grid again », 20 janvier 2026
Site officiel du président ukrainien, discours du Nouvel An 2026
World Economic Forum, transcription du discours de Zelensky à Davos 2025
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