Le discours qui a changé la donne
Lorsque Mark Carney a pris la parole à Davos le 20 janvier 2026, personne ne s’attendait à ce qui allait suivre. Le Premier ministre canadien, connu pour sa maîtrise des dossiers économiques complexes, a délaissé le langage prudent de la finance pour adopter un ton presque prophétique. Il a déclaré sans ambages que l’ordre mondial tel qu’on l’avait connu était en rupture, pas en simple transition. « L’ancien ordre ne reviendra pas, inutile de le regretter », a-t-il lancé, visant implicitement mais clairement l’administration Trump et sa remise en question systématique des institutions internationales.
Sa critique des grandes puissances qui utilisent l’intégration économique comme arme, les droits de douane comme moyen de pression et l’infrastructure financière comme outil de coercition a résonné avec une force particulière dans la salle. Carney n’a pas mentionné le nom de Trump, mais il n’en avait pas besoin. Chaque phrase, chaque formulation semblait répondre directement aux politiques américaines des dernières années. Le Forum économique mondial, habituellement le théâtre de déclarations lénifiantes et de consensus mous, s’est retrouvé témoin d’une mise en demeure publique : le Canada ne serait plus un partenaire silencieux.
Ce qui me fascine, c’est la stratégie de Carney. Il ne crie pas. Il n’insulte pas. Il prend Trump à son propre jeu — la rhétorique de la force — mais il l’utilise contre lui. C’est presque de l’art martial diplomatique. Quand Trump parle de « faire l’Amérique grande », Carney répond en parlant de faire le monde juste. Quand Trump menace de tarifs douaniers, Carney parle de souveraineté et de solidarité. C’est une approche qui mérite d’être saluée, parce qu’elle refuse la logique de la peur que Trump essaie d’imposer à tous ses partenaires.
Une ovation rare pour un Canadien
Le moment le plus marquant du discours de Davos a été la réaction du public. À la fin de l’allocution, Carney a reçu une ovation debout, un phénomène que les observateurs qualifient de rare à cette grand-messe annuelle où les applaudissements polis sont la norme. Cette réaction spontanée témoignait non seulement de la qualité du discours, mais surtout de la résonance de son message auprès d’un public international fatigué par l’unilatéralisme américain. Les délégués présents ont reconnu dans les mots de Carney une vérité que beaucoup n’osaient pas exprimer.
La citation qui a fait le tour du monde — « Les puissances moyennes doivent agir de concert, car si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu » — a été reprise par les journaux d’Europe, d’Asie et d’Amérique latine. Elle est devenue une sorte de slogan pour tous les pays qui se sentent menacés par l’approche transactionnelle et coercitive de l’administration Trump. Le Canada, traditionnellement perçu comme un acteur modeste sur la scène internationale, s’est soudainement positionné comme le chef de file d’une nouvelle coalition de pays refusant de se laisser dicter leur conduite par Washington.
Il y a quelque chose de profondément ironique dans cette situation. Le Canada, pays souvent moqué pour sa politesse et sa modestie, se retrouve à la tête d’un mouvement de résistance mondiale. Et c’est un ancien banquier, pas un politicien de carrière, qui porte ce message. Ça dit beaucoup sur l’état du monde actuel — quand les politiciens traditionnels sont dépassés, ce sont les technocrates qui prennent le relais. Carney a compris quelque chose que beaucoup d’autres n’ont pas saisi : dans un monde de Trump, la modération n’est pas une vertu, c’est une faiblesse.
Section 2 : La réaction de Trump
L’insulte qui dit tout
La réaction de Donald Trump n’a pas tardé. Dès le lendemain du discours de Carney, le président américain a monté sur la scène du même forum pour livrer ce que les analystes ont qualifié de réponse directe — et directe au sens le plus vulgaire du terme. « J’ai regardé votre premier ministre, hier », a-t-il lancé à l’assistance, avec ce ton de mépris qu’il affectionne. « Il n’était pas très reconnaissant. Ils devraient nous être reconnaissants. Le Canada… le Canada existe grâce aux États-Unis. Souviens-t’en, Mark, la prochaine fois que tu feras des déclarations. »
Cette déclaration a été interprétée comme bien plus qu’une simple réplique politique. C’était une affirmation d’impérialisme directe, une reconnaissance ouverte que le président américain considère le Canada comme une dépendance rather qu’un partenaire souverain. L’utilisation du prénom « Mark » au lieu du titre officiel, le ton paternaliste de la mise en garde — tout cela contribue à une image de Trump considérant le Canada comme un enfant ingrat qui doit être remis à sa place. La politologue Anessa Kimball de l’Université Laval a résumé la situation avec une franchise désarmante : « On sait déjà que Trump est sensible comme un enfant. On sait que ça va le toucher au cœur et qu’il va faire une crise de bacon. »
Quand j’ai lu la réponse de Trump, ma première réaction a été de rire. Un rire nerveux, certes, mais un rire quand même. Parce que c’est tellement… Trump. tellement prévisible. tellement pathétique. Il ne peut pas supporter que quelqu’un le remette en question. Il ne peut pas accepter que le Canada puisse avoir sa propre voix, sa propre vision. Sa réaction révèle sa plus grande faiblesse : son ego fragile. Et Carney, consciemment ou non, a appuyé exactement là où ça fait mal. C’est une leçon de diplomatie que tous les dirigeants mondiaux devraient étudier.
Le message implicite de menace
Au-delà de l’insulte directe, la déclaration de Trump comportait une dimension menaçante qui n’a pas échappé aux observateurs. En affirmant que « le Canada existe grâce aux États-Unis », le président américain ne se contentait pas de délivrer une leçon d’histoire — il avançait implicitement que l’existence même du Canada dépendait de la bonne volonté américaine. C’est le genre de déclaration qui, dans d’autres contextes historiques, a précédé des interventions militaires ou économiques contre des pays considérés comme ingrats ou rebelles.
La politologue Kimball a noté que « nous interagissons avec un partenaire qui ne veut jamais revenir à la collaboration. Il veut établir une relation qui est conflictuelle. Nous, on est mal préparés pour ça. » Cette analyse met en lumière un problème fondamental dans la relation canado-américaine sous l’ère Trump : Washington ne cherche plus le partenariat, il cherche la domination. Et la réponse de Carney, loin d’être une simple réaction émotionnelle, représente une tentative de redéfinir les termes de cette relation avant qu’il ne soit trop tard.
Ce qui m’inquiète, c’est que ce n’est pas juste des mots. Trump a montré à maintes reprises qu’il est prêt à utiliser tous les outils à sa disposition — tarifs douaniers, sanctions, pressions diplomatiques — pour faire plier ceux qui s’opposent à lui. Sa réaction au discours de Carney n’est pas un accident. C’est une déclaration de guerre froide. Et le Canada doit être prêt non seulement à répondre verbalement, mais à agir concrètement. Parce que si nous ne nous défendons pas maintenant, nous risquons de découvrir ce que signifie vraiment être « au menu ».
Section 3 : La réponse de Carney sur les Plaines d'Abraham
Le choix symbolique du lieu
La décision de Mark Carney de livrer sa riposte sur les Plaines d’Abraham n’était certainement pas anodine. Ce site, où s’est déroulée la bataille de 1759 entre les forces françaises et britanniques, est l’un des lieux les plus chargés d’histoire au Canada. C’est là que s’est joué le destin de l’Amérique du Nord britannique, là que la Nouvelle-France est tombée pour donner naissance à ce qui allait devenir le Canada. En choisissant cet endroit pour répondre à Trump, Carney faisait un lien explicite entre les luttes du passé et les défis du présent.
Dans son discours, le Premier ministre a évoqué directement cette histoire : « En septembre 1759, deux armées se sont affrontées ici dans une bataille qui a changé à jamais le cours de l’histoire de ce continent. Lorsque la fumée s’est dissipée, les deux commandants, Wolfe et Montcalm, gisaient mourants, leurs destins liés même dans la mort. La Nouvelle-France était tombée. L’Amérique du Nord britannique était née. » Cette évocation historique servait à établir une continuité entre les luttes pour l’indépendance d’hier et les défis de souveraineté d’aujourd’hui.
Je suis frappé par la puissance symbolique de ce choix. Les Plaines d’Abraham — c’est littéralement le berceau du Canada moderne. C’est là que notre pays a commencé, dans le sang et la fumée. Et Carney retourne sur ce sol pour dire : nous sommes toujours là. Nous avons survécu à des épreuves bien plus difficiles que les insultes d’un président américain. C’est un message de résilience extraordinaire. Il nous rappelle que le Canada n’est pas un accident de l’histoire. C’est une nation forgée dans l’adversité. Et cette adversité a créé quelque chose de fort, de résilient, de distinctement canadien.
La déclaration qui a tout changé
C’est à la fin de son discours, dans un passage qui ne figurait pas dans la version écrite distribuée aux médias, que Carney a livré sa réponse la plus percutante à Trump. « Le Canada et les États-Unis ont construit un partenariat remarquable dans les domaines de l’économie, de la sécurité, et dans de riches échanges culturels », a-t-il commencé, en reconnaissance du passé. Puis est venue la phrase qui a changé tout : « Mais le Canada ne vit pas grâce aux États-Unis. Le Canada prospère parce que nous sommes Canadiens. »
Cette déclaration, prononcée avec une force qui a suscité des applaudissements chaleureux de la part des ministres présents, représentait bien plus qu’une simple contradiction de Trump. C’était une affirmation d’identité nationale, une déclaration que la prospérité du Canada découlait de ses propres valeurs, de son propre peuple, de sa propre histoire — et non de quelque faveur américaine. Le Premier ministre affirmait implicitement que le Canada était une nation souveraine, capable de déterminer son propre destin, et qu’il refusait d’être réduit au statut de dépendance.
Cette phrase — « Le Canada prospère parce que nous sommes Canadiens » — je l’ai relue dix fois. Et chaque fois, elle me frappe davantage. C’est simple. C’est puissant. C’est vrai. Carney a touché quelque chose de profond dans l’âme canadienne. Nous avons passé trop de temps à douter de nous-mêmes, à nous demander si nous avions vraiment notre place dans le monde. Cette phrase nous dit : oui. Nous avons notre place. Nous avons notre force. Nous avons notre identité. Et personne — ni Trump, ni personne d’autre — ne peut nous la prendre.
Section 4 : La réaction politique au Québec
La critique immédiate du PQ
La réaction politique au discours de Carney a été presque immédiate, et elle est venue d’un endroit surprenant : le Parti québécois. Quelques minutes à peine après que le Premier ministre eut terminé de parler, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a accusé Carney de « falsifier notre histoire, tant notre histoire lointaine que le mandat récent de Justin Trudeau ». L’attaque a été lancée sur les réseaux sociaux, avec la promesse que le chef péquiste reviendrait « point par point » sur les déclarations du Premier ministre lors du congrès du Parti québécois le dimanche suivant.
Cette réaction n’était pas entièrement inattendue, considérant que le Parti québécois domine actuellement dans les sondages en promettant de déclencher un nouveau référendum sur l’indépendance du Québec. Le discours de Carney, qui évoquait la « résilience des francophones » et insistait sur le fait que le Canada existait « grâce à la résilience des francophones », pouvait être perçu comme une tentative de cooptation du narratif souverainiste québécois. En parlant de l’importance des Québécois choisissant « à deux reprises » de rester au sein du Canada, Carney touchait directement à la question sensible des référendums de 1980 et 1995.
La réaction de PSPP me fascine. D’un côté, je comprends sa méfiance. Carney est un homme du système fédéral, et son évocation de l’histoire québécoise peut sembler instrumentale. Mais d’un autre côté, il y a quelque chose de presque comique dans cette réaction. Voilà le Premier ministre canadien qui défend la souveraineté nationale contre l’impérialisme américain, et le chef péquiste qui l’attaque pour avoir… parlé de l’histoire du Québec. C’est presque comme si PSPP ne savait plus quel ennenu combattre. Les souverainistes ont passé des décennies à se battre contre Ottawa. Mais maintenant qu’Ottawa se bat contre Washington, ils doivent recalculer leur stratégie.
La critique ironique de Blanchet
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a également réagi, mais avec une ironie mordante qui contraste avec l’approche plus directe de PSPP. Sur la lecture des faits de Carney, Blanchet a ironisé : « La Conquête et ses morts, c’était un geste de collaboration. L’interdiction du français à l’école, le rapport Durham, qui suggérait l’assimilation d’un peuple sans histoire ni culture, la pendaison de Louis Riel, la crise d’Octobre et toutes les tricheries référendaires, c’était de la collaboration. » Cette critique, bien que formulée avec humour, soulève une question sérieuse sur la manière dont Carney a choisi d’interpréter l’histoire canadienne.
La référence de Carney à la Conquête comme un moment fondateur du Canada moderne, et sa caractérisation des relations entre francophones et anglophones comme un « pacte » renouvelé à plusieurs reprises, représentent une interprétation très spécifique de l’histoire québécoise — une interprétation que beaucoup de souverainistes rejettent comme étant trop optimiste, voire carrément fausse. Pour Blanchet et d’autres, l’histoire du Québec n’est pas une histoire de collaboration et de pactes, mais une histoire de luttes et de résistances contre l’assimilation.
Blanchet a raison sur un point : l’histoire du Québec n’est pas simple. Elle est faite de collaborations, certes, mais aussi de conflits, de répressions, de luttes pour la survie linguistique et culturelle. Carney, dans son effort de présenter une image unie du Canada face à Trump, a peut-être simplifié cette histoire de manière trop optimiste. Mais il y a quelque chose d’ironique dans cette critique : voilà le chef du Bloc québécois qui reproche au Premier ministre canadien de ne pas être assez critique envers l’histoire fédérale… alors que le Premier ministre est en train de critiquer l’impérialisme américain. Les priorités politiques sont étranges parfois.
Section 5 : La question de l'identité canadienne
Qu’est-ce qu’un Canadien ?
Le discours de Carney a mis en lumière une question fondamentale qui traverse l’histoire canadienne : qu’est-ce que signifie être Canadien ? Dans sa réponse à Trump, Carney affirmait que le Canada prospérait « parce que nous sommes Canadiens » — mais cette affirmation soulève immédiatement la question : qu’est-ce que cela signifie exactement ? Le Canada a toujours eu une relation complexe avec son identité nationale, coincé entre l’influence culturelle américaine au sud et ses racines européennes, divisé entre deux langues officielles et de multiples cultures.
Cette complexité identitaire est ce qui a permis au Canada de naviguer dans le monde moderne avec une certaine souplesse. Contrairement aux États-Unis, avec leur identité nationale forte et souvent univoque, le Canada a appris à embrasser la complexité, à voir dans la diversité non pas une faiblesse mais une force. C’est cette capacité à s’adapter, à intégrer, à évoluer qui a permis au Canada de prospérer malgré — ou peut-être grâce à — sa position géographique et culturelle particulière. Carney, en affirmant que le Canada prospère parce qu’il est canadien, touche à cette essence : le Canada a réussi précisément parce qu’il n’a pas essayé d’être une autre version des États-Unis.
Je pense souvent à cette question d’identité. Grandir au Canada, c’est grandir avec cette tension constante — qui sommes-nous ? Pas Américains, pas Européens, mais quelque chose entre les deux. Pendant longtemps, je voyais ça comme une faiblesse, comme un manque de clarté. Mais plus j’y pense, plus je réalise que c’est notre plus grande force. Nous sommes le pays des « et » et non des « ou ». Francophones et anglophones. Multiculturels et unis. Indépendants et interdépendants. C’est cette capacité à vivre avec les contradictions qui nous permet de naviguer dans un monde complexe. Et c’est ça que Trump ne comprend pas.
La résilience comme caractéristique nationale
L’un des thèmes centraux du discours de Carney était la résilience — la résilience des francophones, la résilience du Canada face aux défis historiques, la résilience nécessaire pour affronter les défis actuels. Cette insistance sur la résilience n’est pas accidentelle : elle touche à quelque chose de profondément canadien. Le Canada a survécu à des guerres, à des crises économiques, à des menaces sécessionnistes, à des pressions culturelles constantes de son puissant voisin du sud. Chaque fois, il a trouvé le moyen non seulement de survivre, mais de se transformer et de se renforcer.
Cette résilience s’explique par plusieurs facteurs : des institutions fortes et stables, une culture du compromis et du dialogue, une ouverture au monde, et peut-être surtout une capacité collective à s’adapter au changement. Carney, en parlant de la résilience des francophones comme fondatrice de l’identité canadienne, souligne un paradoxe intéressant : c’est précisément parce que le Canada a dû faire face à des menaces existentielles — linguistiques, culturelles, politiques — qu’il a développé cette capacité à résister et à se renouveler. La résilience n’est pas une caractéristique innée, c’est une compétence acquise à travers l’épreuve.
La résilience — c’est un mot que j’entends souvent quand on parle du Canada. Mais je ne pense pas qu’on réalise à quel point c’est vrai. Nous avons survécu à des choses qui auraient brisé d’autres pays. Deux référendums sur l’indépendance du Québec qui ont failli réussir. Des pressions économiques constantes des États-Unis. Des défis climatiques majeurs. À chaque fois, nous avons trouvé le moyen de passer au travers. Pas toujours parfaitement, pas toujours sans douleur, mais nous avons passé. Cette capacité à encaisser les coups et à continuer d’avancer — c’est peut-être la chose la plus canadienne qui soit. Et c’est ça que Trump ne comprend pas. Il pense que la force, c’est la domination. Nous savons que la vraie force, c’est la résilience.
Section 6 : Les implications géopolitiques
Une nouvelle ère de relations internationales
L’affrontement entre Carney et Trump représente bien plus qu’une querelle diplomatique de routine — il signale potentiellement le début d’une nouvelle ère dans les relations internationales. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’ordre mondial avait été structuré autour de l’hégémonie américaine, avec un système de règles et d’institutions que Washington dominait largement. Mais ce système est en train de s’effriter, et le discours de Carney à Davos représente l’une des affirmations les plus claires que cet ordre est terminé.
En appelant les « puissances moyennes » à s’unir contre les forces hégémoniques, Carney propose un modèle différent : un monde multipolaire où les pays de taille moyenne collaborent pour faire contrepoids aux grandes puissances. Ce n’est pas un appel au rejet des États-Unis ou à l’isolement, mais une proposition de rééquilibrage des relations internationales. C’est une reconnaissance que dans un monde où les grandes puissances utilisent l’économie comme arme et les institutions comme outils de coercition, les pays moyens doivent trouver des moyens de se protéger et de défendre leurs intérêts.
Ce qui m’intrigue, c’est de voir comment ce discours est reçu dans le reste du monde. Les pays d’Europe, d’Asie, d’Amérique latine — tous ont eu à subir l’unilatéralisme américain à un moment ou un autre. La proposition de Carney de créer une coalition de puissances moyennes pourrait résonner avec beaucoup d’entre eux. C’est comme si Carney disait : « Nous sommes assez forts pour dire non. Ensemble, nous pouvons créer un système plus juste. » C’est une vision inspirante, mais c’est aussi un défi énorme. Parce que créer cette coalition demande du courage, de la diplomatie, et surtout une volonté de sacrifier certains intérêts à court terme pour un gain à long terme. Je ne suis pas sûr que tous les pays soient prêts à faire ce sacrifice.
Le Canada comme chef de file potentiel
Un aspect particulièrement frappant de cette situation est la position inattendue dans laquelle se trouve le Canada. Traditionnellement perçu comme un acteur modeste sur la scène internationale, souvent associé à la diplomatie discrète et au maintien de la paix, le Canada se retrouve soudainement à l’avant-garde d’un mouvement de résistance à l’hégémonie américaine. Ce positionnement est dû en grande partie à la personne de Mark Carney — ancien banquier central avec une expertise économique reconnue, capable de parler le langage des institutions financières tout en affirmant une vision politique audacieuse.
Cependant, ce rôle de chef de file comporte des risques significatifs. En s’affirmant contre Washington, le Canada s’expose à des représailles économiques potentielles — tarifs douaniers, restrictions commerciales, pressions diplomatiques. L’administration Trump a déjà montré qu’elle n’hésite pas à utiliser tous les outils à sa disposition pour faire plier ceux qui s’opposent à ses politiques. La question qui se pose est la suivante : le Canada a-t-il la capacité économique et politique de supporter cette pression ? Carney semble parier sur la réponse affirmative, en misant sur la solidarité internationale et la force des institutions canadiennes.
Je suis partagé sur cette question. D’un côté, je suis fier de voir le Canada prendre position. Nous avons passé trop de temps à être les bons élèves, à suivre les règles établies par d’autres. Il est temps que nous affirmions notre propre vision du monde. Mais d’un autre côté, je suis inquiet. Trump n’est pas quelqu’un qu’on provoque impunément. Il a le pouvoir de causer des dommages réels à l’économie canadienne. Est-ce que nous sommes prêts à payer ce prix ? Est-ce que nos alliés seront là pour nous soutenir si les choses tournent mal ? Je ne sais pas. Mais je sais que si nous ne nous battons pas maintenant, nous risquons de perdre encore plus. Parfois, il faut risquer quelque chose pour gagner quelque chose de plus grand.
Conclusion : L'avenir du Canada dans un monde incertain
Les défis qui nous attendent
L’affrontement actuel entre Mark Carney et Donald Trump n’est que le début des défis que le Canada devra affronter dans les années à venir. L’ordre mondial est en pleine mutation, et les règles qui ont structuré les relations internationales depuis des décennies sont en train d’être remises en question. Dans ce contexte, le Canada doit faire des choix difficiles : continuer à naviguer dans un système de plus en plus hostile, ou chercher à construire de nouvelles alliances et de nouvelles structures qui permettraient de mieux protéger ses intérêts.
Le discours de Carney suggère une voie : celle de la solidarité entre puissances moyennes, de la résistance à l’hégémonisme, de l’affirmation de la souveraineté nationale. Mais cette voie exige courage, détermination et — surtout — une vision claire de ce que le Canada veut être dans le monde. Le Canada ne peut pas se contenter d’être une victime passante des changements géopolitiques mondiaux. Il doit devenir un acteur actif, capable de façonner son destin et de contribuer à la construction d’un ordre mondial plus juste et plus équilibré.
Quand je regarde vers l’avenir, je ressens à la fois de l’appréhension et de l’espoir. L’appréhension, parce que je sais que les défis qui nous attendent sont immenses. Trump n’est que le symptôme d’un problème plus profond — un système international qui ne fonctionne plus pour la majorité des pays. L’espoir, parce que je vois des signes que le Canada commence à comprendre qu’il doit changer sa façon d’opérer dans le monde. Carney a ouvert une porte. À nous de la franchir.
La nécessité de l’unité nationale
Face à ces défis extérieurs, le Canada doit également faire face à des défis intérieurs. Les tensions entre le Québec et le reste du Canada, les divisions régionales, les questions de souveraineté — tout cela pourrait affaiblir le pays à un moment où il doit présenter un front uni. Le discours de Carney sur les Plaines d’Abraham était un appel explicite à l’unité canadienne, une reconnaissance que le Canada ne peut affronter les défis mondiaux que s’il est fort et uni à l’intérieur.
Cela ne signifie pas que toutes les différences doivent disparaître ou que les revendications légitimes des différentes régions doivent être ignorées. Au contraire, une vraie unité canadienne doit être capable d’intégrer la diversité et les différences. Mais cela exige un dialogue sincère, un respect mutuel, et surtout une volonté commune de construire un avenir partagé. Le Canada a survécu à des crises bien plus graves que celles d’aujourd’hui. Il peut survivre à celles-ci — mais seulement s’il reste uni.
Je reviens toujours à cette phrase de Carney : « Le Canada prospère parce que nous sommes Canadiens. » Elle est devenue une sorte de mantra pour moi dans ces temps incertains. Elle me rappelle que malgré toutes nos divisions, malgré toutes nos différences, il y a quelque chose qui nous unit — une façon d’être au monde, une capacité à vivre ensemble malgré nos divergences, une résilience qui nous a permis de traverser les pires épreuves. C’est ça, l’essence du Canada. Et c’est ça que nous devons protéger et renforcer. Parce que si nous perdons ça, nous perdons tout.
Sources
Sources primaires
TVA Nouvelles, « Le Canada ne vit pas grâce aux États-Unis », répond Mark Carney à Donald Trump, 22 janvier 2026
Journal de Québec, « Le Canada existe grâce aux États-Unis », lance Donald Trump à Mark Carney, 21 janvier 2026
Radio-Canada, Carney étale sa vision du monde : « Si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu », 20 janvier 2026
Sources secondaires
Radio-Canada, Le discours de Mark Carney à Davos suscite des éloges, 20 janvier 2026
Le Soleil, À Davos, Carney appelle les puissances moyennes à s’unir, 20 janvier 2026
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