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Groenland : Trump recule, l’Europe respire mais reste méfiante
Crédit: Adobe Stock

Les menaces initiales de Trump

La crise autour du Groenland a éclaté début janvier 2026, lorsque Trump a annoncé son intention d’acheter le territoire, évoquant des raisons de sécurité nationale et d’intérêt stratégique. Le 17 janvier, il a publié sur Truth Social, sa plateforme de réseaux sociaux, une déclaration explosive : huit pays européens — le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande — seraient soumis à des tarifs douaniers de 10 % sur leurs exportations vers les États-Unis à partir du 1er février. Ces tarifs devaient augmenter à 25 % le 1er juin si un accord pour « l’achat complet et total du Groenland » n’était pas atteint. Cette menaçante représentait une rupture sans précédent dans les relations transatlantiques, ciblant directement des alliés de l’OTAN et menaçant de déclencher une guerre commerciale majeure.

Les déclarations de Trump étaient accompagnées d’une rhétorique belliqueuse et méprisante. Il qualifiait le Groenland de « petit morceau de glace » et déclarait que les États-Unis étaient la seule nation capable de sécuriser ce territoire. Le président américain affirmait que l’achat du Groenland était essentiel pour contrer l’influence croissante de la Chine et de la Russie dans l’Arctique, et pour garantir l’accès aux ressources minérales vitales de l’île, notamment les terres rares. Cependant, cette justification stratégique masquait mal des ambitions impérialistes qui rappelaient les pires heures de l’histoire coloniale. Trump semblait envisager l’acquisition du Groenland comme une extension naturelle du territoire américain, comparant cette opération à l’achat de l’Alaska en 1867 ou de Hawaï en 1959.

Entendre un président américain menacer de détruire économiquement ses alliés parce qu’ils refusent de lui vendre un territoire, c’est comme entendre un kidnappeur exiger une rançon en menaçant de tuer les otages. C’est du chantage pur et simple, digne d’un État voyou, pas d’une démocratie qui se respecte. Et Trump le faisait avec une arrogance si totale, une méprisante confiance en lui, qu’on aurait presque pu croire qu’il pensait vraiment que le monde allait se plier à ses caprices. Il traitait le Danemark comme s’il était un vendeur de voitures d’occasion et le Groenland comme s’il était une voiture neuve qu’il pouvait acheter avec son argent. Comme si l’histoire, la souveraineté, les droits humains, tout ça ne comptait pas face à son ambition démesurée. C’est effrayant de penser à quel près nous étions d’une catastrophe géopolitique majeure. Et le plus effrayant, c’est que Trump ne semble même pas réaliser la gravité de ce qu’il a fait.

L’unité européenne mise à l’épreuve

L’annonce des tarifs douaniers a provoqué une réaction immédiate de l’Union européenne. Les Vingt-Sept se sont réunis en urgence le 18 janvier pour discuter de leur réponse face à cette agression économique sans précédent. Alors que certains pays prônaient la diplomatie et le dialogue, d’autres appelaient à des mesures de rétorsion vigoureuses. L’UE a envisagé l’utilisation de son « bazooka » commercial — un ensemble de tarifs de rétorsion et de restrictions commerciales qui pourrait frapper durement l’économie américaine. Cependant, la mise en œuvre de ces mesures prendrait plusieurs mois, laissant l’Europe vulnérable aux représailles américaines à court terme. Cette crise a mis en lumière les divisions internes de l’Union et ses difficultés à répondre rapidement et de manière unie aux défis géopolitiques.

Les pays ciblés par Trump ont réagi avec une combinaison de fermeté et de pragmatisme. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont condamné publiquement les menaces américaines, affirmant que le Groenland n’était pas à vendre et que la souveraineté danoise devait être respectée. En même temps, tous cherchaient une issue diplomatique qui permettrait d’éviter une guerre commerciale destructrice. Cette recherche d’un compromis a créé des tensions au sein de l’Alliance atlantique, certains pays européens se sentant trahis par l’attitude agressive de Washington. L’incident a également ravivé les débats sur la nécessité pour l’Europe de renforcer son autonomie stratégique et de réduire sa dépendance militaire et économique vis-à-vis des États-Unis. La crise du Groenland, bien que finalement désamorcée, a laissé des cicatrices profondes dans la relation transatlantique.

Le rôle crucial de l’OTAN

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord s’est trouvée au cœur de cette crise, à la fois comme instrument de défense collective et comme champ de bataille politique. Le Groenland abrite depuis 1951 la base de Pituffik (anciennement Thule Air Base), une installation militaire stratégique qui permet aux États-Unis de surveiller l’Arctique et de détecter les missiles hostiles. L’accord de 1951, renouvelé et modifié à plusieurs reprises, donne à Washington un accès quasi illimité aux zones de défense du Groenland pour des opérations militaires. Cet arrangement a toujours fonctionné dans le cadre de l’OTAN et du respect de la souveraineté danoise, mais Trump semblait vouloir transformer cette coopération en une forme de contrôle territorial américain.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a joué un rôle de médiateur essentiel dans la résolution de cette crise. En rencontrant Trump à Davos et en proposant un « cadre de futur accord », Rutte a réussi à désamorcer la menace immédiate tout en préservant l’intégrité de l’Alliance. Cependant, cette médiation a également soulevé des questions sur le rôle de l’OTAN dans les négociations territoriales et sur sa capacité à résister aux pressions de son membre le plus puissant. Les pays européens membres de l’OTAN ont exprimé leur inquiétude face à l’utilisation potentielle de l’Alliance comme levier pour des revendications territoriales unilatérales. La crise a également mis en évidence la nécessité de clarifier les limites de la coopération militaire au sein de l’OTAN et de garantir que les intérêts de tous les membres soient respectés, même ceux des plus petits.

Sources

Sources primaires

TV5MONDE, « Groenland: Donald Trump amorce un volte face », 22 janvier 2026. Reuters, « Trump backs down on Greenland tariffs, says deal framework reached », 21 janvier 2026. ABC News, « Here’s what we know about Trump’s ‘framework’ of a Greenland deal », 22 janvier 2026. Al Jazeera, « Trump’s Greenland ‘framework’ deal: What we know about it, what we don’t », 22 janvier 2026.

Sources secondaires

CNBC, « Trump-NATO framework unclear, sovereignty is a red line », 22 janvier 2026. The New York Times, « Trump Says He Has Framework for Greenland Deal as NATO Mulls Arctic Security », 21 janvier 2026. Le Monde, « Le Groenland au cœur des tensions entre Trump et l’Europe », janvier 2026. Le Figaro, « Trump recule sur le Groenland mais garde ses ambitions arctiques », janvier 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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