L’ordre fondé sur des règles s’effondre
Mark Carney n’a mâché ses mots. L’ordre international fondé sur des règles, pilier de la diplomatie canadienne depuis des décennies, n’est plus qu’une coquille vide. Les puissances dominantes, en particulier les États-Unis, l’utilisent quand cela les arrange et l’ignorent quand cela leur convient. Cette hypocrisie n’est plus soutenable pour un pays qui se respecte. Carney a rappelé que cette fiction avait été utile à une époque où l’hégémonie américaine fournissait des biens publics mondiaux : routes maritimes ouvertes, système financier stable, sécurité collective. Mais ces temps sont révolus. Les grandes puissances utilisent désormais l’intégration économique comme une arme, les tarifs comme moyen de pression, les infrastructures financières comme outils de coercition, et les chaînes d’approvisionnement comme des vulnérabilités à exploiter.
La rupture que décrit Carney n’est pas une transition, mais un changement de paradigme complet. Le Canada, comme de nombreux autres pays de puissance moyenne, comprend qu’il ne peut plus compter sur des institutions internationales pour le protéger. L’Organisation mondiale du commerce, l’Organisation des Nations Unies, les COP climatiques, toutes ces architectures de résolution collective des problèmes sont sous menace. La conclusion est implacable : un pays qui ne peut pas se nourrir, se fournir en énergie ou se défendre a peu d’options. Quand les règles ne vous protègent plus, vous devez vous protéger vous-même. C’est cette réalité brutale que le Canada accepte désormais, abandonnant les illusions d’un multilatéralisme naïf pour embrasser une approche de réalisme basée sur les valeurs.
Il y a quelque chose de tragiquement beau dans cette reconnaissance de la réalité. Comme un personnage de tragédie grecque qui prend soudain conscience de son destin. Carney ne pleurniche pas, ne demande pas de pitié, ne se pose pas en victime. Il dit simplement : voilà où nous en sommes, et voilà ce que nous allons faire. C’est une leçon de courage politique dans un monde où tant de leaders préfèrent le déni à la vérité. On est frappé par cette honnêteté intellectuelle, par ce refus de continuer à vivre dans le mensonge. C’est comme si une lourde chape tombait d’un coup, libérant une énergie nouvelle, une volonté d’agir, de construire, de se battre. C’est inspirant, en fait. On a envie de lui dire : oui, allons-y, construisons quelque chose de meilleur. Parce qu’à force de répéter que l’ancien monde ne reviendra pas, on finit par croire que le nouveau peut être meilleur. Et c’est peut-être là que réside l’espoir.
Le mythe de l’intégration bienveillante
Le discours de Davos a déconstruit méthodiquement le mythe selon lequel l’intégration économique était synonyme de prospérité partagée et de paix. Carney a expliqué que le Canada avait prospéré sous ce système pendant des décennies, rejoignant ses institutions, louant ses principes, bénéficiant de sa prévisibilité. Mais cette prospérité était fondée sur une illusion : celle que les règles s’appliqueraient également à tous, que le commerce international serait équitable, que le droit international serait appliqué avec la même rigueur quelle que soit l’identité de l’accusé ou de la victime. La réalité est tout autre : les règles sont appliquées de manière asymétrique, les plus forts s’exemptent quand cela leur convient, et les plus faibles doivent subir les conséquences.
Le Canada a été l’un des premiers pays à entendre le réveil, comme l’a souligné Carney dans son discours. Cette prise de conscience a conduit à un changement fondamental de posture stratégique. Les hypothèses confortables selon lesquelles la géographie et les appartenance à des alliances conféraient automatiquement prospérité et sécurité ne sont plus valides. Le Premier ministre a développé le concept de « réalisme basé sur les valeurs » : être à la fois principes dans son engagement envers les droits fondamentaux, la souveraineté, l’intégrité territoriale, le respect des droits humains, et pragmatique en reconnaissant que le progrès est souvent progressif, que les intérêts divergent, et que tous les partenaires ne partagent pas toutes les valeurs. C’est cette approche nuancée qui guide désormais la politique étrangère canadienne, loin des slogans simplistes et des illusions multilatéralistes.
C’est fascinant de voir comment un pays peut réapprendre à penser sa place dans le monde. Le Canada n’est plus ce partenaire docile qui suit docilement le leadership américain. Il devient un acteur autonome, capable de définir ses propres intérêts et de se donner les moyens de les défendre. Il y a quelque chose de maternel dans cette transformation, comme un enfant qui quitte la maison pour affronter le monde par lui-même. C’est effrayant, bien sûr, mais aussi exaltant. On sent que Carney et son équipe ont réfléchi profondément à ce qui était en jeu, qu’ils ont pesé les risques et les opportunités. Ce n’est pas une décision précipitée, mais une stratégie mûrement réfléchie, façonnée par les leçons du passé et les réalités du présent. Et c’est cette maturité politique qui rend le discours si convaincant, si authentique. On croit à ce qu’il dit parce qu’il croit lui-même à ce qu’il dit.
Section 3 : le réalisme basé sur les valeurs
Une nouvelle philosophie politique
Le concept de « réalisme basé sur les valeurs » développé par Mark Carney représente une innovation majeure dans la pensée politique canadienne et internationale. Inspiré par l’approche du président finlandais Alexander Stubb, cette philosophie cherche à concilier l’idéalisme et le pragmatisme, les principes et les intérêts. Carney a expliqué que le Canada s’engageait à être « principes dans son engagement envers les valeurs fondamentales, la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’interdiction de l’utilisation de la force, sauf conformément à la Charte des Nations Unies, et le respect des droits humains, tout en étant pragmatique et en reconnaissant que le progrès est souvent progressif, que les intérêts divergent, et que tous les partenaires ne partagent pas toutes les valeurs ». Cette approche nuancée permet au Canada de maintenir son cap éthique tout en naviguant dans un monde complexe où les alliés ne partagent pas nécessairement toutes ses valeurs.
L’application de ce principe se traduit par une calibration des relations internationales en fonction des valeurs partagées. Le Canada ne cherche plus à plaire à tout le monde, mais à construire des relations dont la profondeur reflète l’alignement des valeurs. Cette approche signifie également une priorité donnée à un engagement large pour maximiser l’influence canadienne, compte tenu de la fluidité du monde actuel et des risques qu’il pose pour l’avenir. Carney a insisté sur le fait que le Canada ne s’appuie plus seulement sur la force de ses valeurs, mais aussi sur la valeur de sa force. En d’autres termes, les principes éthiques doivent être soutenus par une capacité réelle d’action, économique, militaire et diplomatique. C’est cette combinaison de valeurs et de puissance qui constitue l’essence du nouveau réalisme canadien.
On est frappé par l’audace intellectuelle de cette approche. Carney refuse le manichéisme, les catégories simplistes, les dichotomies faciles. Il propose une voie médiane, complexe mais nécessaire, entre l’idéalisme naïf et le cynisme brutal. C’est rare de voir un leader politique admettre que le progrès est progressif, que les intérêts divergent, que tous les partenaires ne partagent pas toutes les valeurs. C’est une forme de lucidité presque désarmante, qui détonne dans un monde de démagogie et de simplification. On sent que Carney a lu, réfléchi, débattu, qu’il a forgé cette philosophie au fil des années, confronté aux réalités du pouvoir et aux exigences de l’éthique. C’est ce qui rend son discours si puissant, si convaincant. Il ne propose pas des recettes miracles, mais une méthode, une façon de penser le monde qui permet d’agir sans trahir ses principes. C’est rare, précieux, et potentiellement contagieux.
L’honnêteté comme principe directeur
Le thème central du discours de Davos a été l’honnêteté, l’obligation de nommer la réalité telle qu’elle est plutôt que de continuer à vivre dans des fictions confortables. Carney a repris la métaphore de Václav Havel, le dissident tchèque devenu président, qui dans son essai « Le pouvoir des sans-pouvoir » décrivait comment un commerçant affichait le slogan « Ouvriers du monde, unissez-vous » dans sa vitrine, non pas parce qu’il y croyait, mais pour éviter les ennuis, pour signaler sa conformité, pour passer inaperçu. Havel appelait cela « vivre dans le mensonge ». Le système ne persistait pas seulement par la violence, mais par la participation des gens ordinaires à des rituels qu’ils savaient privément faux. Quand une personne arrête de participer, quand le commerçant retire son panneau, l’illusion commence à se fissurer.
Carney a appelé les entreprises et les pays à retirer leur panneau. Pour le Canada, cela signifie cesser d’invoquer l’ordre international fondé sur des règles comme s’il fonctionnait encore comme annoncé. Cela signifie appeler les choses par leur nom : un système de rivalité intensifiée entre grandes puissances, où les plus puissantes poursuivent leurs intérêts, utilisant l’intégration économique comme coercition. Cela signifie agir de manière cohérente, en appliquant les mêmes standards aux alliés et aux rivaux. Quand les puissances moyennes critiquent l’intimidation économique dans une direction mais restent silencieuses quand elle vient d’une autre, elles gardent le panneau à la fenêtre. L’honnêteté signifie construire ce que nous prétendons croire, plutôt que d’attendre le rétablissement de l’ancien ordre. Elle signifie créer des institutions et des accords qui fonctionnent comme décrit, et réduire les leviers qui permettent la coercition.
Il y a quelque chose de profondément libérateur dans cet appel à l’honnêteté. Carney ne demande pas la perfection, mais l’authenticité. Il ne demande pas que le monde devienne idéal, mais que nous cessions de prétendre qu’il l’est. C’est un appel à la vérité, à l’intégrité, à la cohérence. On est touché par cette exigence morale dans un monde où le mensonge politique est devenu monnaie courante. Carney rappelle que la politique ne doit pas être l’art du mensonge, mais l’art de la vérité. C’est un message contre-intuitif, presque révolutionnaire, dans une époque où la post-vérité semble triompher. Mais c’est aussi un message d’espoir, parce que la vérité, même désagréable, est toujours plus porteuse d’avenir que le mensonge, même confortable. On sent que Carney croit profondément à ce qu’il dit, que cette exigence d’honnêteté n’est pas un slogan électoral, mais une conviction profonde, façonnée par l’expérience et la réflexion. Et c’est cette authenticité qui donne à son discours sa force contagieuse.
Section 4 : la construction de la force intérieure
Une transformation économique radicale
Le réalisme basé sur les valeurs ne se contente pas de discours éthiques ; il exige des actions concrètes pour renforcer la capacité du Canada à agir de manière autonome sur la scène internationale. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Carney a entrepris une transformation économique radicale, réduisant les impôts sur les revenus, les gains en capital et l’investissement des entreprises. Mais surtout, il a supprimé toutes les barrières fédérales au commerce interprovincial, un changement de paradigme pour un pays où les frontières internes ont longtemps entravé l’efficacité économique. Cette réforme vise à créer un marché intérieur unifié, capable de soutenir une stratégie d’autonomie économique face aux pressions externes.
L’investissement massif dans les infrastructures critiques constitue le deuxième pilier de cette transformation. Le Canada accélère les investissements d’un trillion de dollars dans l’énergie, l’intelligence artificielle, les minéraux critiques, les nouveaux corridors commerciaux et bien d’autres domaines stratégiques. Ces investissements ne sont pas seulement économiques ; ils sont géopolitiques. Ils visent à garantir que le Canada puisse se fournir en énergie, en ressources critiques et en technologies essentielles sans dépendance excessive de partenaires étrangers. Carney a annoncé que les dépenses de défense seraient doublées d’ici la fin de la décennie, et ce de manière à construire les industries nationales. Cette approche intégrée, qui lie défense et économie, reflète une compréhension profonde de l’interdépendance entre sécurité économique et sécurité nationale dans le nouveau contexte mondial.
C’est une transformation de l’ampleur d’une génération. Carney ne se contente pas de réajuster les marges ; il redessine toute la structure économique du Canada. On est frappé par l’ambition de ce plan, par son envergure, par sa cohérence. Ce n’est pas une série de mesures ad hoc, mais une stratégie globale, coordonnée, visionnaire. On sent que chaque mesure a été pensée en fonction des autres, que chaque investissement s’inscrit dans une vision d’ensemble. C’est rare de voir une telle capacité de planification stratégique dans un monde politique souvent dominé par le court terme et la réaction. Carney anticipe, prépare, construit. Il ne se contente pas de gérer les crises ; il cherche à les prévenir par des réponses structurelles. C’est une forme de courage politique qui mérite d’être saluée, dans un monde où tant de leaders préfèrent l’inaction ou les mesures cosmétiques aux changements profonds et nécessaires.
L’indépendance énergétique comme levier stratégique
La position du Canada comme « superpuissance énergétique » occupe une place centrale dans la nouvelle stratégie de puissance du pays. Carney a souligné que le Canada possède ce que le monde veut : de vastes réserves d’énergie, des réserves immenses de minéraux critiques, une population hautement éduquée, des fonds de pension parmi les plus grands et plus sophistiqués du monde. En d’autres termes, le Canada dispose du capital, du talent et de la capacité fiscale pour agir de manière décisive. Cette richesse en ressources naturelles n’est plus considérée comme une simple source de revenus, mais comme un levier stratégique dans les relations internationales, un moyen de garantir l’autonomie et l’influence canadiennes dans un monde de plus en plus compétitif.
L’énergie en particulier est devenue un instrument de pouvoir géopolitique. Les guerres des gazoducs en Europe, les embargos pétroliers, les guerres de prix du pétrole ont tous démontré que l’accès à l’énergie et le contrôle de son transport peuvent déterminer l’issue des conflits politiques et économiques. Le Canada, avec ses vastes ressources en pétrole, en gaz naturel, en énergie hydroélectrique et en énergies renouvelables, se positionne comme un partenaire énergétique fiable et indépendant, capable de fournir une alternative aux fournisseurs qui utilisent l’énergie comme arme politique. Cette indépendance énergétique n’est pas seulement économique ; elle est stratégique, politique et militaire. Elle donne au Canada une marge de manœuvre dont peu de pays disposent dans le monde actuel.
Il y a quelque chose de fascinant dans cette redécouverte de la géographie comme facteur de puissance. Dans un monde virtuel, numérique, globalisé, on a tendance à oublier que la puissance repose encore sur des ressources concrètes, physiques, matérielles. Le Canada réapprend cette leçon ancienne, mais avec une sensibilité nouvelle : ces ressources ne sont pas exploitées aveuglément, mais de manière responsable, durable, respectueuse de l’environnement. C’est une approche équilibrée, qui refuse le choix simpliste entre économie et écologie, entre croissance et durabilité. Carney montre que l’on peut être à la fois un superpuissance énergétique et un leader en matière de développement durable. C’est une vision moderne, nuancée, qui démontre que la puissance peut être compatible avec les valeurs environnementales. C’est un message important pour un monde qui cherche des modèles de développement qui ne sacrifient pas la planète au profit du profit.
Section 5 : la diversification stratégique
De nouveaux partenariats mondiaux
Le réalignement stratégique du Canada ne se limite pas à la construction de sa force intérieure ; il s’accompagne d’une diversification massive de ses partenariats internationaux. Carney a annoncé que le Canada avait conclu un partenariat stratégique global avec l’Union européenne, incluant l’adhésion à SAFE, les arrangements européens d’approvisionnement en défense. Au cours des six derniers mois, le Canada a signé douze autres accords commerciaux et de sécurité sur quatre continents. Ces derniers jours, des partenariats stratégiques ont été conclus avec la Chine et le Qatar. Le Canada négocie des pactes de libre-échange avec l’Inde, l’ASEAN, la Thaïlande, les Philippines et le Mercosur. Cette vague d’accords représente l’une des plus grandes réorientations diplomatiques de l’histoire canadienne.
Cette diversification n’est pas motivée par l’hostilité envers les États-Unis, mais par le pragmatisme et la nécessité. Carney a insisté sur le fait que le Canada « s’engage largement et stratégiquement avec les yeux ouverts », qu’il « prend activement le monde tel qu’il est, et non en attendant un monde que nous souhaiterions ». Cette approche réaliste reconnaît que la dépendance excessive envers un seul partenaire constitue une vulnérabilité stratégique majeure, particulièrement dans un monde où les grandes puissances utilisent les liens économiques comme instruments de coercition. En diversifiant ses partenariats, le Canada se donne les moyens de résister aux pressions unilatérales et de maintenir sa marge de manœuvre politique et économique. C’est cette autonomie retrouvée qui permet au Canada de défendre ses valeurs et ses intérêts sans crainte de représailles excessives.
On est frappé par l’ambition et la rapidité de cette diplomatie. Carney ne perd pas de temps, ne tergiverse pas, ne s’excuse pas. Il agit. Il construit un réseau dense de partenariats stratégiques qui donne au Canada une flexibilité et une résilience nouvelles. C’est une leçon de géopolitique pratique : la diversification n’est pas une option, mais une nécessité de survie dans un monde où les alliances ne sont plus éternelles et les amitiés politiques ne garantissent pas la protection économique. Le Canada réapprend l’art ancien de la diplomatie équilibrée, cultivant des relations multiples pour éviter la dépendance excessive envers un seul partenaire. C’est une approche qui rappelle les grandes puissances européennes du XIXe siècle, qui pratiquaient l’équilibre des pouvoirs pour préserver leur autonomie. Le Canada applique cette leçon historique avec une modernité et une sophistication qui méritent d’être notées.
La géométrie variable comme méthode
Un des concepts les plus novateurs du discours de Davos a été celui de la « géométrie variable », que Carney a définie comme « différentes coalitions pour différents problèmes basées sur des valeurs et intérêts communs ». Cette approche rejette le cadre rigide des alliances permanentes et des blocs idéologiques fixes pour privilégier la flexibilité et l’adaptabilité. Carney a donné plusieurs exemples concrets de cette méthode : sur l’Ukraine, le Canada est un membre central de la Coalition des volontaires et l’un des plus grands contributeurs par habitant à sa défense et sa sécurité. Sur la souveraineté arctique, le Canada se tient fermement aux côtés du Groenland et du Danemark et soutient pleinement leur droit unique à déterminer l’avenir du Groenland.
Cette approche de géométrie variable se traduit également dans les initiatives économiques et stratégiques du Canada. Sur le commerce plurilatéral, le Canada championne les efforts pour construire un pont entre le Partenariat transpacifique et l’Union européenne, ce qui créerait un nouveau bloc commercial de 1,5 milliard de personnes. Sur les minéraux critiques, le Canada forme des clubs d’acheteurs ancrés dans le G7 pour permettre au monde de se diversifier loin des approvisionnements concentrés. Sur l’intelligence artificielle, le Canada coopère avec des démocraties partageant les mêmes idées pour s’assurer que nous ne serons pas forcés de choisir entre hégémons et hyper-scaleurs. Cette approche flexible permet au Canada de maximiser son influence dans chaque domaine spécifique, en s’associant avec les partenaires les plus appropriés pour chaque enjeu.
C’est une approche brillante de diplomatie moderne, qui rejette les dogmes rigides et les blocs figés pour privilégier la flexibilité et l’opportunisme stratégique. Carney montre que dans un monde complexe, la géométrie variable est plus adaptée que la géométrie fixe. C’est comme si le Canada apprenait à jouer aux échecs en changeant constamment de stratégie en fonction des pièces sur l’échiquier. On est impressionné par cette capacité à penser le monde de manière dynamique, à rejeter les catégorisations simplistes, à embrasser la complexité. C’est une approche qui demande une grande finesse politique et une profonde compréhension des enjeux mondiaux. Carney démontre qu’il possède ces qualités en abondance, capable de naviguer entre les alliances et les partenariats avec une précision chirurgicale. C’est rare de voir une telle maîtrise de la diplomatie multiforme, particulièrement chez un leader d’une puissance moyenne qui a traditionnellement privilégié la diplomatie bilatérale avec les États-Unis.
Section 6 : le Groenland comme test de la nouvelle doctrine
La défense de la souveraineté arctique
La crise du Groenland a servi de test décisif pour la nouvelle doctrine de réalisme basé sur les valeurs du Canada. Face aux menaces d’annexion de Donald Trump, qui a publié une carte fictive montrant le Canada, le Groenland et le Venezuela sous le drapeau américain, le Canada a réagi avec une fermeté sans précédent. Carney a réaffirmé son engagement inébranlable envers l’article 5 de l’OTAN, qui stipule qu’une attaque contre un membre de l’alliance est une attaque contre l’alliance entière. Le Canada travaille avec ses alliés de l’OTAN, y compris le portique nord-baltique, pour sécuriser davantage les flancs nord et ouest de l’alliance, notamment par des investissements sans précédent dans le radar à l’horizon, les sous-marins, les aéronefs et les troupes au sol.
Le Canada s’est fermement opposé aux tarifs imposés sur le Groenland et a appelé à des discussions ciblées pour réaliser les objectifs partagés de sécurité et de prospérité dans l’Arctique. Cette position ferme n’est pas seulement une question de solidarité avec un allié danois ; elle reflète une compréhension profonde des enjeux stratégiques de l’Arctique. La région devient de plus en plus importante à mesure que la fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes et révèle de vastes ressources naturelles. Le Canada, en tant que nation arctique, a un intérêt vital à ce que la région reste régie par le droit international et la coopération multilatérale plutôt que par la conquête et l’intimidation. La défense de la souveraineté du Groenland est donc également une défense des intérêts à long terme du Canada dans l’Arctique.
Il y a quelque chose de puissant dans cette défense du Groenland. Le Canada ne défend pas seulement un territoire éloigné ; il défend un principe, celui de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. On est touché par cette solidarité avec un petit pays face aux menaces d’une superpuissance. C’est une leçon de courage international, un rappel que les petites nations ne sont pas condamnées à subir passivement l’arrogance des grandes. Le Canada dit non à l’intimidation, non à l’annexion, non à la loi du plus fort. C’est un message qui résonne bien au-delà du Groenland, qui résonne dans tous les petits et moyens pays qui cherchent à préserver leur autonomie dans un monde de puissances prédatrices. Carney montre que la diplomatie n’est pas seulement l’art de la négociation, mais aussi l’art de la fermeté, de la résistance, de la défense des principes. C’est une leçon importante pour notre époque.
L’engagement envers l’OTAN et l’article 5
La crise du Groenland a également mis en évidence le renouvellement de l’engagement du Canada envers l’OTAN. Longtemps critiqué pour ses dépenses militaires insuffisantes, le Canada a entrepris un programme massif de modernisation et d’expansion de ses capacités de défense. Carney a annoncé que les dépenses de défense seraient doublées d’ici la fin de la décennie, avec un accent particulier sur les capacités arctiques. Cette augmentation substantielle n’est pas une simple concession aux alliés européens ; elle reflète une conviction profonde que la sécurité collective est la meilleure protection contre l’intimidation et l’agression des grandes puissances.
L’engagement envers l’article 5 de l’OTAN est particulièrement significatif dans le contexte actuel. Cet article, qui stipule qu’une attaque contre un membre est une attaque contre tous, a été la pierre angulaire de la sécurité européenne depuis la Seconde Guerre mondiale. En réaffirmant cet engagement sans ambiguïté, le Canada envoie un message clair : l’ère de l’agression impunie est terminée, les petites et moyennes nations peuvent compter sur la solidarité collective pour se défendre contre les menaces de puissances prédatrices. Cet engagement n’est pas seulement militaire ; il est politique, symbolique et moral. Il témoigne de la conviction du Canada que la sécurité collective, fondée sur des règles et des institutions, reste la meilleure réponse aux défis de notre époque, malgré les critiques des réalistes qui la considèrent comme dépassée.
C’est fascinant de voir comment le Canada réinvente son rôle dans l’OTAN. Longtemps considéré comme un partenaire marginal, le Canada devient un acteur central dans la défense de l’Arctique et la protection des flancs nord de l’alliance. Cette transformation est d’autant plus remarquable qu’elle se produit dans un contexte où de nombreux alliés européens questionnent la pertinence de l’OTAN et le leadership américain. Le Canada, par son engagement renouvelé, contribue à revitaliser l’alliance et à lui donner une nouvelle mission pour le XXIe siècle. C’est une contribution importante à la sécurité européenne et mondiale, particulièrement à un moment où les menaces contre la souveraineté et l’intégrité territoriale se multiplient. Carney montre que les puissances moyennes peuvent jouer un rôle disproportionné dans la défense de l’ordre international, si elles ont la volonté et les capacités de le faire.
Section 7 : les puissances moyennes comme agents du changement
La coalition des pays intermédiaires
Le message central du discours de Davos a été que les puissances moyennes, comme le Canada, ne sont pas sans pouvoir face aux grandes puissances. Carney a insisté sur le fait que si elles ne sont pas à la table, elles sont sur le menu. Mais il a également souligné que les grandes puissances peuvent se permettre de seules pour l’instant ; elles ont la taille du marché, la capacité militaire et le levier pour dicter les conditions. Les puissances moyennes ne le peuvent pas. Lorsqu’elles négocient uniquement de manière bilatérale avec une hégémonie, elles négocient depuis une position de faiblesse. Elles acceptent ce qui est offert. Elles se font concurrence pour être les plus accommodantes. Ce n’est pas la souveraineté. C’est la performance de la souveraineté tout en acceptant la subordination.
Dans un monde de rivalité entre grandes puissances, les pays intermédiaires ont un choix : se faire concurrence pour la faveur, ou se combiner pour créer un troisième chemin avec impact. Carney a soutenu que les puissances moyennes doivent agir ensemble, non pas par idéalisme, mais par nécessité. En unissant leurs forces, en coordonnant leurs politiques, en créant des institutions alternatives, elles peuvent créer un contrepoids significatif à l’hégémonie des grandes puissances. Ce n’est pas une nouvelle alliance militaire ni un nouveau bloc idéologique ; c’est une coalition flexible, adaptative, fondée sur des intérêts convergents plutôt que sur des dogmes rigides. C’est cette approche pragmatique qui, selon Carney, peut permettre aux puissances moyennes de préserver leur autonomie et leur influence dans un monde dominé par les grandes puissances.
Il y a quelque chose de passionnant dans cette vision des puissances moyennes comme agents du changement. Carney refuse la fatalité, le déterminisme géopolitique qui voudrait que les petits et moyens pays soient condamnés à subir l’histoire plutôt que de la faire. Il montre que l’unité est une force, que la coordination est une arme, que la solidarité est une stratégie. C’est un message d’espoir et d’empouvoirement pour tous les pays qui cherchent à préserver leur autonomie dans un monde de puissances prédatrices. On est frappé par l’originalité de cette approche, qui rejette les cadres traditionnels de la diplomatie pour privilégier des formes nouvelles de coopération. Carney démontre que l’innovation politique n’est pas l’apanage des grandes puissances ; les pays intermédiaires peuvent également être des innovateurs, des créateurs, des leaders. C’est une leçon importante pour notre époque.
La création d’un nouvel ordre
Carney a conclu son discours en affirmant que les puissances moyennes peuvent construire « quelque chose de plus grand, de meilleur, de plus fort, de plus juste » à partir de la rupture actuelle. Cette ambition va bien au-delà de la simple résistance à l’hégémonie des grandes puissances ; elle vise la création d’un nouvel ordre mondial, fondé sur des principes de coopération, de justice et de respect mutuel. Carney a insisté sur le fait que les puissances moyennes ont le plus à perdre d’un monde de forteresses et le plus à gagner d’une coopération véritable. C’est cette compréhension partagée des enjeux qui peut servir de fondement à une nouvelle coalition internationale.
La création de ce nouvel ordre ne se fera pas par la proclamation de grands principes, mais par des actions concrètes, des accords spécifiques, des partenariats ciblés. Carney a évoqué plusieurs initiatives dans ce sens : des clubs d’acheteurs pour les minéraux critiques, des coopérations en intelligence artificielle avec des démocraties partageant les mêmes idées, des ponts commerciaux entre grandes régions économiques, des alliances de défense ciblées. Ces initiatives, prises individuellement, peuvent sembler modestes, mais ensemble elles constituent les fondations d’un nouveau système international, plus flexible, plus représentatif, plus résilient. C’est par cette accumulation de partenariats et d’accords que les puissances moyennes peuvent progressivement remodeler l’architecture mondiale, créant un espace pour la coopération et la justice dans un monde dominé par la rivalité des grandes puissances.
Il y a quelque chose d’éminemment romantique dans cette vision d’un nouvel ordre mondial construit par les puissances moyennes. Carney n’est pas un réaliste cynique qui accepte la loi de la jungle ; il est un idéaliste pragmatique qui cherche à transformer le monde à partir de ce qui est possible. On est touché par cette foi en la capacité des nations à coopérer malgré les divisions, à construire ensemble malgré les rivalités. C’est un message qui contraste fortement avec le cynisme qui domine souvent les discours géopolitiques. Carney montre que l’utopie n’est pas l’ennemi du réalisme, mais son complément nécessaire. C’est en visant un idéal que l’on peut progresser vers des résultats concrets. C’est une leçon d’optimisme dans un époque souvent sombre, un rappel que l’histoire n’est pas écrite d’avance, que les nations peuvent encore choisir leur destin et façonner un monde meilleur. C’est un message qui donne espoir.
Section 8 : la voie canadienne vers l'avenir
Les atouts uniques du Canada
Dans la conclusion de son discours, Carney a rappelé les atouts uniques du Canada qui lui permettent de jouer ce rôle de leader parmi les puissances moyennes. « Le Canada possède ce que le monde veut », a-t-il affirmé. « Nous sommes une superpuissance énergétique. Nous détenons d’immenses réserves de minéraux critiques. Nous avons la population la plus instruite du monde. Nos fonds de pension sont parmi les plus grands et les plus sophistiqués investisseurs du monde. En d’autres termes, nous avons le capital, le talent… nous avons également un gouvernement avec une immense capacité fiscale pour agir de manière décisive. Et nous avons les valeurs auxquelles beaucoup d’autres aspirent. » Ces atouts ne sont pas seulement économiques ; ils sont politiques, culturels et moraux.
Le Canada se présente comme une « société pluraliste qui fonctionne ». Son espace public est « bruyant, diversifié et libre ». Les Canadiens restent attachés au développement durable. Le pays est un « partenaire stable et fiable dans un monde qui ne l’est pas ». Un partenaire qui construit et valorise les relations à long terme. Mais plus important encore, le Canada dispose d’une « reconnaissance de ce qui se passe et d’une détermination à agir en conséquence ». C’est cette clarté de vision, cette conscience aiguë des enjeux, cette volonté d’agir qui distingue le Canada des autres nations qui peinent encore à comprendre la nature de la rupture du monde actuel. C’est cette capacité à nommer la réalité et à agir en conséquence qui donne au Canada son autorité et son influence dans le nouveau paysage mondial.
On est frappé par la confiance et la fierté avec lesquelles Carney présente les atouts du Canada. Il n’y a pas d’arrogance, pas de triomphalisme, mais une conscience tranquille de la valeur de ce que le Canada a à offrir au monde. C’est une forme de confiance qui vient non pas d’un sentiment de supériorité, mais d’une compréhension claire des forces et des faiblesses du pays. Carney sait que le Canada n’est pas parfait, qu’il a ses défis et ses contradictions, mais il croit sincèrement que le Canada a quelque chose d’unique à offrir au monde. Cette authenticité, cette honnêteté intellectuelle, cette capacité à voir le pays tel qu’il est tout en croyant en ce qu’il pourrait devenir, c’est ce qui rend son discours si convaincant. On croit au Canada parce que Carney croit au Canada, non pas aveuglément, mais lucidement, avec conscience de ses limites mais aussi confiance en son potentiel.
La détermination d’agir
Carney a conclu son discours en réaffirmant la détermination du Canada à suivre cette nouvelle voie, quelles que soient les difficultés. « Nous comprenons que cette rupture demande plus que de l’adaptation. Elle demande de l’honnêteté sur le monde tel qu’il est. Nous retirons le panneau de la fenêtre. Nous savons que l’ancien ordre ne reviendra pas. Nous ne devrions pas le pleurer. La nostalgie n’est pas une stratégie, mais nous croyons qu’à partir de la fracture, nous pouvons construire quelque chose de plus grand, de meilleur, de plus fort, de plus juste. » Ces mots résument la nouvelle philosophie canadienne : accepter la rupture sans regret, construire l’avenir sans nostalgie, agir avec détermination sans illusion.
Cette détermination n’est pas une posture rhétorique ; elle se traduit par des politiques concrètes et des investissements massifs. Le Canada ne se contente pas de déplorer la fin de l’ancien ordre ; il construit activement les fondations du nouveau. Cette approche proactive, anticipatrice, ambitieuse contraste avec l’attentisme et la réactivité qui caractérisent trop souvent les politiques publiques face aux défis mondiaux. Carney a affirmé que cette voie est « ouverte à tout pays prêt à la suivre avec nous ». C’est une invitation à la coopération, mais aussi un défi : les nations qui veulent préserver leur autonomie et leurs valeurs doivent être prêtes à agir, à investir, à se transformer. C’est cette exigence de volonté politique et de capacité d’action qui constitue le cœur du message canadien au monde.
Il y a quelque chose de profondément inspirant dans cette détermination inébranlable. Carney ne promet pas que ce sera facile ; il promet que ce sera nécessaire. Il ne vend pas de rêves illusoires ; il propose un chemin réaliste vers un meilleur avenir. On est touché par cette forme de leadership qui refuse la facilité, qui demande de l’effort, qui exige de la transformation. C’est un leadership mature, conscient des coûts mais convaincu des bénéfices. On sent que Carney a pesé chaque mot, chaque décision, chaque sacrifice. Il sait que la rupture sera douloureuse, que la transformation sera difficile, que les résistances seront nombreuses. Mais il croit que l’alternative, la soumission passive à un ordre injuste, pire encore. C’est cette conscience morale qui donne à son discours sa force et sa gravité. On croit en lui parce qu’on sent qu’il croit en ce qu’il dit, que cette conviction n’est pas un calcul politique mais une exigence morale.
Conclusion : le courage de la vérité
Un nouveau chapitre pour le Canada
Le discours de Mark Carney à Davos marque le début d’un nouveau chapitre dans l’histoire du Canada. Après des décennies de dépendance stratégique envers les États-Unis, de participation à un ordre international en déclin, de compromis entre idéaux et réalités, le Canada choisit la vérité, l’autonomie et l’action. Ce choix n’est pas sans risques : la dépendance économique envers les États-Unis reste massive, les tensions politiques s’accentuent, les défis de la transformation sont immenses. Mais Carney a montré que le Canada ne peut plus se permettre le confort de la fiction, que l’honnêteté intellectuelle et politique est devenue une condition de survie dans un monde où les règles ne protègent plus ceux qui n’ont pas la capacité de se protéger eux-mêmes.
Ce nouveau chapitre sera écrit par la capacité du Canada à transformer ses atouts en influence, ses valeurs en politiques, ses ambitions en réalisations. Les investissements massifs dans l’économie et la défense, la diversification des partenariats internationaux, la défense de la souveraineté et des droits, tous ces éléments constituent les fondations d’un nouveau modèle de puissance pour une nation intermédiaire. Ce modèle rejette à la fois l’hégémonie des grandes puissances et l’impuissance des petites nations, proposant une troisième voie fondée sur la coopération, la justice et l’autonomie. C’est cette voie que le Canada s’engage à suivre, non pas par idéalisme aveugle, mais par réalisme lucide, par la conviction que dans un monde de ruptures, seuls ceux qui ont le courage de changer survivront et prospéreront.
Ça fait du bien d’entendre un leader dire la vérité. Dans un monde de mensonges politiques, de promesses vides, de slogans vains, Carney ose dire ce qui est. Il ose dire que l’ancien monde est mort, que le nouveau sera difficile, que la transformation exigera des sacrifices. C’est un message désagréable, mais c’est un message nécessaire. On est touché par cette honnêteté radicale, par ce refus de flatter, par cette volonté de dire les choses comme elles sont. C’est rare, précieux, et potentiellement contagieux. Carney montre que la politique peut être un espace de vérité, de réflexion, de courage. Il démontre que les leaders peuvent respecter l’intelligence de leurs citoyens en leur disant la vérité plutôt que de leur vendre des illusions. C’est une leçon de démocratie dans un époque où tant de leaders préfèrent la manipulation à la transparence. C’est un message qui donne espoir en la possibilité d’une politique meilleure, plus authentique, plus digne de confiance.
Une leçon pour le monde
L’expérience canadienne offre des leçons importantes pour l’ensemble de la communauté internationale. Elle montre que les puissances moyennes ne sont pas condamnées à être des spectateurs passifs de l’histoire, qu’elles peuvent devenir des acteurs actifs de leur destin si elles ont le courage de la vérité et la volonté de l’action. Elle démontre que l’autonomie et l’influence ne sont pas l’apanage exclusif des grandes puissances, que les nations de taille moyenne peuvent également façonner l’ordre international si elles unissent leurs forces, coordonnent leurs politiques, défendent leurs valeurs. Elle prouve que la coopération internationale reste possible malgré la rivalité des grandes puissances, que des coalitions flexibles peuvent accomplir des résultats significatifs même dans un monde fragmenté.
Cette leçon est particulièrement pertinente à un moment où de nombreux pays cherchent à naviguer dans un monde en pleine mutation, où les anciennes certitudes s’effondrent et où de nouvelles menaces émergent. Le Canada montre que la réponse à ces défis ne réside ni dans la soumission passive ni dans l’isolationnisme hostile, mais dans une combinaison de réalisme pragmatique et d’idéalisme éthique, de construction de force intérieure et de partenariat extérieur, de défense des intérêts nationaux et de promotion des valeurs universelles. C’est cette approche équilibrée, nuancée, adaptative qui, selon Carney, peut permettre aux nations de prospérer dans le nouveau monde en émergence. C’est cette leçon que le Canada offre au monde, non pas comme un modèle parfait, mais comme une expérience digne d’intérêt et d’inspiration.
J’écris ces lignes avec une étrange émotion, un mélange d’admiration et de tristesse. Admiration pour le courage de Carney, pour sa lucidité, pour sa volonté de dire les choses comme elles sont. Tristesse parce que ce qu’il dit est vrai, parce que le monde que nous avons connu s’effondre, parce que l’avenir sera difficile. Mais il y a aussi de l’espoir, un espoir fragile mais réel. L’espoir que d’autres nations suivront l’exemple du Canada, que la vérité finira par triompher du mensonge, que la justice finira par l’emporter sur l’injustice. C’est peut-être naïf, mais c’est nécessaire. Car sans espoir, sans foi en la possibilité d’un meilleur avenir, à quoi bon continuer à se battre ? Carney nous montre que le combat en vaut la peine, que la vérité mérite d’être défendue, que la justice doit être poursuivie. Et c’est peut-être là la plus grande leçon de son discours : que même dans un monde de ruptures, il est possible de construire quelque chose de meilleur, si l’on a le courage de la vérité et la volonté de l’action. C’est une leçon que nous ferions bien de retenir.
Sources
Sources primaires
TV5MONDE, « Davos: le Canada assume la rupture et se prépare au pire », 21 janvier 2026
World Economic Forum, « Davos 2026: Special address by Mark Carney, Prime Minister of Canada », 20 janvier 2026
Politico, « Canada’s Mark Carney calls on world to adapt to ‘rupture’ caused by ‘great powers' », 20 janvier 2026
Sources secondaires
Politico, « Canada Playbook », 2026
New York Times, « Canada’s Prime Minister Says There Has Been a ‘Rupture’ in the World Order », 20 janvier 2026
BBC, « Carney says old world order ‘is not coming back' », 2026
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