Les accusations de malhonnêteté et de partialité
Le décret présidentiel justifie ce retrait par une série de griefs sévères à l’encontre de l’OMS. L’administration Trump accuse l’organisation d’avoir mal géré la pandémie de COVID-19, particulièrement dans sa gestion des premières informations venant de Wuhan, en Chine. Le texte affirme que l’OMS a fait preuve d’une incapacité à démontrer son indépendance face aux influences politiques inappropriées de ses États membres. Washington reproche également à l’organisation de n’avoir pas adopté les réformes urgentes jugées nécessaires et de continuer à exiger des contributions financières américaines jugées disproportionnées par rapport à celles des autres nations.
Plus spécifiquement, le décret souligne une inéquité dans le système de financement : alors que la Chine, avec ses 1,4 milliard d’habitants, représente 300 pour cent de la population des États-Unis, elle contribuerait près de 90 pour cent de moins au budget de l’organisation. Cet argument financier, bien que techniquement partiellement fondé, occulte le fait que les États-Unis ont traditionnellement été le plus gros contributeur volontaire de l’OMS, assurant environ 18 pour cent de son financement total. L’administration critique également l’absence d’un directeur général américain à la tête de l’organisation depuis sa création en 1948.
Il y a quelque chose de profondément cynique dans cette rhétorique de victime que déploie l’administration Trump. Présenter la première puissance économique mondiale comme l’otage d’une organisation internationale dont elle est le principal bailleur de fonds relève d’une manipulation à peine déguisée. L’argument selon lequel la Chine paierait moins parce qu’elle est plus peuplée ignore délibérément la nature même des contributions financières internationales qui tiennent compte de la capacité économique, pas simplement de la démographie. C’est comme si un riche philanthrope se plaignait de donner plus qu’un bénéficiaire moins fortuné. La véritable question n’est pas celle de l’équité comptable, mais bien celle de l’engagement envers le bien commun mondial.
La gestion controversée de la pandémie
Le grief central invoqué par Washington concerne la gestion de la pandémie de COVID-19 par l’OMS. Le Department of Health and Human Services américain a publié un communiqué détaillé accusant l’organisation d’avoir retardé la déclaration de l’urgence de santé publique de portée internationale, ce qui aurait coûté au monde des semaines cruciales alors que le virus se propageait. Les autorités américaines reprochent à l’OMS d’avoir écho et loué la réponse chinoise malgré des évidences de sous-déclaration initiale, de suppression d’informations et de retards dans la confirmation de la transmission interhumaine.
De plus, l’administration critique la réticence de l’OMS à reconnaître rapidement la transmission aérienne du virus et souligne que l’organisation aurait minimisé l’idée que des personnes asymptomatiques pourraient propager l’infection. Ces accusations s’inscrivent dans une narrative plus large de l’administration Trump qui, dès 2020, avait commencé à accuser l’OMS d’être trop proche de la Chine et d’avoir manqué à sa mission de veille sanitaire mondiale. Cependant, de nombreux experts indépendants notent que ces critiques ignorent les contraintes diplomatiques auxquelles l’OMS est soumise en tant qu’organisation internationale dépendant de la coopération de ses États membres.
Cette obsession à chercher des coupables pour une pandémie qui a tué des millions de personnes à travers le monde me laisse perplexe. Bien sûr, l’évaluation de la réponse de l’OMS doit être faite et des leçons doivent être tirées. Mais faire de cette critique la justification d’un retrait complet et destructeur me semble d’une disproportion terrifiante. C’est comme si on décidait de détruire tout un système de défense incendie parce qu’un incendie n’avait pas été parfaitement maîtrisé. Les êtres humains derrière l’OMS, les experts sur le terrain, les équipes de réponse d’urgence ne méritaient pas ce traitement. Il y a dans cette démarche une cruauté froide qui m’effraie profondément.
Section 2 : Les conséquences immédiates pour l'OMS
Une crise budgétaire sans précédent
Le retrait américain a plongé l’OMS dans une crise financière majeure dont les répercussions se font déjà sentir de manière tangible. En tant que contributeur historique représentant 18 pour cent du budget total de l’organisation, les États-Unis ont laissé un vide financier que personne n’est actuellement en mesure de combler. Cette situation a forcé l’organisation à prendre des mesures drastiques : réduction de moitié de l’équipe de direction, compressions budgétaires à travers tous les départements, et prévision de licenciements d’environ un quart du personnel d’ici le milieu de l’année 2026.
Le conseiller juridique principal de l’OMS, Steve Solomon, a confirmé lors d’une conférence de presse que les États-Unis sont en retard de paiement pour 2024 et 2025, sans toutefois préciser le montant exact des sommes dues. Cette situation crée une impasse juridique complexe : la Constitution de l’OMS ne comporte pas de clause de retrait explicite, mais Washington s’était réservé le droit de se retirer en 1948 sous certaines conditions, notamment le respect d’un préavis d’un an et le règlement intégral des cotisations. Les États membres de l’OMS devront maintenant débattre de la manière de gérer ce précédent inquiétant lors de leur réunion du Conseil exécutif en février 2026.
L’image de professionnels de la santé publique, d’épidémiologistes, d’experts en maladies infectieuses qui voient leur travail compromis par des décisions politiques arbitraires me brise le cœur. Ces gens sur le terrain, dans les pays les plus pauvres, risquent leur vie pour contenir des épidémies qui pourraient nous atteindre tous. Les licenciements annoncés ne sont pas des chiffres sur un bilan comptable : ce sont des vies humaines, des carrières dédiées au service de l’humanité, des expertises irremplaçables qui disparaissent dans le silence de l’indifférence politique. C’est une tragédie silencieuse qui se joue sous nos yeux, et je suis terrifié à l’idée que le vrai prix de cette décision sera payé par les populations les plus vulnérables de notre planète.
La restructuration forcée des activités
Face à cette hécatombe budgétaire, l’OMS a dû procéder à une restructuration en profondeur de ses activités mondiales. Les programmes de surveillance épidémiologique, essentiels pour détecter rapidement les émergences de maladies, ont été drastiquement réduits. Les initiatives de préparation aux pandémies, développées avec difficulté depuis les leçons de la crise du COVID-19, se retrouvent menacées d’effondrement. Les programmes de vaccination dans les pays en développement, qui dépendaient largement du soutien américain, doivent être revus à la baisse, mettant en danger des millions d’enfants.
Les comités techniques, les groupes de travail et les structures de gouvernance dans lesquels les États-Unis jouaient un rôle prépondérant se retrouvent privés de cette expertise cruciale. L’OMS a confirmé que Washington a cessé toute participation officielle dans ces instances, créant des vides de leadership que d’autres nations peinent à combler. Cette situation affecte particulièrement les domaines où les États-Unis possédaient une expertise reconnue : la surveillance des maladies émergentes, la coordination des réponses d’urgence, le développement de stratégies de vaccination et la gestion des crises sanitaires complexes.
Je pense à tous ces programmes qui disparaissent ou sont réduits à la portion congrue. La lutte contre le paludisme, la vaccination des enfants dans les zones rurales d’Afrique, la surveillance des épidémies en Amazonie, la préparation aux épidémies en Asie du Sud-Est. Ce ne sont pas des abstractions, ce sont des vies humaines concrètes qui vont être perdues. Des enfants qui ne seront pas vaccinés, des maladies qui ne seront pas détectées à temps, des épidémies qui ne seront pas contenues. Le coût humain de ces coupes budgétaires ne se mesure pas en dollars mais en vies brisées, en familles endeuillées, en souffrances évitables. C’est un prix que je refuse d’accepter comme nécessaire.
Section 3 : Les risques pour la santé mondiale
La surveillance épidémiologique compromise
L’un des aspects les plus préoccupants de ce retrait concerne la système de surveillance épidémiologique mondiale que l’OMS coordonne. Les États-Unis possédaient l’un des systèmes les plus sophistiqués de détection des menaces sanitaires, avec des capacités de séquençage génomique, d’analyse épidémiologique et de partage de données en temps réel. Cette expertise était intégrée dans le réseau mondial de veille sanitaire, permettant une détection précoce et une réponse coordonnée face aux émergences. Son absence crée des angles morts dangereux dans le filet de sécurité sanitaire planétaire.
Le Dr Michael Osterholm, directeur du Center for Infectious Disease Research and Policy à l’Université du Minnesota, a souligné que ce retrait est le jour où la santé publique mondiale a subi un coup tragique et aux conséquences considérables. Selon lui, le monde connaîtra plus d’épidémies mortelles à l’échelle mondiale parce que les experts de la communauté américaine de santé publique ne seront plus à la table pour diriger la réponse mondiale. Ces épidémies se propageront vers les États-Unis et leur causeront un préjudice considérable. Cette perspective alarmante est partagée par de nombreux experts qui craignent que la prochaine pandémie, qui viendra inévitablement, trouvera le monde moins préparé que jamais.
Il y a une ironie tragique dans cette situation : en se retirant de l’OMS pour se « protéger », les États-Unis se rendent en réalité plus vulnérables que jamais. Les virus, les bactéries, les agents pathogènes ne respectent pas les frontières nationales, ne s’arrêtent pas aux douanes, ne se soucient pas des politiques isolationnistes. Le COVID-19 nous l’a cruellement démontré : personne n’est en sécurité tant que tout le monde n’est pas en sécurité. Cette illusion de sécurité que l’administration Trump vend à ses concitoyens me semble non seulement fausse mais dangereusement mensongère. C’est promettre une protection qui n’existe pas, tout en détruisant les seuls outils qui pourraient la fournir.
La coordination des réponses d’urgence fragilisée
La capacité de l’OMS à coordonner les réponses d’urgence face aux crises sanitaires mondiales dépend fortement de la participation active de tous les États membres majeurs. Le retrait américain prive l’organisation d’un acteur essentiel dans la mobilisation des ressources, le déploiement d’équipes sur le terrain et la coordination des interventions internationales. Les programmes d’urgence de l’OMS, qui ont fait leurs preuves lors d’épidémies comme Ebola, Zika ou le COVID-19, se retrouvent affaiblis par l’absence de ce partenaire stratégique.
Le Dr Ronald Nahass, président de l’Infectious Disease Society of America, a condamné ce retrait comme un abandon myope et malavisé des engagements mondiaux de santé des États-Unis. Selon lui, la coopération et la communication mondiales sont essentielles pour protéger nos propres citoyens car les germes ne respectent pas les frontières. Il ajoute que se retirer de l’OMS est scientifiquement téméraire et échoue à reconnaître l’histoire naturelle fondamentale des maladies infectieuses. La coopération mondiale n’est pas un luxe, elle est une nécessité biologique, insiste-t-il.
Cette idée que la coopération internationale serait un luxe que l’on peut se permettre d’abandonner me terrifie. C’est comme si l’on décidait que les pompiers ne coordonneraient plus leurs efforts lors d’un incendie majeur parce que chaque brigade préférerait agir seule. Le résultat serait prévisible : le feu gagnerait du terrain, les maisons brûleraient, des vies seraient perdues. La santé mondiale fonctionne exactement selon le même principe. Nous sommes dans le même bateau, face aux mêmes menaces, et abandonner la coordination collective, c’est accepter que certains d’entre nous coulent alors que nous aurions pu tous nous sauver.
Section 4 : Les implications géopolitiques du retrait
Le vide stratégique laissé par les États-Unis
Le retrait des États-Unis de l’OMS crée un vide géopolitique significatif dans la gouvernance mondiale de la santé. Pour la première fois depuis la création de l’organisation en 1948, la puissance mondiale dominante se retire volontairement de l’institution qu’elle a elle-même contribué à fonder. Ce départ laisse un espace que d’autres acteurs, notamment la Chine, sont déjà en train d’occuper. Pékin renforce son influence au sein de l’OMS et d’autres organisations internationales de santé, positionnant ses experts dans des positions clés et augmentant ses contributions financières.
Cette reconfiguration du pouvoir mondial de la santé a des implications qui dépassent largement le domaine sanitaire. Elle s’inscrit dans une tendance plus large de retrait américain des institutions internationales sous l’ère Trump, marquée par la sortie de l’Accord de Paris sur le climat, l’abandon de traités de désarmement et la remise en cause de l’architecture multilatérale bâtie après la Seconde Guerre mondiale. Les experts en relations internationales s’inquiètent de ce que ce retrait signifie pour l’avenir du leadership américain dans le monde et pour la crédibilité de la diplomatie américaine en général.
Je ne peux m’empêcher de voir dans cette série de retraits un abandon progressif de l’idée même d’un monde commun. L’Amérique post-Seconde Guerre mondiale avait construit un ordre international fondé sur la coopération, le multilatéralisme, l’idée que les défis mondiaux nécessitaient des solutions mondiales. Aujourd’hui, cette vision semble révolue. Ce que nous voyons émerger, c’est un monde de plus en plus fragmenté, où chaque puissance cherche à maximiser ses intérêts immédiats sans se soucier du bien commun. C’est un retour à une forme de nationalisme du XIXe siècle qui semble totalement inadapté aux défis du XXIe siècle. Cette évolution me laisse profondément pessimiste sur notre capacité collective à affronter les crises qui nous attendent.
L’impact sur la diplomatie sanitaire
La diplomatie sanitaire, domaine où les États-Unis avaient longtemps exercé un leadership incontesté, se trouve considérablement affaiblie par ce retrait. Les programmes d’aide internationale en santé, les partenariats avec les pays en développement, les initiatives de renforcement des systèmes de santé, tous ces instruments de soft power américain se retrouvent compromis. L’administration Trump a promis de remplacer cette coopération multilatérale par des accords bilatéraux directs avec les pays partenaires, mais les experts doutent de la viabilité de cette approche.
Un ancien responsable des CDC, qui a demandé à rester anonyme, a expliqué que tenter de gérer la santé mondiale par des accords avec des pays individuels créerait un système patchwork qui ne pourra pas remplacer ce que l’Organisation mondiale de la santé peut accomplir. Cet ancien fonctionnaire note que les CDC ont du personnel dans environ 60 pays, mais que ce n’est pas tous les pays, ce qui explique pourquoi une structure globale comme l’OMS est importante. L’administration a promis des nouvelles annonces dans les mois à venir, mais les détails de cette nouvelle stratégie restent flous et suscitent le scepticisme de la communauté internationale de la santé.
Cette idée que des accords bilatéraux pourraient remplacer le système multilatéral me semble relever d’une méconnaissance fondamentale de la manière dont fonctionne la santé mondiale. Les maladies ne circulent pas de manière bilatérale, les épidémies ne se négocient pas entre deux pays, les virus ne signent pas de traités commerciaux. La complexité des défis sanitaires mondiaux exige une coordination à l’échelle de la planète, pas une série de relations bilatérales désarticulées. C’est comme si l’on proposait de remplacer le système de navigation aérienne mondiale par une série d’accords bilatéraires entre pays voisins : le chaos serait total.
Section 5 : Les réactions internationales
Les critiques des experts et organisations mondiales
Les réactions internationales au retrait américain ont été massivement critiques, reflétant l’inquiétude généralisée de la communauté mondiale de la santé. Le Dr Lawrence Gostin, expert en droit de la santé mondiale à l’Université de Georgetown, a qualifié cette décision de la plus ruineuse décision présidentielle de toute sa vie. Il insiste sur le fait que ne pas être membre de l’OMS est profondément nuisible aux intérêts nationaux et à la sécurité des États-Unis. Selon lui, le pays ne disposera plus d’un accès rapide et complet aux données épidémiologiques, aux échantillons de virus et aux données de séquençage génomique nécessaires pour créer des vaccins et des traitements.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a décrit le retrait comme une proposition à somme nulle. lors d’une conférence de presse à Genève, il a déclaré qu’il espérait que les États-Unis reviendraient sur leur décision, affirmant que le retrait de l’OMS est une perte pour les États-Unis et c’est aussi une perte pour le reste du monde. Il a insisté sur le fait que de nombreuses actions menées par l’OMS profitent aux États-Unis, notamment en matière de sécurité sanitaire, et que les États-Unis ne peuvent pas être en sécurité sans collaborer avec l’OMS.
Il y a quelque chose de poignantly ironique dans ces appels au retour lancés depuis Genève. L’OMS, l’institution même que l’administration Trump démolit impitoyablement, continue de tendre la main, de proposer la coopération, de défendre l’idée que les États-Unis ont leur place dans cette communauté mondiale. Cette dignité dans l’adversité me touche profondément. On dirait qu’il y a là une leçon de sagesse que la puissance américaine aurait bien besoin d’apprendre : la vraie force ne se mesure pas à sa capacité de destruction mais à sa capacité de collaboration. L’OMS, malgré le coup qui lui est porté, continue de croire en l’idée d’un monde commun. C’est une leçon de courage qui m’inspire et me désespère à la fois.
Les perspectives d’avenir
Bill Gates, président de la Fondation Gates, l’un des principaux bailleurs de fonds des initiatives mondiales de santé et de certains travaux de l’OMS, a déclaré lors du Forum économique mondial de Davos qu’il ne s’attendait pas à ce que les États-Unis reconsidèrent leur décision à court terme. Je ne pense pas que les États-Unis reviendront à l’OMS dans un avenir proche, a-t-il dit, tout en ajoutant que lorsqu’il aura l’occasion de plaider en ce sens, il le fera. Le monde a besoin de l’Organisation mondiale de la santé, a-t-il insisté. Cette position de Gates reflète un certain réalisme parmi les observateurs internationaux.
Les États membres de l’OMS devront désormais débattre de la manière de gérer cette situation inédite lors de leur réunion du Conseil exécutif en février 2026. Plusieurs scénarios sont possibles : l’organisation pourrait adopter une résolution affirmant que les États-Unis ne peuvent pas se retirer tant qu’ils n’ont pas payé leurs dettes, ou elle pourrait accepter la réalité du retrait et chercher à s’adapter à cette nouvelle configuration. Quoi qu’il en soit, le multilatéralisme en matière de santé a été durablement ébranlé par cette décision historique, et les conséquences de ce séisme se feront sentir pendant des années.
Ce qui me frappe le plus dans cette situation, c’est l’acceptation résignée avec laquelle beaucoup observent ce désastre. Comme si le retrait des États-Unis de l’OMS était devenu une nouvelle normalité, comme si l’effondrement de la coopération internationale était inévitable. Cette résignation me fait peur. L’histoire nous montre que les systèmes de coopération internationale peuvent se reconstruire, mais cela demande du temps, de l’énergie, de la volonté politique. Et surtout, cela demande que nous croyions que cette coopération est possible et nécessaire. Le plus grand danger n’est peut-être pas le retrait lui-même, mais l’acceptation que ce type de décision puisse devenir la norme.
Section 6 : La nouvelle stratégie américaine
Le recours aux partenariats bilatéraux
Faisant face à cette rupture historique, l’administration Trump a annoncé son intention de développer une nouvelle stratégie de santé mondiale basée sur des partenariats bilatéraux plutôt que sur la coopération multilatérale. Selon les responsables américains, les États-Unis continueront à collaborer avec d’autres pays sur la surveillance des maladies infectieuses et le partage de données, à travers des accords avec des pays individuels, et en travaillant avec des organisations non gouvernementales et des groupes religieux. Cet effort devrait être dirigé par le Global Health Center des Centers for Disease Control and Prevention américains.
Les responsables de l’administration ont assuré avoir évalué tous les écarts et les écarts potentiels, avoir effectué une analyse, avoir des plans en place. Nous continuerons à travailler à travers les pays et les ministères de la santé comme nous l’avons fait pendant des décennies, et nous continuerons à développer ces relations et à utiliser ces relations d’une manière mutuellement bénéfique, a déclaré un haut responsable de l’administration. Cependant, les experts soulignent que cette approche bilatérale ne peut pas remplacer la coordination mondiale fournie par l’OMS et laisse des zones d’ombre importantes dans la surveillance sanitaire internationale.
Cette nouvelle stratégie annoncée me semble être une tentative de sauver la face sans proposer de véritable alternative crédible. Les partenariats bilatéraux, les accords avec des ONG, les collaborations avec des groupes religieux : tous ces outils ont leur place, mais ils ne peuvent pas remplacer une institution multilatérale avec sa légitimité, sa couverture mondiale, sa capacité de coordination. C’est comme si l’on proposait de remplacer un réseau électrique national par une série de générateurs individuels : le système serait moins fiable, moins efficace, plus vulnérable aux pannes. Je suis profondément sceptique face à cette proposition qui semble plus motivée par des considérations politiques que par une véritable réflexion sur les besoins de la santé mondiale.
Les limitations de l’approche américaine
Plusieurs limites fondamentales caractérisent cette nouvelle stratégie américaine de santé mondiale. Premièrement, les ressources financières disponibles pour ces initiatives bilatérales sont nettement inférieures à ce que les États-Unis contribuaient auparavant au budget de l’OMS, ce qui limite considérablement la portée et l’impact des programmes possibles. Deuxièmement, la couverture géographique de ces partenariats bilatéraux sera inévitablement incomplète, laissant des zones entières du monde sans surveillance adéquate et créant des points faibles dans le filet de sécurité sanitaire mondial.
Troisièmement, cette approche bilatérale ne peut pas fournir la légitimité politique et la crédibilité technique qu’offre une organisation multilatérale comme l’OMS. Les recommandations et directives de l’OMS bénéficient d’une reconnaissance internationale que les initiatives bilatérales américaines ne pourront jamais égaler. Enfin, cette stratégie reproduit le problème qu’elle prétend résoudre : en opérant de manière unilatérale, les États-Unis s’exposent aux mêmes critiques d’ingérence politique et d’absence de transparence qu’ils adressaient à l’OMS, mais sans bénéficier de la structure multilatérale qui permettait de mitiger ces critiques.
Je suis frappé par la contradiction fondamentale de cette nouvelle approche : l’administration Trump critique l’OMS pour être politisée et influencée par des intérêts nationaux, tout en proposant une stratégie encore plus politisée et encore plus centrée sur les intérêts américains. C’est comme si l’on accusait un arbitre d’être partial en proposant de remplacer l’arbitre par l’un des joueurs de l’équipe. La logique semble être que l’Amérique peut faire mieux seule que l’ensemble du monde ensemble. C’est une forme d’exceptionnalisme américain poussé à l’extrême, qui me semble non seulement arrogant mais fondamentalement dangereux.
Conclusion : Un tournant historique et préoccupant
Le bilan d’une décision controversée
Le retrait des États-Unis de l’OMS représente un tournant historique dans la gouvernance mondiale de la santé, avec des conséquences qui se feront sentir bien au-delà du domaine sanitaire. Cette décision, motivée par des critiques souvent partielles ou exagérées, ignore les réalités fondamentales d’un monde où les menaces sanitaires ne connaissent pas de frontières et où la coopération internationale n’est pas un luxe mais une nécessité absolue. L’OMS, malgré ses imperfections et ses défis, restait l’instrument le plus adapté pour coordonner la réponse mondiale aux crises sanitaires, et son affaiblissement laisse le monde dans une position de vulnérabilité accrue.
Les conséquences de ce retrait se feront sentir à plusieurs niveaux : financier, avec la perte de 18 pour cent du budget de l’organisation ; opérationnel, avec la réduction drastique des programmes et du personnel ; stratégique, avec le vide laissé dans la gouvernance mondiale de la santé ; et symbolique, avec le message que la plus grande puissance mondiale ne croit plus en la coopération multilatérale. Ce message, qui s’inscrit dans une série plus large de retraits américains des institutions internationales, remet en cause l’architecture de sécurité collective que le monde a construite avec difficulté depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
J’écris ces lignes avec un sentiment de profonde tristesse et d’inquiétude pour l’avenir de notre monde commun. Le retrait des États-Unis de l’OMS n’est pas seulement un événement politique ou diplomatique : c’est un abandon de l’idée que nous sommes tous dans le même bateau, que notre sécurité collective dépend de notre capacité à coopérer, que les défis du XXIe siècle exigent des solutions collectives. Ce qui me terrifie le plus, c’est ce que cette décision révèle sur notre époque : un repli sur soi, une méfiance envers l’autre, une incapacité à penser au-delà des intérêts nationaux immédiats. Pourtant, je continue de croire que cette voie est une impasse, que l’avenir de l’humanité dépend de notre capacité à reconstruire ces ponts que certains s’efforcent de détruire. La question n’est pas de savoir si les États-Unis reviendront un jour à l’OMS, mais de savoir si nous serons capables de construire un monde où ce type de retrait devienne inimaginable.
Sources
Sources primaires
White House, Presidential Actions, « Withdrawing The United States From The World Health Organization », publié le 20 janvier 2025
Le Monde avec AFP, « Le retrait des Etats-Unis de l’OMS met le reste du monde « en danger », estime le directeur général de l’agence onusienne », publié le 13 janvier 2026
Reuters, « US set to quit World Health Organization », publié le 22 janvier 2026
Sources secondaires
CNN, « Trump administration completes US’ split from the World Health Organization », publié le 22 janvier 2026
Focus2030, « Retrait des États-Unis de 66 organisations internationales », publié en 2026
The Conversation, « L’OMS en Afrique : trois risques liés au retrait de Trump », publié en 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.