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Les États-Unis claquent la porte de l’OMS : un suicide diplomatique aux conséquences mondiales
Crédit: Adobe Stock

Les accusations de malhonnêteté et de partialité

Le décret présidentiel justifie ce retrait par une série de griefs sévères à l’encontre de l’OMS. L’administration Trump accuse l’organisation d’avoir mal géré la pandémie de COVID-19, particulièrement dans sa gestion des premières informations venant de Wuhan, en Chine. Le texte affirme que l’OMS a fait preuve d’une incapacité à démontrer son indépendance face aux influences politiques inappropriées de ses États membres. Washington reproche également à l’organisation de n’avoir pas adopté les réformes urgentes jugées nécessaires et de continuer à exiger des contributions financières américaines jugées disproportionnées par rapport à celles des autres nations.

Plus spécifiquement, le décret souligne une inéquité dans le système de financement : alors que la Chine, avec ses 1,4 milliard d’habitants, représente 300 pour cent de la population des États-Unis, elle contribuerait près de 90 pour cent de moins au budget de l’organisation. Cet argument financier, bien que techniquement partiellement fondé, occulte le fait que les États-Unis ont traditionnellement été le plus gros contributeur volontaire de l’OMS, assurant environ 18 pour cent de son financement total. L’administration critique également l’absence d’un directeur général américain à la tête de l’organisation depuis sa création en 1948.

Il y a quelque chose de profondément cynique dans cette rhétorique de victime que déploie l’administration Trump. Présenter la première puissance économique mondiale comme l’otage d’une organisation internationale dont elle est le principal bailleur de fonds relève d’une manipulation à peine déguisée. L’argument selon lequel la Chine paierait moins parce qu’elle est plus peuplée ignore délibérément la nature même des contributions financières internationales qui tiennent compte de la capacité économique, pas simplement de la démographie. C’est comme si un riche philanthrope se plaignait de donner plus qu’un bénéficiaire moins fortuné. La véritable question n’est pas celle de l’équité comptable, mais bien celle de l’engagement envers le bien commun mondial.

La gestion controversée de la pandémie

Le grief central invoqué par Washington concerne la gestion de la pandémie de COVID-19 par l’OMS. Le Department of Health and Human Services américain a publié un communiqué détaillé accusant l’organisation d’avoir retardé la déclaration de l’urgence de santé publique de portée internationale, ce qui aurait coûté au monde des semaines cruciales alors que le virus se propageait. Les autorités américaines reprochent à l’OMS d’avoir écho et loué la réponse chinoise malgré des évidences de sous-déclaration initiale, de suppression d’informations et de retards dans la confirmation de la transmission interhumaine.

De plus, l’administration critique la réticence de l’OMS à reconnaître rapidement la transmission aérienne du virus et souligne que l’organisation aurait minimisé l’idée que des personnes asymptomatiques pourraient propager l’infection. Ces accusations s’inscrivent dans une narrative plus large de l’administration Trump qui, dès 2020, avait commencé à accuser l’OMS d’être trop proche de la Chine et d’avoir manqué à sa mission de veille sanitaire mondiale. Cependant, de nombreux experts indépendants notent que ces critiques ignorent les contraintes diplomatiques auxquelles l’OMS est soumise en tant qu’organisation internationale dépendant de la coopération de ses États membres.

Cette obsession à chercher des coupables pour une pandémie qui a tué des millions de personnes à travers le monde me laisse perplexe. Bien sûr, l’évaluation de la réponse de l’OMS doit être faite et des leçons doivent être tirées. Mais faire de cette critique la justification d’un retrait complet et destructeur me semble d’une disproportion terrifiante. C’est comme si on décidait de détruire tout un système de défense incendie parce qu’un incendie n’avait pas été parfaitement maîtrisé. Les êtres humains derrière l’OMS, les experts sur le terrain, les équipes de réponse d’urgence ne méritaient pas ce traitement. Il y a dans cette démarche une cruauté froide qui m’effraie profondément.

Sources

Sources primaires

White House, Presidential Actions, « Withdrawing The United States From The World Health Organization », publié le 20 janvier 2025

Le Monde avec AFP, « Le retrait des Etats-Unis de l’OMS met le reste du monde « en danger », estime le directeur général de l’agence onusienne », publié le 13 janvier 2026

Reuters, « US set to quit World Health Organization », publié le 22 janvier 2026

Sources secondaires

CNN, « Trump administration completes US’ split from the World Health Organization », publié le 22 janvier 2026

Focus2030, « Retrait des États-Unis de 66 organisations internationales », publié en 2026

The Conversation, « L’OMS en Afrique : trois risques liés au retrait de Trump », publié en 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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