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L’OTAN trace une ligne rouge dans les glaces : Rutte et Trump scellent un pacte pour barrer la route à Moscou et Pékin en Arctique
Crédit: Adobe Stock

Les mots choisis avec une précision chirurgicale

Mark Rutte est un diplomate. Chaque mot compte. Chaque silence aussi. Lors de sa conférence de presse au Forum économique mondial, il a salué Trump comme celui qui a « alerté l’OTAN » sur la nécessité de protéger le Grand Nord. Il a rappelé que cette préoccupation remontait au premier mandat du président américain, entre 2016 et 2020. Il a souligné que les routes maritimes s’ouvraient, que la Russie et la Chine devenaient « de plus en plus actives », et que l’Alliance devait répondre collectivement. « Trump a totalement raison », a-t-il insisté. Mais — et c’est crucial — il n’a jamais évoqué la souveraineté du Groenland. Il n’a jamais parlé d’un transfert de territoire. La porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, a été explicite : Rutte « n’a proposé aucun compromis sur la souveraineté » lors de sa rencontre avec Trump. Les négociations porteront sur la sécurité arctique, pas sur un changement de propriétaire.

Alors, qu’est-ce qui a été convenu exactement ? Un cadre de discussions. Un processus. Des pourparlers entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis pour « s’assurer que la Russie et la Chine n’obtiennent jamais un point d’ancrage — économique ou militaire — au Groenland ». C’est suffisamment vague pour que chacun y trouve son compte. Trump peut clamer victoire. Rutte peut préserver l’unité de l’Alliance. Le Danemark peut maintenir sa souveraineté. Mais personne n’est dupe. Ole Wæver, professeur de relations internationales à l’Université de Copenhague, parle d’un accord « pour sauver la face ». « L’OTAN ne peut pas négocier des minéraux ou la propriété de territoires », rappelle-t-il. Ce qui se joue maintenant, c’est une partie d’échecs où chaque camp avance ses pions sans renverser l’échiquier. Pour l’instant.

Le véritable enjeu : qui patrouillera dans les eaux glacées ?

La question centrale n’est pas de savoir qui « possède » le Groenland. C’est de savoir qui y sera présent. Militairement. Économiquement. Stratégiquement. Les États-Unis disposent déjà de la base spatiale de Pituffik — anciennement Thulé — sur la côte nord-ouest de l’île. 150 militaires américains y sont stationnés en permanence. Pendant la Guerre froide, ils étaient 6 000. Les radars de cette base sont censés détecter des missiles ennemis se dirigeant vers le continent américain. Mais est-ce suffisant ? Trump veut construire son Golden Dome, un système de défense antimissile de plusieurs milliards de dollars. Le Groenland pourrait en devenir une pièce maîtresse. L’île surplombe le GIUK Gap — ce passage entre le Groenland, l’Islande et le Royaume-Uni — par où transitent les sous-marins russes pour atteindre l’Atlantique Nord.

Les Européens l’ont bien compris. Leur mission au Groenland, lancée le 16 janvier 2026, vise à « évaluer les moyens d’assurer la sécurité face aux menaces russes et chinoises », selon le ministère allemand de la Défense. Moyens terrestres, aériens, maritimes. La France envoie des renforts. Le Royaume-Uni et l’Allemagne prévoient d’étendre leur présence. Le message est double : rassurer Washington sur les capacités européennes, et dissuader toute velléité d’intervention unilatérale. Car après le Venezuela — où Trump a fait capturer Nicolas Maduro le 3 janvier 2026 dans une opération militaire éclair — plus personne ne considère ses menaces comme de la simple rhétorique. Il l’a prouvé : quand il dit qu’il va agir, il agit.

Ce qui me frappe, dans cette histoire, c’est l’absurdité apparente de la situation. On a des alliés — les États-Unis et l’Europe — qui se regardent en chiens de faïence à propos d’une île où il fait moins quarante degrés en hiver. On a une Chine qui se déclare « État quasi-arctique » sans avoir un seul kilomètre de côte polaire. On a une Russie qui crie au « mythe » tout en renforçant ses bases militaires dans le Grand Nord. Et au milieu de tout ça, 56 000 Groenlandais qui regardent le monde se disputer leur terre comme s’ils n’existaient pas. Personne ne leur demande vraiment ce qu’ils veulent. Personne ne les écoute. C’est toujours la même histoire. Les grands décident. Les petits subissent.

Sources

Sources primaires

NATO – Remarks by NATO Secretary General at World Economic Forum, Davos – 21 janvier 2026
NATO – Keynote address by NATO Secretary General Mark Rutte at the Renew Europe Global Europe Forum – 13 janvier 2026
Fox News – Entretien exclusif de Mark Rutte sur Special Report with Bret Baier – 22 janvier 2026
Reuters – NATO’s Rutte says Arctic talks with Trump will focus on keeping Russia, China out – 22 janvier 2026

Sources secondaires

Al Jazeera – Trump drops tariff threat, says he won’t take Greenland by force – 21 janvier 2026
The Hill – NATO chief Mark Rutte praises Donald Trump’s impact on Europe’s economy – 22 janvier 2026
Anadolu Agency – NATO chief says allies discussing ‘next steps’ to keep Arctic safe – 20 janvier 2026
Diploweb – Le Groenland dans le viseur de Trump : menace chinoise ou course aux minéraux critiques ? – janvier 2026
RTS – Pourquoi le Groenland représente un enjeu stratégique majeur pour les États-Unis – 7 janvier 2026
France Info – Vrai ou Faux : les affirmations de Donald Trump sur le Groenland – 10 janvier 2026
Marine & Océans – La mission militaire au Groenland décidée face aux menaces russes et chinoises – 15 janvier 2026
Wikipedia – Crise du Groenland – consulté le 22 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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