Skip to content
TikTok survit au Canada : la justice cloue le bec du gouvernement
Crédit: Adobe Stock

Les origines d’une décision controversée

En novembre 2024, sous la direction de l’ancien ministre de l’Innovation François-Philippe Champagne, le gouvernement canadien a pris la décision sans précédent d’ordonner à TikTok de cesser ses activités commerciales au Canada, invoquant des risques pour la sécurité nationale sans pour autant fournir de détails spécifiques sur ces menaces présumées. Cette ordonnance, prise en vertu de la Loi sur Investissement Canada, représentait une escalade significative dans les efforts du gouvernement pour contrôler l’influence des entreprises technologiques étrangères, mais laissait perplexe bon nombre d’observateurs quant à sa logique interne. L’ordre gouvernemental précisait explicitement qu’il ne s’agissait pas d’une interdiction de l’application elle-même pour les utilisateurs canadiens, ce qui créait une situation paradoxale où les Canadiens pouvaient continuer à utiliser TikTok librement alors que l’entreprise ne pouvait plus maintenir de présence opérationnelle sur le territoire national. Cette distinction subtile mais cruciale soulignait l’approche contradictoire du gouvernement qui cherchait à signaler sa fermeté face aux menaces perçues sans pour autant imposer les restrictions qui auraient pu effectivement protéger les Canadiens, si tant est que les risques invoqués étaient réels.

Les inquiétudes exprimées par le gouvernement libéral s’inscrivaient dans un contexte plus large de méfiance croissante envers TikTok et sa société mère ByteDance, basée à Pékin, qui suscitent des soupçons depuis plusieurs années au sein des gouvernements occidentaux. La législation chinoise, notamment la loi de 2017 sur le renseignement national, stipule que les entreprises chinoises sont tenues de coopérer avec les demandes de renseignement du gouvernement, ce qui alimente les craintes que TikTok puisse être contraint de fournir des données sur les utilisateurs canadiens ou de servir de véhicule pour des campagnes de désinformation orchestrées par Pékin. Le Canada n’est pas le seul pays à exprimer ces préoccupations — les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs autres nations ont également examiné de près les implications sécuritaires de TikTok — mais l’approche canadienne de cibler spécifiquement les opérations corporatives tout en laissant l’application disponible est restée une anomalie parmi les alliés occidentaux. Le gouvernement canadien n’a jamais fourni de preuves concrètes d’activités malveillantes de TikTok sur le sol canadien, se contentant d’évoquer des risques théoriques et potentiels sans jamais documenter d’incidents spécifiques.

Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette manière de gouverner par insinuation et par peur, sans jamais avoir à justifier concrètement les décisions prises au nom de la « sécurité nationale ». Quand nous permettons à nos gouvernements de prendre des mesures drastiques sur la base de risques hypothétiques sans preuves tangibles, nous nous engageons sur une pente dangereuse. Le terrorisme intellectuel qui consiste à brandir le spectre de la sécurité nationale pour justifier n’importe quelle mesure arbitraire est devenu la norme, et cela devrait terrifier tous les Canadiens qui valorisent les libertés civiles et la transparence gouvernementale. Le Canada a toujours été fier de sa tradition de gouvernement ouvert et responsable, mais cette affaire TikTok révèle une tendance inquiétante vers l’opacité et le décisionnisme autoritaire qui nous éloigne de nos valeurs fondamentales.

L’impact immédiat sur les créateurs et les employés

La décision de novembre 2024 a déclenché une série de réactions en chaîne immédiates au sein de la communauté canadienne des créateurs de contenu et du secteur culturel, alors que TikTok annonçait son retrait comme sponsor de plusieurs institutions artistiques majeures, notamment les Prix Juno et le Festival international du film de Toronto. Cette décision a privé ces organisations de financements cruciaux à un moment où le secteur culturel était déjà sous pression financière suite aux bouleversements économiques post-pandémiques. TikTok avait investi des millions de dollars au cours des cinq années précédentes dans des programmes et partenariats soutenant les artistes et créateurs locaux, et son retrait soudain a laissé un vide que d’autres plateformes n’étaient pas en mesure de combler rapidement. Les créateurs canadiens qui avaient construit leur audience et leur revenu sur TikTok se sont retrouvés dans une position d’incertitude totale, incapables de planifier leur avenir professionnel alors que l’entreprise qu’ils considéraient comme partenaire se voyait forcée de réduire drastiquement sa présence sur le territoire.

L’impact potentiel sur l’emploi constituait une autre préoccupation majeure, TikTok Canada employant plusieurs centaines de personnes dans ses bureaux de Toronto et Vancouver, sans compter l’écosystème de créateurs, de producteurs et de petites entreprises qui dépendent indirectement de la plateforme pour leur subsistance économique. La ministre Joly et son prédécesseur Champagne ont minimisé ces conséquences économiques, insistant sur le fait que l’interdiction ne ciblait que les opérations corporatives et non l’application elle-même, mais cette distinction technique s’est avérée illusoire pour les travailleurs concernés. La réalité pratique était que sans une présence locale, TikTok ne pouvait plus soutenir efficacement ses partenaires canadiens, ni maintenir les programmes d’investissement culturel qui avaient été mis en place au fil des années. Les syndicats et groupes de défense des travailleurs du secteur technologique ont critiqué cette approche comme irresponsable, notant que le gouvernement sacrifiait des emplois canadiens bien réels au profit de gains politiques hypothétiques en matière de sécurité nationale.

Ce qui me frappe le plus dans cette histoire, c’est la déconnexion totale entre les décideurs politiques à Ottawa et la réalité vécue par les travailleurs et créateurs canadiens. Les bureaucrates et politiciens qui ont conçu cette mesure ne semblent avoir aucune conscience de l’impact concret que leurs décisions abstraites ont sur des vies humaines. Des centaines de familles canadiennes ont passé des mois dans l’incertitude, ne sachant pas si elles auraient un emploi le mois prochain, tout cela parce que des fonctionnaires à Ottawa ont décidé de jouer à la géopolitique avec des emplois canadiens. C’est cette arrogance bureaucratique, cette conviction que les vies des gens ordinaires peuvent être manipulées comme des pièces sur un échiquier stratégique, qui me révolte profondément. Et le pire, c’est que cette insensibilité n’est pas accidentelle — elle est structurelle, intégrée dans un système qui valorise les calculs politiques abstraits au détriment du bien-être concret des citoyens.

Sources

Sources primaires

The Globe and Mail, « TikTok can continue to operate in Canada for now, court rules », publié le 21 janvier 2026, mis à jour le 22 janvier 2026

CBC News, « TikTok can operate in Canada for now, federal court rules, telling Ottawa to review the case », publié le 21 janvier 2026 à 15h08 EST

POLITICO, « Court rules TikTok Canada can continue to operate — for now », publié le 21 janvier 2026

Sources secondaires

iPolitics, « Federal Court sets aside TikTok Canada shutdown order », publié le 21 janvier 2026 à 19h09

Global Times, « Canada’s federal court reportedly overturns TikTok ban », publié le 22 janvier 2026

Yahoo Finance Canada, « Federal Court sets aside TikTok Canada shutdown order », publié le 21 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu