-20°C et plus de chauffage
Pendant que les terminaux pétroliers russes brûlent, Kiev gèle. La capitale ukrainienne vit son hiver le plus rude depuis le début de l’invasion. Les températures plongent jusqu’à -20°C la nuit. Et des centaines de milliers de foyers n’ont plus ni électricité, ni chauffage, ni eau chaude. Depuis le 9 janvier 2026, les frappes russes massives sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes ont transformé la vie des trois millions d’habitants de la capitale en cauchemar quotidien. Vitali Klitschko, le maire de Kiev, a lancé un appel exceptionnel : quittez la ville. Temporairement. Pour réduire la pression sur un réseau électrique à bout de souffle. 600 000 personnes ont déjà fait leurs valises depuis cet appel. Six cent mille âmes qui ont abandonné leur appartement, leur quartier, leurs repères.
Ioulia Mykhailiuk, avocate, et Ihor Honcharuk, directeur d’une chaîne de télévision, habitaient un quartier chic de Kiev. Leur grand appartement, ils l’appelaient leur petite forteresse. Même après qu’un missile l’a endommagé, ils sont restés. Ils ont loué un autre logement. Ils ont tenu. Mais cette semaine, quand les drones et les missiles russes ont plongé la ville dans la pire coupure de chauffage de la guerre, ils ont dû partir. Il faisait -11°C à Kiev ce jour-là. À l’intérieur de leur appartement, ils pouvaient voir leur souffle. Leur fils de un an, Markiian, ne pouvait pas rester dans ces conditions. Alors ils ont fait comme 600 000 autres. Ils ont pris la route, laissant derrière eux tout ce qu’ils avaient construit. Parce que parfois, survivre, c’est savoir partir.
Imaginez une seconde. Vous vous réveillez. Il fait -11°C dans votre salon. Votre enfant de un an tremble sous trois couvertures. Votre téléphone n’a plus de batterie depuis des heures. Le frigo est éteint. Les radiateurs sont froids. Et vous savez que demain, ce sera pareil. Ou pire. Comment on continue, dans ces conditions ? Comment on garde espoir ? Je me pose la question, sincèrement. Et je n’ai pas de réponse.
Le froid comme arme de guerre
Le 19 janvier, les Russes ont bombardé des postes de distribution électrique à Kiev et dans ses environs, isolant la capitale du réseau national. Trois centrales électriques au gaz naturel et au charbon de Kiev ont été frappées, coupant à la fois le chauffage et l’électricité. Les lumières de la ville se sont éteintes. Kiev est devenue un tableau glacé : arbres recouverts de givre, bancs de neige scintillant sous le soleil hivernal, et rues plongées dans l’obscurité dès la tombée de la nuit. La ville, qui a besoin d’environ 2000 mégawatts d’électricité pour fonctionner normalement, survivait avec moins d’un dixième de cette puissance. L’électricité disponible a été redirigée vers les pompes à eau, le métro, les hôpitaux. Au détriment des immeubles résidentiels. Au détriment des familles. Au détriment des enfants.
Vladimir Poutine utilise le froid comme une arme. C’est le gouvernement allemand qui l’affirme, qualifiant ces frappes de crimes de guerre. Le porte-parole de Berlin a été clair : ces actions sont profondément inhumaines et méprisantes. La Cour pénale internationale a d’ailleurs émis des mandats d’arrêt contre deux hauts responsables militaires russes pour ces attaques sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Selon le ministère ukrainien de la Santé, plus de 1 100 personnes ont eu recours à des soins d’urgence pour des cas de gelures et d’hypothermie entre le 20 décembre 2025 et le 18 janvier 2026. Plus de mille personnes hospitalisées. Parce qu’il faisait trop froid chez elles. En 2026. Au cœur de l’Europe.
Section 3 : La résistance par le froid
Danser par -15°C
Maria Kuzmenchuk a 29 ans. Elle vit actuellement sans chauffage ni électricité dans son petit appartement de Kiev. Hier, elle n’a pas eu d’électricité pendant 15 ou 16 heures. Elle se sent épuisée. Se lever le matin est devenu une épreuve. Toute sa vie se déroule désormais dans une seule pièce, parce qu’il fait trop froid pour dormir dans sa chambre. Elle travaille emmitouflée sur son canapé, là où il fait un peu moins glacial. Elle lit à la lueur d’une bougie quand la batterie de son téléphone est morte. Elle tient. Parce que c’est tout ce qu’elle peut faire. Tenir. Et dans les rues de Kiev, quelque chose d’incroyable se produit. Des fêtes improvisées. Des DJ qui jouent sous les doigts gelés, leur visage dépassant à peine d’une doudoune épaisse et d’un bonnet. House, rap, ska. Les styles s’enchaînent. Les gens dansent par -15°C.
Sur les réseaux sociaux, les vidéos circulent. Des Ukrainiens et des Ukrainiennes qui dansent et chantent dehors, dans le froid polaire. Comme pour répondre aux missiles. Comme pour dire à Moscou : vous ne nous briserez pas. Une participante explique : Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée. Missiles, explosions, flammes… Ça nous unit. Et cette unité, elle se voit partout. Dans les Points d’Invincibilité installés par les autorités locales, ces tentes chauffées où les habitants viennent recharger leurs appareils, se réchauffer, boire un thé chaud. Dans les wagons de train transformés en refuges temporaires. Dans les stations de métro où les familles passent la nuit, entre deux alertes aériennes. Stanislav, 11 ans, témoigne : Chez moi, il fait tellement froid. Hier, j’étais très pâle, je me sentais vraiment malade, comme si mon corps n’en pouvait plus de ce froid. Ici, je me sens bien.
Il y a quelque chose de profondément bouleversant dans ces images de gens qui dansent par -15°C. Quelque chose qui dépasse la simple résistance. C’est un cri. Un hurlement silencieux contre l’absurdité de cette guerre. Et moi, derrière mon écran, dans mon appartement chauffé, je me demande : aurais-je ce courage ? Aurais-je cette force de danser quand tout s’effondre ? Je ne sais pas. Vraiment, je ne sais pas.
Partir ou rester ?
Un homme rencontré dans un supermarché de Kiev résume l’état d’esprit de ceux qui restent : Même si Moscou nous prive de chauffage et nous plonge dans la nuit totale pour nous obliger à signer un accord de paix, on ne signera pas un accord qui nous porte préjudice. Parce que si on cède, on aura droit au goulag. Et c’est bien mieux de continuer à vivre ici, libre, sans chauffage ni lumière, que sous leur autoritarisme. Ces mots-là, ils disent tout. Ils disent la détermination. Ils disent la peur aussi. Et ils disent ce refus viscéral de plier. Un jeune couple abonde : Même si on doit survivre dans le froid total dans une tente de camping, on tiendra. Le maire Klitschko a annoncé que les écoles de Kiev resteraient fermées jusqu’au 1er février. Près de 70% des habitants ne sont plus en mesure de se chauffer quotidiennement.
Le Parlement ukrainien, la Rada, était lui-même sans eau, sans électricité, sans chauffage mardi dernier. Les députés délibéraient dans le froid, pendant que dehors, leurs concitoyens survivaient comme ils pouvaient. Volodymyr Zelensky a reconnu des lacunes dans les systèmes de protection anti-aérienne, déplorant une pénurie de missiles anti-aériens occidentaux. Jusqu’à ce matin, nous avions plusieurs systèmes sans missiles, a-t-il avoué. La Russie, elle, continue. 34 missiles et 339 drones lancés dans la nuit du 20 au 21 janvier contre l’Ukraine. Avec la région de Kiev comme cible principale. Pendant l’attaque, Mariana Kravtchenko, 42 ans, s’est réfugiée dans le métro avec son fils et son chat. Elle n’a pas dormi de la nuit. Mais elle garde le sourire. Elle croit en la victoire. Encore.
Section 4 : Une guerre d'attrition énergétique
Frapper où ça fait mal
La stratégie ukrainienne est claire : frapper les infrastructures pétrolières russes pour asphyxier la machine de guerre de Moscou. Le kraï de Krasnodar est devenu une cible récurrente en raison de son rôle dans l’approvisionnement des forces russes dans le sud. Sa proximité avec la Crimée occupée en fait un corridor naturel pour la logistique militaire. Chaque litre de carburant qui transite par les ports de cette région peut alimenter les opérations militaires russes. En détruisant cette infrastructure, l’Ukraine ne se contente pas d’infliger des dégâts matériels. Elle coupe les artères qui permettent à la Russie de maintenir son occupation et de poursuivre ses offensives. C’est une guerre d’usure. Et Kiev la mène avec méthode.
Le terminal de Temryuk, frappé à plusieurs reprises depuis décembre, gérait une gamme étendue de cargaisons : produits pétroliers, gaz liquéfié, liquides chimiques, céréales. Avec ses dix-huit réservoirs et sa capacité de 63 000 mètres cubes, il constituait un hub logistique majeur. Les données satellites confirment que certaines attaques ont rendu le site inutilisable pour une période indéterminée. Des pétroliers grecs battant pavillon maltais et libérien, le Matilda et le Delta Harmony, ont été touchés par des drones ukrainiens près du port russe de Novorossiïsk, en mer Noire. L’un d’eux était affrété par la compagnie pétrolière américaine Chevron. Les représentants de la compagnie ont déclaré suivre de près la situation. Le Kazakhstan a sollicité l’aide de l’Europe et des États-Unis suite aux attaques contre ces pétroliers. La guerre déborde. Elle touche désormais des acteurs qui pensaient pouvoir rester neutres.
Tu te rends compte ? Des pétroliers grecs affrétés par une compagnie américaine, frappés en mer Noire par des drones ukrainiens, près d’un port russe. Cette guerre n’est plus ukraino-russe depuis longtemps. Elle est mondiale. Et nous, spectateurs lointains, on regarde sans vraiment voir. On lit les dépêches sans vraiment comprendre. On passe à l’article suivant sans vraiment ressentir. Mais trois personnes sont mortes à Volna. Et des enfants gèlent à Kiev. Ça, c’est réel.
La réponse russe
Le ministère russe de la Défense affirme ne cibler que des installations militaires ukrainiennes et des infrastructures utilisées par l’armée. Cette rhétorique, répétée à chaque frappe, ne convainc plus personne. Quand des immeubles résidentiels brûlent, quand des hôpitaux sont plongés dans le noir, quand des écoles ferment faute de chauffage, parler de cibles militaires relève de la propagande pure. La Russie mène une guerre contre la population civile ukrainienne. Et elle l’assume de plus en plus ouvertement. Poutine utilise l’hiver comme une arme. Il cherche à briser le moral d’une population déjà éprouvée par bientôt quatre ans de conflit. Il veut pousser les habitants de Kiev à l’exode, au moins temporaire. Et par ricochet, imposer une vague de réfugiés à l’Europe pour la déstabiliser.
Mais la Russie aussi souffre. L’ambassadeur ukrainien auprès des Nations unies, Andriy Melnyk, a affirmé que la Russie était plus vulnérable aujourd’hui qu’à aucun autre moment depuis le début de l’invasion en février 2022. Son économie ralentit. Ses revenus pétroliers sont en baisse, sous l’effet des sanctions et des frappes sur ses infrastructures. L’image de force soigneusement mise en scène n’est rien d’autre qu’un écran de fumée, complètement déconnecté de la réalité, a-t-il lancé au Conseil de sécurité. Les États-Unis ont saisi un pétrolier russe dans l’Atlantique Nord, le Marinera, anciennement Bella 1. Un signal fort envoyé à Moscou. Donald Trump a même évoqué des sanctions encore plus sévères pour paralyser l’économie russe. La pression monte. Des deux côtés.
Section 5 : Les négociations de l'ombre
Davos et Miami
Pendant que les bombes tombent, les émissaires négocient. À Davos, en Suisse, l’envoyé russe Kirill Dmitriev a rencontré Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Selon Dmitriev, les discussions se sont déroulées de manière constructive et de plus en plus de personnes prennent conscience du bien-fondé de la position russe. Des mots qui ne surprendront personne. Chaque camp affirme que les discussions avancent dans son sens. Mais au-delà de la communication, quelque chose bouge. Le Kremlin a confirmé que Vladimir Poutine a reçu une invitation à rejoindre le Conseil de paix créé par Trump. À Miami, des négociateurs ukrainiens et américains doivent se rencontrer samedi pour poursuivre les discussions.
Volodymyr Zelensky a qualifié les propositions américaines de assez solides. Mais la Russie n’a donné aucun signe public indiquant qu’elle serait prête à renoncer à ses exigences. Moscou continue de demander la dénazification de l’Ukraine, la dissolution de son armée, sa neutralité, la reconnaissance de l’annexion de la Crimée et l’indépendance des républiques séparatistes du Donbass. Des conditions que Kiev refuse catégoriquement. L’ambassadeur russe aux Nations unies a imputé la responsabilité de l’impasse à l’Ukraine. Les dirigeants européens, eux, ont condamné les frappes russes, les qualifiant d’escalade inacceptable. L’ambassadrice adjointe américaine Tammy Bruce a dénoncé le nombre stupéfiant de victimes et condamné l’intensification des attaques contre les infrastructures. Le dialogue de sourds continue. Et les civils paient.
L’Europe accélère
Face à l’urgence, l’Union européenne accélère le déblocage de 90 milliards d’euros pour Kiev. Une aide massive destinée à soutenir l’effort de guerre ukrainien et à aider le pays à reconstruire ses infrastructures énergétiques détruites. Mais l’argent ne suffit pas. Ce dont l’Ukraine a besoin, ce sont des systèmes de défense anti-aérienne. Des Patriot. Des SAMP/T. Des missiles pour intercepter les drones et les missiles russes avant qu’ils n’atteignent leurs cibles. Zelensky ne cesse de le répéter : sans défense aérienne renforcée, la population ukrainienne restera vulnérable. Et la Russie continuera à détruire les centrales électriques, les sous-stations, les réseaux de chauffage. En toute impunité. Une espionne germano-ukrainienne a par ailleurs été arrêtée en Allemagne, accusée de renseigner l’ambassade de Russie sur l’aide militaire à l’Ukraine.
La Lettonie a annoncé qu’elle demanderait la tenue d’une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations unies en réponse aux attaques russes. La pression internationale monte. Mais sur le terrain, rien ne change. Les drones continuent de voler. Les missiles continuent de frapper. Et les civils continuent de mourir. De geler. De fuir. Cette guerre entre dans sa quatrième année. Et personne ne voit la fin.
Quatre ans. Bientôt quatre ans que cette guerre dure. Quatre ans de morts, de blessés, de déplacés. Quatre ans de négociations qui n’aboutissent pas. Quatre ans de communiqués, de condamnations, de sanctions. Et puis quoi ? Les enfants de Kiev n’ont toujours pas de chauffage. Les familles de Volna pleurent toujours leurs morts. À quel moment on dit stop ? À quel moment on accepte que toutes ces vies valent plus que des territoires sur une carte ?
Section 6 : Le quotidien de la survie
Une ou deux heures d’électricité par jour
Certains habitants de Kiev n’ont qu’une ou deux heures d’électricité par jour. Si tant est qu’ils en aient. Ievguenia vit dans un appartement où le mercure affiche 12°C. Le chauffage de son immeuble, relié au réseau électrique, s’arrête à chaque coupure. Les batteries de secours sont insuffisantes pour prendre le relais. Elle demande l’heure, parce qu’elle a perdu la notion du temps. Neuf heures ? Dix heures ? Quelle importance, quand chaque journée ressemble à la précédente. Dans les rues, la ville tient grâce aux générateurs qui tournent quasi non-stop. Mais depuis une semaine, certains moteurs surchauffent. D’autres prennent feu. Le système D atteint lui aussi ses limites. Les magasins ferment faute de courant. Les restaurants baissent le rideau. Les feux de circulation sont hors service. L’éclairage public s’éteint dès la nuit tombée.
La centrale de Tchernobyl a été reconnectée au réseau électrique ukrainien dans l’après-midi du 20 janvier, après avoir été coupée par les frappes. D’autres centrales nucléaires ont été affectées, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique. Le spectre d’un accident nucléaire plane toujours. Plus de 15 000 employés du secteur énergétique s’efforcent de remettre en service les centrales et les sous-stations endommagées. Un travail titanesque, dans des conditions extrêmes. Et à chaque fois qu’une ligne est réparée, une nouvelle frappe vient tout détruire. C’est le tonneau des Danaïdes version XXIe siècle. Une course sans fin contre la destruction. Le Parlement européen a annoncé qu’il bloquerait tout accord commercial avec les États-Unis tant que la situation ne s’améliorerait pas. Une pression supplémentaire sur Washington. Mais Kiev a besoin de missiles, pas de déclarations.
L’exode silencieux
600 000 personnes. C’est le nombre de Kiéviens qui ont quitté la capitale depuis le 9 janvier. Six cent mille âmes qui ont pris la route, abandonnant leur appartement, leur travail, leur vie. Certains sont partis chez des proches en province. D’autres ont traversé la frontière. Beaucoup ne savent pas quand ils reviendront. Ni même s’ils reviendront. Le maire Klitschko les a encouragés à partir. Pour soulager le réseau électrique. Pour réduire la demande en énergie. Pour permettre à ceux qui restent de survivre un peu mieux. Mais partir, c’est aussi abandonner. C’est laisser derrière soi des souvenirs, des objets, une existence. C’est devenir réfugié dans son propre pays. Ou à l’étranger. La Russie compte là-dessus. Elle espère que cet exode déstabilisera l’Europe en lui imposant une nouvelle vague de réfugiés.
Mais les Ukrainiens résistent. Ceux qui partent promettent de revenir. Ceux qui restent s’organisent. Ils partagent les générateurs. Ils s’entraident pour garder les enfants. Ils se retrouvent dans les Points d’Invincibilité pour partager un thé chaud et un peu de chaleur humaine. La solidarité, dans cette ville gelée, est devenue la seule arme contre le désespoir. Et elle fonctionne. Tant bien que mal. Jour après jour. Nuit après nuit. Frappe après frappe. Kiev tient. Contre toute logique. Contre toutes les probabilités. Parce que céder, ce serait mourir. Et les Ukrainiens ont choisi de vivre. Debout. Dans le froid s’il le faut. Mais debout.
Conclusion : Le prix de la liberté
Trois morts, un million de sans-électricité
Trois morts à Volna. Un million de sans-électricité à Kiev. Ces chiffres résument cette journée du 21 janvier 2026. Une journée comme les autres dans cette guerre qui n’en finit plus. D’un côté, des terminaux pétroliers russes en flammes. De l’autre, des appartements ukrainiens plongés dans le froid et l’obscurité. La guerre des infrastructures fait rage. Et ce sont les civils qui paient. Des deux côtés. À Krasnodar, des familles pleurent leurs morts. À Kiev, des familles gèlent dans leurs appartements. Et quelque part, dans des salons feutrés, des diplomates négocient. Discutent. Temporisent. Pendant que le sang coule et que le froid tue.
L’Ukraine frappe la Russie pour l’affaiblir économiquement. La Russie frappe l’Ukraine pour briser sa résistance. C’est une guerre d’attrition. Une guerre d’usure. Une guerre où chaque camp espère que l’autre craquera en premier. Mais personne ne craque. Les Ukrainiens dansent par -15°C. Les Russes enterrent leurs morts à Volna. Et la guerre continue. Demain, il y aura d’autres frappes. D’autres morts. D’autres blessés. D’autres réfugiés. D’autres communiqués. D’autres condamnations. Et après-demain, pareil. Jusqu’à quand ?
Je termine cet article et je me sens vide. Trois vies arrachées à Volna. Des enfants qui gèlent à Kiev. Une guerre qui dure depuis bientôt quatre ans. Et moi, qu’est-ce que je peux faire ? Écrire. Raconter. Témoigner. Pour que personne n’oublie. Pour que ces trois morts de Volna ne deviennent pas une simple statistique. Pour que les 600 000 réfugiés de Kiev restent des visages, des noms, des histoires. La guerre, ce n’est pas que des chiffres. C’est des vies. Des vies brisées, des vies perdues, des vies qui continuent malgré tout. Et c’est ça qu’il faut retenir. Pas les pourcentages. Pas les milliards. Les vies.
Ce qui reste
Qu’est-ce qui reste, au bout du compte ? La résilience d’un peuple qui refuse de plier. Le courage de ceux qui restent, qui dansent dans le froid, qui tiennent malgré tout. L’humanité de ceux qui partagent un générateur, un thé chaud, un moment de chaleur humaine. Et la mémoire. La mémoire de ceux qui sont tombés. À Volna. À Kiev. Partout en Ukraine. Partout en Russie. Cette guerre laissera des cicatrices profondes. Des traumatismes qui se transmettront de génération en génération. Mais elle laissera aussi des récits de courage. Des histoires de solidarité. Des preuves que l’être humain, même dans les pires conditions, est capable du meilleur.
Trois morts à Krasnodar. 600 000 réfugiés à Kiev. Et demain, on recommence. Parce que cette guerre ne s’arrête pas. Parce que les drones continueront de voler. Parce que les missiles continueront de frapper. Parce que le froid continuera de tuer. Mais aussi parce que les Ukrainiens continueront de résister. De danser. De tenir. C’est ça, le vrai visage de cette guerre. Pas les communiqués officiels. Pas les négociations de couloir. Pas les sanctions économiques. Le vrai visage, c’est celui de Markiian, un an, qui quitte Kiev dans les bras de ses parents parce qu’il fait trop froid. C’est celui des travailleurs de Volna qui ne rentreront plus jamais chez eux. C’est celui de Maria, 29 ans, qui travaille emmitouflée sur son canapé parce qu’il fait 12°C dans son appartement. C’est ça, la guerre. Et ça, on n’a pas le droit de l’oublier.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables. Sources primaires : communiqués officiels des gouverneurs régionaux russes sur Telegram, déclarations du ministère russe de la Défense, communiqués du Centre pour les communications stratégiques ukrainien, déclarations du maire de Kiev Vitali Klitschko, dépêches de l’Agence France-Presse. Sources secondaires : Franceinfo, La Presse (Canada), Le Temps (Suisse), RTS, Euronews, Radio-Canada, RTBF. Les données statistiques citées proviennent des autorités ukrainiennes et russes, du ministère ukrainien de la Santé, et des organisations internationales mentionnées.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Gouverneur Veniamine Kondratiev – Communiqué Telegram sur l’attaque de Volna – 21 janvier 2026
Ministère russe de la Défense – Bulletin quotidien sur les interceptions de drones – 21 janvier 2026
Centre pour les communications stratégiques ukrainien – Communiqué Telegram – 21 janvier 2026
Maire Vitali Klitschko – Déclarations à l’AFP sur l’exode des Kiéviens – 20-21 janvier 2026
Président Volodymyr Zelensky – Message vidéo quotidien – 21 janvier 2026
Sources secondaires
Franceinfo – Guerre en Ukraine : une attaque ukrainienne sur des terminaux pétroliers en Russie fait trois morts – 21 janvier 2026
La Presse (Canada) – Trois morts dans une frappe de drone ukrainien en Russie – 21 janvier 2026
Le Temps (Suisse) – En direct, guerre en Ukraine – L’Europe accélère le déblocage de 90 milliards pour Kiev – 21-22 janvier 2026
RTS – Kiev contrainte de fermer ses écoles faute de chauffage après des frappes russes massives – 17 janvier 2026
Euronews – Frappes russes en Ukraine : près de la moitié de Kyiv privée de chauffage et d’électricité – 21 janvier 2026
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