Dans les couloirs de Davos, deux visions du monde
La rencontre a duré une heure. De 13h30 à 14h30, dans une salle du Centre des Congrès de Davos. D’un côté, Volodymyr Zelensky, costume sombre, regard fatigué, qui porte sur ses épaules le destin de 44 millions d’Ukrainiens. De l’autre, Donald Trump, satisfait, confiant, qui venait de signer la charte de son nouveau joujou géopolitique et qui pensait probablement déjà à autre chose. Les deux hommes se sont serré la main devant les caméras. Zelensky a tenté un sourire. Trump a dit que la réunion était « bonne ». Derrière ces mots convenus, que s’est-il vraiment passé?
À la sortie, Trump a lâché trois mots aux journalistes : « La guerre doit prendre fin. » Pas « la Russie doit se retirer ». Pas « l’Ukraine sera soutenue jusqu’à la victoire ». Non. La guerre doit prendre fin. Point. Pour Trump, peu importe qui gagne ou qui perd. Ce qui compte, c’est que ça s’arrête. Que le problème disparaisse de son bureau. Que l’Amérique puisse se concentrer sur ce qui l’intéresse vraiment : la Chine, le commerce, le Groenland, TikTok. L’Ukraine? Un dossier parmi d’autres. Un héritage encombrant de l’ère Biden. Une guerre européenne que les Européens devraient régler entre eux.
Il y a quelque chose de vertigineux à voir ces deux hommes côte à côte. L’un se bat pour la survie de son pays. L’autre négocie comme s’il vendait un immeuble. L’un compte ses morts. L’autre compte ses deals. Je ne dis pas que Trump est le méchant de l’histoire — la géopolitique n’est pas un conte de fées. Mais la disproportion des enjeux, l’asymétrie des urgences… ça donne le tournis. Zelensky joue sa vie. Trump joue au Monopoly.
Un accord sur les garanties de sécurité — mais à quel prix?
Zelensky est sorti de cette rencontre avec quelque chose de concret : un accord sur les garanties de sécurité. Les termes ont été finalisés. Les États-Unis s’engagent — sur le papier du moins — à protéger l’Ukraine après un éventuel cessez-le-feu. « Les documents visant à mettre fin à cette guerre sont presque, presque prêts », a déclaré le président ukrainien lors de sa conférence de presse. Ce « presque » répété deux fois en dit long. Presque, c’est pas encore. Presque, c’est l’espoir qui refuse de mourir. Presque, c’est aussi l’aveu qu’il reste un obstacle majeur.
Cet obstacle, Zelensky l’a nommé : les territoires de l’est. « Tout tourne autour de la partie orientale de notre pays. Tout tourne autour des territoires. C’est le problème que nous n’avons pas encore résolu. » Moscou exige de garder les régions qu’elle occupe. Kiev refuse de céder un centimètre carré de terre ukrainienne. Entre les deux, Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Trump, fait la navette. Il était à Davos le matin, il filait vers Moscou le soir avec Jared Kushner, le gendre du président. « Il ne reste qu’un point à régler », a-t-il assuré avec l’optimisme béat de ceux qui n’ont jamais vécu sous les bombes. Ce point, c’est juste la question de savoir si l’Ukraine existera encore dans ses frontières reconnues.
L'Europe : ce kaléidoscope qui ne fait plus rêver personne
Vingt-sept pays, zéro leadership
« Au lieu de devenir une vraie puissance mondiale, l’Europe reste un kaléidoscope beau mais fragmenté de petites et moyennes puissances. » La métaphore est brillante. Un kaléidoscope, c’est joli à regarder. Ça brille. Ça change de couleur. Mais ça ne sert à rien. On ne construit pas une maison avec un kaléidoscope. On ne défend pas un continent avec des morceaux de verre coloré. L’Union européenne compte 27 pays membres, plus de 440 millions d’habitants, l’une des plus grandes économies du monde. Et pourtant, face à Trump, face à Poutine, face à Xi Jinping, elle n’existe pas. Elle observe. Elle commente. Elle s’inquiète. Elle ne décide jamais.
L’année dernière, à ce même Forum de Davos, Zelensky avait conclu son discours par ces mots : « L’Europe doit savoir comment se défendre. » Un an plus tard, rien n’a changé. « Une année a passé et rien n’a changé », a-t-il répété ce 22 janvier 2026. Les mêmes mots. La même impuissance. La même frustration. L’Europe n’a pas créé d’armée commune. L’Europe n’a pas unifié sa politique de défense. L’Europe continue de dépendre du parapluie américain tout en se plaignant que Washington ne l’écoute plus. C’est la définition même de l’impuissance : vouloir être indépendant sans faire les efforts nécessaires pour le devenir.
Je suis Européen. Et je dois avouer que les mots de Zelensky m’ont fait mal. Pas parce qu’ils étaient injustes — au contraire, ils étaient d’une justesse cruelle. Mal parce qu’ils décrivaient exactement ce que je vois depuis des années sans oser le formuler aussi clairement. On se gargarise de notre modèle social. On se félicite de notre diversité culturelle. On se vante de nos valeurs humanistes. Mais quand il s’agit de défendre ces valeurs par autre chose que des discours, on regarde ailleurs. On espère que quelqu’un d’autre s’en chargera. Quelqu’un d’autre, c’est toujours l’Amérique. Et l’Amérique, aujourd’hui, c’est Trump.
La France et le Royaume-Uni promettent des troupes — mais après
Zelensky a salué une lueur d’espoir : la France et le Royaume-Uni ont promis d’envoyer des forces nationales en Ukraine si un accord de paix était signé. Des soldats français et britanniques sur le sol ukrainien pour garantir le cessez-le-feu. C’est historique. C’est courageux. C’est aussi insuffisant. « Tout le monde est positif, mais nous avons besoin de l’aide du président Trump. Aucune garantie de sécurité ne fonctionnera sans les États-Unis », a tempéré le président ukrainien. Voilà le problème. L’Europe peut promettre ce qu’elle veut. Sans le soutien américain, ces promesses ne valent rien face à la Russie.
Et puis il y a cette réalité que personne ne veut regarder en face : les promesses européennes sont conditionnelles. Elles dépendent d’un accord de paix. Elles dépendent de négociations qui n’ont pas encore abouti. Elles dépendent de la volonté de Moscou — c’est-à-dire de Vladimir Poutine — d’accepter les termes de cet accord. En attendant, les Ukrainiens meurent. Les infrastructures sont détruites. Les villes gèlent. L’Europe promet pour demain pendant que l’Ukraine brûle aujourd’hui.
Kiev dans le noir : la stratégie du gel de Poutine
600 000 personnes ont fui la capitale
Pendant que les dirigeants du monde sirotaient leur café dans les salons feutrés de Davos, Kiev vivait un cauchemar. Depuis le 9 janvier 2026, 600 000 personnes ont quitté la capitale ukrainienne. Six cent mille. L’équivalent de la population de Lyon ou de Toulouse. Partis parce qu’ils n’avaient plus de chauffage. Partis parce qu’ils n’avaient plus d’électricité. Partis parce qu’à -14 degrés, on ne survit pas longtemps dans un appartement glacial. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, l’ancien champion de boxe, a supplié ceux qui le pouvaient de s’en aller. « Imaginez qu’il n’y ait ni électricité ni eau chez vous. Vous ne pouvez pas prendre de douche. Vos radiateurs sont froids. La situation est très critique. »
La nuit du 20 janvier, la Russie a lancé 339 drones et 34 missiles contre l’Ukraine. La cible principale : les infrastructures énergétiques de Kiev. L’objectif est limpide : faire souffrir la population civile jusqu’à ce qu’elle craque. Détruire le réseau électrique. Couper le chauffage. Geler les Ukrainiens dans le froid de l’hiver. C’est une stratégie de terreur. Une guerre contre les civils déguisée en guerre militaire. La Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre deux hauts responsables militaires russes pour ces attaques. Ça n’a rien changé. Poutine est toujours libre. Il négocie toujours. Il bombarde toujours.
Je pense à cette femme, Mariana Kravtchenko, 42 ans. Quand les bombes sont tombées dans la nuit du 20 janvier, elle s’est réfugiée dans le métro avec son fils et son chat. À 2 heures du matin. Dans le noir. Dans le froid. Dans la peur. Combien de nuits comme celle-là? Combien de mères ukrainiennes passent leurs nuits sous terre pendant que nous dormons dans nos lits chauffés? C’est ça, la réalité de cette guerre. Pas des négociations à Davos. Pas des communiqués de presse. Une femme, un enfant, un chat, et le grondement des drones au-dessus de leur tête.
Le Parlement ukrainien sans chauffage ni eau
Le symbole est terrible. Le Parlement ukrainien, la Rada, siège de la démocratie dans un pays qui se bat pour elle, s’est retrouvé privé de chauffage, d’eau et d’électricité après les frappes russes. Rouslan Stefantchouk, le président de la Rada, l’a annoncé sur les réseaux sociaux. Les députés ukrainiens légifèrent dans le froid pendant que leurs électeurs survivent comme ils peuvent. C’est cela, la réalité de 2026. Un pays démocratique, aux portes de l’Union européenne, dont le Parlement n’a plus d’eau courante parce qu’un dictateur a décidé de bombarder les centrales électriques.
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a qualifié ces attaques de « cruelles ». « Viser des civils et des infrastructures civiles constitue une violation claire des règles de la guerre », a-t-il déclaré. Les mots sont justes. Les mots sont nécessaires. Mais les mots ne réchauffent pas les appartements. Les mots ne rallument pas les lumières. Les mots ne ramènent pas ceux qui sont morts de froid ou sous les décombres. Poutine se moque des condamnations. Il se moque des tribunaux internationaux. Il se moque de l’indignation mondiale. Il continue. Parce que personne ne l’arrête.
La première rencontre trilatérale : l'espoir ténu d'une paix possible
Aux Émirats arabes unis, Russes, Américains et Ukrainiens autour d’une table
C’est peut-être la nouvelle la plus importante de cette journée chargée. Volodymyr Zelensky a annoncé que des représentants de l’Ukraine, de la Russie et des États-Unis se réuniraient aux Émirats arabes unis les 23 et 24 janvier. Une première. Depuis le début de l’invasion en février 2022, Russes et Ukrainiens ne s’étaient jamais retrouvés autour de la même table avec les Américains comme médiateurs. « Je pense que ce sera la première rencontre trilatérale aux Émirats », a confirmé Zelensky, avant d’ajouter : « Les Russes doivent être prêts à des compromis. »
Les « compromis ». Le mot fait frémir à Kiev. Compromettre sur quoi? Sur les frontières? Sur les territoires occupés? Sur la Crimée, annexée en 2014? Sur le Donbass, ravagé depuis des années? Steve Witkoff assure qu’il « ne reste qu’un point à régler ». Mais ce point, c’est justement celui qui compte le plus. C’est la question existentielle : l’Ukraine acceptera-t-elle de céder une partie de son territoire pour acheter la paix? Et si elle accepte, que vaudra cette paix? Poutine s’arrêtera-t-il là? Ou reviendra-t-il dans cinq ans, dix ans, pour prendre le reste?
On parle de compromis comme s’il s’agissait de négocier le prix d’une voiture d’occasion. « Tu veux 20 000, je propose 15 000, on se met d’accord sur 17 500 et on se serre la main. » Mais ce ne sont pas des euros qu’on négocie. Ce sont des villes. Des villages. Des gens. Des Ukrainiens qui vivent sur ces terres depuis des générations et qu’on va peut-être livrer à un régime qui les considère comme des traîtres. Je ne dis pas qu’il ne faut pas négocier — la paix a un prix, je le sais. Mais ce prix-là, c’est aux Ukrainiens de décider s’ils sont prêts à le payer. Pas à nous. Pas à Trump. Pas à Poutine.
Le plan de paix ukrainien contre le plan américain
En décembre dernier, les États-Unis avaient présenté à l’Ukraine un projet d’accord en 28 points, rédigé par Steve Witkoff et Jared Kushner. Ce plan avait été vivement critiqué par Kiev et ses alliés occidentaux : trop favorable à Moscou, trop proche des « demandes maximalistes » russes. Zelensky avait riposté avec son propre plan en 20 points, accompagné d’un accord de sécurité tripartite impliquant les États-Unis et l’Union européenne. Aujourd’hui, selon le président ukrainien, ce plan est « agréé à 90% ». Les garanties de sécurité américano-ukrainiennes sont « agréées à 100% ». Reste ces fameux 10%. Ces 10% qui valent des milliers de kilomètres carrés et des millions de vies.
Le plan ukrainien prévoit que les forces ukrainiennes constitueraient la première ligne de défense, appuyées par des troupes européennes déployées sur le terrain, le tout sous garantie américaine. La durée envisagée : 15 ans, renouvelables. Le coût de la reconstruction : 500 milliards de dollars, selon les estimations de la Banque mondiale, du FMI et de l’UE. Trump évoque de son côté l’idée d’une « zone franche » pour l’Ukraine, exemptée de droits de douane américains, pour relancer son économie. Les pièces du puzzle existent. Reste à savoir si quelqu’un aura le courage de les assembler.
Trump et son « Conseil de la paix » : le nouveau gendarme du monde
Une vingtaine de pays ont signé — pas la France
Avant de rencontrer Zelensky, Donald Trump avait signé la charte de son « Conseil de la paix », une nouvelle instance internationale qu’il préside et qui prétend résoudre les conflits de la planète. Une vingtaine de pays ont apposé leur signature. La France? Absente. Paris a refusé de rejoindre ce club parce que la charte « ne correspond pas » à la résolution de l’ONU sur Gaza et contient des éléments « contraires à la Charte des Nations unies ». La Belgique? Elle a nié avoir signé, alors que son nom figurait sur la liste de la Maison Blanche. « La Belgique n’a PAS signé la Charte du Conseil de la paix. Cette annonce est incorrecte », a dû préciser le vice-Premier ministre belge sur les réseaux sociaux.
Le « Conseil de la paix » de Trump, c’est tout un symbole. L’Amérique qui crée sa propre instance parallèle aux Nations unies. L’Amérique qui s’autoproclame arbitre des conflits mondiaux. L’Amérique qui impose ses règles, ses calendriers, ses solutions. Trump a assuré que son Conseil travaillerait « en coordination » avec l’ONU. Personne n’y croit vraiment. Washington n’a jamais aimé partager le pouvoir. Aujourd’hui moins que jamais.
Jared Kushner présente son plan pour Gaza — et l’Ukraine attend
Dans la même journée, Jared Kushner a présenté son plan de reconstruction pour Gaza. 25 milliards de dollars d’investissements. Des villes nouvelles pour deux à trois millions de personnes. Le « plein emploi à 100% ». Un PIB de 10 milliards de dollars en dix ans. Les chiffres sont mirobolants. Les promesses, vertigineuses. Et pendant que le gendre du président dessinait l’avenir radieux du Proche-Orient, l’Ukraine attendait son tour. La guerre en Ukraine, c’est presque quatre ans de combats. C’est des centaines de milliers de morts. C’est le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais pour Trump, c’est un dossier parmi d’autres. Une ligne sur l’agenda du « Conseil de la paix ».
Il y a quelque chose d’obscène à voir Kushner promettre le paradis à Gaza pendant que Kiev brûle. Je ne dis pas que les Palestiniens ne méritent pas un avenir meilleur — ils le méritent autant que quiconque. Mais cette façon de traiter les guerres comme des projets immobiliers, de promettre des milliards comme on signe un contrat de construction… ça me met mal à l’aise. La paix, ce n’est pas un business plan. La reconstruction, ce n’est pas une opération de promotion immobilière. Ce sont des vies. Des traumatismes. Des deuils. Des générations marquées à jamais. Trump et Kushner semblent parfois l’oublier.
Poutine : l'homme libre que personne n'arrête
Quatre ans de guerre et toujours pas de procès
Zelensky a posé la question qui fâche. « C’est la quatrième année de la plus grande guerre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, et l’homme qui l’a déclenchée n’est pas seulement libre, mais il se bat pour récupérer son argent gelé en Europe. » Vladimir Poutine. Le président russe fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour déportation d’enfants ukrainiens. Et pourtant, il négocie. Il reçoit des émissaires américains. Il dicte ses conditions. Il continue de bombarder. Le droit international? Une blague. La justice internationale? Un vœu pieux.
Zelensky a fait un parallèle saisissant. Les États-Unis viennent de capturer Nicolás Maduro, le dirigeant vénézuélien, pour le traduire devant un tribunal américain. Pourquoi pas Poutine? Pourquoi le dictateur vénézuélien est-il arrêté alors que le dictateur russe parade? La réponse est simple : parce que la Russie a l’arme nucléaire. Parce que la Russie a du gaz. Parce que la Russie a les moyens de faire peur. Le droit international ne s’applique qu’aux faibles. Les forts négocient.
Et maintenant? L'avenir incertain d'un continent en crise
L’Europe doit-elle créer son armée?
Zelensky a lancé un appel qui ressemble à un ultimatum. L’Union européenne doit créer « une armée unie qui puisse défendre l’Europe ». Pas des forces nationales juxtaposées. Pas des coalitions temporaires. Une vraie armée européenne, intégrée, capable de se projeter et de se battre. « Pour l’instant, personne n’a réellement vu l’Alliance en action », a-t-il justifié. L’OTAN existe depuis 1949. Elle n’a jamais eu à défendre le territoire européen contre une agression majeure. Et quand cette agression arrive — en Ukraine, aux portes de l’Alliance — l’OTAN observe. L’OTAN arme. L’OTAN ne combat pas.
Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, présent à Davos, a lancé un avertissement solennel. « Ce n’est pas anodin de détruire plus de 80 ans d’alliances. Il faut des décennies et des décennies pour bâtir la confiance, les organisations, l’architecture sur lesquelles repose tout cela. Il suffit de quelques semaines, de tweets, d’heures ou de minutes, parfois, pour la détruire. » Le message visait Trump. Il concerne aussi l’Europe. L’ordre mondial d’après-guerre, celui qui a garanti la paix sur le continent pendant 80 ans, est en train de se fissurer. Et l’Europe regarde, impuissante, ses fondations trembler.
Le choix de l’Europe : se réveiller ou disparaître
L’Europe a le choix. Elle peut continuer comme avant. Multiplier les sommets. Rédiger des communiqués. Exprimer son « inquiétude » et sa « solidarité ». Envoyer 30 soldats au Groenland pour faire semblant d’exister. Et regarder Trump et Poutine redessiner la carte du monde sans elle. Ou elle peut se réveiller. Investir massivement dans sa défense. Créer enfin cette armée commune qu’on promet depuis des décennies. Parler d’une seule voix. Agir comme une puissance. Pas comme un « kaléidoscope beau mais fragmenté ».
Le discours de Zelensky à Davos était un cri. Un cri de désespoir. Un cri de colère. Un cri d’avertissement. L’Ukraine se bat seule depuis quatre ans. Elle ne tiendra pas éternellement. Et si elle tombe, ce ne sera pas seulement la fin d’un pays. Ce sera la fin d’une idée. L’idée que les frontières sont inviolables. L’idée que l’agression ne paie pas. L’idée que l’Europe peut défendre ses valeurs. Cette idée-là est en train de mourir dans le froid de Kiev. Et l’Europe, elle, continue de contempler son beau kaléidoscope fragmenté.
Je termine cet article avec un sentiment étrange. Pas de la colère — même si elle est là, quelque part. Pas du désespoir — même si les raisons d’espérer sont minces. Plutôt une sorte de lucidité douloureuse. Zelensky a dit tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. L’Europe est fragmentée. L’Europe est perdue. L’Europe ne sait plus se défendre. Et nous, Européens, nous devons décider si nous acceptons ce constat ou si nous nous battons pour le démentir. La question n’est pas de savoir si Trump a raison ou tort. La question est de savoir ce que nous voulons être. Un kaléidoscope? Ou une puissance? Le choix nous appartient. Pour l’instant.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : déclarations publiques des présidents Volodymyr Zelensky et Donald Trump lors du Forum économique mondial de Davos, communiqués officiels des gouvernements ukrainien et américain, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse).
Sources secondaires : publications spécialisées et médias d’information reconnus internationalement (Le Matin, 20 Minutes, La Presse, CNBC, Euronews, Al Jazeera, CBS News, The Globe and Mail, RTS).
Les données statistiques et géopolitiques citées proviennent des déclarations officielles des responsables concernés et des rapports d’organisations internationales.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
20 Minutes Suisse – Zelensky et Trump concluent un accord sur les garanties de sécurité à Davos – 22 janvier 2026
RTS Info – A Davos, Volodymyr Zelensky déplore le manque de volonté politique de l’UE envers Vladimir Poutine – 22 janvier 2026
Le Matin – Forum de Davos: Le dialogue avec Trump n’est pas simple, dit Zelensky – 22 janvier 2026
La Presse – Forum économique mondial de Davos: Trump présente son Conseil de paix – 22 janvier 2026
Al Jazeera – Zelenskyy meets Trump, says US, Ukraine and Russia officials to meet in UAE – 22 janvier 2026
Sources secondaires
CNBC – Zelenskyy lays into ‘lost’ Europe for trying to ‘change’ Trump – 22 janvier 2026
Euronews – Trump considers ‘tariff-free zone’ for Ukraine as US envoy Witkoff hints peace deal is close – 22 janvier 2026
CBS News – Trump launches Board of Peace in Davos, Zelenskyy announces U.S.-Russia-Ukraine talks – 22 janvier 2026
The Globe and Mail – Zelensky arrives in Davos for talks with Trump on Ukraine – 22 janvier 2026
Euronews – Frappes russes en Ukraine: près de la moitié de Kyiv privée de chauffage et d’électricité – 20 janvier 2026
France Info – Guerre en Ukraine: au moins 600 000 personnes ont quitté Kiev depuis le 9 janvier – 20 janvier 2026
La Presse – Une nouvelle attaque russe prive de chauffage près de la moitié de Kyiv – 20 janvier 2026
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