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Zelensky balance l’Europe : « Vous êtes perdus dans votre propre film
Crédit: Adobe Stock

Un réveil dans le brouillard européen

Le 22 janvier 2 026, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a lancé un avertissement glaçant aux dirigeants européens :  »Europe looks lost« . Ces mots, prononcés lors d’une réunion virtuelle avec des chefs d’État, résonnent comme un écho sinistre des promesses non tenues. Depuis deux ans, l’Union européenne oscille entre déclarations solennelles et hésitations mortifères. Les livraisons d’armes s’étirent en mois, les fonds promis se perdent dans des labyrinthes bureaucratiques, et les discours sur la souveraineté ukrainienne sonnent creux face aux réalités du front. Chaque jour qui passe voit des villes ukrainiennes se transformer en champs de ruines, tandis que Bruxelles tergiverse sur des paquets d’aide gelés par des vetos nationaux. La métaphore du  »Groundhog Day« , utilisée par Zelenskyy, n’est pas qu’une figure de style : c’est le constat amer d’une Europe piégée dans sa propre inertie, condamnée à revivre les mêmes erreurs sans jamais en tirer les leçons.

Les chiffres sont implacables. En 2 025, seulement 60 % des engagements financiers européens ont été débloqués, et les livraisons de missiles Patriot ou de chars Leopard se comptent encore sur les doigts d’une main. Pendant ce temps, la Russie intensifie ses frappes sur les infrastructures civiles, transformant l’hiver ukrainien en cauchemar logistique. Les dirigeants européens, eux, multiplient les sommets où l’on s’accorde sur des principes – solidarité, résilience – sans jamais traduire ces mots en actes concrets. Pire, certains pays, comme la Hongrie ou la Slovaquie, brandissent leur droit de veto pour bloquer des décisions cruciales, sous prétexte de  »neutralité« . Une neutralité qui, dans les faits, équivaut à une complicité passive avec l’agresseur. L’Europe, autrefois championne des droits de l’homme, semble aujourd’hui paralysée par la peur de froisser Moscou ou de s’engager pleinement dans un conflit qui menace pourtant ses propres frontières.

Pourtant, les conséquences de cette indécision sont déjà visibles. Des milliers de réfugiés ukrainiens, accueillis à bras ouverts en 2 022, voient leurs visas expirer sans perspective de renouvellement. Les entreprises européennes, initialement promptes à soutenir Kyiv, se détournent progressivement, lassées par les lenteurs administratives et les risques géopolitiques. Même la candidature ukrainienne à l’UE, présentée comme une priorité absolue, s’enlise dans des négociations interminables. À ce rythme, l’Ukraine pourrait bien devenir le symbole d’une Europe incapable de défendre ses valeurs, préférant le confort des demi-mesures à l’audace d’une action décisive. Et si, au fond, l’Europe avait déjà choisi son camp – celui de l’oubli ?

Le prix de l’indifférence collective

Les mots de Zelenskyy ne sont pas ceux d’un homme désespéré, mais d’un dirigeant lucide. En qualifiant l’Europe de  »perdue« , il pointe du doigt une réalité que beaucoup refusent de voir : la guerre en Ukraine n’est plus perçue comme une urgence, mais comme un dossier parmi d’autres. Les médias européens, après avoir couvert le conflit avec passion en 2 022, ont progressivement réduit leur attention, préférant se concentrer sur des crises plus  »médiatiques« . Résultat : le public, submergé par d’autres actualités, a fini par détourner les yeux. Pourtant, les bombes continuent de tomber sur Kharkiv, Odessa et Kyiv, et chaque jour de retard dans les livraisons d’armes coûte des vies humaines. L’Europe, en se désengageant progressivement, envoie un message clair à Moscou : la résistance ukrainienne est une cause solitaire.

Ce désengagement a des conséquences bien au-delà des frontières ukrainiennes. En laissant Poutine gagner du terrain, l’Europe encourage d’autres régimes autoritaires à tester sa détermination. La Biélorussie, la Moldavie, voire les pays baltes pourraient bientôt se retrouver sous pression, tandis que les alliances occidentales, comme l’OTAN, voient leur crédibilité s’effriter. Pire encore, cette indécision sape la confiance des citoyens européens dans leurs propres institutions. Comment croire en une démocratie qui abandonne ses alliés ? Comment faire confiance à des dirigeants qui promettent monts et merveilles sans jamais les concrétiser ? L’Europe, en se montrant incapable de soutenir l’Ukraine, trahit non seulement ses valeurs, mais aussi ses propres citoyens, qui attendent d’elle qu’elle incarne enfin la force morale qu’elle prétend représenter.

Pourtant, il n’est pas trop tard pour inverser la tendance. Les sanctions économiques contre la Russie, bien que tardives, commencent à porter leurs fruits, et l’industrie de défense européenne pourrait encore accélérer ses livraisons. Mais pour cela, il faudrait une prise de conscience collective : l’Ukraine n’est pas un conflit lointain, mais une bataille pour l’avenir de l’Europe elle-même. Si Kyiv tombe, c’est toute la sécurité continentale qui sera menacée. Les dirigeants européens doivent cesser de se cacher derrière des excuses bureaucratiques et assumer leurs responsabilités. Car au fond, la question n’est pas de savoir si l’Europe a abandonné l’Ukraine, mais si elle est prête à se battre pour son propre avenir. Et cette réponse, pour l’instant, reste désespérément floue.

Mon cœur se serre chaque fois que je relis ces mots de Zelenskyy.  »Europe looks lost.«  Comme si nous étions devenus des fantômes, errant dans nos propres couloirs du pouvoir sans jamais oser agir. Je me souviens encore des images de 2 022, quand des millions d’Européens descendaient dans la rue pour soutenir l’Ukraine, brandissant des drapeaux bleu et jaune comme un symbole d’espoir. Où est passée cette ferveur ? Où est passée cette colère qui nous poussait à exiger plus de nos gouvernements ? Aujourd’hui, nous nous contentons de communiqués de presse et de promesses vides, comme si la guerre était une série télévisée dont on peut zapper quand elle devient trop douloureuse. Mais la guerre, elle, ne zappe pas. Elle tue, elle détruit, elle avance. Et chaque jour où nous hésitons, ce sont des vies qui s’éteignent. Je ne veux pas croire que nous ayons déjà abandonné. Mais je ne peux m’empêcher de me demander : jusqu’où faudra-t-il que l’Ukraine sombre pour que nous ouvrions enfin les yeux ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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