Une coalition improbable contre la Maison-Blanche
Douze États américains gouvernés par des démocrates se sont ligués pour porter l’affaire devant les tribunaux. L’Arizona, l’Oregon, New York, la Californie… Une coalition qui aurait semblé impensable il y a quelques années. Rejointe par des dizaines d’entreprises, des multinationales comme Toyota et Costco aux PME familiales comme celle de Victor Schwartz. Plus de 1 000 entreprises ont entamé des démarches judiciaires pour réclamer le remboursement des surtaxes qu’elles ont payées sous la contrainte. C’est une armée. Une armée de plaignants qui attendaient ce moment depuis des mois, peut-être des années. Et ils le voient enfin arriver. Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de Californie, n’a pas pu s’empêcher d’ironiser après une première décision défavorable à Trump en août 2025 : « Trump est le plus grand perdant des États-Unis. » Provocation ? Jubilation anticipée ? Les deux, probablement.
Pour les démocrates, l’enjeu dépasse largement la question des tarifs. C’est toute la conception trumpienne du pouvoir exécutif qui est en jeu. Si la Cour suprême valide l’utilisation de l’IEEPA pour imposer des droits de douane, qu’est-ce qui empêchera demain un président d’invoquer n’importe quelle « urgence » pour contourner le Congrès ? L’immigration ? Le changement climatique ? La désinformation sur les réseaux sociaux ? Gregory Meeks, chef de file de la minorité démocrate à la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, ne mâche pas ses mots : ces droits de douane sont « un abus illégal du pouvoir exécutif ». Point final. Les tribunaux inférieurs lui ont donné raison. Trois fois. Il ne reste plus qu’à voir si les neuf juges suprêmes suivront.
Il y a quelque chose de vertigineux à observer les démocrates américains placer tous leurs espoirs dans une Cour suprême à majorité conservatrice. Celle-là même qu’ils accusent depuis des années de pencher trop à droite, d’avoir renversé le droit à l’avortement, de menacer les libertés fondamentales. Et pourtant, les voilà qui prient — eux aussi, à leur manière — pour que ces mêmes juges leur donnent raison. La politique américaine est un théâtre de l’absurde où les ennemis d’hier deviennent les alliés objectifs de demain. Qui a dit que l’Amérique manquait d’ironie ?
Les juridictions inférieures ont ouvert la voie
La Cour suprême n’arrive pas en terrain vierge. Avant elle, trois tribunaux ont examiné la légalité des tarifs Trump. Et trois tribunaux ont conclu la même chose : le président a outrepassé ses pouvoirs. Le 29 mai 2025, le Tribunal de commerce international des États-Unis (ITC) a été le premier à frapper. Trois juges, unanimes : Donald Trump ne peut pas invoquer l’IEEPA pour « imposer une surtaxe illimitée sur les produits provenant de quasiment tous les pays ». La loi « permet au président de prendre les sanctions économiques nécessaires en cas d’urgence », ont-ils rappelé. Mais « toute interprétation qui lui délègue une autorité illimitée sur les droits de douane est anticonstitutionnelle ». Les mots sont pesés. Chaque virgule compte. Et le message est sans équivoque.
En août 2025, la Cour d’appel fédérale a confirmé. Même raisonnement, même conclusion. « La loi confère au président des pouvoirs importants pour prendre un certain nombre de mesures en réponse à une situation d’urgence nationale déclarée », ont écrit les juges, « mais aucune de ces mesures n’inclut explicitement le pouvoir d’imposer des droits de douane et autres taxes. » Trump a immédiatement crié à la « cour politisée », promettant de porter l’affaire devant la Cour suprême. Ce qu’il a fait. Et maintenant, l’attente. Les juridictions inférieures ont maintenu les tarifs en vigueur pendant l’appel, mais le signal envoyé est clair : le socle juridique de la politique commerciale trumpienne est fragile. Très fragile. Un château de cartes qui pourrait s’effondrer d’un jour à l’autre.
Section 3 : L'audience du 5 novembre qui a fait douter Trump
Quand les juges conservateurs expriment leur scepticisme
Deux heures trente de débats. C’est le temps qu’il a fallu aux neuf juges de la Cour suprême pour ausculter les arguments des deux camps, le 5 novembre 2025. Et ce qui s’est passé dans cette salle a dû glacer le sang de Donald Trump. Car ce ne sont pas seulement les trois juges libéraux qui ont exprimé des doutes. Ce sont aussi des conservateurs. Amy Coney Barrett, nommée par Trump lui-même quelques semaines avant sa défaite de 2020, a posé la question qui tue : « Alors, vous soutenez que tous les pays devaient être soumis à des tarifs douaniers en raison de menaces pesant sur la défense nationale ? Je veux dire, l’Espagne ? La France ? » Silence dans la salle. Comment expliquer que le Danemark ou le Portugal menacent la sécurité nationale américaine ?
Le solliciteur général John Sauer — ancien avocat personnel de Trump dans l’affaire de l’immunité présidentielle, détail croustillant — a tenté de défendre l’indéfendable. Les tarifs ne sont pas des taxes, a-t-il argué, mais des « droits de douane réglementaires » dont le but n’est pas de générer des revenus. Problème : Trump lui-même se vante depuis des mois que ses tarifs rapportent « des centaines de milliards de dollars au Trésor public ». On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Soit les tarifs sont des outils de politique étrangère, soit ils sont des sources de revenus. Les deux à la fois, ça ne tient pas. Les juges l’ont bien compris. Et leur scepticisme visible lors de l’audience a fait naître un espoir fou chez les opposants à Trump : et si la Cour suprême conservatrice osait défier le président républicain ?
J’ai relu plusieurs fois le transcript de cette audience. Et chaque fois, la même question me hante : à quel moment un pouvoir devient-il un abus de pouvoir ? L’IEEPA a été conçue pour les crises, les vraies. Le gel des avoirs iraniens en 1979, les sanctions contre les régimes totalitaires. Pas pour taxer le vin français ou les jouets chinois. Il y a quelque chose de profondément malsain dans cette instrumentalisation d’une loi d’urgence pour mener une guerre commerciale permanente. Les Pères fondateurs n’auraient jamais imaginé ça. Et je doute que les rédacteurs de l’IEEPA en 1977 l’aient imaginé non plus.
La théorie des « questions majeures » en embuscade
Les juristes qui suivent l’affaire guettent un concept particulier : la « théorie des questions majeures ». Cette doctrine jurisprudentielle, chère à la majorité conservatrice de la Cour suprême, stipule que pour déléguer un pouvoir normatif d’importance économique ou politique majeure, le Congrès doit s’exprimer de façon explicite et encadrer la délégation. Or, l’IEEPA ne mentionne jamais les tarifs. Elle parle de « réguler les importations et les exportations », mais pas de les taxer. Nuance cruciale. Si la Cour applique cette théorie, les tarifs Trump sont condamnés. Car personne ne peut sérieusement prétendre que le Congrès de 1977 a voulu donner au président le pouvoir d’imposer unilatéralement des surtaxes de 50 % sur les importations mondiales. C’est absurde. Et les absurdités juridiques finissent généralement mal devant les tribunaux.
Il y a plus inquiétant encore pour l’administration Trump. Certains juristes soulignent que donner une dimension fiscale à l’expression « regulate imports and exports » rendrait l’IEEPA elle-même inconstitutionnelle. Pourquoi ? Parce que la Constitution américaine interdit explicitement la taxation des exportations. Si « réguler » inclut « taxer », alors la loi autoriserait potentiellement des taxes sur les exportations, ce qui est formellement interdit. Un nœud juridique que l’administration préfère ignorer, mais que les juges ne peuvent pas balayer sous le tapis. Chaque argument avancé par Trump semble ouvrir une nouvelle faille. Chaque défense crée un nouveau problème. C’est le signe d’une position juridique désespérément faible.
Section 4 : Les 150 milliards qui font trembler Trump
Le cauchemar du remboursement massif
« NOUS SOMMES FICHUS ! » Le message de Trump sur Truth Social le 12 janvier 2026 résume tout. Si la Cour suprême invalide ses tarifs douaniers, le gouvernement américain devra rembourser les sommes perçues depuis février 2025. Combien ? Selon les données des douanes américaines (CBP), les tarifs imposés sous l’IEEPA ont généré 133,5 milliards de dollars entre le 4 février et le 14 décembre 2025. Au rythme actuel, ce montant approche désormais les 150 milliards. Et il continue de grimper chaque jour. Chaque conteneur qui débarque dans un port américain, chaque camion qui traverse la frontière mexicaine ou canadienne, chaque avion-cargo qui se pose à Los Angeles ou New York alourdit la facture potentielle. C’est une bombe à retardement fiscale sans précédent dans l’histoire américaine.
« Ce serait un désordre pas possible et notre pays ne serait pas en mesure de rembourser ces sommes », a admis Trump. Rare aveu de faiblesse de la part d’un homme qui ne reconnaît jamais ses erreurs. « Ceux qui prétendent que cela se ferait rapidement et simplement ne feraient qu’apporter une réponse fausse. Cela prendrait de nombreuses années simplement pour déterminer le montant. » Il a raison sur ce point. Le remboursement serait un cauchemar logistique. Plus de 1 000 entreprises ont déjà déposé des recours. Toyota, Costco, des centaines de PME. Chacune avec ses propres factures, ses propres calculs, ses propres avocats. Le Trésor américain n’est pas équipé pour gérer une telle vague. Et Trump le sait. C’est peut-être sa seule vraie carte à jouer : effrayer les juges avec le chaos qu’engendrerait une décision contre lui.
Je me suis arrêté sur ce chiffre. 150 milliards. J’ai essayé de le visualiser. C’est plus que le PIB annuel de la Hongrie. C’est l’équivalent de quatre missions Apollo. C’est assez pour construire 30 000 écoles ou payer le salaire annuel de trois millions d’enseignants. Et tout ça, ce sont des entreprises américaines qui l’ont payé. Pas la Chine. Pas le Mexique. Pas le Canada. Des entreprises américaines qui ont répercuté ces coûts sur… les consommateurs américains. Les mêmes que Trump prétend protéger. Quelqu’un peut m’expliquer la logique ?
Le plan B de l’administration : continuer quoi qu’il arrive
Face à cette épée de Damoclès, l’administration Trump prépare déjà la riposte. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent l’a dit clairement le 8 janvier 2026 : « Il n’y a aucun doute que nous continuerons à percevoir des tarifs douaniers à peu près au même niveau, en termes de recettes globales. » Traduction : même si la Cour suprême invalide les tarifs basés sur l’IEEPA, l’administration trouvera d’autres moyens légaux pour maintenir sa guerre commerciale. Jamieson Greer, le représentant américain au Commerce, a été encore plus direct selon le New York Times : l’administration « commencerait dès le lendemain » à remplacer les droits de douane annulés par d’autres prélèvements. Pas une journée de répit. Pas une seconde de pause.
Les alternatives existent. La Section 301 du Trade Act de 1974 permet d’imposer des tarifs contre des pratiques commerciales déloyales. La Section 122 autorise une surtaxe générale de 15 % pendant 150 jours en cas de déséquilibre de la balance des paiements. La Section 232 — déjà utilisée pour l’acier et l’aluminium — invoque la sécurité nationale. David Seif, économiste chez Nomura, estime que l’administration dispose d’« au moins cinq voies légales alternatives » pour réimposer des tarifs similaires. « D’ici la fin 2026, nous aurons probablement un régime tarifaire presque identique », prédit-il. Victoire à la Pyrrhus pour les opposants ? Peut-être. Mais une victoire symbolique tout de même. Car elle rappellerait au président que même lui n’est pas au-dessus des lois.
Section 5 : Les entreprises américaines prises en otage
Victor Schwartz, le visage de la révolte
Victor Owen Schwartz a 67 ans. Depuis quarante ans, il importe des vins et spiritueux des cinq continents avec sa famille. D’abord avec sa mère, puis avec sa fille. Une entreprise familiale typiquement américaine, bâtie sur le travail et la persévérance. Quand Trump a annoncé ses tarifs douaniers, VOS Selections — c’est le nom de son entreprise — s’est retrouvée face à un mur. Comment absorber des surtaxes de 20, 30, parfois 50 % sur des produits déjà soumis à de lourdes taxes fédérales ? Impossible. Alors Schwartz a fait ce que peu osent faire : il a porté plainte contre le président des États-Unis. Son nom figure désormais en tête de l’affaire V.O.S. Selections v. Trump. Celle que la Cour suprême doit trancher.
« J’ai été choqué du fait que ceux qui ont beaucoup plus de pouvoir et d’argent ne se soient pas mobilisés », a confié Schwartz fin octobre. « Alors, quand j’ai eu l’occasion de parler au nom des petites entreprises américaines, je l’ai saisie. Je devais le faire. C’était un impératif moral. » Un impératif moral. Les mots résonnent. Dans un pays où l’argent dicte souvent la politique, où les lobbys des grandes corporations façonnent les lois, un importateur de vin de taille modeste a décidé de se battre. Pas pour s’enrichir. Pour défendre un principe. Le principe que même le président doit respecter la Constitution. Que le pouvoir a des limites. Que personne n’est au-dessus des lois.
Toyota, Costco et les autres : la fronde des géants
Derrière Victor Schwartz, il y a aussi les géants. Toyota, le constructeur automobile japonais, a déposé plainte devant le Tribunal américain du commerce international. Costco, la chaîne de supermarchés qui emploie plus de 300 000 personnes aux États-Unis, aussi. Ces entreprises ne peuvent pas se permettre de subir des surtaxes de 25 à 50 % sur leurs importations sans répercuter les coûts sur leurs clients. Or, répercuter les coûts, c’est perdre des clients. C’est fermer des magasins. C’est licencier. C’est le cercle vicieux que Trump refuse de voir : ses tarifs ne punissent pas la Chine ou le Mexique. Ils punissent les entreprises américaines. Et à travers elles, les consommateurs américains.
Les économistes de Wells Fargo ont fait le calcul : si la Cour suprême invalide les tarifs, les bénéfices des entreprises du S&P 500 augmenteraient de 2,4 % en 2026. Les importateurs recevraient entre 150 et 200 milliards de dollars de remboursements dans les mois suivant le verdict. C’est de l’argent qui pourrait être réinvesti, qui pourrait créer des emplois, qui pourrait relancer la consommation. L’économie américaine en sortirait gagnante. Scott Lincicome, du Cato Institute, le dit sans détour : « L’invalidation des droits de douane profiterait en réalité à l’économie américaine dans son ensemble, car elle éliminerait les taxes et l’énorme incertitude qu’ils ont engendrée. » L’incertitude. Ce mot revient sans cesse. C’est peut-être le pire effet des tarifs Trump : personne ne sait de quoi demain sera fait.
Victor Schwartz m’impressionne. Vraiment. Quarante ans à construire une entreprise, et puis un jour, tout bascule à cause d’un décret présidentiel. Beaucoup auraient baissé les bras, accepté de payer, grincé des dents en silence. Pas lui. Il a choisi de se battre. Et maintenant, son nom restera dans l’histoire constitutionnelle américaine, quoi qu’il arrive. C’est ça, l’Amérique que j’admire. Celle des gens ordinaires qui refusent l’injustice. Celle des David qui osent affronter les Goliath. Celle qui croit encore que la loi est au-dessus de tout, même du président.
Section 6 : Le précédent historique qui se joue
Une décision qui redéfinira le pouvoir présidentiel
Au-delà des milliards et des entreprises, c’est l’équilibre des pouvoirs américain qui est en jeu. Si la Cour suprême valide l’utilisation de l’IEEPA pour imposer des tarifs douaniers, elle ouvrirait une boîte de Pandore constitutionnelle. Demain, n’importe quel président pourrait invoquer n’importe quelle « urgence » pour contourner le Congrès sur n’importe quel sujet fiscal. L’immigration menace la sécurité nationale ? Taxons les entreprises qui emploient des immigrés. Le changement climatique est une urgence ? Taxons les énergies fossiles par décret. Les possibilités sont infinies. Et effrayantes. Car elles transformeraient le président américain en monarque fiscal, capable de lever des impôts sans jamais avoir à demander l’aval des représentants du peuple.
Les Pères fondateurs se retourneraient dans leurs tombes. Eux qui ont fait une révolution pour échapper à la taxation sans représentation. Eux qui ont inscrit dans la Constitution que seul le Congrès peut lever des impôts, justement pour éviter les abus d’un exécutif tout-puissant. Alexander Hamilton, James Madison, Thomas Jefferson — tous auraient vu dans les tarifs Trump exactement le type de dérive monarchique qu’ils voulaient empêcher. La question n’est pas de savoir si Trump a raison ou tort sur le fond du commerce international. La question est de savoir qui a le pouvoir de décider. Le président seul, dans son bureau ovale ? Ou les représentants élus du peuple américain ? C’est le cœur du débat. Et c’est ce que la Cour suprême doit trancher.
Les scénarios possibles et leurs conséquences
Plusieurs issues sont envisageables. La Cour suprême pourrait invalider totalement les tarifs IEEPA, ordonnant leur levée immédiate et le remboursement des sommes perçues. Scénario catastrophe pour Trump, victoire totale pour les plaignants. Elle pourrait aussi rendre une décision plus nuancée — le « mishmash » évoqué par Scott Bessent — invalidant certains tarifs mais en validant d’autres, ou limitant l’effet de la décision aux seuls plaignants. Scénario intermédiaire qui créerait un chaos juridique mais limiterait les dégâts pour l’administration. Enfin, elle pourrait valider entièrement l’approche Trump, donnant au président un blanc-seing pour utiliser l’IEEPA comme bon lui semble. Scénario improbable au vu du scepticisme exprimé lors de l’audience, mais pas impossible.
Les marchés ont déjà intégré l’incertitude. Les stratégistes de JPMorgan anticipent une hausse des rendements obligataires à long terme si les tarifs sont annulés, car les recettes tarifaires ont été intégrées aux projections fiscales de l’administration. Perdre 150 milliards de recettes annuelles, c’est creuser le déficit d’autant. C’est aussi remettre en question le fameux « dividende » que Trump promettait de verser aux Américains grâce aux tarifs. Promesse déjà douteuse, elle deviendrait franchement mensongère. Les analystes d’ING résument : « Ce scénario pourrait être interprété par les marchés comme un allègement des pressions inflationnistes et une amélioration de la rentabilité des entreprises, tout en aggravant les perspectives budgétaires. » Gagnant-perdant. Comme souvent dans les grandes décisions de politique économique.
Conclusion : L'Amérique suspendue au verdict de neuf juges
Un moment de vérité constitutionnel
Nous y sommes. Le moment de vérité approche. La Cour suprême pourrait se prononcer « dans les semaines à venir, voire dès mardi », selon les dernières informations. Personne ne sait vraiment quand. La Cour n’annonce jamais à l’avance les affaires sur lesquelles elle statuera. C’est le suspense ultime. Donald Trump continue de poster ses messages en majuscules sur Truth Social. Les démocrates continuent d’espérer. Les entreprises continuent de payer des tarifs dont la légalité est contestée. Et les Américains ordinaires continuent de subir des prix gonflés sans comprendre pourquoi leur panier d’épicerie coûte désormais plus cher. Quelque part, Victor Schwartz attend. Quarante ans de travail résumés en quelques pages de décision judiciaire.
Quelle que soit l’issue, cette affaire restera dans les annales. Elle aura mis à nu les limites — ou l’absence de limites — du pouvoir présidentiel américain en matière commerciale. Elle aura montré que même dans une ère de polarisation extrême, certains principes constitutionnels peuvent encore mobiliser des coalitions improbables. Des démocrates californiens et des importateurs de vin. Des multinationales japonaises et des juges conservateurs. Tous unis, pour des raisons différentes, contre l’hubris d’un président qui pensait pouvoir taxer le monde entier sans demander la permission à personne. L’Amérique se souviendra de ce moment. De cette attente. De ce verdict. Et de ce qu’il dira sur l’état de sa démocratie.
Je termine ces lignes avec une pensée pour tous ceux qui attendent. Les entrepreneurs qui ne savent pas s’ils devront fermer boutique. Les avocats qui ont passé des mois sur ces dossiers. Les familles qui paient plus cher leur quotidien sans savoir pourquoi. Et Trump lui-même, quelque part dans la Maison-Blanche, qui scrute son téléphone en attendant la notification qui changera tout. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette attente collective. Nous sommes tous suspendus aux mots de neuf personnes que la plupart des Américains seraient incapables de nommer. C’est ça, la démocratie constitutionnelle. Parfois frustrante. Souvent lente. Mais toujours nécessaire. Car sans elle, il n’y a que le règne de l’arbitraire. Et l’arbitraire, on sait où ça mène.
Et maintenant ?
L’attente continue. Chaque jour apporte son lot de spéculations, d’analyses, de prédictions. Les bookmakers de Washington — oui, ça existe — donnent une légère avance aux plaignants. Mais personne ne sait vraiment. La Cour suprême a souvent surpris. Dans un sens comme dans l’autre. Ce qui est certain, c’est que la décision aura des répercussions bien au-delà des frontières américaines. Le Canada, le Mexique, la Chine, l’Union européenne — tous regardent. Tous attendent. Car de cette décision dépend l’avenir des relations commerciales mondiales. L’Amérique continuera-t-elle sa guerre tarifaire ? Ou sera-t-elle rappelée à l’ordre par sa propre justice ? Réponse dans quelques jours. Ou quelques semaines. Ou plus. En attendant, le monde commerce. Et paye. Et attend.
Et Trump ? Il prie. Publiquement. En majuscules. Ce n’est peut-être pas le signe d’un homme sûr de lui.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (Le Devoir, La Presse, Radio-Canada, Le Temps, RTBF, France Info, Les Affaires, Le Club des Juristes).
Les données statistiques et économiques citées proviennent d’institutions officielles : U.S. Customs and Border Protection (CBP), Tax Foundation, analyses de Nomura, Wells Fargo, JPMorgan et ING.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques constitutionnelles et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires américaines et internationales.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
U.S. Customs and Border Protection (CBP) – Données sur les recettes tarifaires IEEPA – Décembre 2025
Cour suprême des États-Unis – Audience V.O.S. Selections v. Trump et Learning Resources Inc. v. Trump – 5 novembre 2025
Truth Social – Déclarations de Donald Trump – Janvier 2026
Tribunal de commerce international des États-Unis (ITC) – Décision sur les tarifs réciproques – 29 mai 2025
Cour d’appel fédérale des États-Unis – Décision confirmant l’illégalité des tarifs – 29 août 2025
Sources secondaires
La Presse – « Les États-Unis sont fichus si la Cour suprême rejette les droits de douane » – 12 janvier 2026
Le Devoir – « Les États-Unis sont fichus si la Cour suprême invalide ses droits de douane » – 12 janvier 2026
Radio-Canada – « La Cour suprême américaine semble sceptique devant les droits de douane de Trump » – 5 novembre 2025
RTBF – « Nous sommes fichus si la Cour suprême rejette les droits de douane » – 12 janvier 2026
Le Temps – « Les droits de douane américains restent en sursis » – 9 janvier 2026
France Info – « Une partie des droits de douane de Donald Trump sont déclarés illégaux en appel » – 30 août 2025
Les Affaires – « Les tarifs douaniers devant la Cour suprême américaine » – 28 octobre 2025
Le Club des Juristes – « La Cour suprême face aux droits de douane de Trump » – 13 novembre 2025
Zonebourse / New York Times – « Trump prêt à réinstaurer rapidement des droits de douane après une décision de la Cour suprême » – 19 janvier 2026
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