L’équipe de choc de Kyiv
Zelensky n’envoie pas des seconds couteaux. La délégation ukrainienne est composée de l’élite du pouvoir. Rustem Umerov, secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense. Kyrylo Budanov, chef de l’Office présidentiel. Serhiy Kyslytsya, premier vice-chef de l’Office présidentiel. Davyd Arakhamia, chef de la faction « Serviteur du peuple ». Et Andrii Hnatov, chef d’état-major général. Des hommes de guerre et de pouvoir.
Un signal de sérieux
La composition de cette délégation envoie un message clair : l’Ukraine prend ces négociations au sérieux. Ce ne sont pas des diplomates de carrière habitués aux formules creuses. Ce sont les hommes qui font la guerre au quotidien. Qui connaissent le terrain. Qui savent ce que chaque kilomètre de front coûte en vies humaines. Leur présence dit : nous sommes prêts à négocier, mais nous connaissons notre valeur.
Je regarde cette liste de noms et je pense à ce qu’ils ont traversé. Trois ans à tenir contre la deuxième armée du monde. Trois ans de bombardements, de pertes, de deuils. Et maintenant, ils vont s’asseoir face aux représentants de ceux qui les ont attaqués. Face aux alliés de leurs ennemis. Il faut un courage particulier pour négocier la paix quand on a passé mille jours à faire la guerre. Un courage que je ne suis pas sûr de posséder.
Ce qui est acquis
Les garanties de sécurité finalisées
Selon Zelensky, les discussions avec Trump à Davos ont permis de finaliser les termes des garanties de sécurité pour l’Ukraine. C’est une avancée majeure. Ces garanties sont le cœur de tout accord de paix. Sans elles, l’Ukraine serait à la merci d’une future agression russe. Avec elles, elle aurait une forme de protection, un parapluie de sécurité pour reconstruire.
L’accord économique quasi-prêt
Un autre élément est presque bouclé : l’accord sur la reconstruction économique de l’Ukraine après la guerre. Des centaines de milliards de dollars seront nécessaires pour rebâtir ce que les bombes ont détruit. Qui paiera? Comment? Selon quelles modalités? Ces questions trouvent leurs réponses dans les négociations en cours. L’argent, comme toujours, parle fort.
Des garanties de sécurité. Un plan de reconstruction. Sur le papier, ça a l’air formidable. Mais les détails comptent. Qui garantit quoi exactement? Des troupes sur le terrain? Des promesses de représailles automatiques? Ou juste des mots sur un document que personne ne respectera si ça tourne mal? L’Ukraine a déjà eu des garanties en 1994 avec le Mémorandum de Budapest. La Russie les a piétinées. Alors oui, des garanties, c’est bien. Mais des garanties qui tiennent, c’est mieux.
Le nœud territorial
Le problème non résolu
Zelensky l’a dit clairement : « La question territoriale n’est pas résolue. » C’est le cœur du conflit. La Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien. Elle a annexé ces régions par décret. Pour Moscou, ce sont désormais des terres russes. Pour Kyiv, ce sont des territoires occupés qui doivent être libérés. Comment réconcilier ces positions inconciliables?
La formule d’Anchorage
Le conseiller du Kremlin Youri Ouchakov a évoqué une « formule convenue à Anchorage », faisant référence au sommet Trump-Poutine de l’année dernière en Alaska. Personne ne sait exactement ce que contient cette formule. Mais elle semble impliquer que l’Ukraine devrait accepter une forme de reconnaissance des conquêtes russes. Une pilule amère s’il en est.
Voilà le vrai test. Pas les garanties de sécurité. Pas les milliards de reconstruction. Le territoire. Des millions d’Ukrainiens vivent sous occupation russe. Des villes entières arrachées à leur patrie. Et on demande à Zelensky de négocier leur sort. De décider s’ils resteront sous le joug russe ou s’ils retrouveront leur liberté. Aucune signature sur un document ne peut compenser la perte d’un foyer, d’une histoire, d’une identité. Quel que soit l’accord, il y aura des perdants. Et ces perdants auront des visages.
Pourquoi Abu Dhabi?
La neutralité stratégique
Les Émirats arabes unis se sont imposés comme un lieu de négociation idéal. Neutres entre les blocs. Riches et influents. Capables d’accueillir des délégations dans le luxe et la discrétion. Abu Dhabi a maintenu des relations avec Washington, Moscou et Kyiv tout au long du conflit. Cette équidistance en fait un terrain neutre acceptable pour tous.
La diplomatie du désert
Ce n’est pas la première fois que les Émirats jouent ce rôle. Leur diplomatie active les a positionnés comme médiateurs potentiels dans plusieurs conflits régionaux. Ils ont l’infrastructure, l’expérience, et surtout l’intérêt à être vus comme des faiseurs de paix. Un accord signé à Abu Dhabi serait une victoire pour la diplomatie émiratie.
Il y a quelque chose de surréaliste à voir le sort de l’Ukraine se jouer dans les gratte-ciels climatisés du Golfe. Loin des tranchées de Bakhmut. Loin des ruines de Marioupol. Loin des abris antiaériens de Kyiv. La guerre se fait dans la boue et le sang. La paix se négocie dans le marbre et la soie. C’est ainsi depuis toujours. Et pourtant, chaque fois, cette contradiction me frappe. Ceux qui décident ne sont jamais ceux qui souffrent.
Les attentes américaines
Trump veut son accord
Donald Trump a fait de la fin de cette guerre une priorité. Son « Board of Peace », lancé à Davos, a pour mission de mettre fin aux conflits internationaux. L’Ukraine est le premier test. Trump veut un succès rapide, visible, historique. Il veut être le président qui a mis fin à la guerre en Europe. Cette ambition personnelle drive toute la dynamique des négociations.
La pression sur les deux camps
Washington exerce une pression considérable sur les deux parties. À l’Ukraine, le message est clair : négociez ou perdez notre soutien. À la Russie : négociez ou les sanctions s’aggravent. Trump se positionne en arbitre, capable de récompenser ou punir selon les comportements. C’est une diplomatie transactionnelle, sans états d’âme.
Trump veut sa victoire. C’est légitime pour un homme politique. Mais l’Ukraine n’est pas un deal immobilier. On ne la négocie pas comme un terrain à Manhattan. Des vies sont en jeu. Des principes sont en jeu. L’idée même qu’on peut envahir son voisin et garder ce qu’on a pris est en jeu. Si Trump obtient son accord au prix de ces principes, aura-t-il vraiment gagné? Ou aura-t-il simplement ouvert la boîte de Pandore pour la prochaine génération?
Les espoirs russes
Le temps joue pour Moscou
La Russie entre dans ces négociations avec un avantage perçu. Elle contrôle le terrain. Elle a le temps. Elle sait que l’Occident est fatigué. Chaque mois qui passe érode le soutien international à l’Ukraine. Chaque élection européenne risque de porter au pouvoir des partis moins favorables à Kyiv. Moscou peut se permettre de jouer la montre.
Légitimer les conquêtes
L’objectif russe est simple : transformer les lignes de front actuelles en frontières officielles. Faire reconnaître internationalement les annexions. Mettre fin aux sanctions. Et reprendre sa place dans le concert des nations comme si rien ne s’était passé. Un accord à Abu Dhabi pourrait offrir tout cela. C’est pourquoi Poutine a envoyé son chef du renseignement militaire : il sent la victoire.
La Russie croit avoir gagné. Et peut-être a-t-elle raison. Trois ans de guerre, et elle tient encore 20% du territoire ukrainien. Les sanctions ne l’ont pas fait plier. L’armée ukrainienne s’épuise. L’Occident se divise. De son point de vue, pourquoi céder maintenant? Elle a résisté au pire et elle est toujours là. Cette résilience, aussi révoltante soit-elle, commande un certain respect. Et une certaine inquiétude pour la suite.
L'Ukraine face au dilemme
Négocier ou résister?
Zelensky fait face à un choix impossible. Continuer la guerre signifie plus de morts, plus de destructions, sans garantie de victoire. Négocier signifie potentiellement céder des territoires, trahir des compatriotes sous occupation, accepter que l’agression paie. Aucune option n’est bonne. Il n’y a que des options mauvaises et des options pires.
L’opinion publique ukrainienne
Le peuple ukrainien, qui a tant sacrifié, acceptera-t-il un compromis? Les sondages montrent une population divisée. Certains veulent la paix à tout prix. D’autres refusent de céder un pouce de terrain. Zelensky devra vendre n’importe quel accord à une nation traumatisée. Un exercice d’équilibriste sur un fil tranchant.
Je pense aux soldats ukrainiens qui tiennent les lignes en ce moment même. Qui se battent pendant que leurs dirigeants négocient. Qui risquent leur vie pour des territoires qui pourraient être cédés demain sur une table de négociation. Quel sens donner à leurs sacrifices si la paix signifie abandonner ce pour quoi ils sont morts? C’est la question la plus cruelle de toute cette guerre. Et personne n’a de bonne réponse.
Conclusion : L'histoire en marche
Deux jours pour changer le monde
Les 23 et 24 janvier 2026 resteront peut-être dans les livres d’histoire. Ou peut-être pas. Peut-être que ces pourparlers échoueront comme tant d’autres avant eux. Peut-être que les positions sont trop éloignées, les blessures trop profondes, les enjeux trop grands. Mais pour la première fois depuis trois ans, il y a une chance. Une vraie chance. Et ça, c’est déjà extraordinaire.
Le monde retient son souffle
À Abu Dhabi, dans les prochaines heures, des hommes vont s’asseoir et décider du sort de millions de personnes. De l’avenir de l’Europe. De l’ordre international lui-même. C’est une responsabilité écrasante. Espérons qu’ils en sont dignes. Espérons qu’ils trouveront le chemin vers la paix. Espérons, tout simplement.
Je n’ai pas de conclusion brillante à offrir. Pas de certitude à proclamer. Juste cette attente anxieuse que nous partageons tous. Cette espérance mêlée de peur. Cette prière silencieuse pour que, cette fois, les armes se taisent vraiment. L’Ukraine mérite la paix. L’Europe mérite la paix. Le monde mérite la paix. Mais la paix a un prix. Et ce prix, nous le découvrirons dans les prochaines heures, quand les portes de la salle de négociation s’ouvriront enfin. D’ici là, nous attendons. Comme toujours. En espérant que l’histoire nous surprenne.
Sources
Sources primaires
ABC News – US, Russia and Ukraine to hold trilateral talks in UAE
Al Jazeera – Ukraine, Russia, US to meet for ‘first trilateral’ talks
Ukrinform – Zelensky announces trilateral meeting in UAE
Sources secondaires
Anadolu Agency – Zelenskyy announces first trilateral meeting
ITV News – Ukrainian officials head to UAE for first trilateral peace talks
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