Un terrain neutre stratégique
Pourquoi les Émirats arabes unis? Parce que c’est l’un des rares endroits acceptables pour toutes les parties. Les Émirats ont des relations avec Washington. Ils ont aussi maintenu des liens avec Moscou. Et ils sont assez loin de l’Europe pour être vus comme neutres. Abu Dhabi ou Dubaï offrent un cadre discret, luxueux, propice aux négociations difficiles.
La diplomatie du Golfe
Les Émirats jouent un rôle croissant dans la diplomatie mondiale. Ils ont facilité des échanges de prisonniers. Ils ont accueilli des pourparlers sensibles. Leur richesse et leur neutralité relative en font des médiateurs de choix. Cette réunion trilatérale confirme leur montée en puissance sur la scène internationale.
Les Émirats comme arbitres de la paix mondiale. Il y a vingt ans, l’idée aurait semblé absurde. Mais le monde change. Les anciennes puissances s’affaiblissent. De nouveaux acteurs émergent. Les Émirats ont compris que l’argent seul ne suffit pas. Ils veulent du prestige. De l’influence. Et quoi de mieux pour ça que d’être le lieu où se négocie la fin de la plus grande guerre européenne depuis 1945?
Ce que Trump a obtenu
La Russie à la table
Le plus difficile était de convaincre Poutine. Pendant trois ans, la Russie a refusé toute négociation sérieuse. Ses conditions étaient inacceptables. Ses représentants n’avaient aucun mandat réel. Mais Trump a changé la donne. En envoyant Witkoff et Kushner à Moscou, il a montré qu’il prenait la Russie au sérieux. Et Poutine, qui respecte la force, a répondu.
L’Ukraine convaincue
Convaincre Zelensky n’était pas simple non plus. L’Ukraine s’est toujours méfiée des négociations imposées par les grandes puissances. Elle craint d’être sacrifiée pour un « deal » entre Washington et Moscou. Mais Trump a su rassurer. Les garanties de sécurité promises. Le package de défense obtenu à Davos. Zelensky a décidé de faire confiance. Pour l’instant.
Trump négocie comme un homme d’affaires. Il identifie ce que chaque partie veut. Il trouve un arrangement. Il ferme le deal. C’est brutal. C’est transactionnel. Mais ça fonctionne. Les diplomates traditionnels parlent de principes, de valeurs, de droit international. Trump parle d’intérêts. Et en fin de compte, ce sont les intérêts qui font bouger les États. Pas les principes.
Les enjeux de la réunion
Le cessez-le-feu en discussion
L’objectif immédiat est un cessez-le-feu. Arrêter les combats. Geler les positions. Donner du temps pour négocier la suite. C’est ce que Trump veut pouvoir annoncer. « J’ai mis fin aux combats. » Un cessez-le-feu n’est pas une paix. Mais c’est un début. Et pour les soldats qui meurent chaque jour, c’est une respiration.
La question territoriale
Le vrai problème, c’est le territoire. Poutine veut garder ce qu’il a pris. Zelensky refuse de céder un centimètre. Ces positions semblent irréconciliables. La réunion trilatérale devra trouver une formule. Un compromis créatif. Ou admettre que la paix n’est pas possible maintenant.
Le territoire. Toujours le territoire. Des hommes meurent pour des lignes sur une carte. Des familles sont déchirées pour quelques kilomètres carrés. C’est absurde et c’est humain. Parce que le territoire, c’est la souveraineté. C’est l’identité. C’est l’histoire. Zelensky ne peut pas abandonner 20% de son pays sans trahir ceux qui sont morts pour le défendre. Poutine ne peut pas reculer sans admettre que son invasion était une erreur. L’impasse est structurelle. Et pourtant, il faut en sortir.
Les garanties de sécurité
Le modèle « israélien »
Trump a évoqué un modèle de garanties à l’israélienne pour l’Ukraine. Des engagements de sécurité américains. Un accès aux armes les plus avancées. Une protection sans adhésion formelle à l’OTAN. C’est ce que Zelensky a négocié à Davos. C’est peut-être suffisant pour accepter un compromis territorial. Peut-être.
La crédibilité des garanties
Mais les garanties valent ce que vaut celui qui les donne. L’Ukraine avait des garanties en 1994 avec le Mémorandum de Budapest. La Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni s’étaient engagés à respecter son intégrité territoriale. On a vu ce que ça valait. Zelensky veut des garanties plus solides. Des engagements contraignants. Pas des promesses sur papier.
Les garanties de sécurité. Le grand mot. Mais que valent-elles vraiment? Si la Russie attaque à nouveau dans dix ans, les États-Unis interviendront-ils? Trump sera parti. Un autre président sera là. Les priorités auront changé. Zelensky le sait. Il n’est pas naïf. Mais il n’a pas beaucoup de choix. Il doit faire confiance. Ou continuer une guerre qu’il n’est pas sûr de pouvoir gagner. C’est le dilemme impossible.
Les obstacles à surmonter
La méfiance profonde
Trois ans de guerre ont creusé un fossé de méfiance. L’Ukraine a vu la Russie mentir, massacrer, torturer. Comment s’asseoir face à ces gens et négocier de bonne foi? Comment croire leurs promesses? La méfiance est rationnelle. Elle est justifiée. Et elle rend toute négociation infiniment plus difficile.
Les jusqu’au-boutistes des deux côtés
En Ukraine comme en Russie, des voix s’élèvent contre tout compromis. En Ukraine, ceux qui ont perdu des proches refusent de « récompenser l’agresseur ». En Russie, les ultra-nationalistes veulent la victoire totale. Ces voix compliquent la tâche des négociateurs. Elles réduisent leur marge de manœuvre.
La méfiance empoisonne tout. Et elle est légitime. Comment Zelensky peut-il serrer la main d’un représentant du régime qui a ordonné Bucha? Comment peut-il sourire face à ceux dont les missiles ont tué des enfants dans leurs lits? Chaque geste de négociation est une trahison envers les morts. Et pourtant, les vivants ont besoin de paix. C’est le paradoxe cruel de toute guerre : pour l’arrêter, il faut parler à l’ennemi. Même quand l’ennemi est un monstre.
Le rôle de Zelensky
Le courage de négocier
Accepter cette réunion demande du courage à Zelensky. Beaucoup de ses compatriotes verront ça comme une faiblesse. Une capitulation. Une trahison. Mais Zelensky comprend que la guerre ne peut pas durer éternellement. Que son armée est épuisée. Que le soutien occidental est fragile. Négocier maintenant, c’est peut-être la meilleure option disponible.
La responsabilité historique
Zelensky porte une responsabilité historique. Les décisions qu’il prendra aux Émirats affecteront des générations d’Ukrainiens. Un mauvais accord condamnerait son peuple. Un refus de négocier pourrait prolonger la guerre indéfiniment. Il n’y a pas de bonne solution. Seulement des solutions moins mauvaises. Et Zelensky doit choisir.
Je ne voudrais pas être à la place de Zelensky. Chaque décision qu’il prend est impossible. Négocier, c’est trahir les morts. Refuser, c’est condamner les vivants. Il marche sur une corde raide au-dessus de l’abîme. Un faux pas et tout s’effondre. Et pourtant, il avance. Avec dignité. Avec détermination. Quoi qu’on pense de l’issue, il faut reconnaître son courage. Il porte le poids d’une nation sur ses épaules. Et il ne fléchit pas.
Les attentes et les risques
L’espoir d’une percée
L’espoir existe. Pour la première fois depuis des années, un processus réel s’engage. Des discussions directes. Un médiateur puissant. Une volonté apparente des deux côtés de trouver une solution. Ce n’est pas une garantie de succès. Mais c’est plus que ce qu’on avait il y a un mois.
Le risque d’échec
Mais l’échec est possible aussi. Si les positions restent irréconciliables. Si Poutine joue la montre. Si Trump perd patience. Un échec des négociations pourrait être pire que pas de négociations du tout. Il pourrait décourager les futurs efforts. Démontrer que la paix est impossible. Prolonger la guerre pour des années.
J’oscille entre espoir et crainte. Espoir parce que quelque chose se passe enfin. Crainte parce que les chances d’échec sont réelles. Poutine est un maître manipulateur. Il peut utiliser ces négociations pour gagner du temps, diviser l’Occident, épuiser l’Ukraine. Trump peut se lasser si ça ne va pas assez vite. Zelensky peut être poussé à un accord injuste. Les pièges sont partout. L’espoir aussi. C’est le paradoxe de ce moment.
Conclusion : L'histoire en marche
Un moment charnière
Cette réunion trilatérale est un moment charnière. Pas nécessairement parce qu’elle réussira. Mais parce qu’elle existe. Parce que les parties ont accepté de se parler. Parce que le mur d’hostilité totale s’est fissuré. Ce qui semblait impossible il y a quelques semaines devient possible. C’est déjà une victoire.
Le mérite de Trump
Quoi qu’on pense de lui, Trump mérite le crédit de cette avancée. Il a poussé là où d’autres hésitaient. Il a pris des risques que d’autres refusaient. Il a utilisé son style brutal pour forcer le mouvement. Le résultat n’est pas garanti. Mais l’initiative est là. Et elle porte sa marque.
Je termine avec un sentiment étrange. De l’espoir pour la première fois depuis longtemps. Trump, que je défends malgré ses excès, a peut-être enclenché quelque chose d’historique. Une chance de paix. Une possibilité de fin. Ce n’est qu’un début. Tout peut encore échouer. Mais pour la première fois, l’impossible semble possible. Et ça, ça vaut la peine d’y croire. Même prudemment. Même en se préparant à la déception. Croire, c’est ce qui nous reste.
Sources
Sources primaires
Economic Times – US, Ukraine, Russia officials to hold trilateral meeting in UAE
Sources secondaires
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