Né dans la soie
Jared Corey Kushner est né le 10 janvier 1981 à Livingston, New Jersey. Son père, Charles Kushner, est un promoteur immobilier millionnaire. Jared grandit dans le luxe, fréquente les meilleures écoles, entre à Harvard. La légende veut que son admission ait été facilitée par un don de 2,5 millions de dollars de son père à l’université. Vrai ou faux, l’anecdote colle au personnage.
L’empire immobilier
À 26 ans, Kushner achète le 666 Fifth Avenue à Manhattan pour 1,8 milliard de dollars. Le prix le plus élevé jamais payé pour un immeuble de bureaux à New York. L’investissement frôle le désastre avant d’être sauvé par des investisseurs étrangers. C’est le style Kushner : des paris risqués, des difficultés cachées, des sauvetages in extremis.
L’histoire du 666 Fifth Avenue en dit long sur Kushner. Un jeune homme de 26 ans qui s’endette de près de 2 milliards pour un immeuble. Pas par calcul rationnel, mais par ambition démesurée. Par besoin de prouver quelque chose. Et quand ça tourne mal, il trouve des solutions. Des investisseurs qataris. Des fonds saoudiens. Des connexions qui soulèvent des questions. C’est toujours comme ça avec lui. Le succès mêlé à l’opacité. Le triomphe entaché de doutes.
L'entrée en politique
L’architecte de la victoire de 2016
Quand Trump lance sa campagne présidentielle, Kushner devient son conseiller digital. Il révolutionne l’approche en utilisant les réseaux sociaux et le ciblage de données de manière agressive. Certains l’accusent d’avoir travaillé avec des firmes douteuses comme Cambridge Analytica. D’autres le créditent d’avoir compris avant tout le monde que les élections se gagnent désormais sur Facebook.
Le conseiller à tout faire
Après la victoire, Kushner obtient un poste de « conseiller senior » à la Maison Blanche. Son portefeuille est ahurissant : réforme de la justice pénale, relations avec le Mexique, paix au Moyen-Orient, modernisation du gouvernement, gestion de la pandémie. Aucune expérience dans ces domaines. Mais une confiance totale de Trump. C’est sa seule qualification. Et apparemment, c’est suffisant.
Ce qui me frappe chez Kushner, c’est cette confiance inébranlable en ses propres capacités. Il n’a jamais négocié de traité de paix? Pas grave, il va essayer. Il ne connaît rien à la santé publique? Pas grave, il va gérer la pandémie. Cette assurance peut être vue comme de l’arrogance ou comme du courage. Probablement les deux. C’est le privilège des héritiers : ils n’ont jamais eu à douter d’eux-mêmes. Le monde leur a toujours dit oui.
Les Accords d'Abraham : le précédent
L’impossible devenu possible
En 2020, Kushner réussit l’impensable. Il négocie des accords de normalisation entre Israël et quatre pays arabes : les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc. Depuis des décennies, les experts disaient que c’était impossible sans résoudre d’abord le conflit israélo-palestinien. Kushner a prouvé qu’ils avaient tort.
La méthode Kushner
Comment a-t-il fait? En contournant les obstacles traditionnels. En parlant directement aux dirigeants. En proposant des deals économiques attractifs. En ignorant les conventions diplomatiques. Sa méthode est celle d’un homme d’affaires : identifier ce que chaque partie veut vraiment, et trouver un arrangement mutuellement bénéfique. Pas de grands principes. Du pragmatisme pur.
Les Accords d’Abraham sont son chef-d’œuvre. Et ils me forcent à reconsidérer mes préjugés. Oui, Kushner est un privilégié sans formation. Oui, son approche est simpliste. Mais le résultat est là. Des pays qui ne se parlaient pas signent des traités. Des avions volent entre Tel-Aviv et Dubaï. Des ambassades s’ouvrent. On peut critiquer la méthode. On ne peut pas nier le succès. Et c’est ça qui rend Kushner si difficile à cataloguer.
Face à Poutine : un autre calibre
Le test ultime
Négocier avec les Émirats, c’est une chose. Négocier avec Vladimir Poutine, c’en est une autre. Le président russe est un ancien officier du KGB. Un maître manipulateur. Un stratège qui joue aux échecs pendant que les autres jouent aux dames. Face à lui, Kushner arrive avec son sourire de promoteur immobilier. David contre Goliath? Ou amateur contre professionnel?
La nuit au Kremlin
Le 22 janvier 2026, Kushner et Steve Witkoff ont passé des heures avec Poutine au Kremlin. Les discussions ont duré jusqu’à l’aube. De quoi ont-ils parlé exactement? Personne ne le sait. Mais le simple fait que Poutine ait accordé autant de temps à ces envoyés montre qu’il les prend au sérieux. Ou qu’il pense pouvoir les manipuler. L’avenir nous dira laquelle de ces hypothèses est la bonne.
Poutine a passé sa carrière à manipuler des professionnels de la diplomatie. Des hommes et des femmes formés pendant des décennies. Et maintenant, il fait face à un promoteur immobilier et un ami de Trump. Est-ce que ça peut marcher? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que l’approche conventionnelle a échoué. Peut-être que l’approche non conventionnelle a une chance. Ou peut-être que Kushner va se faire dévorer par un loup qui a vu des centaines d’agneaux avant lui.
Les critiques
Le népotisme en action
Les détracteurs de Kushner ne manquent pas. Ils soulignent qu’il n’a aucune qualification pour négocier des accords internationaux. Qu’il est là uniquement parce qu’il a épousé Ivanka Trump. Que confier la paix mondiale à un gendre est une aberration démocratique. Ces critiques sont légitimes. Elles ne sont pas nouvelles. Et elles n’ont jamais empêché Kushner d’avancer.
Les conflits d’intérêts
Plus préoccupant : les conflits d’intérêts potentiels. La famille Kushner a des affaires avec des investisseurs saoudiens, qataris, émiratis. Comment négocier objectivement avec des pays où vous avez des intérêts financiers? La question est posée depuis des années. Elle n’a jamais reçu de réponse satisfaisante.
Le népotisme me répugne. L’idée qu’on puisse accéder aux plus hautes responsabilités par alliance matrimoniale plutôt que par compétence me semble contraire à tout ce que la démocratie représente. Mais je dois être honnête : si les résultats sont là, est-ce que ça compte vraiment comment on y est arrivé? C’est une question qui me trouble. Parce que si on accepte le succès comme justification du népotisme, on ouvre une porte dangereuse.
La méthode controversée
Le deal avant tout
Kushner voit le monde comme une série de transactions. Chaque problème a une solution négociable. Chaque conflit peut se résoudre si on trouve le bon prix. Cette vision est réductrice, disent ses critiques. Elle ignore les dimensions historiques, culturelles, identitaires des conflits. On ne règle pas des siècles de haine avec un contrat commercial.
L’ignorance assumée
Paradoxalement, Kushner revendique presque son manque d’expertise. Il n’est pas prisonnier des conventions. Il n’a pas les œillères des diplomates de carrière. Il peut poser des questions « naïves » qui ouvrent des portes. C’est sa théorie. Ses détracteurs appellent ça de l’arrogance dangereuse. Qui a raison? Les résultats trancheront.
Il y a une arrogance particulière chez ceux qui pensent pouvoir résoudre des problèmes que des experts n’ont pas résolus en des décennies. « Je n’ai pas les préjugés des professionnels », disent-ils. Mais ces « préjugés » sont souvent de la connaissance accumulée. De l’expérience. De la compréhension des nuances. Ignorer tout ça n’est pas de la fraîcheur. C’est de l’ignorance. Et l’ignorance, en diplomatie, peut coûter des vies.
L'Ukraine : le test de vérité
Un enjeu incomparable
Les Accords d’Abraham concernaient des pays qui ne se faisaient pas la guerre. L’Ukraine, c’est autre chose. Des centaines de milliers de morts. Des villes détruites. Des territoires occupés. Des plaies ouvertes qui ne cicatriseront pas avec une poignée de main. Kushner peut-il vraiment apporter la paix? Ou va-t-il simplement servir de façade à un accord injuste?
Les pièges à éviter
Le danger, c’est qu’un accord bâclé soit pire que pas d’accord du tout. Céder à la Russie des territoires conquis par la force créerait un précédent catastrophique. Accepter des « garanties de sécurité » sans substance condamnerait l’Ukraine à une future agression. Kushner a-t-il la sophistication pour éviter ces pièges? Ou va-t-il foncer tête baissée vers un « deal » qui satisfait Trump mais trahit l’Ukraine?
C’est là que mes inquiétudes sont les plus vives. Kushner veut un succès. Trump veut un succès. Ils veulent pouvoir dire « on a mis fin à la guerre ». Mais à quel prix? Si le prix est de légitimer l’agression russe, de vendre l’Ukraine pour un titre de journal, alors ce succès sera une honte. Et ceux qui l’auront négocié porteront cette honte dans l’histoire. J’espère que Kushner le comprend. J’ai peur qu’il ne le comprenne pas.
Conclusion : Le verdict de l'histoire
Génie ou imposteur?
Jared Kushner restera-t-il dans l’histoire comme un génie diplomatique qui a réussi là où les professionnels ont échoué? Ou comme un imposteur privilégié qui a joué avec le feu et brûlé des nations? La réponse dépendra des prochaines semaines. Des accords qu’il négociera. Des conséquences qu’ils auront. Pour l’instant, le verdict est suspendu.
Le test de l’Ukraine
L’Ukraine sera son jugement dernier. S’il obtient une paix juste qui respecte la souveraineté ukrainienne, il aura prouvé ses détracteurs tort. S’il livre une capitulation déguisée qui récompense l’agression, il aura confirmé leurs pires craintes. Il n’y a pas de milieu. Pas de nuance. C’est binaire. Et c’est terrifiant.
Je termine cet article sans savoir quoi penser de Jared Kushner. C’est rare pour moi. D’habitude, j’ai un avis. Ici, je suis partagé. Entre l’admiration pour quelqu’un qui ose et la peur de quelqu’un qui ne mesure pas. Entre le respect pour les Accords d’Abraham et l’inquiétude pour l’Ukraine. Kushner est un pari. Un immense pari. Et comme tous les paris, il peut rapporter gros ou tout faire perdre. Dans les prochaines semaines, nous saurons de quel côté la pièce est tombée.
Sources
Sources primaires
Bloomberg – US Envoys to Meet Putin for New Talks on Ukraine
Al Jazeera – Ukraine, Russia, US trilateral talks
Sources secondaires
RTE – Putin meets US envoys for late-night talks
Modern Diplomacy – Putin to Hold Ukraine Peace Talks with U.S. Envoys
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