Les protestations de décembre
Tout a commencé le 28 décembre 2025. Des manifestations modestes au Grand Bazar de Téhéran. Des commerçants en colère contre la situation économique. En quelques jours, la contestation s’est répandue dans tout le pays. Des millions d’Iraniens dans les rues. Contre le régime. Contre les mollahs. Contre quarante-cinq ans de République islamique.
La répression sanglante
Le régime a répondu par la violence. Selon l’organisation de défense des droits de l’homme HRANA, basée aux États-Unis, 4 519 morts ont été vérifiés. 4 251 manifestants. 197 membres des forces de sécurité. 35 mineurs. 38 passants innocents. Des chiffres terrifiants qui continuent d’augmenter chaque jour. L’Iran brûle, et le monde regarde.
Plus de quatre mille morts. Quatre mille personnes qui voulaient simplement vivre libres. Qui sont descendues dans la rue parce qu’elles n’en pouvaient plus. Et qui ont été fauchées par les balles de leur propre gouvernement. Je pense à ces visages. À ces noms qu’on ne connaîtra jamais. À ces familles détruites. Et je me demande : qu’avons-nous fait pour eux? Qu’avons-nous fait pendant qu’ils mouraient? Des sanctions? Des condamnations verbales? Des tweets indignés? Quelle dérisoire réponse face à tant de sang versé.
Trump face au dilemme
Les frappes de juin 2025
Ce n’est pas la première fois que Trump frappe l’Iran. En juin 2025, des frappes aériennes majeures ont visé les installations nucléaires iraniennes. Une opération présentée comme nécessaire pour empêcher Téhéran d’obtenir la bombe atomique. Trump a été clair à Davos : « Ils ne peuvent pas avoir le nucléaire. S’ils le font, ça recommencera. »
La tentation de l’escalade
Selon le Wall Street Journal, Trump presse ses conseillers de lui présenter des « options militaires décisives » contre l’Iran. Il a reculé la semaine dernière, mais le désir d’agir reste palpable. Le problème? Ses propres conseillers l’avertissent qu’une frappe pourrait être « extraordinairement dangereuse » et risquer la vie de militaires américains dans la région, surtout si le régime iranien se sent acculé.
C’est toujours la même histoire. Les généraux expliquent les risques. Les politiciens veulent l’action. Et au milieu, des soldats qui attendent de savoir s’ils vont être envoyés mourir pour des décisions prises dans des bureaux climatisés. Je ne suis pas contre l’usage de la force quand c’est nécessaire. Mais « décisif » ne veut pas dire « intelligent ». L’Irak était « décisif ». L’Afghanistan était « décisif ». Vingt ans plus tard, on mesure le désastre. L’Iran serait dix fois pire.
La rhétorique contradictoire
Trump veut la paix… mais déploie la guerre
Voilà le paradoxe qui rend fou les observateurs. D’un côté, Trump déclare espérer qu’il n’y aura « pas de nouvelles actions militaires » contre l’Iran. De l’autre, il envoie la plus grande concentration de forces depuis des années vers le Golfe. Il parle de dialogue tout en positionnant des missiles. Il évoque la désescalade tout en faisant monter la pression.
La dissuasion ou la préparation?
L’administration affirme que ces déploiements sont de la « dissuasion ». Un message de force pour convaincre l’Iran de négocier. Mais la frontière entre dissuasion et préparation à la guerre est mince. Les mêmes navires qui dissuadent aujourd’hui peuvent attaquer demain. Et une fois en place, la tentation d’utiliser ces forces devient irrésistible.
Je déteste ce double langage. On ne peut pas dire vouloir la paix en envoyant des porte-avions. On ne peut pas parler de dialogue en brandissant des missiles. C’est soit l’un soit l’autre. Et la vérité, c’est que personne ne sait vraiment ce que Trump veut. Peut-être même pas lui. Il improvise. Il réagit. Il suit son instinct. Et son instinct pourrait nous mener à une guerre dont personne ne sortira vainqueur.
L'avertissement iranien
« Une guerre totale »
Le président iranien Masoud Pezeshkian a répondu dimanche avec des mots qui ne laissent aucune ambiguïté : « Toute agression contre le Guide suprême de notre pays équivaudra à une guerre totale contre la nation iranienne. » Le message est clair. L’Iran ne se laissera pas frapper sans réagir. Et sa réaction pourrait embraser toute la région.
Les capacités de riposte
L’Iran n’est pas l’Irak de 2003. Il dispose de missiles balistiques capables d’atteindre n’importe quelle base américaine dans la région. De drones par milliers. De milices alliées au Liban, en Syrie, en Irak, au Yémen. Une frappe américaine déclencherait une cascade de représailles sur les intérêts américains et leurs alliés. Israël serait en première ligne.
Les gens qui réclament une guerre contre l’Iran n’ont aucune idée de ce qu’ils demandent. Ce n’est pas une campagne de bombardements propres vue depuis un écran de télévision. C’est des missiles sur Tel-Aviv. Des attaques sur les bases américaines. Des attentats contre des civils occidentaux partout dans le monde. C’est Hezbollah déchaîné. C’est le Golfe en feu. C’est le pétrole à 200 dollars le baril. C’est une récession mondiale. Voilà ce qu’ils demandent quand ils réclament l’action « décisive ».
Le jeu nucléaire
L’obsession de Trump
Pour Trump, il y a une ligne rouge absolue : l’Iran ne doit jamais obtenir l’arme nucléaire. C’était sa position lors de son premier mandat quand il a déchiré l’accord de Vienne. C’est sa position aujourd’hui. Les frappes de juin 2025 visaient à retarder le programme iranien. Et si Téhéran reprend ses activités d’enrichissement, Trump a promis de frapper à nouveau.
La fuite en avant iranienne
Mais voilà le piège : plus on frappe l’Iran, plus il est tenté de foncer vers la bombe. La logique est simple. Si vous êtes attaqué régulièrement par la première puissance mondiale, la seule garantie de survie devient l’arme nucléaire. Regardez la Corée du Nord. Personne ne l’attaque. Pourquoi? Parce qu’elle a la bombe. L’Iran a compris la leçon.
C’est le paradoxe de la non-prolifération vu du point de vue iranien. On leur dit : « Vous n’avez pas le droit d’avoir la bombe. » Et en même temps, on les bombarde. Le message reçu à Téhéran est l’inverse de celui qu’on veut envoyer. Le message reçu, c’est : « Ceux qui n’ont pas la bombe se font attaquer. Ceux qui l’ont sont intouchables. » Si demain l’Iran annonce avoir l’arme nucléaire, nous n’aurons à nous en prendre qu’à nous-mêmes.
Les alliés régionaux
Israël en alerte maximale
Israël observe ces développements avec un mélange d’espoir et de crainte. Espoir que les États-Unis neutralisent enfin la menace iranienne. Crainte d’être la cible des représailles. Le Dôme de Fer peut intercepter des roquettes du Hamas. Il serait submergé par une salve de missiles iraniens. La sécurité d’Israël dépend de ce qui se passe dans les prochaines semaines.
L’Arabie Saoudite prudente
Riyad joue un jeu plus prudent. Les Saoudiens détestent le régime iranien. Mais ils craignent aussi une guerre qui déstabiliserait toute la région. Leurs installations pétrolières sont à portée des missiles iraniens. Une attaque américaine pourrait provoquer des représailles qui paralyseraient leur économie. L’argent parle plus fort que la haine.
C’est toute l’absurdité de cette situation. Tout le monde dans la région déteste l’Iran, mais personne ne veut d’une guerre. Parce que tout le monde sait que cette guerre serait une catastrophe pour tous. Seuls ceux qui sont loin — à Washington, dans les think tanks, sur les plateaux télé — réclament l’action. Ceux qui vivent sur place, qui seraient touchés par les missiles, sont beaucoup plus prudents. Peut-être qu’on devrait les écouter.
Les leçons de l'histoire
L’Irak, l’Afghanistan, la Libye
L’histoire récente devrait nous servir de guide. L’Irak devait être une promenade de santé — elle a duré vingt ans et coûté des milliers de vies américaines. L’Afghanistan devait transformer le pays — les Talibans sont revenus au pouvoir. La Libye devait être libérée — elle est devenue un État failli. Chaque intervention « décisive » s’est transformée en bourbier.
L’Iran serait pire
L’Iran est plus peuplé que l’Irak. Plus grand. Mieux armé. Plus déterminé. Son terrain est plus difficile. Sa population plus nationaliste. Même les Iraniens qui détestent le régime se rallieraient face à une agression étrangère. Une guerre en Iran ne serait pas une répétition de l’Irak. Ce serait dix fois pire.
J’ai couvert ces guerres. J’ai vu ce qu’elles font aux gens. Aux soldats qui reviennent brisés. Aux civils qui perdent tout. Aux sociétés qui s’effondrent. Et chaque fois, les mêmes promesses au départ : « Ce sera rapide. » « Nous serons accueillis en libérateurs. » « La démocratie fleurira. » Des mensonges. Toujours les mêmes mensonges. Et toujours les mêmes victimes : ceux qui n’ont jamais demandé cette guerre.
Conclusion : Au bord du gouffre
L’incertitude totale
Personne ne sait ce qui va se passer. Pas même Trump, probablement. Les navires avancent. Les avions se positionnent. Les diplomates parlent. Mais tout peut basculer en un instant. Un incident. Une provocation. Une erreur de calcul. Et soudain, nous serons en guerre. Sans l’avoir voulu. Sans l’avoir prévu. Comme d’habitude.
L’espoir fragile
Il reste un espoir. Que la raison l’emporte. Que les deux parties reculent avant le point de non-retour. Que cette démonstration de force reste ce qu’elle prétend être : de la dissuasion. Mais cet espoir est fragile. Très fragile. Et chaque jour qui passe sans négociation sérieuse nous rapproche du précipice.
Je termine cet article le cœur serré. Parce que je sais que quelque part, en ce moment même, des marins américains naviguent vers une zone de conflit potentiel. Des pilotes se préparent à des missions qui pourraient être les dernières. Des familles attendent des nouvelles. Et nous, spectateurs impuissants, nous regardons le monde glisser vers une guerre que personne ne veut mais que tout le monde semble préparer. Quand apprendrons-nous? Quand comprendrons-nous que la guerre n’est jamais la réponse? Je n’ai pas de réponse. Juste cette prière silencieuse : que la sagesse l’emporte sur la folie. Pour une fois. Juste pour une fois.
Sources
Sources primaires
Fox News – US sending military assets to Middle East as Trump weighs Iran strike
ABC News – Pentagon expected to surge assets to Middle East
Al-Monitor – US military assets heading to Middle East
Sources secondaires
Jerusalem Post – Trump pushes aides for ‘decisive’ military option on Iran
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