Davos comme électrochoc
Au Forum de Davos, Trump n’a pas fait de cadeaux. Il a critiqué l’Europe devant le monde entier. Il a exigé des contributions massives pour l’OTAN. Il a laissé entendre que les États-Unis pourraient se désengager si l’Europe ne payait pas. Les dirigeants européens présents ont encaissé, humiliés. Mais cette humiliation a déclenché quelque chose.
La réunion de crise à Bruxelles
Dès le retour de Davos, une réunion d’urgence s’est tenue à Bruxelles. Les ministres des Affaires étrangères. Les responsables de la défense. Tous réunis pour une question simple : que fait-on maintenant? La réponse émerge lentement : l’Europe doit prendre ses responsabilités. Pour l’Ukraine. Pour elle-même. Pour son avenir.
J’ai regardé ces réunions de crise avec un mélange d’espoir et de scepticisme. L’Europe excelle dans les déclarations solennelles. Moins dans l’action. Combien de fois a-t-on entendu parler d' »autonomie stratégique »? De « défense européenne »? De « souveraineté »? Des mots, toujours des mots. Mais cette fois, peut-être, la peur est assez grande pour forcer le passage à l’acte. Trump a montré que l’Amérique n’est pas fiable. Poutine montre que la menace est réelle. L’Europe n’a plus d’excuses.
Trump, le catalyseur involontaire
La méthode brutale
La méthode Trump est brutale. Pas de diplomatie feutrée. Pas de formules polies. Des ultimatums. Des menaces. Des humiliations. C’est désagréable. C’est offensant. C’est aussi efficace. En quelques jours, Trump a obtenu ce que des années de discussions n’avaient pas obtenu : l’Europe parle enfin sérieusement de sa défense.
Le message derrière la brutalité
Derrière les tweets agressifs, il y a un message légitime : l’Europe doit payer sa part. Les États-Unis ne peuvent pas éternellement financer la sécurité d’un continent plus riche et plus peuplé. Trump le dit mal. Il le dit de façon insultante. Mais il n’a pas tort sur le fond. L’Europe a vécu aux crochets de l’Amérique pendant 75 ans. Il est temps que ça change.
Je défends Trump sur ce point, même si ça me coûte. Oui, sa méthode est grossière. Oui, menacer des alliés n’est pas élégant. Mais que proposait l’alternative? Continuer à supplier poliment l’Europe de contribuer davantage? Ça n’a jamais marché. Les Européens hochaient la tête aux sommets et rentraient chez eux sans rien changer. Trump a choisi le choc. Et le choc fonctionne. L’Europe bouge enfin. Parfois, il faut être désagréable pour être efficace.
L'Ukraine, victime collatérale devenue priorité
Trois ans d’aide insuffisante
Depuis trois ans, l’Europe aide l’Ukraine. Mais insuffisamment. Trop peu d’armes. Trop peu de munitions. Trop de délais. Trop de réunions. Pendant que Bruxelles débattait, des Ukrainiens mouraient. L’aide européenne a toujours été un pas en retard sur les besoins. Toujours trop prudente. Toujours trop lente.
Le nouveau calcul
Maintenant, le calcul change. Si les États-Unis se désengagent, l’Europe sera seule face à Poutine. Une Ukraine défaite signifierait une Russie victorieuse aux portes de la Pologne. Des millions de réfugiés supplémentaires. Une menace permanente. L’Europe réalise que soutenir l’Ukraine n’est pas de la charité. C’est de l’auto-défense.
Enfin! Enfin l’Europe comprend que l’Ukraine, c’est elle. Que chaque kilomètre perdu par Kyiv est un kilomètre gagné par Poutine vers Varsovie, vers Berlin, vers Paris. Ce n’est pas de la générosité d’aider l’Ukraine. C’est de l’égoïsme bien compris. L’armée ukrainienne fait le travail que les armées européennes devraient faire. Elle se bat contre l’ennemi commun. Le moindre que l’Europe puisse faire, c’est lui donner les moyens de gagner.
Les annonces concrètes
De nouvelles livraisons d’armes
Plusieurs pays ont annoncé de nouvelles livraisons. L’Allemagne débloque un nouveau package de systèmes de défense antiaérienne. La France promet des missiles longue portée. Les Pays-Bas envoient des drones. C’est mieux que rien. C’est encore insuffisant. Mais c’est un début.
Le fonds de 100 milliards
L’idée d’un fonds européen de 100 milliards d’euros pour l’Ukraine fait son chemin. Emprunter collectivement pour financer la défense ukrainienne. C’est ambitieux. C’est controversé. Mais c’est le genre d’initiative qui pourrait changer la donne. Si l’Europe trouve le courage politique de le faire.
100 milliards. Le chiffre semble énorme. Mais comparé à quoi? Au coût d’une guerre sur le sol européen? Au coût de millions de réfugiés? Au coût de vivre sous la menace permanente d’une Russie victorieuse? 100 milliards, c’est une assurance. Un investissement dans notre sécurité. Le vrai scandale, c’est de ne pas l’avoir fait plus tôt. Le vrai scandale, c’est d’avoir attendu que Trump nous humilie pour bouger.
Les résistances internes
La Hongrie toujours obstructive
Viktor Orbán reste fidèle à lui-même. La Hongrie bloque, retarde, obstrue. Chaque décision européenne sur l’Ukraine doit contourner son veto. Orbán joue le jeu de Poutine depuis le début. Et il continue. Mais son isolement grandit. Même ses alliés traditionnels commencent à s’agacer.
Les opinions publiques fatiguées
Dans plusieurs pays, les opinions publiques sont lasses. L’inflation. Le coût de la vie. L’énergie chère. Beaucoup de citoyens européens veulent que « ça s’arrête ». Qu’on trouve un compromis. Qu’on passe à autre chose. Les gouvernements doivent naviguer entre la nécessité stratégique de soutenir l’Ukraine et la fatigue de leurs électeurs.
La fatigue, je la comprends. Trois ans de guerre, c’est long. Les factures d’énergie ont explosé. Le quotidien est plus difficile. Mais la fatigue ne change pas les faits. Poutine ne s’arrêtera pas parce qu’on est fatigués. Il s’arrêtera quand il sera vaincu. Ou il continuera jusqu’à ce qu’il ait tout pris. Il n’y a pas de troisième option. La fatigue est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre. Pas encore. Pas maintenant.
Le rôle de l'Allemagne
Le géant qui hésite
L’Allemagne est la clé. Première économie européenne. Puissance industrielle. Si elle se mobilise vraiment, l’Europe peut soutenir l’Ukraine sur le long terme. Mais Berlin hésite toujours. Le Zeitenwende de 2022 — le « tournant historique » — n’a pas été suivi d’effets à la hauteur des promesses. Les chars Leopard sont arrivés au compte-gouttes. Les Taurus ne sont jamais venus.
Les élections à venir
Les élections allemandes approchent. La coalition actuelle est fragile. Les sondages sont incertains. Dans ce contexte, prendre des décisions audacieuses sur l’Ukraine est risqué politiquement. Les dirigeants allemands pensent à leur réélection autant qu’à la sécurité européenne. C’est humain. C’est aussi dangereux.
L’Allemagne me frustre. Ce pays a les moyens de changer le cours de la guerre. Il a l’industrie. L’argent. La technologie. Mais il ne l’utilise pas. Par peur. Par habitude. Par calcul politique. Le fantôme de la Seconde Guerre mondiale plane toujours. Berlin a peur d’être trop militariste. Mais en 2026, le danger n’est pas un excès de militarisme allemand. C’est un excès de passivité. L’histoire ne pardonnera pas à l’Allemagne si elle laisse l’Ukraine tomber par tiédeur.
La France prend les devants
Macron en première ligne
Emmanuel Macron saisit l’opportunité. Avec le retrait relatif américain, la France peut prendre le leadership européen sur l’Ukraine. Macron multiplie les initiatives. Les déclarations. Les promesses. Il veut être celui qui sauve l’Ukraine quand l’Amérique regarde ailleurs. C’est ambitieux. C’est aussi dans son intérêt.
Les moyens suivent-ils?
Mais les paroles de Macron sont-elles suivies d’actes? La France a envoyé de l’aide. Des canons Caesar. Des missiles. Des formateurs. Mais les stocks français sont limités. L’industrie de défense tourne déjà à plein régime. La France peut montrer la voie. Elle ne peut pas porter le fardeau seule.
Macron parle bien. Il a toujours bien parlé. La question est : va-t-il agir? L’Europe a besoin d’un leader. Quelqu’un qui dit ce qu’il faut faire et qui le fait. Pas quelqu’un qui fait de beaux discours et attend que les autres suivent. Si Macron veut le rôle, il doit assumer les responsabilités. Mettre l’argent français sur la table. Pousser les autres à faire de même. Le leadership ne se décrète pas. Il se démontre.
L'alliance Trump-Europe sur l'Ukraine
Des objectifs convergents
Malgré les tensions, Trump et l’Europe veulent la même chose : mettre fin à la guerre. Leurs méthodes diffèrent. Leurs motivations aussi. Mais l’objectif est partagé. Et si l’Europe prend ses responsabilités, Trump sera content. Il pourra dire qu’il a forcé les Européens à payer. Et l’Ukraine sera mieux soutenue. Tout le monde gagne.
La complémentarité possible
Les États-Unis ont la puissance militaire. L’Europe a la proximité géographique et l’intérêt vital. Une division du travail est possible. Washington négocie avec Moscou. Bruxelles soutient Kyiv sur le long terme. Les deux rôles sont nécessaires. Les deux sont complémentaires. Si chacun joue sa partie, l’Ukraine peut encore gagner.
Je vois une opportunité dans cette crise. Trump pousse l’Europe à s’investir plus. L’Europe, effrayée, accepte enfin de le faire. L’Ukraine reçoit plus de soutien, de plusieurs sources. Poutine se retrouve face à un front occidental plus uni qu’il ne l’espérait. C’est peut-être optimiste. Mais dans cette guerre, l’optimisme est une nécessité. Sans lui, on abandonne avant d’avoir essayé.
Conclusion : L'Europe à la croisée des chemins
Le moment de vérité
L’Europe est à un moment de vérité. Elle peut saisir cette crise comme une opportunité de devenir enfin une puissance autonome. Ou elle peut retomber dans ses vieilles habitudes dès que la pression de Trump diminuera. L’histoire de l’intégration européenne est faite de ces moments. Parfois, l’Europe a su les saisir. Souvent, elle les a manqués.
L’Ukraine comme test
L’Ukraine est le test ultime. Si l’Europe peut soutenir son voisin en guerre jusqu’à la victoire, elle prouvera qu’elle est capable d’agir dans le monde. Si elle échoue, elle confirmera qu’elle n’est qu’un géant économique et un nain politique. Les prochains mois nous diront quelle Europe nous avons. Et quelle Europe nous méritons.
Je termine avec un espoir prudent. L’Europe bouge. Trop lentement, trop timidement, mais elle bouge. Trump l’a forcée à se regarder dans le miroir. Ce qu’elle a vu ne lui a pas plu. Peut-être que ce choc suffira à la transformer. Peut-être que l’Ukraine sera le catalyseur d’une Europe enfin adulte. Peut-être. Ou peut-être que dans six mois, tout sera oublié, et on recommencera les mêmes erreurs. L’histoire est ouverte. C’est à nous de l’écrire.
Sources
Sources primaires
Japan Times – Europe refocuses on Ukraine after fractious week with Trump
Sources secondaires
Politico – Europe scrambles to boost Ukraine support amid Trump pressure
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