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L’OTAN telle qu’on la connaît touche à sa fin, et c’est peut-être une bonne chose
Crédit: Adobe Stock

Le Groenland, ce territoire de toutes les convoitises

Commençons par le Groenland. Cette immense île arctique de 56 000 habitants, territoire autonome du Danemark, est soudainement devenue l’obsession de Donald Trump. Pas par hasard. Le Groenland regorge de terres rares essentielles aux technologies du futur. Il contrôle des routes maritimes arctiques qui deviendront cruciales avec le réchauffement climatique. Et surtout, il occupe une position stratégique majeure entre l’Amérique du Nord et l’Europe, avec la base aérienne de Thulé déjà sous contrôle américain. Trump ne propose pas d’acheter le Groenland avec la délicatesse d’un diplomate. Il exige. Il menace. Il refuse catégoriquement d’exclure l’usage de la force militaire ou économique pour s’emparer de ce territoire. Lisez bien cette phrase : le président américain menace implicitement d’utiliser la force contre un allié de l’OTAN.

La réaction danoise oscille entre l’incrédulité et la fureur contenue. Mette Frederiksen, la Première ministre danoise, répond avec une fermeté glaciale que le Groenland n’est pas à vendre. Les Groenlandais eux-mêmes affirment leur droit à l’autodétermination. Mais Trump n’écoute pas. Il continue à tweeter, à menacer, à transformer une alliance de sécurité vieille de 75 ans en une vulgaire transaction immobilière. Et pendant ce temps, à Moscou, on observe. On prend des notes. On savoure. Si les États-Unis peuvent menacer le Danemark sans conséquence, pourquoi la Russie ne pourrait-elle pas faire de même avec l’Estonie ou la Lettonie ? L’article 5 du traité de l’OTAN — cette garantie sacrée selon laquelle une attaque contre un membre est une attaque contre tous — vient de perdre toute crédibilité. Pas à cause d’une invasion russe. À cause d’un président américain qui se comporte comme un gangster.

Il y a quelque chose de profondément grotesque dans cette situation. Le Groenland. On parle du Groenland. Pendant que l’Ukraine meurt à petit feu, pendant que la Russie redessine les frontières européennes à coups de missiles, le président de la première puissance mondiale négocie comme un promoteur immobilier véreux. Et nous, Européens, nous regardons ce spectacle avec une sidération impuissante. Combien de temps encore allons-nous accepter d’être traités comme des vassaux ? Combien d’humiliations supplémentaires avant de comprendre qu’il est temps de grandir ?

Le canal de Panama et l’obsession du contrôle territorial

Le Groenland n’est pas un cas isolé. Trump réclame également le retour sous contrôle américain du canal de Panama, cédé au Panama en 1999 après des décennies de gestion américaine. Ses arguments ? La Chine exercerait une influence excessive sur cette voie maritime cruciale. Les États-Unis auraient commis une erreur historique en abandonnant le contrôle. Il faut corriger cette faute. Peu importe que le Panama soit un État souverain. Peu importe que le canal fonctionne parfaitement bien sous gestion panaméenne. Peu importe les traités internationaux. Trump veut. Donc Trump prend. Ou du moins, il menace de prendre. Cette logique impériale du XIXe siècle appliquée au XXIe siècle révèle une dérive idéologique profonde de la droite américaine. Le retour à une vision transactionnelle brutale des relations internationales. La fin du multilatéralisme. La mort de l’ordre libéral international construit après 1945.

Et puis il y a le Canada. Le Canada, ce voisin paisible, ce partenaire commercial majeur, ce membre fondateur de l’OTAN. Trump évoque publiquement l’idée de faire du Canada le 51ème État américain. Il qualifie le Premier ministre canadien de « gouverneur » dans ses publications sur les réseaux sociaux. Il menace d’imposer des tarifs douaniers de 25% sur les importations canadiennes si Ottawa ne plie pas. Les Canadiens, traditionnellement patients et diplomates, commencent à perdre leur calme légendaire. Les sondages montrent une montée spectaculaire de l’antiaméricanisme au Canada. Des voix se lèvent pour réclamer une diversification radicale des partenariats, un rapprochement avec l’Europe, une réduction de la dépendance économique vis-à-vis de Washington. L’alliance nord-américaine, socle géopolitique depuis plus d’un siècle, vacille sous les coups de boutoir d’un président qui confond leadership et intimidation.

Sources

Sources primaires

The New York Times Opinion – « NATO as We Know It Is Coming to an End, and That’s OK » – 23 janvier 2026
Déclarations publiques de Donald Trump – Concernant le Groenland, le canal de Panama, et l’OTAN – Janvier 2026
Secrétariat général de l’OTAN – Communiqués officiels et positions sur les budgets de défense – Janvier 2026
Reuters, Associated Press, Agence France-Presse – Dépêches sur les tensions transatlantiques et la situation en Ukraine – Janvier 2026

Sources secondaires

Financial Times – Analyses sur l’avenir de l’alliance atlantique et les budgets de défense européens – Janvier 2026
Foreign Affairs – Débats stratégiques sur l’autonomie européenne de défense – 2025-2026
Le Monde – Couverture des réactions européennes aux déclarations de Trump – Janvier 2026
The Economist – Analyses sur la transformation de l’ordre libéral international – Janvier 2026
Instituts de recherche en relations internationales – Rapports sur les capacités de défense européennes et les scénarios géopolitiques – 2025-2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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