La « liste noire » des Trump
La plainte révèle un fait stupéfiant : JPMorgan Chase aurait placé Donald Trump, la Trump Organization et plusieurs membres de sa famille sur une « blacklist » interne. Cette liste empêchait tout accès aux services de gestion de patrimoine de la banque. Imaginez. L’un des hommes les plus riches d’Amérique, ancien président des États-Unis, traité comme un paria financier. Comme quelqu’un dont l’argent serait trop sale pour être géré. La puissance symbolique de ce geste est immense.
Les croyances « woke » de Wall Street
La plainte utilise un terme qui résonne : « unsubstantiated woke beliefs ». Des croyances woke non fondées. Trump accuse JPMorgan d’avoir agi non pas sur la base de faits, de preuves ou de risques réels, mais sur la base d’une idéologie. Une idéologie qui considère que certaines opinions politiques sont si dangereuses qu’elles méritent l’exclusion sociale et économique. La banque aurait voulu « prendre ses distances » avec Trump et ses « vues politiques conservatrices ». Pas ses actes. Ses vues.
Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette affaire. Je ne suis pas ici pour défendre Trump ou l’attaquer. Je suis ici pour poser une question simple : depuis quand une banque a-t-elle le droit de juger vos opinions? Depuis quand votre compte en banque dépend-il de votre bulletin de vote? On parle d’une institution financière, pas d’un parti politique. Et pourtant, JPMorgan s’est arrogé le droit de décider qui mérite d’avoir accès au système bancaire. C’est un pouvoir terrifiant. Un pouvoir que personne ne leur a donné.
Le contexte : l'après 6 janvier
La tempête politique de 2021
Pour comprendre cette affaire, il faut revenir au 6 janvier 2021. Ce jour-là, des partisans de Trump ont envahi le Capitole américain. Des images qui ont choqué le monde. Dans les semaines qui ont suivi, une vague de répudiation a frappé tout ce qui touchait de près ou de loin à Trump. Les réseaux sociaux l’ont banni. Les entreprises ont coupé les ponts. Et les banques? Elles ont fermé les comptes. JPMorgan faisait partie de ce mouvement.
Purge financière ou prudence légitime?
La question centrale est là : JPMorgan a-t-elle agi par conviction idéologique ou par prudence commerciale? La banque affirme ne jamais fermer de comptes pour des raisons politiques ou religieuses. Elle invoque des « risques légaux et réglementaires ». Mais quels risques exactement? Trump n’a jamais été condamné pour des crimes financiers au moment des fermetures. Ses entreprises fonctionnaient. Ses comptes étaient en règle. Alors pourquoi cette précipitation à le bannir?
Je me souviens de cette période. L’hystérie collective. La peur de paraître associé au « mauvais camp ». Des entreprises qui se précipitaient pour condamner, pour se distancer, pour prouver leur vertu. Et au milieu de tout ça, des décisions prises dans l’urgence, dans la panique, qui aujourd’hui reviennent hanter ceux qui les ont prises. JPMorgan pensait peut-être se protéger. Elle se retrouve aujourd’hui au tribunal, accusée d’avoir trahi les principes mêmes sur lesquels repose la confiance bancaire. L’histoire a un sens de l’ironie cruel.
La réponse de JPMorgan : le déni
« Cette plainte n’a aucun fondement »
La réponse de JPMorgan Chase est venue rapidement. Un porte-parole a déclaré à NPR que la plainte « n’a aucun fondement ». La banque maintient sa position : elle ne ferme jamais de comptes pour des raisons politiques ou religieuses. Les fermetures, quand elles surviennent, seraient uniquement motivées par des risques légaux ou réglementaires. Des règles qu’elle serait obligée de suivre. Des décisions qu’elle regretterait mais qui seraient inévitables.
Le fossé entre discours et réalité
Mais voilà le problème : si les fermetures n’avaient rien de politique, pourquoi ont-elles eu lieu exactement au moment où Trump était au plus bas de sa cote de popularité? Pourquoi la famille entière a-t-elle été touchée? Pourquoi cette « blacklist » pour la gestion de patrimoine? Les explications de JPMorgan soulèvent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses. Et c’est précisément ce que Trump compte exploiter devant le tribunal.
J’ai travaillé avec des banques. Je connais leur langage. Quand elles disent « risques réglementaires », ça peut vouloir dire tout et n’importe quoi. C’est le parapluie parfait pour justifier n’importe quelle décision. Mais quand on regarde les faits froidement, une question persiste : où étaient ces « risques réglementaires » avant le 6 janvier? Trump était client depuis des décennies. Ses affaires marchaient. Rien n’avait changé dans ses finances. Ce qui avait changé, c’était le climat politique. Et ça, ce n’est pas un risque réglementaire. C’est un jugement moral déguisé en prudence bancaire.
L'empire juridique de Trump
Une stratégie de guerre totale
Cette plainte contre JPMorgan n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une offensive juridique massive orchestrée par l’avocat de Trump, Alejandro Brito. En 2025, la Trump Organization avait déjà attaqué Capital One pour avoir fermé plus de 300 comptes appartenant à l’entreprise et à des membres de la famille Trump. La même accusation : fermetures « injustifiables » motivées par des raisons politiques.
35 milliards contre les médias
Mais Trump ne s’arrête pas aux banques. Son équipe juridique a également déposé des plaintes contre le New York Times, le Wall Street Journal et la BBC. Montant total réclamé : 35 milliards de dollars pour diffamation. Trump a clairement décidé que la meilleure défense, c’est l’attaque. Et que le système judiciaire américain serait son champ de bataille principal pour les années à venir.
On peut voir cette stratégie de deux façons. Soit Trump utilise la justice comme une arme de vengeance, une manière de punir ceux qui l’ont abandonné quand il était au plus bas. Soit il pose un jalon historique, forçant les institutions à répondre de leurs actes devant un tribunal plutôt que devant le tribunal de l’opinion publique. Personnellement? Je pense que la vérité est quelque part entre les deux. Mais une chose est certaine : ces procès vont créer des précédents. Et ces précédents affecteront chacun d’entre nous, que Trump gagne ou qu’il perde.
Jamie Dimon dans la tourmente
Le PDG personnellement visé
Ce qui rend cette plainte particulièrement incisive, c’est que Jamie Dimon est nommé personnellement. Pas seulement JPMorgan Chase en tant qu’institution. Dimon lui-même, en tant qu’individu. C’est une tactique délibérée. Trump veut personnaliser le conflit. Montrer qu’il ne s’agit pas d’une décision bureaucratique abstraite, mais d’un choix fait par un homme, avec un nom et un visage, qui devra en répondre.
Le titan de Wall Street face à la tempête
Jamie Dimon n’est pas n’importe qui. C’est l’un des banquiers les plus puissants du monde. À la tête de JPMorgan Chase depuis 2005, il a traversé la crise de 2008, la pandémie, et d’innombrables turbulences économiques. Mais cette fois, le défi est différent. Ce n’est pas une crise de marché. C’est une crise de réputation. Et dans le monde de la finance, la réputation, c’est tout.
Jamie Dimon a toujours cultivé une image de banquier pragmatique, au-dessus des querelles politiques. Quelqu’un qui navigue entre les présidents, les partis, les idéologies, en gardant toujours le cap sur les intérêts de sa banque. Cette plainte pulvérise cette image. Elle le place au cœur d’une bataille politique qui le dépasse. Et je me demande : dans les conseils d’administration de Wall Street, combien de PDG regardent cette affaire en se disant « ça pourrait être moi demain »?
Les implications pour le système bancaire
Le pouvoir invisible des banques
Cette affaire met en lumière un pouvoir que peu de gens mesurent vraiment : celui des banques de décider qui peut participer à l’économie. Sans compte bancaire, impossible de recevoir un salaire, de payer un loyer, d’acheter quoi que ce soit en ligne. Être « debanké », c’est être exclu de la société moderne. Et ce pouvoir d’exclusion, il est entre les mains d’institutions privées qui n’ont de comptes à rendre à personne.
Le précédent dangereux
Si JPMorgan peut fermer les comptes de Trump pour ses opinions politiques, qui est à l’abri? Un militant écologiste jugé trop radical? Un activiste pro-vie considéré comme controversé? Un syndicaliste qui dérange? La logique du debanking n’a pas de limite naturelle. Une fois qu’on accepte que les banques peuvent juger les opinions de leurs clients, on ouvre une boîte de Pandore qu’il sera impossible de refermer.
C’est ça qui me hante dans cette histoire. Pas Trump. Pas JPMorgan. Le précédent. L’idée qu’une institution financière puisse devenir un tribunal moral qui décide qui mérite d’avoir accès à l’argent. On parle d’un pouvoir de vie ou de mort économique. Et ce pouvoir, personne ne l’a voté, personne ne l’a approuvé, personne ne le contrôle vraiment. Les banques se sont arrogé ce droit dans le silence, et maintenant que Trump le dénonce, on réalise à quel point nous sommes vulnérables. Tous.
La bataille politique derrière le procès
Trump en croisé anti-woke
Pour Trump, cette plainte n’est pas qu’une affaire d’argent. C’est un symbole. La preuve que les élites de Wall Street et de la Silicon Valley forment un bloc idéologique qui cherche à faire taire les voix conservatrices. Le debanking devient dans son discours l’équivalent financier de la censure sur les réseaux sociaux. Une manière supplémentaire de museler ceux qui pensent différemment.
La riposte des conservateurs
Cette affaire s’inscrit dans un mouvement plus large. Partout aux États-Unis, des législateurs républicains proposent des lois anti-debanking. Des auditions au Congrès ont exposé des cas de clients ordinaires dont les comptes ont été fermés sans explication. Trump n’est que la partie émergée d’un iceberg qui pourrait transformer la régulation bancaire américaine pour des décennies.
Je ne suis pas naïf. Trump utilise cette affaire politiquement. C’est évident. Mais ça ne veut pas dire que le problème qu’il soulève n’est pas réel. Des milliers d’Américains ont vécu le debanking sans avoir les moyens de se défendre. Des petits commerçants, des associations, des particuliers, jetés du système bancaire sans recours. Trump a les avocats et l’argent pour se battre. Eux n’ont rien. Et c’est peut-être là le vrai scandale : que le système ne change que quand quelqu’un de puissant en est victime.
Conclusion : L'issue incertaine
Un procès qui fera date
Quelle que soit l’issue de ce procès, il marquera l’histoire. Si Trump gagne, les banques devront repenser fondamentalement leur rapport aux opinions politiques de leurs clients. Si JPMorgan gagne, elle établira que les institutions financières ont le droit de prendre en compte le « risque réputationnel » d’un client pour le bannir. Dans les deux cas, la jurisprudence qui en sortira affectera des millions de personnes.
Au-delà de Trump
Cette affaire dépasse largement Donald Trump. Elle pose la question du contrat social entre les citoyens et les institutions financières. Avons-nous le droit d’avoir un compte en banque? Ce droit peut-il être retiré pour des raisons idéologiques? Qui décide? Qui contrôle? Ces questions n’avaient jamais été posées aussi frontalement. Maintenant qu’elles le sont, impossible de faire marche arrière.
Je termine cet article avec plus de questions que de réponses. Et peut-être que c’est normal. Peut-être que c’est le signe que nous vivons un moment charnière, où les règles du jeu sont en train d’être réécrites sous nos yeux. Trump contre JPMorgan, c’est plus qu’un procès. C’est un miroir tendu à notre société. Et ce que j’y vois me préoccupe profondément. Pas parce que j’ai peur de Trump. Pas parce que j’ai peur des banques. Mais parce que j’ai peur d’un monde où l’accès à l’économie dépend de vos opinions. Ce monde-là, je n’en veux pas. Et vous?
Sources
Sources primaires
NPR – Trump sues JPMorgan Chase and CEO Jamie Dimon for $5B over alleged ‘debanking’
Bloomberg – Trump Sues JPMorgan, Dimon for $5 Billion Over Alleged Debanking
CNBC – Trump sues Jamie Dimon, JPMorgan Chase over debanking the suit calls ‘political’
Sources secondaires
CNN – Trump sues JPMorgan and Jamie Dimon for dropping him as a customer after Jan. 6 attack
Fox Business – Trump takes JPMorgan Chase, Jamie Dimon to court in $5B debanking lawsuit
Breitbart – Trump Files $5 Billion Debanking Lawsuit Against JPMorgan & CEO Jamie Dimon
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